De l'Amérique Latine aux Amériques Latines

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De l'Amérique Latine aux Amériques Latines

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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CHAPITRE 10 : LES AMERIQUES. UNITE ET DIVERSITES DU CONTINENT AMERICAIN  I/ UNE ORGANISATION ORIGINALE DE L’ESPACE  La Découverte a interrompu l’histoire : ce fait unique a laissé des traces jusqu’à aujourd’hui :   - La Découverte est plus qu’une invasion : - certes les cultures précolombiennes ont laissé leur marque, dans la répartition des densités ou les traditions agricoles. - mais les formes et les dynamiques actuelles de l’organisation de l’espace ne doivent finalement pas grand-chose aux organisations précolombiennes et à leurs populations, à elles qui se trouvent reléguées dans des positions marginales, en périphérie – exemple du Mexique.  - En Amérique du Nord : - la confrontation entre le monde nomade des grandes plaines et les populations agricoles des forêts qui, ailleurs, a défini des sociétés et organisé des territoires, n’a pas eu lieu. - tout a été balayé par les nouveaux arrivants qui ont organisé à leur manière l’espace qu’ils avaient accaparé. - c’est un homme « libéré de ses préjugés et détaché des habitudes du passé », un homme peu soucieux des contraintes du milieu, et qui finalement voit dans l’espace des opportunités à saisir plus que des patrimoines à construire.  - Du nord au sud le changement d’échelle impose de nouvelles perceptions et de nouveaux comportements : - les distances n’ont plus le même sens, la mobilité non plus - la notion de région et de « pays » perd son sens en Amérique au profit de semis géométriques et rationnels : celui des villes, des champs, des tracés frontaliers.  II/ FRONTIERES ET PARTITIONS  Les clivages sont plus des lieux de contact que d’affrontements  1/ A l’est des Grands Lacs, la frontière nord des Etats-Unis ne suit que très peu la marque naturelle de la vallée du Saint-Laurent  La frontière nord : -- à l’ouest des Grands Lacs, la convention de 1918 entre les Etats-Unis et l’Angleterre a fixé la frontière sur le 49 e parallèle, sur plusieurs milliers des kilomètres, sans que rien ne vienne concrétiser l’artifice du tracé. - les échanges sont intenses : le Canada est le premier partenaire commercial des Etats-Unis.  - La frontière sud a une tout autre ampleur : frontière de compromis entre : - ceux qui voulaient absorber tout le Mexique. les Etats du Nord, peu soucieux de voir se renforcer les Etats sudistes. - 2/ En Amérique Latine, seul le Brésil a connu une logique comparable à celle des Etats-Unis dans la construction du territoire  - Il n’y a pas de frontière naturelle mais une frontier  dans le sens turnerien du terme, une frontière dont la  caractéristique fut d’ignorer les limites naturelles ou ethniques.  - Dans des économies marquées par le sous-développement, le contrôle de l’Etat sur les marges frontalières sous-peuplées est réduit : - dans les années 1960 et 1970 lorsque les militaires étaient au pouvoir au Brésil, se sont développées des stratégies « d’intégration nationale » et d’aménagement des espaces frontaliers - la composante géographique de l’intégration est étroitement associée au développement économique appuyé sur l’offre de terres neuves aux paysans sans terres, ce qui fait l’économie d’une réforme agraire et garantit la sécurité nationale.  - Perçue avec inquiétude par le Etats voisins, cette stratégie a été imitée pour répondre au dynamisme brésilien ; au Pérou, dans la partie nord proche de la Colombie et de l’Equateur, un programme d’intégration a été mis en place pour ces régions frontières que l’éloignement de la capitale rendait fragiles.  - Conclusion :
- la logique de frontier  a conduit à la mise en œuvre en Amérique Latine de stratégies d’aménagement qui correspondent à des volontés plus géopolitiques qu’économiques - ces nations ont pourtant été crées au XIX e siècle à partir d’une communauté historique, l’Empire espagnol, et culturelle, l’unité hispanique - les frontières sont donc pour une bonne part le résultat des conflits armés, du juridisme des négociateurs et de l’intervention intéressée de la Grande-Bretagne.  En entretenant parfois des animosités, les frontières ont renforcé les clivages territoriaux et politiques, rendant aussi plus difficiles les efforts d’intégration du continent.  III. ORGANISATION ET MUTATIONS DE L’ESPACE  1/ Les facteurs économiques et l’ampleur des contrastes sont les éléments prépondérants de l’organisation de l’espace    A ce niveau, les Etats-Unis ressemblent davantage à l’Europe que l’Amérique latine :  Les Etats-Unis et le Canada se sont développés selon un processus classique d’appropriation et de mise en valeur -de l’espace : - à ceci près que la phase de colonisation a conduit à la mise en place de maillages agricoles géométriques, et que la différence d’échelle a joué aussi pour façonner la primauté économique du Nord-Est américain. - le mouvement d’urbanisation accompagne le développement d’une économie de services. C’est l’essor des services qui, en se concentrant et se localisant dans la hiérarchie urbaine, détermine une véritable métropolisation de l’espace et l’organise aux diverses échelles.  - En Amérique du Nord, le changement d’échelle par rapport à l’Europe crée des formes nouvelles dans la structuration de l’espace : - la démesure est la marque des actions de l’homme sur l’espace, dans la verticalité des premiers buildings comme dans l’horizontalité uniforme des banlieues. - c’est dans l’immensité du territoire que s’est réalisé le creuset où se sont fondues les multiples nationalités des migrants européens. - l’homogénéité est une réponse à la démesure: géométrie des paysages agraires, des plans de villes, des paysages de banlieue, de la verticalité des immeubles.   En Amérique latine en revanche, l’absence de véritable révolution industrielle et les clivages nationaux n’ont pas permis de réaliser l’intégration continentale :  - L’Amérique latine est restée à la géopolitique du XIX e siècle fondée sur la mise en place d’Etats-nations : - faute d’un développement industriel capable de modeler un espace continental à sa mesure, les économies ont développé des activités d’exportation à destination du marché européen, d’où le développement de régions littorales autour des ports. - les régions ont fait le développement de leurs centres respectifs et non l’inverse. - les marchés européens ont déterminé la chronologie des cycles économiques et la géographie des régions productrices en Amérique latine.  - Ainsi s’est constituée en Amérique du Sud une économie d’archipel avec ses capitales : -aucune cependant ne peut revendiquer la primauté continentale au même titre que la mégapole du nord-est de l’Amérique du Nord. -ces capitales ne structurent que leur propre espace régional. - chacune de ces régions étaient enfermées les unes et les autres dans une écologie précise et limitée qui a d’ailleurs abouti très tôt à une menace de surproduction. Ainsi se trouvent mises en évidence les limites des capacités de l’agriculture à transformer en espace.  - Aujourd’hui le développement industriel et le poids du Brésil donnent les moyens, et peut-être l’ambition, à ce seul pays, d’exercer une fonction d’intégration du sous-continent - mais cette vocation de leader peut soulever les réactions inquiètes des autres nations. - surtout, la limite de l’autonomie stratégique du Brésil est la conséquence de l’hégémonie exercée en Amérique latine par les Etats-Unis.  2/ Les transformations de l’économie ont conduit à une transformation parallèle des équilibres spatiaux  
Dans ces pays où les héritages ne sont jamais bien consolidés, où les structures ne sont rigidifiées par des siècles d’existence, l’organisation des espaces s’est adaptée aux évolutions économiques. La rapidité des adaptations a constitué la preuve du dynamisme du continent américain.  Ainsi l’Amérique du Nord, longtemps confinée sur le littoral oriental, a d’abord fonctionné sur la base de l’échange avec ses bases européennes et partiellement avec les annexes caraïbes de l’Europe :  - L’interface atlantique bénéficie de ce rôle privilégié de contact qui lui permet de développer le linéaire Nord-Sud des villes occupant chacun des grands estuaires du littoral, celui de l’Hudson ou de la Delaware.  - Progressivement l’économie américaine se tourne vers l’intérieur du continent :  - la guerre de Sécession scelle le destin de l’Amérique en attribuant le pouvoir au Nord (républicain à l’époque). - dès lors, la voie sudiste fondée sur le libéralisme et l’exportation du coton est abandonnée au profit de l’expansion d’un capitalisme industriel incorporant sans cesse les ressources nouvelles d’un espace continental. - le  manufacturing  belt impose la voie d’une expansion interne, protectionniste.  - La frontier atteinte, l’expansion se poursuit au-delà des frontières, appelée impérialisme, vers le Pacifique et vers les Caraïbes, continuant ainsi à assurer la prospérité du Nord-Est.  - Changements depuis 1929 : - la crise de 1929 tonne comme un premier coup de semonce pour ce modèle « continental ». - après la Deuxième Guerre mondiale, les Etats-Unis renoncent à leur isolationnisme. - peu à peu, la manufacturing belt entre en stagnation : - ce qui pèse sur la croissance américaine à travers des décennies de croissance molle. - à l’inverse, les régions du Sud et de l’Ouest, vivifiées par la Seconde Guerre mondiale, puis par les conflits de Corée et du Vietnam, s’affirment comme les nouvelles interfaces d’une Amérique condamnée à l’ouverture et au libéralisme. - l’organisation concentrée de l’espace industriel laisse la place à la dispersion des laboratoires, à l’atomisation des productions, à la force des réseaux. Les flux de pondéreux sont dépassés par les flux dinformation.   En Amérique latine, les mutations territoriales ont été plus lentes et plus inégales  Le point de départ est la constitution d’un espace organisé par l‘exploitation coloniale :  - L’unification méridienne des territoires ;  - Le tropisme atlantique de territoires : - sa fonction première est de fournir la métropole en métaux et produit tropicaux. - ainsi se forment des axes de circulation qui ont pesé dans l’organisation postérieure des Etats : le vieil axe de Mexico à Santa Cruz par exemple. - dans le cadre du Brésil, ce tropisme va de soit et conduit à la mise en valeur du littoral du Nordeste, le mieux adapté à la culture de la canne à sucre et le plus proche du Portugal.  - L’étagement des altitudes dans un Empire bâti sur l’Amérique des cordillères : - la répartition préhispanique se retrouve dans la tripartition coloniale entre terrias  frias , terrias  templadas et terrias  calientes. - les terres froides sont celles des communautés indigènes et de l’élevage. - les terres tempérées celles du maïs et des villes. - les terres chaudes celles des cultures commerciales, canne à sucre notamment.  - La confirmation de la géographie précolombienne du peuplement : les colonisateurs se sont installés dans les régions de fort peuplement préhispanique pour des raisons sans doute plus économiques que climatiques.  Le caractère superficiel de la mise ne valeur où comptent surtout les découvertes minières - 
 A partir de l’indépendance et du développement d’une économie extravertie, l‘organisation de l’espace connaît des bouleversements importants :  - Fractionnement national : - raisons politiques et économiques. - même si la mise en valeur de l’espace reste fragmentaire, la constitution d’un cadre national est un moment déterminant de l’organisation du continent.  - La mise en valeur agricole pour des produits d’exportation produit toute une série d’effets spatiaux : - elle crée un archipel de régions économiques, par défrichement de régions pionnières, qui confirme et renforce l’éclatement de l’espace latino-américain. Ainsi se trouve confirmée au XIX e  siècle la quadripartition de l’espace colonial colombien : - partagé entre le littoral atlantique autour du port de Cartagena. - une partie centrale autour des fortes densités indiennes de la région de Bogota, les Andes méridionales et l’Antioquia animées l’une et l’autre par les exploitations minières. - cette partition n’est pas simplement économique, elle est aussi sociale et culturelle. - cette mise en valeur conduit aussi à la juxtaposition de régions en crise et de régions dynamiques : - le Nordeste brésilien devient une région « épave » d’un cycle économique dépassé. - dynamisme de la région Sud qui réduit Nordeste au rôle de fournisseur de main d’œuvre non qualifiée. - cette rotation conduit à des infrastructures sommaires et peu cohérentes.  - D’une façon générale, le XIX e siècle crée ou accentue, dans la plupart des Etats, un effet de bascule qui modifie les équilibres anciens des espaces - exemple Argentine : - née comme piémont de l’Empire espagnol, là où les hautes terres de l’Altiplano des Andes débouchent sur la plaine par la quebrada de Humahuaca. - cette Argentine du Nord-Ouest est restée créole, coloniale et tropicale. - mais l’Argentine moderne, privée de façade Pacifique, s’est construite sur le Rio de la Plata, à Buenos Aires, débouché des productions de la Pampa et choisie comme capitale fédérale en 1880. - l’Argentine historique qui fournissait les mules aux mines de Potosi est remplacée par l’Argentine du blé et de la viande tournée vers les marchés européens.  La dernière période, au XX e siècle, inaugure celle de l’Etat aménageur, ce qui distingue radicalement, au moins dans les principes, l’Amérique latine de l’Amérique anglo-saxonne :  - Dans cette période l’Etat aménageur a utilisé les industries lourdes à partir du pétrole et de la sidérurgie, pour exercer son action structurante - Ce sont des choix politiques qui ont déterminé l’implantation des raffineries et des usines sidérurgiques : - au Mexique les choix ont nettement privilégié les côtes du Pacifique et celles du Golfe - plus innovante mais restée exceptionnelle a été la création de villes nouvelles, comme Brasilia, et l’anticipation en matière de transport comme le fut la route Belem-Brasilia   Depuis les années 1980, cette logique volontariste s’efface au profit d’une adaptation de l’espace à l’ouverture internationale :  - Ce sont les choix spatiaux des investisseurs étrangers qui sont aujourd’hui déterminants.  - C’est au Mexique qu’on observe les transformations les plus complètes : sur la frontière nord se dessine des corridors qui organisent l’espace de part et d’autre de la frontière : de San Antonio (au Texas) à Monterrey et au port de Tampico par exemple.  - En Amérique latine comme en Amérique du Nord, on observe donc une transformation importante de l’organisation des espaces : - avec des décalages qui sont le résultat de la diversité des Etats, mais surtout des différences de développement. - on peut voir se déployer des dynamiques différentes à travers une typologie des espaces.  
IV. LES AMERIQUES : COMBIEN DE « NATIONS » ?  Introduction : Peut-on, comme le faisait J. Garreau dans Les neufs nations de l’Amérique du Nord  « oublier les limites nationales » pour distinguer des « nations » définies par leur culture et leur organisation économique et sociale ?  1/ Le centre économique de l’Amérique du Nord, du continent et peut-être du monde, s’articule toujours entre la Mégalopolis, les Grands Lacs et les plaines de l’Ohio    - Là s’y rassemblent la « fonderie », espace industriel et centre de pouvoir, et les « nations » historiques de la Nouvelle Angleterre et des Provinces maritimes canadiennes.  - La puissance de l’Amérique du Nord s’est bâtie sur l’association entre la capacité commerciale et d’initiative, et l’aventure industrielle.  - La manufacturing belt a exprimé aussi la crise de ce modèle lorsqu’elle est devenue la Rust Belt avec la crise de la sidérurgie et l’épuisement des mines de fer : - lorsque Detroit a affronté la concurrence des constructeurs japonais.  - même New York, touchée par la désindustrialisation et la fuite de ses classes moyennes, a été menacée de faillite en 1975 et a dû licencier une grande partie de ses employés municipaux.   New York est le centre exceptionnel de la Mégalopolis :  - même touchée par la désindustrialisation dans ses quartiers Est de Brooklyn et du Bronx, elle reste un centre industriel exceptionnel : - elle disperse ses technopoles dans la totalité du tissu urbain et autour de ses universités prestigieuses de Columbia et de Princeton. - premier centre financier du monde dans la pointe de Manhattan et Wall Street, la première place financière. - elle abrite le siège de l’ONU.  - une grande agglomération qui ne cesse de s’étendre :   - elle compte 17 millions d’habitants et continue à rassembler tous les flux - vers le sud, l’agglomération s’étend en une longue traînée industrielle et urbaine vers Philadelphie, Baltimore et, finalement, Washington. Elle constitue ainsi la « Boswash », une conurbation de plus de 50 millions d’habitants : la Mégalopolis - vers le nord, au-delà de Boston l’intellectuelle, la Nouvelle Angleterre qui avec ses 17 millions d’habitants, exprime fortement les origines européennes de l’Amérique ; mais c’est la haute technologie qui exprime son renouveau industriel avec le prestige de Harvard et du MIT.  - on assiste à un essor des activités touristiques.  Le corridor des Grands Lacs est le cœur industriel du continent et une exceptionnelle voie d’entrée vers l’intérieur du continent :  -Chicago, sur la rive sud du lac Michigan bénéficie d’une situation exceptionnelle : -reliée à New York par une voie ferrée dès 1852, elle deviendra le symbole multiforme de l’énergie des pionniers. - cette ville champignon a diversifié ses activités industrielles qu’elle étend, pour la métallurgie ou la pétrochimie. -puis viendra, là aussi, le temps du vieillissement et de la dégradation de ses quartiers. - cependant la position centrale de Chicago reste exceptionnelle ; elle constitue une plaque tournante pour tous les réseaux de transport.  -Detroit, autre symbole fort de cette Amérique de l’aventure industrielle : - la ville a vu naître les grands noms de l’industrie automobile américaine : Ford en 1903, General Motors en 1908 et Chrysler en 1923. la crise est venue avec ses fermetures d’usines et la montée d’un chômage digne des années 1930 (25% de -chômeurs à Detroit à la fin des années 1970) et l’ancienne classe ouvrière a été remplacée par les emplois précaires et mal payés. - l industrie se renouvelle cependant. - elle s’est aussi, depuis longtemps, délocalisée partiellement vers la rive nord des lacs en territoire canadien.
 Pittsburgh : -- fut la capitale orgueilleuse de l’acier américain au milieu du pays noir des Appalaches. - mais n’en finit pas de réclamer aujourd’hui des subsides à l’Etat pour accompagner la lente agonie de la sidérurgie. - reconversion en cours dans l’électronique.  Toute cette région offre donc les images contrastées de ce qui fut la grandeur passée et la reconversion actuelle. La puissance est toujours là, dans les organismes financiers, la puissance de la recherche, les mutations de l’industrie. Elle est aussi la première région agricole du pays, cumulant les activités intensives de la Dairy Belt et de la Corn Belt .  2/ C’est dans le « croissant du soleil » que se forge peut-être le nouveau modèle américain   La nation « Ecotopia » est une « nouvelle Amérique » en somme, qui court de la Virginie à la Californie puis remonte jusqu’à Vancouver. Les images sont les îles Hawaï, Hollywood, Las Vegas, Disney World, Cap Kennedy. Depuis 1945 presque tous les présidents des Etats-Unis viennent du Sud.   Une nouvelle frontière dans une liberté renouvelée !  - Caractéristiques générales : - leur développement a été finalement tardif et n’appartient pas à la première génération industrielle. - ces nouvelles activités qui puisent dans le réservoir de la main-d’œuvre, mais aussi parmi les ingénieurs et techniciens du monde, ont plaidé pour la réouverture du robinet migratoire à partir de 1965, un robinet sélectif en fonction des besoins de l’économie américaine. - cette nouvelle industrie a davantage besoin des marchés du monde que d’équiper l’intérieur continental. - l’absence de vieilles traditions industrielles est devenue paradoxalement un atout pour l’industrialisation daujourdhui.  De toutes les manières ce « croissant du soleil » participe bien aux diverses formes de la mondialisation. Pourtant dans cet espace de 6 000km, c’est le discontinu qui prévaut : - cet arc est en effet constitué de régions distinctes, chacune avec son histoire et ses activités spécifiques, même si l’ambiance possède des éléments communs. - le milieu s’y prête qui fragmente les plaines littorales entre la chaîne des Coast Range, ou les oasis dans les plateaux désertiques des Rocheuses.  La Californie constitue l’exemple le plus caractéristique et le plus connu de ce type d’espace, la richesse le met au niveau de puissances européennes comme la France ou le Royaume-Uni :  - Les facteurs de son développement : - c’est la découverte de l’or en 1848 qui lance le peuplement, puis vient le chemin de fer à San Francisco en 1869 ; - mais c’est le second conflit mondial qui lance véritablement l’économie californienne restée jusqu’alors faiblement industrialisée : - elle devient en quelques années le premier Etat industriel de l’Union, le premier Etat agricole et l’arsenal des Etats-Unis ; - la main d’œuvre afflue ; - les industries ont bénéficié du formidable effort de dépense militaire des Etats Unis pour bâtir un véritable complexe militaro-industriel qui débouche sur le spatial et a soutenu le boom de l’électronique et de l’informatique ; elles ont bénéficié aussi de la découverte, au début du siècle dernier, du pétrole devant Los Angeles. - - L’agriculture de la grande vallée californienne et de l’Imperial Valley au sud est fondée sur l’irrigation : - à terme, menace de pénurie. - agriculture surtout adaptée aux besoins modernes. son intégration au domaine industriel et commercial est facilitée par son organisation capitaliste qui aboutit -aussi à une normalisation extrême des produits.  - Les deux grandes métropoles du Pacifique américain : - Los Angeles au sud : nébuleuse urbaine de 15 millions d’habitants ; capitale industrielle, dotée surtout de nombreuses entreprises moyennes
- San Francisco au nord : agglomération de 6 millions d’habitants ; capitale financière et intellectuelle.  Les autres foyers de la façade Pacifique sont moins imposants :  - l’estuaire de la puissante Columbia, contrôlée par Portland, capitale de l’industrie du bois.  - la « Californie canadienne » : pôle de croissance : Seattle-Boeing-Vancouver  La partie centrale du croissant est formée par les oasis de l’Arizona et du Nouveau-Mexique, et le Texas au particularisme si fort que certains se demandent si c’est un Etat ou une nation :  - Les oasis de l’Arizona font la fortune d’une agriculture tournée vers les agrumes, les légumes ou la canne à sucre. Les villes se sont développées avec les industries militaires et de pointe, électroniques, aérospatiales. Le soleil y attire aussi les retraités.  Le Texas, c’est avant tout le pétrole et Dallas… : -- les formidables réserves ont édifié des fortunes considérables et structuré un puissant complexe industriel : l’industrie chimique et les raffineries de la côte, qui ont fait de Houston la « capitale mondiale du pétrole » ; les industries de pointe dans la Silicon Prairy près d’Austin.  - autour s’est organisé un puissant complexe financier et de services, banques, sièges sociaux des grandes entreprises pétrolières, assurances, courtages.  - mais le Texas, c’est aussi : - un Etat du Sud, esclavagiste et cotonnier, qui fait coexister valeurs traditionnelles et affairisme. - le lieu à Waco (près du ranch de G.Bush) du massacre des fondamentalistes protestants, et base du Ku Klux Klan. - aujourd’hui le Texas est au contact privilégié avec le monde latino-américain.  - Vers l’est, le Vieux Sud, longtemps victime de la « cause perdue », porteur des séquelles de la guerre de Sécession, est en plein renouveau : - les terres épuisées par la monoculture du coton sont reconverties par des assolements notamment de soja - l’élevage, l’aviculture notamment s’y développent. - mais c’est surtout le développement industriel (FMN profitant des avantages de la main d’œuvre), et la multiplication des centres de recherche. - la grande bénéficiaire a été Atlanta, qui a su faire émerger une classe dirigeante noire : JO de 1996.  - Mais la Floride est sans doute aujourd’hui l’Etat qui symbolise le mieux ce nouveau Sud : sa population a sextuplé depuis la Guerre. -- les retraités ont été les premiers clients du soleil de la Floride. - la culture des agrumes, des légumes, de la canne à sucre pour les marchés proches du Nord-Est a accompagné cet afflux. L’industrie a suivi, puis assez rapidement les industries de pointe accompagnant les programmes de la NASA et la base de lancement de Cap Canaveral. La banque a couronné le tout. Miami est devenue le centre de l’interface dynamique avec les Caraïbes et l’Amérique du Sud et un lieu du tourisme  3/ Le cœur du continent : un ventre mou ?  L’immense bassin du Missipi-Missouri se prolonge par la Prairie canadienne :  - L’image n’est plus la même : - c’est celle des westerns dans les Rocheuses ou des Sioux dans les plaines des Dakotas. - une image devenue nostalgique dans une Amérique d’aujourd’hui habitée par le remords et le regret des Paradis perdus. - Ventre mou par la démographie : - la baisse de la natalité ne permet plus de compenser l’émigration et renforce la faiblesse des densités. - le maillage urbain s’élargit mais pas de réseau urbain structuré.  Ici la nature s’impose à l’homme :  - Dans les Hautes Plaines, et plus encore dans les Rocheuses, seul l’élevage extensif est possible.  
- Le poids des activités agricoles en fait le secteur dominant pour une sociologie conservatrice, voire archaïque : - mais c’est une agriculture extensive.  - les exploitations font 400 ha en moyenne dans le Dakota, 800 dans le Montana. - elle subit plus qu’elle n’impose : « grenier du Monde ».   Tout se passe comme si l’homme ne faisait qu’effleurer l’espace. Terre de liberté, elle dépend pourtant des aides publiques : TVA, aides aux Indiens, subventions agricoles  Le système de Mississipi, s’il a joué un rôle capital dans l’exploration et le peuplement du continent, n’est jamais devenu l’artère d’un Etat continental débouchant sur les Caraïbes :  - Un système en demie teinte : - certes jalonné d’un semis de villes, mais il est resté une marche dans le déplacement vers l’ouest du peuplement. - la navigation est importante, mais elle a été en grande partie court-circuitée par les Grands Lacs et les ports Atlantiques.  - Les régions du Grand Nord canadien ou de l’Alaska expriment d’ailleurs les limites du dynamisme américain, dans une géographie inachevée   Peut-on ainsi, même dans un découpage schématique, rassembler Canada et Etats-Unis ?  -Certes le Canada subit fortement l’influence des Etats-Unis et l’américanisation des genres de vie est forte.  -Pourtant de nombreuses divergences : -les Etats-Unis reprochent souvent au Canada d’être trop lié à son passé européen. - au Canada prévaut davantage le souci de solidarité et la volonté de demander à l’Etat de corriger les différences. - alors que les Etats-Unis pratiquent une politique étrangère volontiers dominatrice et mobilisatrice, le Canada se montre plus soucieux de dialogues et de compromis : Iraq.  A l‘intérieur de ces grands ensembles, il y a donc des différences culturelles assez marquées. Les élections américaines de 2004 ont mis en évidence le fossé qui sépare les mentalités conservatrices des espaces ruraux et du Sud profond face à l’ « intellectualisme » des métropoles de l’Ouest comme de l’Est.  4/ La Mexamérica, l’Amérique centrale et la ceinture des Caraïbes font de plus en plus figure d’une périphérie de l’Amérique du Nord :  C’est en tout cas d’Amérique du Nord que viennent les forces les plus puissantes organisant la structuration spatiale mais aussi sociale et économique de cette partie du monde.  La Mexamérica est un espace en devenir :  Intégrant le Mexique et le sud des Etats-Unis, elle constitue le premier et le plus étonnant exemple de la structuration concrète d’un espace avec ses flux de capitaux, ses créations d’activités, ses flux migratoires, ses dynamiques urbaines, ses infrastructures, sous l’effet du tracé, en grande partie virtuel et en tout cas artificiel, d’une frontière. Le Mexique s’est constitué selon des logiques historiques, géographiques et politiques de centralisation qui sont familières en Europe.  -En effet, contrairement à tout ce qui s’est passé dans le reste des Amériques, où les périphéries littorales ont été peuplées les premières et portent encore la marque de leur ancienne suprématie, le Mexique s’est construit à partir de son centre :  - la géographie, avec ses hautes terres en position centrale bénéficiant des conditions favorables à l’émergence d’une paysannerie nombreuse et de la possibilité des échanges entre terrias templadas aux sols fertiles  et les terrias calientes des milpas.  - l’histoire a confirmé la géographie : - 3 étapes fondamentales : époque précolombienne, époque coloniale et le Mexique indépendant - a réaffirmé la prééminence de la région centrale et de la capitale, Mexico : augmentation de la population et la naissance d’un premier âge industriel à la fin du XIX e  siècle.
 - la diffusion, hors de Mexico, de l’essor industriel dans des villes bénéficiant de ressources minérales ou d’anciennes fonctions commerciales comme Monterrey a permis d’éviter les contrastes marqués : - prééminence de la région de Mexico qui concentre plus du tiers de la production industrielle et plus de 40% des fonctions financières. - elle a permis l’émergence de capitales régionales dotées d’une certaine autonomie. - avec plus de 34 villes de plus de 400 000 habitants, le Mexique dispose d’une vraie armature urbaine. - Le phénomène le plus étonnant est malgré tout le formidable essor des régions frontières du Nord depuis les  années 1960 : - phénomène unique bâti sur l’énorme gradient économique et social qui a séparé les Etats-Unis et le Mexique, débouchant sur la création de twin cities (San Diego-Tijuana vers la Californie et El Paso-Ciudad Juarez vers le Nouveau-Mexique). - Les investissements des Etats-Unis y ont créé plus de 2000 entreprises industrielles.  -Les littoraux mexicains ont peu participé à l’organisation de l’espace national en conséquence, mais cette situation se modifie :  dans une dynamique comparable à celle de bien des pays avancés, les littoraux, ceux de la mer des -Caraïbes, mais encore ceux du Pacifique, sont en train de devenir des régions actives. - la création des zones industrialo-portuaires (ZIP) et le tourisme en sont les deux moteurs essentiels : Cancun, station célèbre dans le monde, en constitue le centre et le symbole ; mais ici le volontarisme de l’Etat a été primordial.  D’ailleurs la frontière mexicaine d’aujourd’hui, c’est celle du Sud, qui met le pays au contact des réalités de l’Amérique centrale, des difficultés du développement, et qui confirme ainsi le Mexique dans son rôle de pays charnière entre le Nord et le Sud.   Mondes clos et fractionnés, l’Amérique centrale et les Caraïbes connaissent la même dialectique du morcellement et de la dépendance :  Un morcellement géographique : - isolement des îles et bassins morcelés dans un relief tourmenté sur le continent. - milieu tropical humide, forestier et malsain : conquête difficile - la Méditerranée caraïbe est restée un monde clos et n’a jamais eu le destin d’échanges et d’émergence des civilisations comme la notre : - les peuples indigènes ont été décimés par la conquête. - l’isthme aurait pu être un pont entre le nord et le sud du continent mais n’a été qu’une frontière. - les civilisations méso-américaines (Maya) ne vont pas au-delà du Costa Rica.  Un fractionnement humain :  - période précolombienne : populations peu évoluées et peu organisées dans les Caraïbes et en Amérique centrale.  - époque hispanique, un Empire centré sur le Mexique : Pérou dépeuplé soumis aux rivalités européennes/ Amérique centrale : difficile contrôle de l’espace / campagnes restées indigènes et mal desservies.  - après l’indépendance au XIXè : une balkanisation : - morcellements politiques, conflits armés et nationalismes ; 6 pays (Guatemala, Belize, Honduras, Nicaragua, Costa Rica, Panama se partagent les 540 000 km². - au moins 15 Etats sont formés sur les 233 000 km² des Antilles étalés sur 5000 km ; île de Saint-Domingue coupée en deux avec Haïti - les deux plus grands Etats sont le Nicaragua (130 000 km²) et Cuba (110 000) - impossible de former des économies complexes même si les densités sont fortes. -identité créole accentue la séparation (vieilles pratiques africaines) -mosaïque complexe des immigrations  Tous ces fractionnements renforcent une dépendance historique :  - bâtie de façon plus précoce dans les Caraïbes : - économie antillaise née avec le sucre et excite les convoitise des Européens : les « îles à sucre ».
- auparavant, elles avaient été dévastées par la conquête espagnoles puis abandonnées pour les métaux du Pérou et du Mexique. - puis exploitées par des compagnies à monopole des métropoles avec les plantations sucrières développées au XVIII ème siècle ; une prospérité pendant plus d’un siècle. - affaiblie par la fin de l'esclavage et l'exploitation de la betterave à sucre européenne, elle vit désormais de la solidarité cf. accords de Lomé (insuffisances des cultures vivrières et coût de production de la monoculture trop élevé).  - une évolution comparable en Amérique centrale mais plus tardive : - il faut attendre le XIX ème  et les indépendances pour voir se mettre en place les grandes cultures d'exportation notamment vers les Etats-Unis. - le café : resté aux mains d'oligarchies locales et de petits planteurs (cf essor et stabilisation d'un Etat comme le Costa Rica). - la banane : dominée par des grandes compagnies étrangère comme United Fruits.  - les dépendances ont d'abord été agricoles puis stratégiques avec les Etats-Unis qui ont vu les Caraïbes comme un territoire à utiliser pour garantir leur sécurité (cf multiples interventions).  Aujourd’hui les dépendances se sont appesanties et plus directement orientées vers les Etats-Unis :  - les activités économiques modernes dépendent des US : tourisme, paradis fiscaux, pavillons de complaisance, zones franches (maquiladoras), … - mise en place de l'Initiative du Bassin des Caraïbes pour favoriser les échanges entre les Etats de la zone et les Etats-Unis - forte émigration (boat people de Cuba ou d'Haïti) : source de revenu par les transferts financiers parfois plus forte que le PIB national - l'aide, comme les programmes Food for Peace et Caribbean Central America Action (Carter, 1980) est un moyen de pression pour surveiller des territoires jugés instables par les Américains (et de contrer l'Europe des accords de Lomé). - Porto Rico, qui a un véritable secteur industriel, est administrée par l'USAID (américaine, devenue un Etat dans l'Etat) depuis 1961. - les Etats-Unis sont aussi capables d’imposer une évolution vers plus de libéralisme douanier ou monétaire (Costa Rica ou Honduras par exemple).  Les tentatives d'organisation régionale sont-elles rendues difficiles plutôt par la dépendance ou les fractionnements ?  - dans les Antilles : - dès l'époque coloniale, les métropoles essayent d’organiser leurs possessions mais elles se heurtent aux particularismes insulaires : ainsi la Fédération des Antilles britanniques créée en 1956 éclate dès 1965. - on assiste toutefois à la constitution : - de la Carribean Free Trade Association en 1968. - puis d'une union douanière et ébauche d'intégration politique : le CARICOM en 1973. et de l'Organisation des Etats de la Caraïbe en 1981. - - en Amérique Centrale le processus de rapprochement est plus difficile en raison des rivalités nationales : - le marché commun centre américain (MCCA) accentue les déséquilibres en faveur des Etats plus industrialisés (Guatemala). - il a cependant permis la réalisation d’un espace économique commun et accéléré le développement  d’une activité industrielle.  - l'espace est moins organisé en Amérique du Sud d’autant que la priorité a toujours été donnée à l'extraction et à l'exportation des ressources. Les retards pris en matière de transport révèlent des lacunes que le sous-développement est venu accentuer après 1945.  Si l'on peut difficilement évoquer le terme de "nations" comme pour l'Amérique du Nord, on distingue nettement trois ensembles : le monde andin que Bolivar aurait voulu unifier : la périphérie de l'Empire tropical, et le "continent Brésil"  
5. Les cinq pays andins (Bolivie, Pérou, Équateur, Colombie, Venezuela) sont dominés par la personnalité des Andes   Les Andes déterminent le peuplement et les partitions du territoire :  - Encore une très grande majorité des populations vit dans des régions d'altitude et rurales (80 % en Bolivie).  - La société est adaptée à la diversité des milieux de la montagne tropicale; la culture d'altitude se fait en étagement : maïs et haricot jusqu'à 2000m ; puis pomme de terre et orge ; l'élevage est extensif : les  paramos , au-delà de 4000m.  - Cet étagement avait aussi permis l’installation des espagnols au temps de la conquête.  Les contraintes naturelles pèsent sur la partition des territoires nationaux andins :  Tripartition (système montagneux central, plaine côtière, plaines et plateaux longtemps déserts à l'est) le tout organisé de façon méridienne.  La plaine occidentale est : - exploitée au Pérou pour les cultures irriguées et l'exportation de sucre et dans la plaine de Guayas pour la plantation de bananes en Equateur. - mais humide, forestière et enclavée, donc négligée, en Colombie.  Le système montagneux central sert d'épine dorsale à chacun de ces pays, de manière différente du nord au sud, avec des cultures commerciales sur chaque versant de vallée : les Andes sèches sont minières (Pérou, Bolivie). -- entre la cordillère occidentale et la cordillère orientale, l'altiplano occupe une grande place en Bolivie (désert ou élevage extensif dans les salars à plus de 4000m). - en Equateur et en Colombie, l'humidité favorise l'agriculture.  Les plaines et plateaux de l'Est du continent sont occupés par une forêt dense et humide. Ils sont donc peu peuplés. Mais on assiste à une mise en valeur par les Etats entre les années 1950 et 1970 (comme au Venezuela par exemple) pour différentes raisons : - volonté de maîtriser les frontières. - recherche de pétrole. réformes des structures agraires. - Partout, dans ces espaces difficiles à contrôler, on assiste à l’expnasion des activités illégales, trafic et culture de drogue notamment. Autrement dit, la vocation exportatrice ne disparaît pas !  Quel sens donner à la partition de cinq pays d'un espace à l'identité aussi incontestable ?  - le plus vaste empire de l'époque précolombienne était fragile. En fait, la diversité des populations était très grande. Les conquistadores l’ont d’ailleurs compris rapidement d’où la division de l’administration entre les audencias de Lima et de Bogota.  - les fractionnements s'accentuent au moment de l'indépendance (au détriment de l'unité voulue par Bolivar) avec la volonté des groupes locaux de s’approprier le contrôle des richesses locales.  - les faiblesses de l’intégration nationale sont aussi la conséquence du sous-développement et del’insuffisance des moyens (éducation, transports) : la Colombie met en place un réseau ferroviaire en 1950 seulement !  - projet du Pace andin de 1969 : processus d'intégration régionale mais qui manque de réalisme et dont les engagement ne sont pas tenus.  - Chavez propose aujourd'hui une "République bolivarienne", mais il n'y a-t-il déjà une autre unification à l'œuvre sous la coupe de Etats-Unis ?
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