Amazonie, Enjeu du développement durable

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Amazonie, Enjeu du développement durable

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Thème 7 - L’Amazonie, un enjeu pour le développement durable ?
Introduction
Paradoxe entre un apparent désert humain et une marginalité économique, et l’enjeu considérable (et immédiat) en termes
de développement durable.
Problématique :
Soumise à la pression économique et à la mondialisation, l’Amazonie peut-elle devenir un terrain d’expérimentation des
thèses du sommet de Rio de 1992, ou doit-elle subir les conséquences néfastes au niveau économique, humain et
technologique d’un développement non maîtrisé parce que privilégiant une rentabilité immédiate ?
Est-elle le symbole d’un aménagement rompant avec l’écologie ?
I/
La « forteresse verte » constitue un
vide mais suscite néanmoins l’intérêt.
« Forteresse verte » : expression de Brazil d’Errol Lincoln Luis.
A/ Un milieu hostile et donc peu peuplé.
1) L’Amazonie est une zone immense : 6,7 millions de km².
- Trois grandes unités morphologiques :
- La chaîne des Andes, d’où un réseau hydrographique dense et torrentiel.
- Les boucliers (plateau des Guyanes, plateau brésilien (Mato Grosso), au Sud : le Parana).
- Zone amazonienne, relief peu marqué : plaine.
- Le climat est équatorial :
- Température constante (26-27°C).
- Pluviométrie forte et régulière (2,5m en moyenne).
- L’Amazone est le fleuve le plus puissant du monde :
- 6700km de long.
- Débit extraordinaire (exemple
:
a la fontière entre le Pérou et le Brésil, débit équivalent à celui du
Congo à l’embouchure, soit 200 000 m
3
/ seconde).
2) Un espace en conséquence sous-peuplé :
- Trois groupes principaux, dont les Tupi-Guarani le long des zones côtières ou des berges, vivant de chasse, de pêche,
de cueillette, de culture sur brûlis, etc.
- Faible densité : 10-15 habitants au km².
B/ L’Amazonie : un potentiel économique évident.
1) Les ressources énergétiques :
- Dès les années 1920 (et surtout à partir de 1960), on y cherche des hydrocarbures :
- On en trouve à l’Est du Pérou, en Equateur, et au Nord-Est du Brésil.
- Plus récemment, off-shore (près de l’Etat de Rio).
- On trouve aussi du gaz naturel, un potentiel hydroélectrique (Amazonie), du bois (biomasse).
2) Le bois tropical pour l’ammeublement.
3) Les ressources en minerai (Nord Amazonie) :
- Le gisement de fer de Carajas (1
er
gisement mondial, soit 18 milliards de tonnes par an).
- Cuivre, nickel, or, manganèse, étain, zinc, etc.
4) Les réserves d’espace agricole : défrichements.
- Libération des terres pour élevage et polyculture.
- 550 000 km² de terres ont été deffrichées au XX
e
siècle (soit 15% de la forêt) ; ces défrichements se poursuivent (du
Nordeste vers le Nord et l’Ouest).
5) Intérêt du fait de la biodiversité :
- L’Amazonie représente le moitié du biotope de la planète (le biotope est l’ensemble des espèces).
- Atout en matière de biologie.
C/ En conséquence, une colonisation précoce du territoire pour d’autres raisons que des raisons
économiques.
1) Certes, l’économie a joué un rôle dominant dans la colonisation de l’Amazonie.
- A la fin du XIX
e
, épopée du caoutchouc (usage de l’hévéa), qui s’interromp en 1912 car les Britanniques implantent des
hévéas en Malaisie.
- Autres sociétés : chasse, diamant, minerai, compagnies financières.
2) Mais d’autres facteurs ont pu jouer :
- Religieux : christianiser les indigènes.
- Scientifique : missions géographiques.
- Agricole : faire face aux contradictions sociales des régions rurales du Brésil en accordant des terres aux paysans sans
terres.
- Géopolitique : recherche de la puissance.
- Au temps de la colonisation portugaise (XVI
e
siècle et plus), pour aller vers l’Ouest au détriment des Espagnols.
- Avant la fixation des frontières de 1750 (traité de Madrid qui accorde les deux tiers de l’Amazonie au Brésil).
- Aujourd’hui, l’Amazonie est donc découpée entre le Pérou (15% de l’Amazonie), la Bolivie (9%), le Venezuela
(6%), la Colombie (5%), l’Equateur (1%), les Guyanes. Flou des frontières et nationalisme justifient donc la
colonisation.
II/ Une politique d’occupation et d’aménagement de l’espace sans ménagement.
A/ Un espace qui devient territoire par des aménagements spectaculaires.
1) Infrastructures de transport :
- Routes : 80 000 km de routes. Dès les années 1970, programme d’intégration nationale Est-Ouest (transamazonienne) et
Nord-Sud (Brasilia vers Manaos vers le Venezuela).
- Voies ferrées : au Nord pour lier le gisement de Carajas à la côte (ce qui témoigne d’une logique d’extraversion).
- Ports : exemple du port céréalier d’Itacoatiara sur l’Amazone (exportation de soja).
2) Existence de fronts pionniers agricoles.
- Facteurs : construction de routes et encouragement de l’Etat.
- Défrichements.
- L’Etat encourage :
- Les concessions aux entreprises caitalistes (bois) : des centaines de milliers d’hectares par concession.
- Les lots pour les grandes exploitations d’élevage : 3000 ha.
- Les lots pour les propriétaires de type familial : 50 ha.
3) Exploitation des ressources :
- Activités industrielles : barrages hydroélectriques, gisements.
- Ces activités favorisent l’urbanisation (zones franches de Manaos).
B/ Des dégâts environnementaux considérables.
1) L’exploitation des ressources énergétiques provoque des pollutions.
Exemple : déchets toxiques dans l’Est Equateur.
2) Question des nouveaux territoires agricoles :
- Les systèmes de production intensifs dégradent et appauvrissent les sols.
- Les cultures transgéniques sont-elles un problème ?
3) Le principal problème est la déforestation :
- Facteurs :
- Les grands propriétaires brésiliens défrichent pour installer des élevages bovins extensifs qui deviennent de plus
en plus intensifs (3/4 du défrichement).
- Les petits propriétaires.
- D’où un arc de déforestation (le long du Nord du plateau brésilien).
- Conséquences :
- Remise en cause des modes de vie des populations amérindiennes.
- Remise en cause de la biodiversité.
- Emissions de CO
2
: incendies pour la déforestation.
- Perturbation du cycle de l’eau (facteur : feux de forêts, d’où réduction de la taille des nuages du fait de
l’émission de certains particules, d’où chute des précipitations), d’où à terme une sécheresse aggravée ?
Les enjeux sont donc plus locaux que mondiaux.
C/ Des déceptions en terme de développement économique et humain.
1) Gaspillages dans l’exploitation : Elevage intensif au détriment de la forêt primaire, qui constitue un potentiel de
ressources bien supérieur.
2) Pas de développement socio-économique régional :
- Les entreprises les plus rentables (grandes exploitations) emploient le moins de main d’oeuvre.
- Les travaux sont très mécanisés.
- En terme d’emploi, les résultats sont donc limités.
- Crise de l’exploitation familiale, qui a pour conséquence l’exode rural.
3) Un espace conflictuel (Brésil, Colombie, Pérou, Venezuela) : l’Amazonie est le résumé des maux des sociétés sud-
américaines.
- Conflits liés à la drogue, guérillas locales (farcs en Colombie).
- Question amérindienne.
- Conflits pour la terre entre propriétaires fonciers et petits propriétaires.
- Conflits entre entreprises et pionniers.
- Violence, mortalité.
III/ L’Amazonie, laboratoire du développement durable ?
A/ Une prise en compte désormais planétaire de la question amazonienne.
La question émerge au début des années 1990 :
- Les Etats amazoniens (le Brésil en particulier) conduisent de grands programmes d’investissement dans les régions
jusqu’alors préservées.
- L’Amazonie est le symbole du développement durable, de l’exemple à ne pas suivre. Lors du sommet de Rio de 1992 est
lancé le développement durable, avec l’Amazonie comme terrain d’exploitation.
- L’insuffisance du développement et la violence ont un retentissement mondial :
- Le mouvement des paysans sans terres (créé en 1984) réclame la réforme agraire ; combat des Sereigueiros.
- Combat pour les Amérindiens (tournée du chef Raoni, soutenu par Sting).
B/ D’où d’indéniables progrès, soit en raison des pressions internationales, soit des prises de conscience
nationale.
1) Programmes internationaux pour soutenir les projets économiques.
Exemple : le PDG7 de 1990 réduit le déboisement et privilégie le développement durable.
2) La question amérindienne :
- A partir de 1988, les Amérindiens ont la pleine citoyenneté mais leur statut reste infixé.
- Délimitation progressive des territoires amérindiens (1 million de km², soit 20% de l’Amazonie brésilienne ; dans le Mato
Grosso dans le parc de Xingu).
3) La question agraire : la colonisation familiale est relancée (nouveaux lotissements, etc.).
4) Des zones sont protégées sur le plan environnemental.
Exemple : 600 zones sont protégées dans l’Amazonie brésilienne : 4% de la forêt est préservée, 8% semi-préservée.
5) Nouvelles formes d’activités :
- La certification du bois permet la vente à des prix supérieurs et la réduction du gaspillage.
- Cultures à haute valeur ajoutée (fruits, plantes médicinales).
- Formes d’écotourisme.
- D’anciennes activités sont revalorisées (cueillette).
C/ Mais ces progrès restent très fragiles.
1) Question de la survie des populations amérindiennes : il y a un million d’Amérindiens en Amazonie aujourd’hui.
2) La question agraire n’est pas résolue.
3) Pression économique contre la préservation de l’Amazonie.
4) Des débats ont lieu dans les pays concernés :
- L’Amazonie est entrée dans le champ du Brésil utile.
- Il y a une différence entre l’approche du Nord et celle du Sud sur la question écologique. Dixit un planteur de soja : « Les
Européens pleurent quand on coupe un arbre, mais ils ne pleurent pas quand les enfants meurent et ne recoivent pas
d’éducation ».
Conclusion
Réponse à la problématique : ni l’un ni l’autre.
- Certes, on tient de plus en plus compte de la variable écologique,
- Mais la réponse économique paraît trop forte pour ne pas exploiter l’Amazonie.
- Il est donc de moins en moins réaliste de parler d’
une
Amazonie, il faut parler de
plusieurs
Amazonies avec des territoires
en marge de l’économie marchande, et d’autres qui veulent s’intégrer.
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