1ère partie : Les sources du lexique

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1ère partie : Les sources du lexique

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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1ère partie : Lessources du lexique A . Le fonds primitif B. Unités nationaliséespar le français à partir des patois, dialectes et langues régionales C. Empruntsà d’autres langues (langues anciennes et modernes) A . Le fonds primitif : 3 couches anciennes relativement épaisses (substrat) e - le fondsgauloisav J.C. (quelques motsliés à la(langue celtique)à partir du 8 nature et à la culture, toponymes) chêne, char, mouton, balaier - le fondslatin vulgaire-à partirav. J.C. (la plus grande part du fondsdu 1 linguistique: 80% du voc. français) e e - le fondsgermaniqueap. J.C.au 7- du 5 Invasions des Wisigoths, Burgondes, Alamans(allemand, alsacien), Francs(franciquenéerlandais/flamand) (35 des1000 mots les plus fréquents du français élémentaire liés à la vie rurale (forêt) , administrative, militaire; toponymes; anthroponymes) bois, guerre, trop, (re)garder, gauche, taper, blesser, soigner, guérirLes mots du fonds primitif ont subi une transformation ininterrompue de la prononciation (oral), de la graphie (écrit) : Ex : gaulois cassanos=chêneil existe en France 221 toponymes évoquant le chêne (villes de Chassaigne, Chassagne, Cassagne, Quesnoy, Chesnay…) onno= fleuveGaronneEn dehors du lexique, on doit aussi au gaulois la prononciation du U, les liaisons, la terminaison– ons, la numérotation par vingt (quatre-vingts) Ex : latin vulgaire hospitalemhôtel sacramentumsermentfabricaforge testatêteEx : germanique Mulhouse: (Mühle=moulin +Haus= maison) Bernard(bern= ours +hard= fort) On doit entre autresau substrat germanique - lesuffixe –ard(à partir de l’adjectifhard= fort, puissant) montagnard, maquisardchauffard, vantard,- le retour de la consonne initialeh(mots qui se prononcent avec unhaspiré :haine, halle, héron)
- nouveaux mots commençant par /g/(werraguerre, *wardongarder, *wrakjogarçon,wantgant B. Unitésnationalisées par le français à partir des patois, dialectes et langues régionales goéland(gwelan)breton usinedialecte du nord-est (évolution du latinofficina) briochenormand( brier= pétrir la pâte) lessivedialecte de l’ouest dauradeprovençal C. Emprunts à d’autres langues 1) aux langues anciennes: latin et grec e  -du M.A. au 16: permet la constitution d’un vocabulaire abstraitdoublets (le français est une langue deux fois latine) e  -à partir du 17pour nommer des inventions et des concepts nouveaux (médecine, philosophie, sciences humaines…) Doublets : COMPUTAREcontercompter et DIRECTUSdirect et droit GEMEREgémir et geindre LEGALISlégal et loyal Expressions latines Ex aequo, sine die ,in extremis, in vitro/in vivo … Domaines particuliers: droit, botanique,chimie, médecine … e  2)s. (grandesaux langues modernes surtoutà partir du 15 découvertes) Par ordre d’importance : ( sur les 35 000 mots français courant :4192 mots d’origine étrangère) (Walter1997 :17)  -anglais : 1053 (25%)  -italien: 698 (16,6%)  -arabe : 214(5,1%)  -espagnol : 157 (3,7%)  -le néerlandais : 151 (3,6%)  -allemand : 147 (3,5%)  -persan et sanskrit :109 (2,6%) Par époque : - Moyen-Age : langues vulgaires entrent en contact grâce au commerce(arabe, italien, néerlandais) - XVIe: Renaissance (italien)
- XVIIe: L’Europe s’ouvre à l’extérieur(espagnol et portugais)  Aunord : arrivage de mots néerlandais et allemands - XVIIIe : Recherche de modèles institutionnels (anglais) - XIXe-XXe: influencedes USA (américain),russe Les emprunts du français à l’italien 1. Du Moyen Age à la RenaissanceLes mots du commerceC'est d'abord par son commerce que l'influence de l'Italie se fait sentir dès le XIVe siècle. Pendant tout le Moyen Age, les ports de Venise, de Gênes et Pise ont joué un rôle de relais naturel sur la route des épices et de la soie, qui du lointain Orient, aboutissait aux foires de Champagne, rendez-vous périodique d'un commerce déjà international. L'un des avantages qu'avaient acquis les négociants italiens était la création d'établissements portuaires qu'on appelait deséchelles. C'estdans ces ports, soumis à leur juridiction et à leur administration, qu'on faisaitescaleet c'est là que se réalisait l'essentiel du commerce entre l'Orient et l'Occident. Les Vénitiens et les Génois avaient là leurarsenalet leurdouane, ils y fixaient leurstarifset y constataient éventuellement desavaries. Tous ces mots d'origine arabe ont donc transité par l'italien avant de devenir français. Il en est de même pour les noms de tissus orientaux : letaffetasoriginaire de Perse, lebaldaquinqui désignait à l'origine une étoffe en soie de Bagdad. D'Orient venaient aussi laperleet lanacre. Les mots de la banqueLes marchands italiens sont aussi des banquiers et le nom des Lombards est durant tout le Moyen Age synonyme d'usure et de haute finance. Ces Lombards qui laisseront leur nom à une rue de Paris n'étaient pas tous originaires de Lombardie, mais venaient surtout de Venise, Gênes et de la Toscane (Pise, Sienne, Lucques et Florence). C'est à eux que l'on doit la plupart des termes de la finance, à commencer parbanque(qui désignait le comptoir ou se faisaient les transactions du changeur ) etbanqueroute(comptoir rompu, car on brisait symboliquement l'instrument de travail d'un changeur lorsqu'il avait fait faillite). La puissance et l'efficacité des banquiers italiens sont telles que plusieurs noms et pièces de monnaie d'Italie ont eu cours dans d'autres pays d'Europe : - leducat, qui était la monnaie des doges de Venise, désigne une monnaie généralement en or. Il a eu cours dans différents pays . - le florin,qui a eu cours en France, est actuellement le nom de la monnaie des Pays-Bas (en concurrence avec legulden) - lapiastre, désigne familièrement le dollar au Canada - lagazette(du vénitiengazeta) , pièce sur la quelle figurait une petite pie et qui permettait d'acheter une feuille d'annonces et de chroniques mondaines, elle même appeléegazzetta. La gazette désigne aujourd'hui en français un écrit périodique contenant des nouvelles. Les mots de la guerreC'est lecanonqui sonne la fin du Moyen Age et ouvre l'ère moderne. Le mot arrive d'Italie en 1339 et c'est une conception nouvelle de l'art militaire que la péninsule va imposer à l'Europe bien avant son architecture, ses arts, ses modes et ses moeurs. Jusqu'aux abords du XVe siècle , en dehors du commerce, l'apport italien sera essentiellement militaire . Tous les domaines seront concernés : l'artillerie et les fortifications (canon, cartouche, parapet…) , l'escrime (escrime, estocade, fleuret, parer…) , l'équitation (cavalcade, cavalier, carrousel…), la navigation (esquif, frégate, gondole, carène, drisse, corsaire, noliser…) En outre- et ceci est très caractéristique de l'italianisation de tout ce domaine - on emprunte des
adjectifs commepoltron, brave, peste, leste, ingambe, alerte…ou des adverbes commeàl'improviste.2. La renaissanceLe XVIe siècle est marqué par une grande interpénétration des peuples français et italiens pour différents motifs. a) militaires: les onze " guerres d'Italie" (1494 à 1559) menées par les rois de France Charles VIII, Louis XII, François Ier, Henri II. b) politiques: - la présence successive de deux reines italiennes à la cour de France. (Catherine de Médicis de 1533 à 1580 épouse d'Henri II puis régente, et Marie de Médicis de 1600 à 1610 épouse de Henri IV puis régente) - la présence du cardinal Mazarin , 1er ministre de 1641 à 1661 c) artistiques: Le XVIe siècle français se caractérise par l'attirance envers tout ce qui vient de l'Italie, et par le prestige qui entoure les artistes italiens de la Renaissance, dont certains passeront une partie de leur vie en France : en 1515, François Ier invite Léonard de Vinci à séjourner dans ses châteaux de la Loire ; en 1531, il fait venir le Primatice pour décorer le château de Fontainebleau et, en 1540, il appelle auprès de lui le sculpteur Benvenuto Cellini, qui résidera en France pendant 5 ans. De leur côté, tous les grands de la littérature française ont été attirés par l'Italie, et pratiquement tous y ont séjourné : Rabelais a passé un an à Rome, du Bellay y a vécu près de 3 ans et Montaigne, au cours de son long périple hors de France, a séjourné plusieurs mois en Toscane puis à Rome. La langue italienne devient l'objet d'un intérêt, voire d'un engouement, qui ne fera que s'intensifier sous la régence de Catherine de Médicis. L'italomanie va toucher tout l'art de vivre : l'architecture:rotonde, esplanade, stuc, grotte, bosquet…. les beaux-arts et en particulier la musique:cadence, tercet, violon, bémol, madrigal, concert, sourdine…le mobilier:lustre, matelasles vêtements:parasol, veste, ombrelleles ornements: moustache,parfumer, pommade,bergamote…la cuisine: artichaut,cervelas, sorbet, vermicelle, brocoli…les moeurs:l'italianisme pénètre la vie de Cour sous forme dejeux:tarot, ballon, dedanses: pavanemais aussi sous forme d'uncomportement:caresses, frasques, foucade, caprice, escapade…Le français parlé à la cour des Valois s'italianise tant que certaines personnes craindront pour sa survie. Des mouvements de résistance (comme il en existe aujourd'hui contre l'anglais) vont s'organiser à la fois du côté des écrivains et de la part du pouvoir politique. On s'insurgera par exemple de l'emploi de l'expressionà l'improviste(emprunté à l'italien) alors que le français avait déjàau dépourvu.Sila langue française a jugé bon de garder des centaines de mots apportés par l'italien de l'époque, certains, employés tout naturellement au XVIe siècle, ne survivront pas à l'effet de mode. 3. L'Italie du XVIIe et du XVIIIe siècleLes thèmes d'emprunt se restreignent. Les beaux jours du commerce vénitien sont révolus; la stratégie des condottières n'est plus à l'échelle moderne et la société des Cours italiennes n'est plus un modèle pour l'Europe. Mais l'Italie est la terre des peintres et des musiciens. La peintureL'influence de l'école italienne sur la peinture française devient prépondérante au XVIIe siècle.
C'est à Rome que travaillent les plus grands peintres comme Nicolas Poussin et ou Claude Gelée (dit Le Lorrain) . On leur doit d'avoir introduit le paysage dans la peinture et d'avoir élevé le paysage romain à la dignité de paysage classique. Toute la terminologie de la peinture française sera très marquée par cette influence italienne :coloris, profil, lettrine, madone, filigrane, pittoresque, format, caricature…. La musiqueLe motopéraapparaît en 1646, date à laquelle Mazarin introduit à Paris l'opéra italien et avec lui la musique moderne. Elle va s'imposer au cours du XVIIIe siècle et avec elle toute une terminologie : mandoline, solo, cantate, da capo, adagio, oratorio, cantatrice, ténor, soprano… Le plus remarquable est que cette terminologie conservera sa forme purement étrangère . Désormais, les musiciens parlent italien, les cuisiniers français et les cinéastes américain. Le théâtre et le jeuIls constituent deux autres apports de l'Italie à la société du XVIIe siècle. A laComedia dell'Artenous devons :bergamasque, burlesque , polichinelle, pantalon, comparse,imbroglio… Les Italiens semblent aussi être l'origine de laloterie, dunuméro, et duloto.
4. L'Italie moderneA partir du XVIIIe siècle, le dynamisme de la culture italienne s'épuise. L'Italie devient la terre du tourisme britannique et du pèlerinage stendhalien. C'est de cette époque que date des mots comme : cicérone, villégiature, villa , casino.Le XIXe siècle n'apportera que quelques termes musicaux. Au XXe siècle, en revanche, l'Italie prend part à la transformation politique, sociale et technologique du monde moderne. A part les motsfascisme et fasciste, le français lui doit analphabétisme,autostrade(utilisé en Belgique),ferroviaire, agrume, paparazzi, panino). On notera dans l'édition du dictionnaire Petit Robert édition 2002/2003, l'entrée des motsfarfalle, fettucine, fusilli, rigatoni5. ConclusionAinsi, jusqu'au milieu du XXe siècle,c'est à l'italien que le français a le plus emprunté. Si certains italianismes sont aujourd'hui tombés en désuétude, on compte encore environ 850 mots empruntés à la langue italienne qui se sont fondus dans la masse lexicale déjà héritée du latin. La naturalisation française des mots italiens a été un tel succès que certains d'entre eux ont même été proposés pour remplacer une partie des anglicismes actuels. En substituant par exemplevol noliséàcharter, on remplace en fait un emprunt à l'anglais par un emprunt à l'italien ! Bibliographie - Dubois J.[et al.] Dictionnaire de linguistique et des sciences du langage,Paris,Larousse, 1994 - Guiraud P.Les mots étrangers, Paris, Puf, 1965 - Hamon A.Les mots du français, Paris, Hachette Education , 1992 - Huchon M.Historie de la langue française, Paris, Le Livre de Poche, 2002 - Walter H.L'aventure des mots venus d'ailleurs, Paris, Laffont, 1990 - Walter H. et G.Dictionnaire des mots d'origine étrangère, Paris, Larousse, 1991
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