B Une economie mondiale bouleversee par la crise de 1929 Fiche Asselain

Publié par

B Une economie mondiale bouleversee par la crise de 1929 Fiche Asselain

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
Lecture(s) : 2 310
Tags :
Nombre de pages : 11
Voir plus Voir moins
B Une économie mondiale bouleversée par la crise de 1929
La crise 1929 est un événement majeur dans l'histoire économique de la première moitié du 20
ème
siècle. Elle éclate aux USA et prend une ampleur mondiale. Un seul pays y échappera : l'URSS.
Cette crise interpelle surtout sur les solutions qui y sont apportées.
a) La crise dans le monde
α
) La crise aux Etats-Unis
-
La crise commence par une crise boursière. Entre 1922 et 1929 les actions aux USA dont le
cours est côté à Wall Street voient leur prix multiplié par 5 car les entreprises se portent bien.
On achète alors les actions non pas pour les dividendes mais pour spéculer, on espère que le
cours des actions est capable d'augmenter rapidement. Cette spéculation est possible car on
peut emprunter pour acheter des actions grâce à une innovation financière : l'achat à la
marge. On achète un grand nombre d'actions en n'en payant qu'un faible pourcentage en
espérant que leur cours va monter pour les vendre et payer le reste et faire des bénéfices.
-
Le crédit est donc largement utilisé aux USA et l'américain moyen achète tout à crédit.
Environ 1,5 millions d'américains spéculent, il y a donc un gonflement artificiel du prix des
actions et la création d'une bulle spéculative. Il y a alors un risque que se développe une
distorsion entre la sphère réelle et la sphère boursière, entre le cours des actions et les
dividendes. Les bénéfices des entreprises augmentent moins vite que leur valeur en bourse.
L'augmentation de la production industrielle atteint 50% entre 1921 et 1929 alors que dans le
même temps le cours des actions gagne 300%. Il y a un gonflement artificiel du cours et le
crédit risque donc de devenir cher. Il y a risque qu'une légère baisse de la production
industrielle ou la faillite de certaines entreprises provoque un mouvement de panique.
-
C'est ce qui arrive pendant l'été 1929 : on observe une légère baisse de l'indice de production
et de plus des scandales sont révélés comme celui des lotissements non-construits de Floride.
Une inquiétude naît alors à Wall Street et s'enfle. Le 24 octobre 1929, 13 millions d'actions
sont mises en vente, il y a donc un effondrement du cours des actions puisqu'il n'y a pas
d'acheteurs en face à part Rockefeller et Morgan. Même l'apparition de ces deux grands
acheteurs ne suffit pas à redonner confiance et le 29 octobre 30 millions d'actions sont mises
en vente.
-
En une semaine le cours du Dow Jones chute de 40 à 50% ce qui entraîne de nombreuses
faillites bancaires car les crédits à l'achat à la marge ne sont pas remboursés. Près de 1300
banques font faillite en 1930. Entre 1929 et 1932 le Dow Jones perd 85% de sa valeur et dans
le même temps 3000 banques font faillite. Le système bancaire était en effet très diversifié et
peu rigoureux. Il y a donc une crise du crédit à la consommation (credit crush) et une ruine
des épargnants et des spéculateurs. Les épargnants ne peuvent pas être remboursés et on
observe un développement du licenciement et du chômage.
-
Rapidement cette crise touche les entreprises car elles ne peuvent plus faire appel aux
capitaux bancaires. Les entreprises réagissent en baissant leur prix car elles veulent liquider
leur stock et proposer des produits moins chers. Cependant, l'offre est souvent supérieure à la
demande et le crédit à la consommation est remis en cause ce qui n’améliore pas la demande.
Les entreprises doivent donc réduire leur production et licencier : se développe alors le
chômage. Les entreprises subissent une perte de débouchés très importante et on observe une
chute de la demande.
-
L'agriculture déjà en crise est elle aussi touchée par la crise. La demande diminue et il y a un
effondrement des prix et le pouvoir d'achat des fermiers est donc réduit. Souvent endettés, ils
ne peuvent plus rembourser leurs dettes ce qui aggravent la situation des organismes
bancaires. Malgré le développement spectaculaire du chômage, l'Etat n'intervient pas
et
n'entreprend rien pour aider les chômeurs et seules des aides privées vont se mettre en place.
Le président Hoover est un libéral, il refuse les allocations chômage même pour les anciens
combattants. Pour les libéraux, la reprise ne peut se faire que de manière spontanée et il faut
attendre qu'elle ait atteint un seuil pour revenir à la normale. Hoover dira « la prospérité est
au coin de la rue ».
-
Les économistes ont vu dans cette crise la conjugaison d'une crise Kondratieff et d'une crise
Juglar. La crise est nouvelle par son ampleur et sa durée (1929-1932). En novembre 1932,
ont lieu des élections dans le contexte de crise. Le candidat démocrate est F.D.Roosevelt et
oppose son programme d'intervention de l'Etat à celui libéral du parti républicain.
β
) La diffusion de la crise
-
La crise s'étend à cause du poids important que joue l'exportation de capitaux américains
dans le monde mais également parce que les USA sous les républicains prennent des mesures
protectionnistes. Cette crise semble une crise de surproduction et donc les USA veulent
limiter la concurrence étrangère en renforçant le protectionnisme douanier ce qui rend encore
plus difficiles les échanges internationaux. Les pays européens ont de plus en plus de mal à
rembourser leurs dettes, comme l'Allemagne qui a de plus en plus de mal à financer les
réparations. Un moratoire du paiement des dettes au niveau mondial est confirmé : Hoover
suspend en juin 1931 les dettes entre états pour un an.
δ
) La crise en Allemagne
-
Le premier pays touché est l'Allemagne qui depuis 1930 souffre de la chute du cours mondial
des céréales et d'un fléchissement de ses exportations. En 1929, les exportations représentent
13,7 milliards de Mk contre 9,7 milliards en 1931. Il y a donc une crise et un ralentissement
économique et les retraits de capitaux américains précipitent l'Allemagne dans les difficultés.
C'est un coup très dur aux banques allemandes et par exemple la faillite de la NordWalle de
Brême précipite la faillite de la Danat Bank. Un climat d'inquiétude s'installe et donc les
retraits de dépôts s'accélèrent. En juillet 1931, Brüning
alors ministre des Finances, décide la
fermeture de toutes les banques d'épargne pour quelques semaines afin de définir de
nouvelles règles
sur les dépôts. Les banques rouvrent en août avec des restrictions.
-
L'économie allemande est touchée dans deux domaines: d'abord les exportations, les
débouchés extérieurs, et ensuite par des difficultés au niveau du crédit. Rapidement, la
production diminue: entre 1930 et 1931 la production de charbon passe de 160 à 100 millions
de tonnes et celle de fer de 16 à moins de 6 millions. Ces productions alimentaient les
industries sidérurgiques. On assiste donc à des licenciements et il y a dès 1932 près de 6
millions de chômeurs.
-
La crise fait peur à une population qui sort d'une période de rigueur. L'annonce d'une crise
confirmée en 1932 modifie les rapports de force politiques en Allemagne : on observe une
poussée des extrêmes comme le parti communiste et le parti national socialiste ouvrier
allemand animé par Hitler qui critique le capitalisme de grande entreprise.
η
) La crise au Royaume-Uni
-
La crise est moins violente en 1929-1930 car le Royaume-Uni est déjà plongé dans des
difficultés économiques. Cependant, en 1931, la crise s'accélère. Il y a une baisse de la
production et entre 1929 et 1931 celle-ci baisse de 20% pendant que les exportations baissent
de 50% et que le chômage augmente. La balance des comptes devient déficitaire.
-
Londres est touchée par une crise financière à cause du retrait des capitaux américains. Ses
banques connaissent des difficultés financières et se tournent vers la Banque d'Angleterre qui
voit alors son stock d'or diminuer. Pour sauver la £, des emprunts sont fait à la banque
fédérale américaine (FED) et à la Banque de France.
θ
) La crise en France
-
La crise y est moins profonde et plus tardive. Elle commence vraiment à partir de 1932 parce
que la France est un pays plus agricole et moins industrialisé et parce que la France n'est pas
un pays où se sont beaucoup investis des capitaux étrangers. La France apparaît
financièrement solide depuis la création du F-or Poincaré. Mais, en septembre 1931, les
Anglais dévaluent la £ et la France en est victime car les produits anglais sont alors moins
chers et plus compétitifs et menacent les produits français.
-
En 1933, la production est inférieure de 20% à celle de 1929. On voit des faillites mais
l'augmentation du chômage est limitée. Il y a en 1932 300 000 chômeurs et en 1935 450 000
avec une population active stagnante de 18 millions de personnes. Le salaire réel baisse de
20%. La France est donc moins touchée mais connaît en 1932-1933 la conjugaison de la crise
économique et d’une crise politique avec une remise en cause parlementaire.
λ
) La crise au Japon
-
Le Japon connaît depuis 1920 des difficultés car il a besoin d'exporter et il a du mal à le faire
pendant les années 20 à cause de la concurrence en Asie du Royaume-Uni et des Pays-Bas. En
1925, il y a 2 millions de chômeurs et le chômage s'aggrave puisqu'il y a une augmentation
rapide de la population dans un pays petit ou la surface cultivable est réduite, il y a
surpopulation. Il y a également de graves problèmes agraires et le déficit de la balance
commerciale augmente. La situation est très précaire au Japon quand il est touché par la crise.
Les politiques protectionnistes vont encore augmenter les difficultés de ce pays où se
développe alors la thèse de l'expansion territoriale.
μ
) L'analyse faite de la crise
-
La crise est analysée à l'époque de façons différentes selon les pensées et les idéologies. Pour
les libéraux la crise est liée à un mauvais fonctionnement du marché et à une mauvaise
politique monétaire. Pour Robbins, dans La grande dépression, la crise porte les séquelles de
l'économie de guerre car les mécanismes de marché ont été entravés. Les libéraux jugent la
crise comme normale, ils la minimisent et voit dans le retour aux mécanismes du marché une
solution à cette crise. L'Etat ne doit pas intervenir et, s’il y a du chômage, la solution passe par
la baisse des salaires et l'abattement des protections contre le chômage. Ce chômage est pour
eux du à la rigidité des salaires et aux syndicats.
-
Les marxistes donnent comme explication, défendue notamment par Varga au nom de la
troisième internationale en 1934, que la crise est une crise de surproduction capitaliste avec un
caractère exceptionnel lié à une crise générale des systèmes. La crise doit donc favoriser le
processus révolutionnaire et conduire à la fin du capitalisme.
-
La troisième explication est l'explication de Keynes pour qui cette crise est une crise de sous-
consommation. Sa pensée économique est née de la crise de 1929 et est exprimée dans son
oeuvre majeure : Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie parue en 1936.
Cependant, Keynes intervient dans les années 30 en critiquant les politiques de déflation et en
prenant le contre-pied de l'analyse libérale conventionnelle. Pour lui, l'économie capitaliste
n'est pas nécessairement stable malgré le jeu des marchés et elle peut conduire à une situation
de crise. Pour lui, le chômage est involontaire et est dû à une insuffisance de la demande qui
n'a aucune raison alors de se combler spontanément. Il pense que la non-rigidité des salaires ne
résoudrait rien car une baisse des salaires entraînerait une baisse de la demande et donc une
baisse de la production des entreprises et de l'emploi. Pour lui, la demande est importante et
c'est avec Keynes que l'on bascule dans la priorité de la demande face à l'offre. Une épargne
trop importante amène à une consommation trop faible et il affirme qu'il est donc nécessaire en
temps de crise que l'Etat intervienne et mette en place des politiques de relance
en augmentant
ses dépenses et en utilisant l'arme budgétaire. Il y a un problème qui peut remettre en cause
cette idée: l'inflation. Pour Keynes, l'inflation est un mal nécessaire dont il faut se servir. Il faut
pour lui une augmentation de la demande par une politique monétaire de taux d'intérêts faibles
favorisant la création monétaire. Il insiste de plus sur la redistribution des revenus.
b) Les solutions apportés à la crise
α
) Une solution internationale ?
-
Dès les premiers effets de la crise, le système monétaire de Gênes est remis en cause et
abandonné. De plus, il y a des dettes entre pays capitalistes et l'ampleur de la crise est telle
que au-delà du moratoire les dettes sont abandonnées ce qui mécontent fortement la France
qui n'aura plus de réparations. Les USA acceptent mal cet abandon des dettes et deviennent
donc de plus en plus isolationnistes.
-
En fait, il n'y a pas vraiment de solution internationale possible car chaque pays cherche une
solution à ses difficultés avec des pratiques très différentes. On voit notamment se
développer des solutions déflationnistes très surprenantes comme celles des années 20 qui
semblaient avoir réussi. Elle sera pratiquée en France jusqu'en 1936, en Allemagne jusqu'à
l'arrivée d'Hitler en 1933. Au contraire, le Royaume-Uni lui mettra en place une nouvelle
politique commerciale. Aux USA, la solution passe par le New Deal et la France en 1936
optera pour une sorte de New Deal également. Pour les pays les plus menacés par la
contrainte extérieure, la reprise s'accompagne d'autarcie ou par une expansion territorial et
une politique d'armement comme au Japon. Mais partout s'affirme un nouveau rôle de l'Etat.
β
) Le New Deal
-
Roosevelt prend le pouvoir en janvier 1933, et il est élu sur un programme tout à fait
nouveau inspiré de Keynes
et voulant remédier à la crise en expliquant qu'elle est due à une
mauvaise distribution des richesses. Il faut augmenter le pouvoir d'achat de la masse en
réalisant le plein emploi et en réduisant la différence entre revenu agricole et industriel. C'est
une nouvelle vision de l'économie et de la société.
-
Roosevelt est entouré par le Brain Trust qui est un groupe de conseillers et d’amis personnels
comme Hopkins, mais surtout des professeurs d'économie keynésiens comme Moley, Tuwel
et Berl. Dans le gouvernement quelques personnalités dominent comme Woodin à la
trésorerie et Wallace qu'on dit être communiste.
-
Le New Deal est concrétisé au printemps 1933 par des mesures financières: il faut redonner
confiance dans le système bancaire en accordant un moratoire et en faisant voter le Banking
Act en juin 1933. Cette mesure impose une spécialisation entre les banques d'investissement
et les banques de dépôt et inaugure un système d'assurance pour les dépôts bancaires. De
plus, il y a une surveillance des banques nationales
et les opérations boursières sont placées
sous le contrôle de l'Etat Fédéral. Pour ce qui est des mesures monétaires, Roosevelt souhaite
contrôler l'inflation, le dollar est détaché de l'étalon-or en juin 1933 et stabilisé en janvier
1934 après une dévaluation de 41%.
-
Dans le domaine agricole, le Agriculture Adjustment Act de mai 1933 se donne un double
but. D'abord améliorer la situation financière des fermiers avec des prêts à long terme à faible
taux d'intérêt, mais surtout par une augmentation des prix agricoles pour augmenter les
revenus des agriculteurs. On encourage alors la destruction d'une partie de la production et
des subventions sont accordées aux fermiers qui renoncent à certaines cultures et qui laissent
une partie de leur sol en jachère. En 1933, on encourage par exemple les fermiers à renoncer
à la culture du coton et on abat l'élevage de porc ce qui a pour effet de relever les prix.
-
Dans le domaine industriel, on vote une loi la National Industrial Recovery Act en juin 1933
qui a plusieurs objectifs. D'abord baisser le temps de travail hebdomadaire à 35 heures pour
repartir les tâches, puis interdire le travail des enfants, et fixer un salaire horaire moyen pour
encourager l'augmentation du pouvoir d'achat et de la consommation. En outre, le
gouvernement rend obligatoire dans chaque secteur des codes de concurrence loyale établis
par les industriels et fait établir en plus de représentants du personnel des chartes qui fixent
pour chaque secteur les conditions de travail et les salaires ce qui doit permettre une reprise
de l'embauche .
-
Pour la lutte contre le chômage se met en place en mai 1933 une politique de grands travaux
avec des routes, des voies ferrées, des canaux et des barrages mais aussi des travaux de
reboisement. Naît par exemple l'opération TVA : Tennessee Valley Authority qui a pour but
de développer des barrages pour l'électricité et pour l'irrigation.
-
Toutes ces mesures sont totalement nouvelles par rapport au capitalisme libéral et sont
critiquées d'abord par les milieux d'affaire et par le parti républicain car elles confirment un
nouvel aspect du capitalisme : on passe du capitalisme libéral au capitalisme dirigiste. Une
nouvelle idéologie est mise en place et les fondements et mécanisme du libéralisme sont
remis en cause : l'Etat intervient.
-
Certains critiquent également les lois (Acts) car jugées trop timides et entre autres un courant
radical de droite volontiers démagogue qui s'appuie sur de petits artisans et agriculteurs.
D'autres voient dans Roosevelt un dangereux socialiste au moment où se met en place la
planification en URSS. Mais le programme de Roosevelt n'est absolument pas socialiste. La
critique la plus virulente vient de la Cour Suprême, cours de 9 juges nommés à vie par le
Président, et qui a deux fonctions : une fonction de tribunal et une de Conseil
Constitutionnel. Les lois doivent être contrôlées par la Cour Suprême si leurs adversaires les
jugent inconstitutionnelles. Or, le parti républicain dénonce l'inconstitutionnalité des lois
contenues dans le New Deal et les 9 juges de la cours sont tous républicains. Un conflit
s'annonce et il prend de l'ampleur quand dès 1935 le NIRA est jugé inconstitutionnel suivis
en janvier 1936 par l'AAA. Seules la TVA et les mesures financières sont validées.
-
Roosevelt vit mal se climat d'opposition mais continue de lancer une politique de réformes
profondes. Dès 1935 est mis en place un système de protection sociale avec l'aide du
gouvernement fédéral aux Etats pour financer les secours aux vieux, aux infirmes et avec en
plus le principe d'une retraite vieillesse et d'une assurance chômage sous forme d'une
indemnité hebdomadaire pendant 6 mois. C'est la remise en cause de toute une tradition
d'individualisme, mais c'est en même temps une politique qui s'accompagne du déficit
budgétaire.
-
En 1936, Roosevelt décide de se représenter et il mène sa campagne sur la poursuite du New
Deal, la défense du travailleur contre le grand capitaliste. Il s'oppose à Landon qui lui prône
un retour au libéralisme et à l'équilibre budgétaire. Roosevelt est soutenu par les syndicats,
les minorités et les intellectuels. Landon est soutenu par le monde des affaires et la radio.
Roosevelt est élu à une forte majorité et il décide de relancer le New Deal. Un nouvel AAA
est lancé en février 1938 et il s'accompagne d'une réforme de la Cour Suprême qui forcerait
les juges à prendre leur retraite à 70 ans ou, s’ils le refusaient, d'être assistés par un juge plus
jeune. On arrive donc à une crise politique ou le judiciaire est menacée par l'exécutif. Mais ce
dernier se dit le pouvoir démocratique puisque élu. Il n'y aura en fait pas de réforme car la
Cour Suprême se met à ratifier toutes les lois et les juges les plus hostiles au New Deal
démissionnent.
-
Cependant, le bilan du New Deal est très contesté. En 1937, on retrouve le niveau de
production industrielle de 1929 mais il y a encore des millions de chômeurs. Il y a certes une
pause dans le déficit budgétaire en 1937 mais une rechute immédiate en 1938. La machine
est repartie mais il reste des problèmes au niveau social et il faudra attendre 1940 pour que
les USA connaissent une véritable reprise car déjà engagés dans une économie de guerre.
-
Le New Deal introduit le principe de solidarité, les avantages sociaux et politiquement il
confirme la place importante de pouvoir exécutif et de l'Etat qui ont alors une fonction
régulatrice de l'économie. Mais il ne parvient pas à obtenir la confiance du monde des
affaires et tous les indices d'activité, de chômage et de prix montrent bien que le New Deal
n'a pas sorti complètement le pays des difficultés . C'est une solution tout à fait nouvelle dans
l'histoire économique
δ
) La pensée keynésienne
-
Keynes est un élève de Marshall, il est donc néo-classique de formation mais il remet vite en
cause les principes du néo-classicisme. Il développe une approche macro-économique et
remet en cause l'hypothèse de la neutralité de la monnaie. Pour lui, il existe des agents
économiques qui se constituent des encaisses monétaires. La monnaie peut donc être désirée
pour elle-même. La théorie monétaire libérale doit donc être remise en cause car pour lui la
monnaie n'est pas neutre. Keynes s'élève contre la conception de la politique économique de
rigueur mise en place dans les années 20 qui considérait que le meilleur moyen de
l'intervention de l'Etat passait par une augmentation des taux d'intérêt pensant que l'épargne
pourrait encourager l'investissement qui lui même pourrait relancer l'activité économique.
Mais pour Keynes une augmentation des taux d'intérêt freine la consommation quand on veut
consommer en empruntant.
-
Pour lui, ce type d'action est donc inefficace et il faut agir plus directement sur l'économie
par le budget de l'Etat qui peut soutenir la demande et provoquer les conditions d'une relance
en utilisant des taux d'intérêt faibles. Pour lui, l'augmentation des taux d'intérêt amène les
dirigeants d'entreprise à faire des prévisions pessimistes qui peuvent entretenir la dépression
économique.
-
Keynes part de la demande contrairement à toutes les théories libérales qui partent de l'offre.
Pour Keynes l'entrepreneur doit anticiper, faire un calcul économique sur l'avenir et s'il est
positif alors il ne doit pas hésiter à embaucher. Pour Keynes, la crise de 1929 est très grave
parce qu'elle donne lieu à des anticipations très pessimistes ce qui pousse à maintenir
l'économie dans un état de crise puisqu'il y a une faible production et donc un faible emploi.
Il y a un seul remède à la crise : la politique budgétaire, l'Etat supplée à l'insuffisance de
l'investissement privé. Cela a un effet immédiat qui se diffuse à l'ensemble de l'économie par
le mécanisme de multiplicateur d'investissement ou multiplicateur keynésien. Il est donc
intéressant que l'Etat intervienne. C'est une nouvelle façon d'envisager le développement
économique.
η
) Les solutions au Royaume-Uni
-
Depuis 1925, a été confirmée au Royaume-Uni une politique de protection de la monnaie et
de déflation. Avec la crise financière et économique plusieurs experts sont favorables à un
changement de politique par rapport à la crise de 1929. Cependant, le gouvernement Mc
Donald décide en 1931 des mesures d'économie sur les allocations chômage, sur les
traitements civils et militaires. Cette politique, qui prétend défendre la monnaie, est
rapidement abandonnée. En septembre 1931, le Gold Standard Act est abrogé et le Royaume-
Uni renonce donc à l'étalon-or. La valeur de la £ est désormais liée aux variations de l'offre et
de la demande et en deux mois perd 40% de sa valeur.
-
Des agitations sociales commencent à se réveiller mais au même moment une autre décision
spectaculaire est prise : l'abandon du libre-échange en 1932. En effet, les droits de douane
seront des recettes supplémentaires pour le budget. En février 1932 des droits de l'ordre de
10% sont imposés sur de nombreuses importations sauf le coton, la laine, le caoutchouc et les
phosphates ainsi que le thé, le blé et la viande. En avril 1932, les droits sont fixés à 20% pour
les produits manufacturés susceptibles de concurrencer l'industrie britannique et à 30% pour
les produits de luxe.
-
Le gouvernement s'efforce de relancer les exportations en établissant un système de
préférence impériale : ce sont les accords d'Ottawa d'août 1932. Par ce système le
gouvernement britannique laisse rentrer en franchise des marchandises importées du
Commonwealth qui réduisent les coûts de douanes sur les produits anglais afin de
concurrencer les pays étrangers. Ces accords permettent un accroissement des échanges
commerciaux entre le Royaume-Uni et l'Empire : entre 1931 et 1938 on observe une
augmentation de 6% des exportations britanniques vers l'Empire et de 12% pour ce qui est
des importations. En 1937, le Royaume-Uni dirige environ 40% de ses ventes vers le
Commonwealth et environ 37,5% de ses achats en proviennent. C'est une solution propre au
Royaume-Uni.
-
L'Etat joue également un rôle nouveau dans le domaine industriel en favorisant la
concentration des entreprises dans la sidérurgie, le textile, le charbon, la chimie et
l'automobile. Dans le domaine agricole, on assiste à une reconstruction de l'agriculture avec
l'apparition de subventions pour soutenir le prix du blé et pour encourager la culture de la
betterave et l'élevage.
-
Il y a une forte reprise économique ce qui permet la diminution du chômage : en 1932 il y a 3
millions de chômeurs, mais plus qu'un million en 1939. Pour un indice de production
industrielle 100 en 1924 on est à 93 en 1931 et à 124 en 1939. La politique semble améliorer
la situation économique au Royaume-Uni dans la fin des années 30 après une période de
déflation.
θ
) Les solutions en France
-
Les solutions passent d'abord par la déflation puis par la politique originale du Front
Populaire. Les dirigeants français maintiennent jusqu'en 1936 une politique de déflation avec
les gouvernements Doumergue et Laval. Les décrets de juillet 1935 amènent à une baisse de
10% des dépenses publiques. Cette politique obtient des résultats décourageants et ne permet
pas de revenir à l'équilibre budgétaire. De plu,s les mesures prises par le Royaume-Uni
rendent difficiles les possibilités d'exportation pour les produits français. La volonté des
dirigeants est de rester fidèle à l'étalon-or et de s'opposer à une dévaluation du F pour
maintenir l'arrivée des capitaux. Cette politique prolonge la crise et crée de nombreux
mécontentements. On en arrive à une véritable crise du système parlementaire jugé incapable
de répondre aux difficultés.
-
C'est dans ce contexte que se déroulent en 1936 les élections législatives autour d'un
programme proposé par le Front Populaire. Il s'agit d'une alliance électorale entre la SFIO, le
PCF et le parti Radical qui propose un programme de réformes et de relance de la demande
mettant ainsi fin à la politique de déflation. Il contient des projets de grands travaux et de
soutien au monde agricole avec un prix minimum pour le blé. Le programme souhaite
également modifier le statut de la Banque de France et nationaliser les industries d'armement.
-
La campagne électorale est très rude et la campagne des adversaires du Front Populaire est
violente. De plus, au moment des élections, se développent des mouvements de grève en juin
1936 dans l'industrie. Le Front Populaire l'emporte, et en juin un gouvernement est constitué
présidé par Léon Blum. Les communistes décident de ne pas rentrer dans le gouvernement.
Cependant, Staline pousse le PCF à sortir de son isolement afin d'affronter le nazisme.
-
Le gouvernement Blum doit régler le problème des grèves et il sert alors d'arbitre lors de la
rencontre entre les délégués syndicaux et le patronat qui aboutira aux Accords Matignon. Ces
accords établissent le droit de syndicat dans l'entreprise et prévoient la signature de
conventions collectives dans les entreprises ainsi qu'une hausse des salaires de 10 à 15%.
Le
gouvernement prend en plus des mesures limitant le travail hebdomadaire à 40 heures et en
octroyant deux semaines de congés-payés aux travailleurs. Les charges des entreprises
augmentent.
-
Ces mesures vont rapidement montrer leurs limites car les productions françaises sont alors
moins compétitives et même si le pouvoir d'achat ouvrier est amélioré, ces mesures
favorisent l'inflation car la production alors faible n'est pas capable de répondre à la demande
En effet, le nombre d'heures de travail disponibles est limité depuis les 40 heures. De plus,
l'arrivée du Front Populaire au pouvoir provoque une crainte des capitalistes qui ont tendance
à retirer leurs capitaux de France pour l'étranger.
-
La situation financière s'aggrave. Des mesures agricoles sont prises avec par exemple la
création de l'Office Nationale du Blé chargée de fixer un prix minimum pour maintenir le
pouvoir d'achat des agriculteurs. On assiste également à une nationalisation des industries
d'armement et de l'aéronautique ainsi que des chemins de fer privés qui deviennent la SNCF.
La Banque de France change de statut et le poids des principaux actionnaires est limité et,
même si elle n'est pas nationalisée, l'Etat y est représenté par un gouverneur. Mais la
situation économique est rapidement difficile à cause de l'inflation que le gouvernement
Blum ne parvient pas à endiguer. Le gouvernement est alors obligé de pratiquer une
dévaluation en septembre 1936 en espérant qu'elle permettra de stimuler les exportations.
Mais les résultats sont décevants et il n'y a pas de reprise économique. L'indice de production
industrielle chute de 7% entre 1936 et 1938, en effet la reprise est gênée par la loi des 40
heures et les nouvelles charges imposées aux entreprises. La diminution du chômage est plus
lente que prévue malgré une politique de grands travaux.
-
En juin 1937 Blum quitte le gouvernement et est remplacé par un autre gouvernement qui ne
parvient pas à trouver de réelle solution. L'expérience du Front Populaire s'achève en 1938.
Le bilan social reste un progrès mais la situation économique est peu satisfaisante. La droite
revient alors au pouvoir, les tentatives de réformes lancées par Blum n'ont pas obtenue la
confiance et elles se heurtent à des structures archaïques. Pour le monde ouvrier, le Front
Populaire reste un mythe. Le France en 1938-1939 se trouve dans une situation très difficile
et elle n'est pas prête du tout à affronter la seconde guerre mondiale.
λ
) Les solutions en Allemagne
-
On voit en Allemagne se pratiquer une politique de déflation systématique entre mars 1930 et
mai 1932 menée par Brüning. Les allemands sont traumatisés par les années 20 et par la crise
monétaire qui a eu lieu et le gouvernement souhaite éviter coûte que coûte une dévaluation
du Mk. Il rééquilibre donc la balance commerciale en augmentant les droits de douane. Le
gouvernement opère également une baisse des salaires et des prix, un rééquilibrement du
budget et une réduction des dépenses publiques. Les salaires des fonctionnaires par exemple
subissent une baisse de 10% en 1930 et de 6% en 1931. Mais le gouvernement ne peut pas
entraver la fuite des capitaux.
-
Des mécontentements naissent avec la poussée des extrêmes. C'est dans ce contexte qu'Hitler
arrive au pouvoir légalement en 1933 avec un gouvernement de coalition avec les
conservateurs dont Von Papen. Hitler pratique une politique de relance avec le ministre
Schacht qui finance la relance économique par une création monétaire originale : le papier
d'Etat. Il fait escompter par la Reich Bank une masse de 12 milliards de Mk de traites
destinées à régler les commandes officielles. L'Etat règle donc ses commandes avec ce
papier. Il existe plusieurs types de traites : les effets OFTP pour les entreprises de BTP et les
effets MEFD pour les commandes d'armement. Ces effets ne sont pas comptabilisé dans la
masse monétaire et ne peuvent donc pas encourager l'inflation. Ce système ne peut réussir
que si les industriels acceptent ce mode de paiement. Les capitalistes allemands doivent avoir
confiance dans le régime en place qui devient dictatorial à partir de l'été 1933 et surtout après
août 1934 quand Hindenburg est renvoyé et qu'Hitler devient le Furher. Se pose ici le
problème de la responsabilité des industriels allemands dans la mise en place du régime
d'Hitler.
-
Mais il faut aussi faire pression sur la demande pour freiner la menace d'inflation.
Les
salaires sont dès lors contrôlés et les syndicats supprimés. A la place se met en place le front
du travail, qui est obligatoire et comprend des cotisations déduites des salaires qui vont
jusqu'à 15%. La fiscalité directe augmente de 12% à 26% des revenus entre 1933 et 1940.
Des emprunts volontaires sont lancés dont l'emprunt pour la voiture du peuple la
Volkswagen présentée à la presse en 1938 mais jamais commercialisée. Il y a de plus un
embrigadement de la population et une politique d'armement est développe à partir de 1936.
Schacht rentre alors en conflit avec Hitler et est remplacé par Goering qui met en place une
planification valorisant l'industrie lourde et d’armement. Cela stimule l'économie et permet
de retrouver la croissance et de freiner le chômage. De plus, la concentration des entreprises
devient très forte.
μ
) Les solutions au Japon
-
Pendant l'entre deux-guerres, le Japon passe de l'âge du textile à celui d'une industrie plus
différenciée. C'est un capitalisme concentré et plutôt libéral même si quelques mesures
sociales sont prises comme par exemple la fondation d'un système d'assurance en 1922
et en
1929 de la protection contre le travail des enfants et des femmes. Le Japon connaît quelques
difficultés mais n'est pas fortement marqué par la grande dépression. En 1931 des militaires
arrivent au pouvoir et la politique d'expansion territoriale est encouragée avec par exemple en
1932 la création en Mandchourie du Mandchoukouo, qui est un empire annexe contenant des
matières premières et pouvant ainsi se lancer dans l'industrie lourde. A sa tête on trouve Pou
Yi, dernier empereur de Chine qui est sous tutelle japonaise. En 1937, le Japon s'engage dans
une guerre contre la Chine.
-
L'Etat encourage la création des zaibatsus qui s'appuient sur la sous-traitance par des petites
entreprises. On observe alors un essor industriel spectaculaire : pour un indice 100 en 1932
de la production industrielle on a un indice 173 en 1937. Alors que l'agriculture est en crise
on a la confirmation d'inégalités sociales très importantes : 15% des familles détiennent 52%
des revenus et la classe moyenne est très réduite. La classe dirigeante est très associée au
pouvoir oligarchique et l'expansion est également soutenue par l'économie de guerre.
π
) Les solutions par le commerce international
-
On entendra par commerce international les échanges de marchandises et de services. Les
années 30 sont une période très difficile dans l'histoire du commerce international. Entre
1929 et 1939 on observe d'ailleurs un recul de ce dernier. Ce recul est plus fort en valeur
qu'en volume. En effet, jusqu'en 1934 il y a une baisse des prix mondiaux et la valeur du
commerce international connaît donc une baisse considérable de 65% entre 1928 et 1935
pendant que le volume perd 17%. Même si il y a une reprise en 1935, le niveau de 1928 n'est
pas atteint en 1938. Cette baisse frappe par son universalité et elle est liée à la crise de 29 et
se continuera pendant les années 30.
-
De plus, la baisse des importations américaines provoque un effet cumulatif. En effet, cela
provoque une baisse des exportations des pays fournisseurs des USA additionnée au retrait
des crédits américains à l'étranger surtout pour ce qui est des prêts à court terme qui servaient
à solder les comptes commerciaux. De plus, la crise du système monétaire qui se développe
dans les années 30 et la suspension de la convertibilité en or de la £ participent aux difficultés
du commerce international. Ces difficultés sont donc imputables à
une conjugaison de
circonstances et de facteurs explicatifs.
-
A partir de 1930, on voit la mise en place d'une fragmentation du commerce international
avec le développement de blocs monétaires : le bloc-$, le bloc-£ et le bloc-or. Ces systèmes
nuisent aux échanges internationaux et confirment des politiques commerciales séparées. La
France donne dès lors plus d'importance aux colonies. En 1929, la France reçoit environ 12%
de ses importations des colonies et en 1938 environ 27%. En 1938, le France vend 19% de
ses exportations dans ses colonies contre 27,5% en 1938. L'Allemagne n'a pas de colonies
alors elle oriente ses exportations vers l'Europe Centrale et Orientale dans des pays comme la
Hongrie ou la Yougoslavie.
-
Mais les échanges sont aussi marqués par un renforcement du protectionnisme pour faire face
à la contraction du commerce international : on isole alors l'économie nationale par des
barrières douanières. Certains pays pratiquent même le dumping commercial qui consiste à
vendre des produits à l'étranger à des prix inférieurs de ceux du marché intérieur. Cette
politique est une politique néo-mercantiliste comme l'est la manipulation des taux de change.
En fait, la priorité est donnée à la reconstitution de réserves d'or. Dès juin 1936, les USA
augmentent leurs droits de douane et le tarif est désormais de 52% de la valeur des produits
importés. En Allemagne ce taux est de 33%, de 29% pour la France, de 28% pour le
Royaume-Uni.
-
Un nouveau protectionnisme naît avec des mesures non-tarifaires comme par exemple la
prohibition
ou
le
contingentement,
les
règlements
sanitaires
et
vétérinaires.
Le
contingentement est la mesure la plus utilisée dans les années 30. Il est utilisé en France dès
1931 pour la houille et les produits agricoles et dès 1932 pour les produits industriels. En
1937 en France 58% des importations sont soumises au contingentement.
-
L'ensemble de ces mesures freine les échanges internationaux. Pendant cette période, le
commerce international n'est pas l'élément le plus dynamique pour permettre la reprise. Les
articles manufacturés restent contrôlés par des grands pays industrialisés. La part du textile
diminue au profit des machines et du matériel de transport. L'importation des produits de
base reste majoritaire. Le commerce reste contrôlé par les pays industrialisés.
c)
Le monde ouvrier et le syndicalisme pendant l'entre deux-guerres
α
) En France
-
Au moment de la première guerre mondiale le monde ouvrier n'est représenté que par un
syndicat, la CGT, qui a voulu se démarquer d'un lien trop étroit avec les partis politiques par
la charte d'Amiens. La CGT souhaite de profondes transformations de la société. Au
lendemain de la première guerre mondiale le syndicalisme prend un nouveau visage: il y a
une scission au début des années 20 confirmée en juin 1921 à Lille à la suite du congrès de
Tours qui avait provoqué la scission de la SFIO et de la SFIC. Des syndicalistes pro-
soviétiques créent alors la CGTU. Cette division peut affaiblir la représentation syndicale
française qui n'est alors même pas reconnue dans l'entreprise.
-
En 1919 naît la CFTC (Confédération Française des Travailleurs Chrétiens). C'est un
syndicat réformiste qui accepte le capitalisme mais qui souhaite le réformer. Au moment où
le monde ouvrier
français espère un monde meilleur où il revendique des mesures face à
l'inflation, le syndicalisme est divisé et affaibli et vit difficilement tout la période de déflation
et de crise.
-
Le syndicalisme français retrouve
une unité en 1935, le 14 juillet lors d'une manifestation
populaire en faveur de l'unité syndicale face à la politique de déflation menée par Laval. En
mars 1936, au congrès de Toulouse, la CGT et la CGTU se réunifient dans la CGT. Cette
réunification a lieu quelques mois avant les grèves de 1936. Il y a toujours des luttes de
tendance au sein de la CGT.
En 1936, le droit de grève existe pour le secteur privé mais pas
pour les fonctionnaires. La CGT est présente à la signature des accords Matignon face au
patronat et l'Etat est arbitre. La CGT obtient la représentation syndicale dans l'entreprise par
l'intermédiaire de délégués syndicaux. On passe alors de 1 à 5 millions de syndiqués et on
assiste à la naissance d'un nouveau rôle des syndicats.
β
) Aux Etats-Unis
-
Le monde ouvrier peut se syndiquer dans la Fédération Américaine du Travail (AFW). Le
syndicalisme ouvrier se heurte à un patronat qui est favorable à un capitalisme libéral et au
parti républicain. Pendant les années 20, se développent les Company Unions qui sont une
sorte de syndicalisme maison. Pendant la prospérité, le patronat tente de séduire les ouvriers
en leur proposant l'actionnariat dans les grandes entreprises ou par des sécurités sociales par
le biais de groupes d'assurance ayant un contrat avec l'entreprise. Dans la conception
keynésienne, le syndicat doit être un interlocuteur pour le patronat d'autant plus qu'un débat
se développe aux USA autour du pluralisme syndical considérant que l'AFW défend plus les
travailleurs qualifiés que les autres.
δ
) Au Royaume-Uni
-
Les syndicats sont très anciens et mobilisent une part importante du monde ouvrier en 1914.
Ils connaissent une crise dans les années 20 et sont très hostiles à la politique de déflation et
tente d'y répondre par des grèves.
η
) En Allemagne
-
Il y un syndicalisme puissant qui hésite entre révolution et réforme mais est plutôt
réformateur. Il y a également un syndicalisme chrétien mais le syndicalisme est bouleversé
par l'arrivée d'Hitler puisqu'il supprime les syndicats et crée un système obligatoire qui
encadre les ouvriers.
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.