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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Banque mondiale/Rapport sur le développement dans le monde, 2000-2001
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Banque mondiale
Communiqué de presse n° 2001/042/S
Contacts : Phil Hay (202) 473-1796
Phay@worldbank.org
Christopher Walsh (202) 458-2710
Cwalsh@worldbank.org
Cynthia Case McMahon (TV/Radio) (202) 473-2243
Ccase@worldbank.org
LE NOUVEAU RAPPORT DE LA BANQUE MONDIALE PRÉCONISE
UNE APPROCHE PLUS LARGE DE LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ
Opportunités, insertion et sécurité matérielle sont les principaux axes d’intervention
WASHINGTON, 12 septembre 2000
Selon le nouveau
Rapport sur le développement dans
le monde, 2000-2001 : Combattre la pauvreté
,
il est possible de faire reculer largement la pauvreté, à
condition que l’on adopte une démarche d’ensemble visant à répondre directement aux besoins des
pauvres dans trois domaines importants : opportunités, insertion et sécurité matérielle.
Cette nouvelle étude, la plus détaillée jamais effectuée par la Banque mondiale sur la pauvreté
dans le monde, précise que, si indispensable que soit la croissance économique, elle ne suffit pas, bien
souvent, à créer les conditions qui permettraient aux êtres les plus défavorisés au monde d’améliorer leurs
conditions d’existence.
« Ce rapport a pour but de mieux faire comprendre la pauvreté et ses racines. Il décrit les
mesures qui permettraient d’instaurer un monde exempt de pauvreté, dans toutes les dimensions que revêt
ce phénomène »,
écrit le
président de la Banque mondiale, James D. Wolfensohn
,
dans l’avant-propos
au rapport. Il
poursuit
: « Tout en s’appuyant sur nos théories et stratégies antérieures, il élargit et
approfondit sensiblement nos conceptions de ce qui doit être fait pour relever le défi de la lutte contre la
pauvreté. »
Le
Rapport sur le développement dans le monde, 2000-2001
, dont la préparation a pris plus de
deux ans, s’appuie sur de vastes recherches et notamment sur une étude intitulée
La Parole est aux
pauvres
, dont les auteurs ont systématiquement sollicité les témoignages de plus de 60 000 hommes et
femmes démunis dans 60 pays. Par ailleurs, les auteurs du rapport se sont livrés à des recherches et à des
consultations de grande envergure, au cours desquelles ils ont échangé des vues avec les représentants
d’un grand nombre de gouvernements, d’organisations non gouvernementales, de groupements de la
société civile, d’universités, de centres de réflexion sur le développement, d’associations d’affaires
privées et d’autres organismes du monde entier. Un débat en ligne sur l’une des premières versions du
rapport a suscité des centaines de réponses provenant de 44 pays.
Embargo : Ne pas publier ou diffuser dans les médias,
ni sous forme de dépêche d’agence ou sur internet,
avant le 12 septembre 2000, 14 heures (heure de
Washington) ou 18 heures TU.
Banque mondiale/Rapport sur le développement dans le monde, 2000-2001
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À l’écoute des pauvres
L’expérience vécue des pauvres, telle qu’elle ressort de leurs propres témoignages, sous-tend les
trois grands thèmes :
l
« Au début, j’avais peur de tout et de tout le monde, de mon mari, du chef de comité du
village, de la police. Aujourd’hui, je n’ai peur de
personne. J’ai mon propre compte en
banque, je suis responsable du groupe d’épargne de mon village… Je parle de notre
mouvement à mes soeurs. Et nous avons un syndicat de 40 000 adhérents dans le district. » —
Une femme, dans un groupe de discussion, Inde, 1997
l
« La pauvreté est une humiliation, c’est le sentiment de dépendre des autres et d’être obligé
de subir les grossièretés, les insultes et l’indifférence quand on demande de l’aide. » —
Une
femme en Lettonie, 1998
l
« Quand mon mari tombe malade, c’est une calamité. Notre vie s’arrête jusqu’à ce qu’il
guérisse et retourne au travail. » —
Une femme en Égypte, 1999
L’hypothèse de départ du rapport est que la pauvreté ne se définit pas uniquement par la faiblesse
des revenus et de la consommation, mais également par le manque d’instruction et une nutrition et une
santé défectueuses. Se fondant sur les témoignages des pauvres eux-mêmes et sur l’évolution de la
réflexion sur la pauvreté, le rapport va plus loin et inclut dans la définition de la pauvreté l’impuissance,
l’incapacité à se faire entendre, la vulnérabilité et la crainte.
« Ces différentes dimensions de la pauvreté se combinent pour engendrer des effets importants »,
dit l’
économiste en chef et premier vice-président de la Banque mondiale, Nicholas Stern
.
« Nous
savons, poursuit-il, que sans la croissance économique, on ne saurait réduire durablement la pauvreté.
Mais nous sommes également conscients du rôle fondamental des changements institutionnels et sociaux
dans le renforcement des processus de développement et dans l’insertion des pauvres. »
Le rapport recommande que les autorités des pays en développement, à tous les niveaux, les pays
bailleurs de fonds, les organismes internationaux, les ONG, la société civile et les collectivités se
mobilisent autour de trois grands axes prioritaires :
l
Opportunités :
Développer les opportunités économiques des pauvres en stimulant la
croissance, infléchir le fonctionnement des marchés dans un sens plus favorable aux pauvres
et promouvoir leur démarginalisation, en particulier en renforçant leurs actifs tels que la terre
et l’éducation.
l
Insertion :
Mettre les pauvres mieux en mesure d’influer sur les décisions qui affectent leur
existence et éliminer la discrimination fondée sur le sexe, la race, l’appartenance ethnique et
le statut social.
l
Sécurité matérielle :
Rendre les pauvres moins vulnérables aux maladies, aux chocs
économiques, aux mauvaises récoltes, au chômage, aux catastrophes naturelles et à la
violence, et les aider à traverser ces épreuves lorsqu’elles surviennent.
« Les progrès dans ces domaines sont complémentaires. Chacun est important en soi et chacun
renforce les autres », dit
Nora Lustig, directrice du
Rapport sur le développement dans le
monde, 2000-2001
.
« Nous espérons que ce cadre général aidera les pays en développement à élaborer
leurs stratégies de lutte contre la pauvreté compte tenu de leur situation particulière. Il n’existe pas de
solution universelle », conclut-elle.
Selon Mme Lustig, ces priorités peuvent aider les pauvres à acquérir plus d’indépendance et de
sécurité dans leur vie quotidienne. Par exemple, en démarginalisant les femmes et les autres groupes
sociaux désavantagés, on élargit la gamme des opportunités économiques qui s’offrent à eux. Qui plus est,
en renforçant les organisations de pauvres et en les laissant participer aux processus de décision, on leur
donne la possibilité d’obtenir une amélioration des services et d’influer sur les décisions des autorités
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dans un sens qui leur soit favorable. Enfin, si les pauvres sont moins vulnérables, il leur est plus facile de
profiter des opportunités offertes par le marché.
La pauvreté au milieu de la prospérité
Alors que de nombreux pays jouissent d’une
prospérité sans précédent, 2,8 milliards de personnes,
soit près de la moitié de la population mondiale, ont
moins de deux dollars par jour pour vivre. Selon le
rapport, 1,2 milliard d’entre elles subsistent à grand
peine avec moins d’un dollar par jour. Alors que dans
les pays à revenu élevé, moins d’un enfant sur cent
meurt avant l’âge de cinq ans, dans les pays les plus
pauvres, cette proportion est cinq fois plus grande.
Tandis que, dans les pays riches, moins de 5 % des
enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition,
ce problème peut toucher jusqu’à 50 % d’entre eux dans
les pays pauvres.
« Ce dénuement perdure quand bien même les
conditions de vie se sont améliorées davantage durant
le siècle écoulé que pendant tout le reste de l’histoire de l’humanité »,
signale le rapport.
« La richesse
mondiale, les liaisons internationales et les capacités techniques n’avaient jamais connu un tel
développement. »
Pour autant, on ne peut qu’être frappé par
l’inégalité de la répartition de ces bienfaits. Le revenu
moyen des 20 pays les plus riches est 37 fois plus
élevé que celui des 20 pays les plus pauvres, écart qui
a doublé au cours des 40 dernières années.
Les progrès accomplis dans la lutte contre la
pauvreté sont très inégaux suivant les régions. En Asie
de l’Est, le nombre de gens qui subsistent avec moins
d’un dollar par jour est tombé d’environ 420 millions
à quelque 280 millions entre 1987 et 1998. En
Amérique latine, en Asie du Sud et en Afrique
subsaharienne, en revanche, le nombre des personnes
défavorisées ne cesse d’augmenter. Quant aux pays
d’Europe de l’Est et d’Asie centrale en transition, ils
ont vu se multiplier par plus de 20 le nombre des
pauvres vivant dans la pauvreté
La situation est tout aussi contrastée au niveau
des pays. Dans certains pays africains, la mortalité
infantile est beaucoup plus basse dans les groupes ethniques qui jouissent d’une grande influence
politique. En Amérique latine, les taux de scolarisation des groupes autochtones sont très inférieurs à ceux
des non-autochtones. En Asie du Sud, le nombre d’années de scolarisation des femmes ne représente
qu’environ la moitié de celui des hommes et les taux de scolarisation féminins au niveau secondaire
n’atteignent que les deux tiers des taux masculins.
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Les trois parties principales du rapport sur
les opportunités, l’insertion et la sécurité matérielle
présentent des exemples d’initiatives qui ont permis de s’attaquer avec succès à ces problèmes et à
d’autres, dont les pauvres sont victimes. On y cite, entre autres, le « Souk virtuel », grâce auquel des
commerçants et des artisans pauvres peuvent vendre leurs produits dans le monde entier par internet, une
nouvelle approche de la réforme agraire au Brésil, la « discrimination positive » en vue de remédier à la
discrimination contre certaines castes en Inde, un rôle plus efficace pour les femmes dans les décisions
officielles en Afrique australe, dans le cadre des initiatives budgétaires féminines, la mise en place d’un
dispositif de protection sociale et d’urgence en cas de crise en Corée du Sud, et des allocations sociales au
Chili et en Namibie.
Initiatives mondiales de lutte contre la pauvreté
Dans la plupart des cas, il ne suffit pas d’agir aux niveaux national et local pour faire reculer
rapidement la pauvreté. Il existe de nombreux domaines où la communauté internationale, et
particulièrement les pays à revenu élevé, doit intervenir pour que les pays pauvres et leurs habitants
connaissent un avenir meilleur. L’allégement de la dette et les mesures visant à renforcer l’efficacité de
l’aide au développement constituent un élément de réponse.
Il est tout aussi important d’agir dans d’autres domaines, par exemple élargir l’accès aux marchés
des pays développés, promouvoir la production de biens publics utiles aux pauvres, tels que les vaccins
contre les maladies tropicales et la recherche agricole, lutter contre le VIH/SIDA, renforcer la stabilité du
système financier mondial, combler l’écart dans les technologies de l’information et dans le savoir,
permettre aux pays pauvres de participer aux débats internationaux et promouvoir la paix dans le monde.
« Je suis certain que ce rapport, en approfondissant notre compréhension de la pauvreté,
débouchera sur de nouveaux domaines d’action et sur de nouvelles orientations »,
déclare
l’économiste
en chef de la Banque mondiale, M. Stern
.
« Accroître les opportunités économiques générales, c’est-à-
dire promouvoir une croissance qui soit directement bénéfique pour les pauvres, reste une démarche
fondamentale. Les réformes visant à laisser plus de latitude au marché, le développement institutionnel et
les investissements dans la santé, l’éducation et les infrastructures sont des conditions essentielles pour
exploiter le potentiel de croissance. Mais cela ne suffit pas. Il faut intervenir directement pour accélérer
l’insertion et renforcer la sécurité matérielle si nous voulons que les pauvres bénéficient plus rapidement
des bienfaits de la croissance »,
affirme-t-il
.
Il conclut en disant que s
i le monde en développement et la communauté internationale
unissent leurs efforts pour mettre des ressources réelles, tant financières que celles qui sont
incarnées par les gens et les institutions, au service de cette vision, le XXI
e
siècle sera une
époque de progrès rapide dans le combat pour l’élimination de la pauvreté.
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http://media.worldbank.org/secure/
.
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Le texte intégral du Rapport sur le développement dans le monde sera accessible au public après la levée
de l’embargo sur le site :
http://www.worldbank.org/wdr
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