Les fiancés de la Grande Guerre

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"Alphonsine et Camille étaient tout juste fiancés, lorsque le jeune homme fut mobilisé en août 1914. Elle l'accompagna jusqu'à la gare du Nord. Paris était encombré de toute une foule, composée pour la plupart de familles qui, comme elle, tenaient à être auprès d'un des leurs qui était mobilisé. Les jeunes gens durent se séparer, ils s'embrassèrent une dernières fois, longuement." Quand se reverront-ils ? Une belle histoire d'amour malgré la fureur des canons et la folie des hommes.
Publié le : samedi 15 novembre 2014
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EAN13 : 9782336362229
Nombre de pages : 118
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Couverture fiancés_Mise en page 2 30/10/14 20:21 Page1
Sylvie AndréLes fiancés
de la Grande Guerre
Les fiancés « Alphonsine et Camille étaient tout juste fiancés,
lorsque le jeune homme fut mobilisé en août 1914.
Elle l’accompagna jusqu’à la gare du Nord. Paris de la Grande Guerre
était encombré de toute une foule, composée pour la
plupart de familles qui, comme elle, tenaient à être
auprès d’un des leurs qui était mobilisé. Les jeunes
gens durent se séparer devant les grilles, car un
officier ne laissait passer que les militaires. Ils
s’embrassèrent une dernière fois, longuement, puis
Camille dut se diriger vers son train, avec les autres
soldats. »
Quand se reverront-ils ?
Une belle histoire d’amour malgré la fureur des
canons et la folie des hommes.
Sylvie André, issue d'une famille de médecins et d'historiens,
est secrétaire médicale à l'hôpital de Saint-Germain-en-Laye.
Elle s'intéresse à l'histoire et aime faire partager à un large
public son goût pour cette discipline. Elle a déjà écrit deux
romans pour les enfants et adolescents : Le chevalier au crâne
d'argent, Edilivre, 2013 et La jet set des éléphants,
Edilivre, 2013.
Illustration de couverture : Bertrand Dubois
ISBN : 978-2-343-04808-6
à partir de 14 ans
12 €
Les fiancés de la Grande Guerre
Sylvie AndréLes fancés
de la Grande GuerreLes fancés
de la Grande GuerreDes livres pour comprendre, réfléchir,
s'étonner, des livres pour rêver et voyager à
travers le monde, le temps, la vie...


Marie-Thérèse BITAINE DE LA FUENTE, Le masque mexicain, 2014.
Stanislas KOWALSKI, Deux souliers superposés, 2014.
Pius NGANDU NKASHAMA, Les cendres du père, 2014.
Pierre-Louis BESOMBES, Le Templier et la Sainte Lance, 2014.
Sylvie BOCQUET N’GUESSAN, Voyages croisés Lille-Abidjan,
Agathe et Mathurin, 2014.
Pierre MARMIESSE, Rio-Québec 1, Justin au pays des orixas, 2014.
Tristan CHALON, D’or et de sang, au temps des Incas, 2014.
Angela PORTELLA, Qui es-tu Salomé ?, 2014. Sylvie André
Les fancés
de la Grande GuerreAvant-propos
Camille était mon grand-oncle. Je n’ai eu connaissance
de son existence qu’après la mort de mon propre père, en
regardant des photos anciennes. Personne ne m’avait jamais
parlé de lui... Grâce à la numérisation de l’État civil de
Paris, j’ai pu retrouver sa date de naissance : 13 août 1878.
Par son acte de naissance, qui comportait une annotation
en marge, j’ai appris qu’il s’était marié à Puteaux le 22
février 1906, avec Léonie-Alphonsine Dirmay. J’ai donc
décalé dans le temps l’histoire d’amour que j’ai imaginée,
et j’ai donné le prénom d’Alphonsine à l’héroïne.
J’ai pu savoir, en interrogeant une tante, qu’ayant
perdu son père vers l’âge de 7 ans, Camille a été envoyé en
Angleterre, où il a grandi loin de sa mère. Il en est revenu
au bout d’une bonne dizaine d’années, sans formation
professionnelle. Il devait au moins savoir parler l’anglais.
Son frère aîné, Georges-André, mon grand-père, qui
était chirurgien-dentiste, lui a fait apprendre le métier de
prothésiste dentaire. La Première Guerre mondiale ayant
éclaté, Camille est parti au front et n’en est jamais revenu.
Je ne sais ni où ni quand il a été tué.
Dans ce roman, fiction et réalité s’entremêlent : tout
ce qui se rapporte à l’histoire des personnages relève de © L’HARMATTAN, 2014
5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Paris mon imagination. Je dois aussi préciser que l’héroïne n’a,
en réalité, aucun lien de parenté avec Henri et
Mariehttp://www.librairieharmattan.com
Henriette, qui étaient les grands-parents maternels de difusion.harmattan@wanadoo.fr
harmattan1@wanadoo.fr mon père.
ISBN : 978-2-343-04808-6
En revanche, l’arrière-plan historique est documenté.EAN : 9782343048086Avant-propos
Camille était mon grand-oncle. Je n’ai eu connaissance
de son existence qu’après la mort de mon propre père, en
regardant des photos anciennes. Personne ne m’avait jamais
parlé de lui... Grâce à la numérisation de l’État civil de
Paris, j’ai pu retrouver sa date de naissance : 13 août 1878.
Par son acte de naissance, qui comportait une annotation
en marge, j’ai appris qu’il s’était marié à Puteaux le 22
février 1906, avec Léonie-Alphonsine Dirmay. J’ai donc
décalé dans le temps l’histoire d’amour que j’ai imaginée,
et j’ai donné le prénom d’Alphonsine à l’héroïne.
J’ai pu savoir, en interrogeant une tante, qu’ayant
perdu son père vers l’âge de 7 ans, Camille a été envoyé en
Angleterre, où il a grandi loin de sa mère. Il en est revenu
au bout d’une bonne dizaine d’années, sans formation
professionnelle. Il devait au moins savoir parler l’anglais.
Son frère aîné, Georges-André, mon grand-père, qui
était chirurgien-dentiste, lui a fait apprendre le métier de
prothésiste dentaire. La Première Guerre mondiale ayant
éclaté, Camille est parti au front et n’en est jamais revenu.
Je ne sais ni où ni quand il a été tué.
Dans ce roman, fiction et réalité s’entremêlent : tout
ce qui se rapporte à l’histoire des personnages relève de
mon imagination. Je dois aussi préciser que l’héroïne n’a,
en réalité, aucun lien de parenté avec Henri et
MarieHenriette, qui étaient les grands-parents maternels de
mon père.
En revanche, l’arrière-plan historique est documenté.
71914
Alphonsine et Camille étaient tout juste fiancés
lorsque le jeune homme fut mobilisé, en août 1914. Elle
l’accompagna jusqu’à la gare du Nord. Paris était encombré
de toute une foule, composée pour la plupart de familles
qui, comme elle, tenaient à être auprès d’un des leurs qui
était mobilisé. Les jeunes gens durent se séparer devant les
grilles, car un officier ne laissait passer que les militaires.
Ils s’embrassèrent une dernière fois, longuement, puis
Camille dut se diriger vers son train, avec les autres soldats.
La plupart étaient surexcités à l’idée d’aller prendre une
revanche sur les Allemands. La défaite de la précédente
guerre était une blessure pour la fierté nationale. Elle
ne se refermerait que dans le sang. Tous prétendaient
que ce serait simplement une promenade militaire de
quelques semaines. Camille, pour sa part, avait comme un
pressentiment. Était-ce dû à la tristesse de la séparation ?
Il n’aurait su le dire. Quoi qu’il en soit, il ne se mêla pas aux
autres, dont les braillements l’agaçaient. Il allait faire son
devoir, oui, mais pour défendre la patrie en danger.
Alphonsine, restée derrière la grille, agitait encore sa
main, lorsqu’une femme lui adressa la parole :
– Comme ils sont magnifiques, nos soldats ! Vous verrez,
ils nous reviendront couverts de médailles dans quelques
semaines.
– Ou peut-être quelques mois, rectifia la jeune fille.
– Allons ! C’est impossible, les Allemands vont détaler
dès qu’ils les verront, je vous l’assure. Mon cher Gaspard 1914
Alphonsine et Camille étaient tout juste fiancés
lorsque le jeune homme fut mobilisé, en août 1914. Elle
l’accompagna jusqu’à la gare du Nord. Paris était encombré
de toute une foule, composée pour la plupart de familles
qui, comme elle, tenaient à être auprès d’un des leurs qui
était mobilisé. Les jeunes gens durent se séparer devant les
grilles, car un officier ne laissait passer que les militaires.
Ils s’embrassèrent une dernière fois, longuement, puis
Camille dut se diriger vers son train, avec les autres soldats.
La plupart étaient surexcités à l’idée d’aller prendre une
revanche sur les Allemands. La défaite de la précédente
guerre était une blessure pour la fierté nationale. Elle
ne se refermerait que dans le sang. Tous prétendaient
que ce serait simplement une promenade militaire de
quelques semaines. Camille, pour sa part, avait comme un
pressentiment. Était-ce dû à la tristesse de la séparation ?
Il n’aurait su le dire. Quoi qu’il en soit, il ne se mêla pas aux
autres, dont les braillements l’agaçaient. Il allait faire son
devoir, oui, mais pour défendre la patrie en danger.
Alphonsine, restée derrière la grille, agitait encore sa
main, lorsqu’une femme lui adressa la parole :
– Comme ils sont magnifiques, nos soldats ! Vous verrez,
ils nous reviendront couverts de médailles dans quelques
semaines.
– Ou peut-être quelques mois, rectifia la jeune fille.
– Allons ! C’est impossible, les Allemands vont détaler
dès qu’ils les verront, je vous l’assure. Mon cher Gaspard
9est catégorique. Cette guerre durera tout au plus six Dans la première, il avait décrit son voyage en train et
semaines ! l’arrivée au camp.
– Que le ciel vous entende, murmura Alphonsine qui ne
Alphonsine attendait le facteur tous les jours vers midi, parvenait pas à partager cet optimisme péremptoire. Puis
avec la plus vive impatience, tout en s’efforçant d’aider sa elle demanda à la femme qui l’avait abordée :
mère à préparer le déjeuner. Mais sa nervosité la rendait si
– Gaspard est-il votre mari ou votre fiancé ? maladroite qu’il était préférable de se passer d’elle. Quand
elle recevait un mot de Camille, elle était aux anges ; quand – C’est mon fils.
il n’y avait pas de lettre du front, elle en était réduite à
– Oh pardon ! Je ne voulais pas… attendre jusqu’au lendemain et allait dans sa chambre,
– Ne vous en faites pas ; et ce jeune homme qui était prenait la photo de son bien-aimé, disposée dans un joli
avec vous ? cadre, et pensait à lui jusqu’à ce qu’on l’appelle pour le
repas. – C’est Camille, mon fiancé. Ah, j’espère que vous dites
vrai à propos de la guerre, qu’elle sera courte. Si vous
Elle se souvenait de ses bras musclés, de ses avant-saviez comme il me manque déjà.
bras velus et de ses mains puissantes et douces. Elle se
– Ne vous en faites pas, et à son retour vous pourrez rappelait de la vague de bonheur qui la traversait lorsqu’il
admirer ses médailles. la serrait contre lui ou simplement lui prenait la main.
Il était plus grand qu’elle, la dépassant d’une tête ; ses
Alphonsine se demanda à quelle sorte de mère elle avait cheveux châtains et sa moustache généreusement fournie
affaire, qui voyait partir son fils à la guerre sans verser étaient toujours soigneusement entretenus. Lorsqu’ils se
une larme. Elle aurait été bien aise de savoir que cet promenaient ensemble, elle était toujours fière de marcher
enthousiasme pour la guerre n’était pas partagé partout. à son bras. Parfois, elle pensait à leur première rencontre,
D’autant plus que, dans certaines régions, la moisson battait à son baisemain si doux à cause de sa moustache, à son
son plein et nécessitait une abondante main-d’œuvre. En regard franc qu’elle avait tout de suite apprécié. Elle
conséquence, il s’agissait simplement, pour la plupart de en avait gardé une forte impression jusqu’à ce qu’ils se
bien des paysans, devenus soldats par la force du destin, de revoient quelques mois plus tard et, dès lors, un peu plus
défendre leur pays et de faire leur devoir. régulièrement. Elle était tombée amoureuse de lui sans
s’en apercevoir, et ce n’était qu’au bout de plusieurs mois
Dès les jours suivants, elle écrivit tous les jours à qu’elle avait dû se rendre à l’évidence. Il avait fallu encore
Camille, qui recevait ses lettres avec une grande joie. De plusieurs mois pour qu’il lui déclare ses sentiments, alors
son côté, du fait de la guerre de mouvement qui obligeait qu’elle n’avait même pas encore dix-huit ans. Elle en avait
les troupes à de fréquents déplacements inopinés, il ne put à présent presque vingt et lui vingt-deux.
soutenir le même rythme, néanmoins il lui envoyait une
courte missive tous les deux ou trois jours. Il parlait de ses
supérieurs et de ses camarades, de l’ambiance dans l’armée.
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