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9 Le web de demain

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Le web de demain
Pour importants et surprenants que puissent paraître les bouleversements survenus sur le web au cours des dernières années, ils ne constituent qu’un début dont la suite est diffi-cile à imaginer… mais pas impossible. La difficulté consiste désormais à anticiper ce qui risque de changer dans cet uni-vers mouvant auquel nous avons déjà du mal à nous faire. Certains des éléments sont déjà apparents. Pour mieux comprendre leur impact sur l’avenir, le plus simple est peut-être de synthétiser le chemin parcouru tout au long de ces pages. À l’origine des mutations qui ont marqué l’émergence du web d’aujourd’hui, les webacteurs ne se contentent pas de surfer sur le web, mais participent, modifient les données et publient du texte, du son et des images en ligne. Connectés en réseaux avec leurs différences et leurs contradictions, ils enrichissent le web de leurs propres créations (Introduction). L’engouement des plus jeunes pour les réseaux sociaux ouvre la porte sur de nouveaux usages (Chapitre 1). Ils ten-dent à faire preuve de plus d’inventivité dans l’utilisation des technologies. Leur arrivée progressive sur le marché du travail oblige les institutions traditionnelles à s’adapter à des perturbations qu’elles auraient préféré éviter. L’approche consistant à observer les comportements est essentielle pour appréhender l’inéluctabilité des changements.
C’est parce que les utilisateurs changent et parce qu’ils modi-fient leurs pratiques quotidiennes, que la lente mécanique ins-titutionnelle finit par se laisser entraîner par la dynamique relationnelle à l’œuvre sur le web et dans le monde physique (Chapitre 2). Les deux logiques se heurtent, ce qui explique les avancées par à-coups et, en partie, par affrontements. Dans un tel contexte, les technologies facilitent l’établis-sement de relations et sont d’autant plus aisées à adopter qu’elles savent se faire de plus en plus discrètes (Chapitre 3). L’appropriation des outils du web est à la portée du plus grand nombre, celui-ci fonctionnant comme une plateforme performante sans qu’il soit besoin d’en maîtriser le fonction-nement intime. Les webacteurs se comptent maintenant par centaines de millions. Cette masse considérable crée suffisamment de contenu pour faire émerger des propriétés nouvelles (Chapi-tre 4). La difficulté consiste à les qualifier. Formules ambi-tieuses, « sagesse des foules » et « intelligence collective » cherchent à rendre compte des mécanismes à l’œuvre. Elles ouvrent la voie à une profonde transformation de notre approche de la connaissance et nous permettent de passer du « savoir » au « comprendre ». Les résultats sont si surprenants que certains chantres de mondes toujours nouveaux évoquent des processus magi-ques. Heureusement, les censeurs sont là pour souligner les limites et les dangers de ces processus d’où naissent de rares pépites d’or au milieu de tant de rebus. Les deux approches sont valables. Et le reconnaître suggère que les multitudes connectées entre elles, à la fois actives et participantes, pro-duisent des résultats suffisamment positifs pour justifier leur participation et suffisamment aléatoires pour qu’il soit nécessaire de rester vigilant (Chapitre 5). D’où la notion d’« alchimie des multitudes . » La dynamique en question n’a de sens et d’intérêt que dans la mesure où elle opère sur le réel. Dans le domaine de l’éco-nomie, par exemple, l’offre devient pratiquement infinie et permet ainsi de passer à une ère d’abondance et de diversité (Chapitre 6). Toujours plus impliqués dans la production, les
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ETTMTNIANANE?
webacteurs deviennent coproducteurs. L’impact sur les modè-les d’affaires des entreprises reste difficile à évaluer, mais la dynamique à l’œuvre indique que nous nous dirigeons vers une économie elle aussi relationnelle. Poussée par les employés désireux d’utiliser les outils du web pour améliorer leur collaboration et par les clients s’invi-tant dans la production, l’entreprise est conduite à ouvrir ses fenêtres (Chapitre 7). À l’intérieur, la mécanique institution-nelle des prises de décision et des processus de production est bousculée. Un nombre croissant de tâches sont réalisées « dans les nuages » avec tous les dangers que cela peut pré-senter, notamment en matière de sécurité. C’est ainsi qu’un nombre croissant d’analystes se retrouvent contraints de parler d’« entreprise liquide » qui, pour se développer, doit pouvoir se couler de façon souple et agile dans le flux d’infor-mations et accompagner les webacteurs dans leurs besoins et leurs attentes. Plus rien n’est fixe. Particulièrement chahutés, les médias sont concernés au premier chef par l’émergence des webacteurs producteurs, distributeurs et diffuseurs d’informations et de connais-sances (Chapitre 8). Désormais auteurs, les webacteurs trou-vent dans les technologies les outils qu’il leur fallait pour remettre en question certaines formes d’autorité.
Toujours risquée, toute prévision sur le futur du web serait d’autant plus hasardeuse que le contexte est plus complexe. Regarder en arrière, en revanche, peut aider à repérer les articulations clés. Les éléments les plus marquants de 2007 – un site, une expression bizarre et un objet – peuvent ainsi nous servir de guides. Le it ’ lle Facebook. Nous y tissons et entrete- s e s appe nons des relations sociales plus ou moins souples, plus ou moins contraignantes. Le potentiel est énorme, en particu-lier si les responsables de la société parviennent à trouver
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RÉSEAUXSOCIAUX
un modèle économique rentable pour eux et acceptable pour les utilisateurs. L’expression bizarre estglobal giant graph(« graphe global géant »). Elle a été proposée par Sir Berners-Lee pour rem-placer celle deworld wide webqu’il avait lui-même inventée en 1989-1990. Elle indique que la structure même de ce qui compte sur les réseaux de communication est en train de changer. Les « pages » comptent moins aujourd’hui que la façon dont elles rendent compte de nos actions. Et pour ce, elles doivent devenir compréhensibles pour les ordinateurs. C’est ce qu’on appelle le web sémantique dont certains font le cœur de web 3.0. L’objet, bien sûr, est l’iPhone, coqueluche des foules… cossues. Alliant ordinateur, téléphone, web et baladeur, il ajoute une nouvelle dimension à la mobilité. L’année 2008 marque l’entrée dans une époque de « post-disruption » du web 2.0, aux dires du cabinet d’études IDC1. Les éléments les plus perturbateurs sont en place et largement répandus. Les grandes mutations technologiques et sociales ont déjà eu lieu. Il nous reste à digérer le proces-sus. Poussé par le ralentissement de l’économie américaine, l’assainissement indispensable ne devrait pas tarder. Que nous réserve la suite ?
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Points de passage obligés, les moteurs de recherche pour-raient perdre de leur attrait au profit des sites de réseaux sociaux. Google domine encore, mais va souffrir face à la menace de Facebook. Mark Zuckerberg, le fondateur, est né après l’arrivée d’internet et il avait neuf ans quand Marc Andreessen a lancé le premier navigateur visuel Mosaic qui a créé le web. « Mark Zuckerberg pense différemment », souli-gne la fameuse analyste Mary Meeker de Morgan Stanley, « et nous pensons que c’est une bonne chose2», une source poten-tielle d’innovations.
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Le gamin (24 ans en 2008) ne manque ni d’ambition ni de méthode. Son concept phare est le « graphe social » (social graph) qu’il définit ainsi : « C’est l’ensemble des rela-tions de toutes les personnes dans le monde. Il y en a un seul et il nous inclut tous. Personne ne le possède. Nous essayons de le modéliser, de représenter exactement le monde réel en en dressant la carte3. » Les utilisateurs risquent de se fatiguer de la multiplicité d’offres incompatibles et centralisées comme MySpace ou Facebook. On devrait voir une demande de réseaux sociaux distribués du genre Ning.com et de systèmes permettant de naviguer de l’un à l’autre comme le propose MyLife-Brand.com. OpenSocial4, lancé à l’initiative de Google le 1ernovembre 2007, se propose de faire adopter par les prin-cipaux acteurs des standards permettant la « portabilité des données » d’un réseau à l’autre. « Le marché a déjà décidé qu’il y aura une longue traîne de réseaux sociaux et que les gens appartiendront à plus d’un. Dès que vous appartenez à plus d’un, l’interopérabilité est essentielle », estime Anil Dash de SixApart, qui adhère à OpenSocial à coté de MySpace, LinkedIn et beaucoup d’autres5.
GRAPHEGLOBALGÉANT L’importance du graphe social mis à la mode par Facebook est telle que Tim Berners-Lee suggère que nous sommes en train de passer duworld wide web, terme qu’il a inventé, au giant global graph, le « graphe global géant » ou GGG6. Au départ, l’internet reliait des ordinateurs entre eux. Le web permet de relier les documents. Nous en sommes à la troisième étape et nous nous rendons compte que « ce ne sont pas les documents qui comptent mais ce dont ils traitent ». «Obvious, really», écrit l’inventeur du web. « Ce ne sont pas les sites de socialnetworkingqui sont intéressants – c’est lesocial networklui-même. La façon dont je
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suis connecté, pas la façon dont mes pages web sont connec-tées. Nous pouvons utiliser le mot “graphe” maintenant pour le distinguer du Web7. » L’ bjectif est d’exprimer ces rela- o tions indépendamment des documents pour qu’elles puissent être réutilisées par tous les sites intéressés. « Penser en termes de graphe plutôt que de web, écrit-il, est essentiel si nous voulons tirer le meilleur parti possible du web mobile, du zoo d’appareils sauvagement différents qui nous permettront d’accéder au système. Quand il » réserve une place dans un avion, c’est le vol en question qui l’intéresse et pas la page sur laquelle se trouve le vol, ni celle de la compagnie aérienne. Nous plongeons vers des infor-mations de plus en plus fines toujours situées dans un réseau de relations. C’est peut-être ça, le GGG : des connexions entre des informations détaillées. La dynamique relationnelle peut ainsi fonctionner de façon encore plus précise. À la diffé-rence de Zuckerberg, Berners-Lee ne dit pas que le graphe social est celui de nos relations. Il le voit plutôt comme celui de nos actions, ce qui lui permet d’établir un lien avec le web sémantique dont il est le promoteur le plus connu. Autrement dit, notre « amitié » avec telle ou telle personne est moins importante que ce que nous faisons concrètement ensemble et ce que nous échangeons… Trop compliquée pour séduire, la proposition a suscité de nombreux débats. Une des contributions les plus remarquées est celle de Nova Spivack, fondateur d’une des premières applications fondées sur le web sémantique, Twine.com. La propriété sémantique consiste tout simplement à ajouter une couche supplémentaire de données pour que les machines, et pas seulement les humains, puissent les traiter. Spivack est partisan du « graphe sémantique », beaucoup plus facile à réutiliser sur de multiples applications parce que « c’est un graphe qui transporte son propre sens avec lui8». Un graphe, rappelons-le, c’est la représentation d’un ensemble de liens entre desnodes. Le graphe conçu par Berners-Lee est une couche d’abstrac-tion supplémentaire qui permet de représenter les liens entre
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WEB3.0 ?
les gens mesurés au travers de leurs interactions en ligne. Le graphe sémantique ajoute les métadonnées qui permettent à des machines de lire les interactions en question. Il est impor-tant pour les utilisateurs que cette couche d’abstraction soit commune à tous les systèmes, faute de uoi ’ urions  q nous n a jamais accès qu’à des fragments de nos relations sociales. En mettant l’accent sur les connexions au niveau granu-laire plus que sur l’ensemble, Berners-Lee invite à une approche moins totalisante que lesocial graph de toutes les relations humaines tel que l’entend Zuckerberg.
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Il ne faut vraiment pas beaucoup d’imagination pour envisa-ger que la prochaine étape du web s’appellera « web 3.0 ». Trop de gens y ont pensé avant qu’elle n’arrive et tous les noms de domaine ont été achetés. Avec web 2.0, Tim O’Reilly a mené une belle opération à un moment où il s’agissait de montrer que, loin d’être mort, l’internet se por-tait bien et changeait même de peau. Il est fort peu vraisem-blable que la prochaine étape soit baptisée d un nom qui ne marquerait pas un minimum de rupture. Mais la formule est commode. Les gens comprennent ins-tantanément qu’il s’agit du web de demain et les ténors s’affrontent sur la définition, dans l’espoir sans doute d’y planter un drapeau vengeur et propriétaire. Jason Calacanis, blogueur et entrepreneur, a défini « offi-ciellement » le web 3.0 le 3 octobre 2007 comme étant « la création de contenu de grande qualité et de services produits par des individus doués utilisant la technologie de web 2.0 comme une plateforme9». Exemple : « Une version de Digg dans laquelle des experts vérifieraient la validité des affirma-tions et rectifieraient les titres pour qu’ils soient plus précis, serait la version web 3.0. » Pas d’accord, rétorque Tim O’Reilly, parrain, protecteur et propriétaire de « web 2.0 », dans un commentaire à ce
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billet10: le contenu révisé par d’autres… c’est ce qui se passe depuis qu’on publie. Il n’est pas d’accord non plus avec ceux qui se contentent de dire que « web 3.0, c’est le web sémantique ». Celui-ci apparaîtra avec « la rupture du paradigme clavier/écran et le monde dans lequel l’intelli-gence collective émerge non pas des gens en train de taper sur un clavier mais de la mise en œuvre de nos activités par des instruments ». Nova Spivack, le patron de Radar Networks et l’un des co-auteurs de la définition de « web 3.0 » sur Wikipedia11, est intervenu à son tour avec une définition surprenante : web 3.0 « c’est la troisième décade du web (2010-2020)12». Une logique dans laquelle web 4.0 en serait la quatrième. Il précise : « Alors que web 3.0 n’est pas synonyme du web sémantique (il y aura plusieurs autres déplacements technologiques importants au cours de cette période), il sera largement caractérisé par la sémantique en générale. » C est-à-dire, par la capacité conférée aux ordinateurs de « comprendre » les documents et les actions qu’ils trai-tent.
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Le web 3.0 selon Tim O’Reilly Au cours d’un entretien réalisé en novembre 2006 à Sebastopol, au nord de San Francisco où se trouve le siège de sa compagnie, Tim O’Reilly nous a confié sa vision des éléments qui, selon lui, constitueront le web 3.0. À partir de quand considérez-vous que nous pourrons parler de « web 3.0 »? J’ai en fait deux ou trois scénarios plausibles face auxquels je dirais : « oui c’est suffisamment différent pour que je l’appelle web 3.0 ». Le premier repose plus sur un nouveau type d’intelligence artificielle (IA) qui émerge avec toute cette idée de tirer parti de l’intelligence collec-tive (harnessing collective intelligence) qui caractérise web 2.0. C’est presque comme la vieille plaisanterie de Pogo, le personnage de la bande dessinée du même nom : « Nous avons rencontré IA et c’est nous13». Le fait est que Google est intelligent parce que nous y contribuons. C’est le génie dupagerank. Il ne s’agit pas seulement d’un algorithme qui étudie le document. Il étudie la conduite des gens en matière de liens. Sur
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Digg.com où les articles sont promus par le vote des gens, nous sommes explicitement mis au travail comme des composantes d’un programme. Quant à web 3.0 il y a deux histoires qui indiquent des points d’inflexion [tipping points]. La première concerne la traduction chez Google. Ils ont gagné une compétition de traduction automatique du chinois à l’anglais et de l’arabe à l’anglais organisée par Darpa [Defense Advanced Research Projects Agency], l’agence du Pentagone pour la recherche. Or, aucun spécialiste du chinois ou de l’arabe ne travaille sur ce projet. Ils n’ont même pas de nouveaux algorithmes. Ils ont simplement plus de données. Ce qui ne marche pas quand les bases de données ont des millions de mots mar-che vraiment bien quand elles en ont des milliards. L’autre histoire m’a été racontée par Jeff Jonas, fondateur de Systems Research & Development, une société de Las Vegas rachetée par IBM. Il a commencé dans les casinos en essayant de reconnaître les gens avec un softwaredire quelque chose du genre : « Saviez-vous que lecapable de type qui est en train de gagner à la table 4 avait la même adresse il y a trois ans que le type qui distribue les cartes à la table 4 ? » Ils ont mainte-nant un contrat avec le département de la Sécurité intérieure. La dimen-sion politique a de quoi faire peur, mais la technologie est vraiment cool. Ils ont construit une base de données avec 3 millions d’Américains. Elle contient 670 millions d’éléments d’informations. Quand ils ont un Tim O’Reilly et un T. O’Reilly, ils ne savent pas si c’est la même personne. Ils ajoutent donc des données. Quant on les réunit, ces deux histoires disent qu’il y a des points d’inflexion dans l’échelle des données auxquels nous sommes en train de parvenir et qu’à partir d’une certaine échelle, on arrive à de nouveaux comportements. Si on ajoute cela à la notion d’intelligence artificielle, on arrive à un niveau où nous pourrions avoir des surprises. C’est un des scénarios possibles pour web 3.0. Quel genre de perspective cela nous ouvre-t-il? Il s’agit sans aucun doute de quelque chose de riche et d’étrange. Par exemple le fait que l’information viendra de plus en plus desensors [détecteurs, palpeurs]. Le clavier en est un, bien évidemment, mais nous allons générer d’énormes quantités d’informations au moyen d’autres détecteurs. Les entreprises trouveront le moyen d’en tirer parti, ce qui pourrait conduire à un type radicalement nouveau d’applications et de structures de pouvoir. Prenons par exemple le cas de compagnies d’assurances basées en Grande-Bretagne. Les polices sont tradition-nellement calculées en fonction de l’endroit où vivent les gens. Mainte-nant [grâce aux caméras et auxsensors], elles savent que vous conduisez – vite – dans le centre de Londres. Peu importe où vous habitez. Elles vont vous faire payer plus. [Dans un billet postérieur (août 2007), O’Reilly parle de « révolution des détecteurs14: « On trouve de plus en plus de» sensorsde différentes sor-tes ce qui permet de construire des appareils qui répondent intelligemment
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à une gamme plus grande de stimuli extérieurs. […] Un nouveau type d’interface utilisateurs comprenant des détecteurs nous intéresse particu-lièrement (pensez au Wii de Nintendo par exemple). À quoi il faut ajouter la multiplication des palpeurs connectés en réseaux qui vont réunir l’univers de l’intelligence implantée et celui de l’intellligence collective que nous appellons web 2.0. »] [La troisième dimension, poursuivit-il lors de l’entretien de Sebastopol, est la confluence des jeuxonline, des mondes virtuels et de la fabrica-tion.] Ça a l’air un peu tiré par les cheveux mais… j’aime bien citer cette phrase merveilleuse de William Gibson : « le futur est déjà là mais il n’est pas encore distribué équitablement15». Additionnés, ces trois éléments donneront quelque chose de très différent. Il suffit par exemple de voir l’usage que les gens font de Google Earth et de regarder ce qu’ils dessinent sur Second Life ou dans World of War-craft, puis d’établir un lien avec toute la révolution « FAB » [le fait de pou-voir fabriquer des objets avec son ordinateur à partir de données numériques transmises et modifiées en ligne16]. Je crois que nous allons entrer dans un monde de fabrication person-nelle dans les cinq ou dix années qui viennent. On verra aussi la version 3D de MySpace. Il ne s’agira plus seulement de jeux mais d’espaces. Second Life est encore petit, mais c’est un concept très puissant. » [Dans un billet d’octobre 2007 sur le sujet, Tim O’Reilly reprend une partie de ces considérations sur web 3.0. Il insiste sur la notion de dis-continuité, la seule qui justifie qu’on ait besoin d’un autre terme pour par-ler d’une autre réalité.] Quelque chose est en train de mijoter. C’est évident. Mais on ne le qualifiera pas de web 3.0. Et il est de plus en plus vraisemblable que ça sera beaucoup plus ample et plus omniprésent que le web, à mesure où la technologie mobile, lessensors, la reconnaissance de la parole et bien d’autres nouvelles technologies nous donneront une informatique bien plus « ambiante » qu’elle ne l’est aujourd’hui17. L’ajout de la mobilité et l’omniprésence des technologies connectées pourraient nous obliger à chercher un autre terme…
MOBILITÉ+OUÉITQUIBOM? Sur la liste des achats de fin 2007 des jeunes Japonais, les PC sont arrivés loin derrière écouteurs, caméras, consoles de jeux et autres gadgets électroniques. Ils s’amusent, se connec-tent et communiquent autrement. La baisse des ventes de
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laptopset dedesktopsa commencé cinq trimestres plus tôt et ne s est pas démentie depuis18. Un Japonais sur deux utilise son téléphone mobile pour envoyer des courriels et surfer sur le web. Mobagay Town, le réseau social qui croît le plus rapide-ment, est conçu exclusivement pour être utilisé à partir de téléphones. Les Japonais semblent être ainsi les premiers à se rendre compte que nous n’avons pas vraiment besoin de processeurs plus puissants et que les disques durs gigantesques ne valent pas nécessairement le prix auquel ils sont vendus. Il s’ git a d’un premier pas dans l’ère de la mobilité. Au lieu de « web 3.0 », nous serons peut-être amenés, pour marquer une différence, à parler de « mobilité 2.0 » ou, pour se libérer de la référence, de « mobilité+ » (ou « m+ », pour faire vite par SMS). Dans un commentaire à un billet sur le sujet publié sur Transnetsle consultant Xavier Dalloz suggère le terme de, « mobiqu té (mobilité + ubiquité). i19» La mobilité est elle-même en pleine mutation. Il s’agit de rendre compte à la fois du fait que, depuis un nombre crois-sant de lieux et de situations, nous pouvons avoir accès à un monde d’informations et de loisirs bientôt aussi riche (ou plus) et infiniment plus cool que celui que nous avions devant nos ordinateurs et nos télés. Le haut débit sans fil ouvre un nouveau plateau de pers-pectives. L’apparition puis la multiplication des gadgets web tels que l’iPhone d’Apple ou le Kindle d’Amazon sont des signaux. La tendance prendra de la force avec l’arrivée sur le marché des ordinateurs ultraportables moins puissants que leslaptopsauxquels nous sommes habitués, beaucoup moins chers et totalement suffisants, tels que l’EEE d’Asus, ou, pour ceux qui en ont les moyens, le MacBook Air d’Apple. Amazon a fait un malheur avec les localisateurs GPS offerts comme cadeaux de Noël en 2007. Cela veut dire que les gens ont envie de savoir précisément où ils sont et en attendent des informations utiles. Cela permet aux entreprises de leur pro-poser des services ou des produits de proximité. Ils pourront
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