13LIN00 – Pragmatique – support de cours

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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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SL0004 – Syntaxe / Lexicologie Support de cours pour la partie « variation lexicale » et exercices Année 2005-2006 Groupe 1 : mercredi 8h30 – 10h30 (Josette Rebeyrolle) Groupe 2 : mardi 10h30 – 12h30 (Mai Ho Dac) Groupe 3 : mardi 14h – 16h (Mai Ho Dac) Groupe 4 : jeudi 8h30 – 10h30 (Juliette Elie)
La variation lexicale
Rappel des références à consulter : %Gadet, F. (2003). La variation: le français dans l’espace social, régional et international, in M.Yaguello (éd.),Le grand livre de la langue française:. Paris Seuil, 91-152. %Gadet, F. (2002).Les variétés sociales du français. Paris : Ophrys. %Marchello-Nizia, C. (1999).: 12 siècles d'évolutionLe français en diachronie. Paris : Ophrys.
1. La variation diachronique : les paramètres historiques Les origines du lexique français : %originelatine: l’immense majorité des mots du français vient du latin:equus(le cheval, cf.équitation),caput(la tête, cf.une peine capitale),focus(le foyer, cf.un axe focal), etc. %origineceltique(cf. avant la conquête et l’occupation de la Gaule par les romains, c’est le gaulois qui y est parlé): de ce substrat celtique, il reste une centaine de noms communs:chemin, dune, lande, talus, if, sapin, bruyère, mouton, ruche, char, charrue,etc. ème %originegermanique(cf. au 5siècle, les Francs installés au nord de la Loire ont introduit plusieurs centaines de mots): ces mots appartiennent surtout aux domaines des institutions, de la guerre, de la chasse, des couleurs :guerre, gagner, éperon, étrier, flèche, hache, fief, féodal, bande, baron, marquis, maréchal, bois, haie, jardin, roseau, banc, fauteuil, blanc, bleu, brun, blond, gai, laid, etc. %originenormande(les Vikings à qui le roi de France avait cédé la Normandie en 911 ont eu peu d’influence sur la langue commune) : quelques apports à la langue maritime :vague, turbot,babord, tribord, drisse, foc, hauban, etc. ème %emprunts à l’arabesiècle et se(cf. les croisades qui commencèrent à la fin du 11 poursuivirent ensuite sur plus de deux siècles, ont joué aussi un rôle important, les traductions d’ouvrages scientifiques) :azur, orange, sucre, chiffre, zéro, hasard,etc. ème ème %emprunts augrecsiècles marquent une étape importante dans(les 14et 15 l’évolution du lexique du français, cela est dû aux nombreuses traductions d’œuvres latines et grecques commandées par les rois Lean le Bon et Charles V (créateur de la Bibliothèque Nationale):blasphémerdirect au grec) et (empruntblâmer (emprunt au grec via le latin). La plupart des mots ayant une racine grecque sont ème des termes savants ou techniques. Environ 40% du lexique actuel datent des 14 ème et 15siècles grâce à l’intense activité néologique qui a marqué cette époque.
ème ème %emprunts à l’italiensiècles, le rôle de l’humanisme et dufin du 15et 16 (cf. mariage entre le roi Henri II et Catherine de Médicis) spécialement dans le domaines des arts:balcon, arcade, artisan, fresque, sonnet, romanesque, arabesque, grotesque, etc. ème ème %emprunts à l’anglais (dèsle 18mais aussi et surtout au 19siècle) :budget, club, congrès, jury, parlement,etc. ème %siècle du fait de la Révolution on assiste à de grandesfort enrichissement au 18 transformations du lexique: nouvelles institutions, nouvelles unités de mesure (mètre, litre, gramme), renouvellement des termes politique. ème %siècle que le lexique change du fait du développementmais c’est surtout au 20 ème des terminologies techniques qui explosent à se moment là. Le 20siècle utilise les siglaisons et les acronymes en quantité, plus que jamais auparavant. Le procédé de la troncation génère également de nombreuses formes nouvelles comme:télé, sécu, ciné, etc. La variation diatopique : les paramètres régionaux Illustrations : %les mots correspondant au français standardserpillière:bâche,cinse(Ouest), emballage,loque(Nord),panosse(Sud-Est),patte,peille,pièce,toile d’emballage, 1 toile de pavé,torchon de plancher,vadrouille,wassingue/wasseringue(Nord) ; %les mots correspondant au français standard ‘fête annuelle du village ou du quartier’ :assemblée,ducasse(Nord),festin,fête patronale,fête votive,frairie, kilbe,messti,reinage,voque,vote, … 2 %quelques extraits des mots de Toulouse tirés de B.Moreux et al (2000): abistodénas», «à vue de nezchocolatine»,« painau chocolatcontenir «tenir » (cf.les élèves ne contiendront pas dans la salle),poche «sac »,vaillant « travailleur »,galéjade« plaisanterie ». La variation diastratique : les paramètres sociaux Illustrations : 1) Le verlan Le verlan consiste à inverser les syllabes d’un mot:musiquedevient selon ce processus : [zikmy],mangerdevient [Zem5 !], etc. 2) Le largonji e Ce jargon fut très répandu au début du XXsiècle chez les bouchers de la Villette, d’où son nom de « largonji des loucherbems ». Prenons l’exemple du nomprince: 1- la première opération consiste à rejeter la consonne (ou le groupe de consonnes) initiale à la fin du mot et de remplacer cette consonne initiale par un « l » : on obtient donc pourprince> l_ince_pr 2- la seconde étape consiste en l’adjonction d’une sorte de suffixe à valeur argotique, comme le –é, ou le –em ou encore le –i (le choix de ce suffixe est libre) : l_ince_pr_é > [lE!sp{e].
1 : auA noter que les régionalismes sont souvent des emprunts à d'autres langues que le français flammand avec lawassingue(serpillière), à l'alsacien ou l'allemand avec lebredele(petit four), à l'occitan avec lefenestron(lucarne)… 2 Moreux, B., & R. Razou. (2000).Les mots de Toulouse. Lexique du français toulousain. Toulouse: Presses Universitaires du Mirail. On peut lire à la page 12: «Les enseignants se font un devoir de pourchasser les régionalismes dans la bouche et surtout dans les copies de leurs élèves, … au détriment de la conservation de ce patrimoine linguistique ». 2
Vous comprenez maintenant comment on obtientloucherbem àpartir deboucher et largonjià partir dejargon, ou encoreloufoqueouloufdingueà partir defou. 3) Le javanais Le javanais, en vogue dans les années 50 chez les adolescents, consiste à introduire le groupe -av- à l’intérieur de chaque syllabe :grosdonne ainsigr-av-os,la portedonne [l(av)ap(av){t(av)«] ou encorela chaussuredonne [l(av)aS(av)os(av)y(av)«]. Pour être sûr d’avoir bien compris, proposer une forme verlanisée du syntagme prépositionnel suivant : « à cet anéantissement ». La variation diaphasique : les registres de langue Le français se démultiplie en usages spécifiques définis par leur appartenance à des registres de langue distincts. Le lexique fournit de larges classes d’équivalence, comme le montre la série de verbes suivants qui sont autant de variantes familières, populaires du verbe standardmanger: bouffer, becqueter, grailler, boulotter. En fin de compte, la notion de niveau de langue ou de registre a pour principal intérêt de diffuser l’idée qu’un même locuteur ne parle pas toujours de la même façon et qu’il faut tenir compte de l’interaction et de la situation. Mais cette notion présente de nombreux défauts : %les niveaux ne correspondent pas à des étiquettes tranchées : la plupart des items pouvant relever de l’argotique ou du populaire, par exemple. %les dictionnaires ne sont pas d’accord pour classer une même forme : les mentions « argot » ou « familier », par exemple, sont fréquentes dans les dictionnaires, mais elles ne constituent pas une liste unanimement reconnue : les termes peuvent varier ainsi que la classification d’un même mot d’un dictionnaire à l’autre. C’est le cas par exemple dechaussureest donné comme synonyme de quisoulieravec d’autres mots classés comme familiers ou argotiques tels quegodasse,grolle,pompe, tatane,croquenot,godillot. %ce que laisse penser cette classification en registres, c’est qu’on véhicule exactement le même sens en changement de niveau, en passant par exemple desouffletàgifle ou àclaqueoubaffe. Mais ce n’est pas si simple. Un critère qui peut, par exemple, être utilisé, c’est l’adaptabilité : un mot correct serait un mot adapté à la situation. Ainsi, on n’entre pas dans un magasin de chaussures pour demander desgodasses ou destatanes, à moins évidemment que l’on ait une intention spécifique. Cette représentation en niveaux induit une représentation trop simpliste de la langue. De plus, ce type d’étiquetage repose davantage sur des présupposés idéologiques que sur des considérations scientifiques sérieuses. Comme le dit A. Polguère (2003, p.75) : « si l’on introduit la marque d’usagepop.(populaire), quelle différence fait-on véritablement entre parler populaire et parler familier? Pourquoi avoir pop., par exemple, mais pasbourg.(bourgeois) ? ».
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Exercices I. Envous appuyant sur les exemples proposés ci-dessous, vous montrerez que le terme « mot » est ambigu : a) Je serai bref, ma réponse tiendra en unmot: « non ». b) Depuis qu’il a été employé par Jacques Chirac, lemot abracadabrantesque est devenu très fréquent dans les médias. c) bien que s’écrit en deuxmots, alors que quoique s’écrit en un seulmot. d) Le mot happy se traduit par heureux en français. Vous proposerez ensuite une définition opératoire de la notion de mot.
II. Vousferez une analyse du vocabulaire du texte suivant. Cette analyse consistera à lister tous les types y apparaissant et à comptabiliser pour chacun de ces types son nombre d’occurrences. Ensuite, il s’agira de classifier tous les types selon les caractéristiques suivantes : -unité appartenant à une classe ouverte (unité lexicale) vs. unité appartenant à une classe fermée (unité grammaticale) - nombred’unités graphiques contenues dans l’unité lexicale - nombred’unités de sens contenues dans l’unité lexicale -Cette dernière caractéristique vous permettra de distinguer des mots simples (une seule unité de sens dans l’unité lexicale) des mots construits (plusieurs unités de sens réunies en une seule unité lexicale). Vous expliquerez et testerez l’autonomie distributionnelle et la cohésion interne de trois des mots construits rencontrés dans ce texte (test de substitution de l’unité lexicale avec un lexème simple, test de mobilité de l’unité lexicale dans la phrase et test de séparabilité des unités minimales de sens). N’hésitez pas à vous servir de dictionnaires pour vérifier la définition des lexèmes rencontrés. Texte :Cet homme villeux avait un je ne sais quoi d’étrange. Il aimait les bonnes tavernes sombres à l’odeur de choucroute. Un soir, notre tavernophile s’amusait à craquer des crackers dans un coin d’une de ses tavernes favorite. Les buveurs n’y faisaient pas gaffe jusqu’à ce que notre homme s’exclame : « demeurés de pelobates… tous les mêmes!!! ».Tous le regardèrent avec des yeux silencieux et ébahis. Quel étrange personnage ! Lui n’avait pas tilté et avait recommencé à émietter ses crackers, sans se soucier des murmures alentours… «pelobate… qu’est-ce que ça veut bien dire ??? ». Mais aucun dictionnairene décorait le comptoir de la taverne et de ce fait, aucun vocabulaire individuel ne fut enrichi ce soir là !
III. Classezles unités lexicales suivantes qui ont toutes la propriété d’être utilisées en français pour le mot « enfant ». Comparez votre classement avec celui d’au moins deux dictionnaires afin de discuter les variations diaphasiques.
bambin chiard gamin drôle gnard gone
gosse lardon loupiot marmot marmouset mignard
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mioche miston môme morveux mouchachou mouflet
moujingue moutard
niston petiot
petit pitchoun
V. Classezles constructions suivantes en fonction de leur niveau de langue. Commentez ensuite votre classement en analysant les constructions aux plans syntaxique et sémantique. ce n’est pas la grande formeje déprime ce n’est pas la joieje flippe ce n’est pas le piedje n’ai pas la frite j’ai atteint le fondje n’ai pas la pêche j’ai de la peineje n’ai pas le moral j’ai des idées noiresje n’ai pas le punch j’ai du chagrinje ne suis pas en forme j’ai le bluesje suis abattu j’ai le bourdonje suis au bout du roulot j’ai le cafardje suis au cent septième dessous j’ai le noirje suis déprimé j’ai le spleenje suis désespéré je broie du noirje suis triste
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