Chine et mondialisation synthèse la fin de la pauvrete

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Chine et mondialisation synthèse la fin de la pauvrete

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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29/11/2006
Chine et mondialisation : la fin de la pauvreté ?
Si la forte croissante chinoise permet de réduire la pauvreté absolue du pays, elle semble en
revanche accroître la pauvreté relative. La croissance et l’accroissement apparent des
inégalités entre les Chinois est à interroger au regard de l’ouverture de la Chine à l’espace
mondial et de son intégration progressive mais aujourd’hui bien réelle à la mondialisation.
Pour dépasser le lieu commun dénonçant la mondialisation comme porteuse d’inégalités, il est
nécessaire avec l’exemple de la Chine de questionner les liens qui unissent mondialisation et
inégalités en mettant en évidence leur complexité.
I- La Chine dans la mondialisation : vers la réduction des inégalités dans le
monde
A-
Un acteur essentiel de la réduction de la pauvreté mondiale
Taux de croissance élevé depuis les années 1970=> rattrapage (auj.4
e
rang mondial pour le
PIB exprimé en dollars courants _pas PIB par tête). Divers indicateurs montrent que la forte
croissance a permis de réduire le niveau de pauvreté dans le pays : d’après la Banque
mondiale, près de 450 millions de personnes seraient depuis 20 ans sorties de la pauvreté, la
part de Chinois vivant avec moins de 1 dollar par jour serait passé d 64% en 1981 à 17% en
2001. Au cours de la même période, la proportion de ruraux vivant sous la seuil de pauvreté
est passé de 79% à 27%. Compte tenu de son poids démographique, cette évolution a un
impact sur les chiffres mondiaux de la pauvreté : l’enrichissement global de la population
chinoise permet de réduire le nombre d pauvres dans le monde.
B-
Un acteur essentiel de la réduction des inégalités entre pays.
Comme la Chine était au départ très pauvre et très peuplée, la forte croissance chinoise depuis
30 ans, depuis son ouverture au monde, lui a permis de réduire l’écart entre son PIB par tête et
la moyenne mondiale. Et la réduction des inégalités mondiales au cours des deux dernières
décennies est à mettre essentiellement sur le compte de la Chine et de sa croissance (quand on
n’inclut pas la Chine dans les calculs sur l’évolution de la pauvreté dans le monde, on doit
constater que les inégalités s’accroissent). En outre, al chine se place comme un défenseur des
plus faibles dans la mondialisation : dans le cadre de l’OMC, la participation du pays au G20
confère à ce groupe une certaine légitimité et permet une meilleure défense des plus pauvres.
C-
Quel est le rôle exact de la mondialisation dans cette réduction des inégalités ?
Qu’un lien entre la participation de la Chine à la mondialisation et sa forte croissance ne fait
aucun doute (depuis la fin des années 1970, la Chine est sorti de son isolement par une
intégration de son économie à l’économie mondiale et auj. les exportations représentent plus
de 30% du PIB national), pour autant, d’après un rapport du PNUD en 2005 sur le
développement humain en Chine, le recul de la pauvreté en Chine aurait commencé vers le
mil. des années 1980, c'est-à-dire avant l’explosion du commerce international et de
l’investissement étranger. Toute la relative libéralisation politique explique donc aussi c recul
(ex : réforme des mécanismes de fixations des prix, décollectivatisation). Donc la
mondialisation n’est pas l’élément déclencheur.
II- La Chine : un pays sillonné par les inégalités à l’heure de la mondialisation
A-
Deux Chine : la Chine des villes et la Chine de campagnes
D’après l’Académie chinoise des sciences sociales, en 2002, 93% des 10% de Chinois les plus
riches vivent en ville, et 7% à la campagne et les 10% les plus pauvres se trouvent à 1,3%
dans les villes et 98,7% dans les campagnes. Plus les provinces sont rurales, plus l’écart
ville/campagne y est important :ex, écart de 1 à 5 au Tibet, mais de 1 à 2 à Pékin. Ces
inégalités sont favorisées par le système du
hukou,
le certificat de résidence qui interdit aux
ruraux de s’installer en ville et est donc à l’origine d’une population flottante.
2
B-
Les inégalités entre provinces
Caractéristique frappante de l’économie chinoise. Avec entre 6000 et 6200$ de PIB/hab., les
provinces côtières comme Shanghai ou Pékin sont comparables à la Malaisie ou à la
Thaïlande, une province du centre comme le Hubei est comparable à l’Albanie (2800$) et la
Tibet à la Moldavie (1500$) et la majorité des pauvres vivent dans les régions isolées de
l’Ouest qui abritent environ 285 millions d’habitants. En outre, le dynamisme économique
séculaire des provinces côtières leur permet auj. de taxer moins les entreprises qui s’y
implantent, de faire valoir des infrastructures déjà existantes, une main d’oeuvre sur place
formée, ce qui les rend encore plus attractives.
C-
Les inégalités économiques se doublent de fortes inégalités de développement
Même si l’indice de développement humain a tendance à s’améliorer en Chine, dans les villes
comme dans les campagnes, l’écart ville/campagne demeure constant. Pour les populations
urbaines, il est passé de 0,7 en 1990 à 0,82 en 2002, alors que pour la population rurale, il est
passé de 0,57 à 0,67 pour la même période. A environ 78 ans, l’espérance de vie n’est pas très
différente entre pour les habitants des villes des provinces côtières et ceux des villes des
provinces de l’Ouest, en revanche les disparités sont beaucoup plus fortes entre les ruraux de
ces deux grands types d’espace (74-77 ans contre moins de 70 ans). Mais de réels efforts ont
été faits par les pouvoirs publics depuis 10 ans pour réduire ces écarts. Ex de rattrapage :
l’IDH du Tibet était équivalent à 57% de celui de la province de Shanghai en 1990, auj. il est
équivalent à 70%.
III- La mondialisation, responsable des fractures internes ?
A-
Un dualisme économique ville-campagne qui précède la mondialisation et qui
l’explique
La grande pauvreté et les inégalités entre les villes et les campagnes reflète un épuisement du
modèle économique chinois et sont pour partie à l’origine des réformes de Deng Xiaoping à la
fin des années 1970. Donc les inégalités expliquent l’ouverture au monde et l’intégration à la
mondialisation.
B-
Les modalités d’ouverture de la Chine à l’origine des inégalités entre provinces
La stratégie de développement chinoise repose essentiellement sur les zones côtières. Les
autorités ont fait le choix de l’efficacité plutôt que celui de l’équité avec l’espoir d’une
redistribution des effets positifs (échanges et investissements) qui reste très limitée. En outre,
les disparités interprovinciales existent avant même 1949. Toutefois, puisque la part de
financement du gouvernement central a tendance à diminuer au profit des budget provinciaux
(décentralisation relative), les moyens locaux disponibles suivent l’évolution économique de
la province et reflètent donc son intégration ou non à la mondialisation.
C-
La mondialisation au coeur des disparités chinoises ?
Les disparités interrégionales correspondent en grande partie à une inégale intégration des
régions dans l’espace mondiale et dans les échanges mondiaux, et de la même façon les
différents secteurs et groupes sociaux ne sont pas tous en mesure de tirer le même parti de la
mondialisation. La mondialisation pousse en particulier aux migrations internes et à
l’accroissement de la population flottante. Mais des études montrent également que les
espaces les plus ouverts sont aussi ceux dans lesquels les inégalités entre revenus urbains et
revenus ruraux s’atténuent. La non-participation à la mondialisation a pénalisé certaines
régions en les privant en particulier de la possibilité de combler les écarts de revenus et le
développement humain entre les populations urbaine et rurale. Et ce d’autant que des raisons
politiques comme la disparition des entreprises d’Etat avec les privilèges sociaux qui les
accompagnent la mondialisation de l’économie chinoise.
CC : L’exemple de la Chine montre bien qu’il n’y a pas de relation univoque entre mondialisation et
inégalités. Si la mondialisation produit de la croissance dans les pays émergent, l’exemple chinois confirme
également que la mondialisation génère des gagnants et des perdants et des inégalités de développement à
toutes les échelles. Ce sont les choix politiques chinois qui détermineront la redistribution ou non de la
croissance produite issu de l’intégration de la Chine à la mondialisation qui n’est donc qu’un des aspects
explicatifs des évolutions socio-économiques chinoises.
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