DÉVELOPPEMENT DURABLE ICI ET LÀ-BAS

De
Publié par

DÉVELOPPEMENT DURABLE ICI ET LÀ-BAS

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
Lecture(s) : 183
Nombre de pages : 38
Voir plus Voir moins
DÉVELOPPEMENT DURABLE ICI ET LÀ-BAS
Actes du colloque de la coopération internationale en Essonne
Evry, le samedi 31 mars 2007
Ouverture
Serge AGUILAR Directeur général adjoint Citoyenneté et qualité de vie
Bienvenue dans cette Maison départementale de lhabitat, tout autant un lieu dexpositions que de rencontres et de débats, mais également un lieu consacré au développement durable. Dans le hall vous pouvez admirer une très belle exposition de photographies de Danièle Taulin-Hommel sur les femmes africaines en France.
Deux tables rondes constitueront les deux temps forts de la journée. Dans un instant, Patrice Finel présentera les orientations de la politique départementale et les stratégies des collectivités locales dans le domaine du développement durable. Nous allons essayer ce matin de comprendre la stratégie et les grands enjeux du millénaire, avec en parallèle les objectifs de développement durable. LEssonne sest engagée depuis plusieurs années dans un développement durable et solidaire, à toutes les échelles de territoire.
1
Coopération internationale et développement durable Patrice FINEL Présidentdéléguéchargédelacoopérationdécentraliséeet de l appui au développement Quand Michel Berson est devenu président du Conseil général, il a réorienté la politique de coopération internationale et daide au développement. La stratégie définie a été de soutenir et daider ceux qui font ». Cette démarche nous paraissait plus efficace, plus « dynamique et plus citoyenne, et nous pensions quelle devait permettre de mieux associer lensemble des structures essonniennes et les Essonniens. Il est temps désormais de tirer le bilan de nos actions et déventuellement préciser un certain nombre de réorientations en fonction des évolutions de la société. En ce moment se déroulent en Essonne au titre de lAgenda 21 cinq réunions sur le développement durable dans le département. Celle de ce matin sintègre assez bien à ce dispositif en donnant un éclairage particulier sur le développement et la coopération internationale. Dans ces réunions, les Essonniens ont posé à chaque fois la question de la coopération décentralisée et de laide au développement par rapport aux objectifs de lAgenda 21 de lEssonne. La question est donc bien dactualité. Les rapports de lONU montrent dailleurs très clairement que, ces dernières années, la tendance à laccroissement des inégalités, à lintérieur même de chaque pays, sest aggravée sur ces vingt dernières années. Sur les 73 pays, sur lesquels des données sont disponibles, 53 pays, soit 80 % de la population mondiale, ont connu une hausse des inégalités à lintérieur de leurs frontières. Seulement 9 pays, soit 4 % de la population, ont connu une baisse. Cette tendance se confirme partout, dans les zones où le développement est rapide comme dans celles où il est plus lent. On assiste à des déséquilibres sociaux croissants à lintérieur de ces pays, aggravés par les conséquences du réchauffement climatique.
I. Les objectifs du millénaire pour le développement Face à cette situation, il convient dorienter notre politique de coopération internationale. Les objectifs du millénaire pour le développement, adoptés en 2000 sous légide des Nations-Unies, nous servent de cadre général. Ils sont au nombre de huit :  réduire de moitié lextrême pauvreté et la faim ;  assurer léducation primaire pour tous ;   promouvoirlégalité des sexes et lautonomisation des femmes ; réduire la mortalité des enfants de moins de cinq ans ;  améliorer la santé maternelle ;  combattre le VIH-SIDA, le paludisme et les autres maladies ;  un environnement durable ; assurer  en place un partenariat durable pour le développement. mettre
2
II. « Penser global et agir local » Comment se situe lEssonne à lintérieur de ces objectifs généraux ? Le cadre général suppose que soient impulsés dans les partenariats avec les territoires des pays en voie de développement, des projets et des solutions adaptés et souhaités par les populations locales. Il ne sagit pas de transposer notre propre modèle de fonctionnement. La question du mode de développement est posée car tout le monde sait bien que si les Chinois vivaient comme nous, la planète serait déjà morte ! Nous avons lintention de prendre davantage en compte dans le soutien que nous apportons aux projets toutes ces dimensions : accès aux droits sociaux élémentaires, aux droits fondamentaux (logement, santé, etc.), mais aussi développement économique et échanges culturels, etc. Dans les forums participatifs que mène le département sur lAgenda 21, nous voyons bien comment ces questions se répercutent également sur la population essonnienne et combien les interactions sont fortes. « Penser global et agir local ». Tel est le cadre général qui nous permet de nous poser un certain nombre dinterrogations. La première concerne limplication de nos actions. Nous sommes aujourdhui dans une société de linformatique et de lInternet. De nombreux pays, notamment en Afrique Noire, ne possèdent pas de réseau de téléphonie locale. Il est alors facile denvisager de les aider en leur envoyant les surplus du conseil Général, en adoptant ainsi la même démarche quil y a vingt ans sur les livres décole. Or ne risque-t-on pas de garder bonne conscience en transformant pourtant un secteur en poubelle ? Aucune réponse univoque nexiste à ce genre de questions. Il y a toujours plusieurs possibilités, en fonction de lendroit, des actions à mener, etc. Il est intéressant, de toute manière de mieux intégrer toutes ces dimensions. Je peux vous faire part dune expérience que jai vécue lors du ramassage des ordures dans la région de Kayes. Il ne sert à rien dy envoyer des camions bennes qui sont utilisés pendant trois semaines. Mieux vaut adopter un système adapté au niveau et au moment de développement du partenaire. Cela implique un travail important déchanges et de communication. Dans ce pays où, pour des raisons historiques, nous avons peu lhabitude du travail en commun, nous essayons dintégrer autant que possible la dimension économique et le monde de lentreprise. Cest une brèche dans laquelle nous voulons nous engouffrer pour créer des partenariats dans des opérations gagnant/gagnant.
3
Quelle mise en uvre des objectifs du millénaire pour assurer un développement durable et solidaire ? Table ronde
Ont participé à la table ronde : Jean-Denis CROLA, Oxfam France - Agir Ici Michel MONBRUN, Expert international en développement durable et Président de lassociation Objectif 21La table ronde a été animée par Serge AGUILAR, Directeur général adjoint citoyenneté et qualité de vie
Serge AGUILAR Les questions soulevées par cette première table ronde sont lourdes de sens. Nous devons répondre aux enjeux de lavenir, quon retienne la date de 2020 pour le développement durable ou 2025 pour les objectifs du millénaire. Nous poserons dans un premier temps les enjeux, en écoutant les interventions de nos invités. Nous essaierons ensuite de comprendre comment toutes ces données sont conciliables : Patrice Finel nous a parlé des modifications des modes de consommation. Je pense quil sagit même de modifier nos modèles de société : production, déplacement, consommation dénergie. Nous établirons les points de convergence et de divergence entre ces différents objectifs pour pouvoir conclure en vous donnant la parole en faisant le lien entre nos actions locales et la conduite de vos projets.
Jean-Denis CROLA Je reviendrai dans un premier temps sur un certain nombre de points soulevés par Patrice Finel. Je partage le constat de laugmentation des inégalités non seulement entre les pays mais au sein des pays eux-mêmes. Je rappelle les engagements pris par les gouvernements en 2000 sur les objectifs du millénaire pour le développement. Ces engagements saccompagnent dobjectifs précis, chiffrés avec un certain nombre dindicateurs pour mesurer les avancées et dune date butoir, 2015, à laquelle nous devrons avoir rempli ces objectifs. Nous avons également hésité à reprendre à notre compte le slogan « penser global, agir local » pour en choisir un assez proche : « agir ici pour un monde solidaire ». Lassociation Oxfam France - Agir Ici existe depuis 1988. Elle sest dabord appelée « Agir ici pour un monde solidaire » et appelait à la mobilisation des citoyens français pour faire pression dans notre pays sur les décideurs politiques et économiques. Cette association a été créée par des militants convaincus de la nécessité des actions humanitaires et de terrain mais aussi de limportance du rôle à tenir en France pour faire pression et infléchir
4
les décisions du gouvernement et des représentants français dans les institutions internationales. Ce dernier rôle représente un travail de longue haleine : il faut informer, sensibiliser le public et mener des campagnes dopinion. Notre dernière campagne concerne le contrôle parlementaire des politiques de coopération française. Nous tâchons également de susciter la mobilisation des citoyens pour un monde plus juste. Pour ce faire, nous proposons aux citoyens dinterpeller leurs dirigeants par lenvoi de cartes postales sur des objectifs précis pour quils prennent des décisions favorables aux pays en voie de développement. Le but est dessayer de développer des stratégies dinfluence, désignées sous le nom de « plaidoyer ». Le plaidoyer correspond à ce quon appelle le « lobbying » dans le monde économique.
Serge AGUILAR Le mot est très connoté puisquil sagit de stratégies dinfluence pour des objectifs très particuliers.
Jean-Denis CROLA En effet. Il ne sagit pas pour nous dobtenir un marché ou une norme allant dans notre sens. Cest dailleurs pour nous démarquer de ce mot que nous avons choisi le terme de « plaidoyer ». Les anglo-saxons ont fait de même puisquils utilisent le terme dadvocacy. Nous sommes présents dans les couloirs de lUnion européenne pour essayer dinterpeller les décideurs sur cette question.
Serge AGUILAR Vous exercez donc un travail dinfluence, en essayant de convaincre vos différents interlocuteurs.
Jean-Denis CROLA Tout à fait. Nous avons des positions définies que nous défendons auprès deux. « Agir ici » a rejoint cette année lassociation Oxfam International, ONG comprenant treize affiliés à travers le monde. Nous sommes depuis octobre 2006 son affilié français, appelé Oxfam France.
Serge AGUILAR Que vous a apporté cette affiliation ?
Jean-Denis CROLA Elle a renforcé notre dynamique internationale. Nous poursuivons aujourdhui des objectifs visant des décideurs français mais nous pouvons aussi, à linternational, nous allier avec
5
la confédération Oxfam sur des sujets touchant les institutions internationales : ONU, FMI, OMC, etc.
Serge AGUILAR Quel a été lapport dOxfam en termes de notoriété ?
Jean-Denis CROLA Auprès de la population française, la valeur ajoutée na pas été très importante car lassociation nest pas très connue en France, mais nous avons pu constater une différence importante daccès aux médias et aux décideurs. Nous préparons cette alliance avec Oxfam depuis trois ans et avons dû subir de nombreuses critiques de la part du milieu associatif français, percevant Oxfam comme une multinationale de la solidarité internationale, ce qui nous a amenés à mieux définir les enjeux de cette alliance et à défendre nos positions.
Serge AGUILAR Cette association vous permet-elle de franchir un seuil et dêtre plus actifs sur les questions qui nous préoccupent aujourdhui ?
Jean-Denis CROLA Nous privilégions encore aujourdhui notre relation de partenariat étroit avec les autres associations françaises. Nous sommes, par exemple, très actifs au sein du CRID, qui est un réseau dassociations françaises que représentera tout à lheure Bernard Pinault. Nous faisons partie de son comité de pilotage. Il est très important pour nous de rester très proches de la dynamique et de la société civile françaises. Nous sommes partie prenante de la campagne dinterpellation des candidats à lélection présidentielle.
Michel MONBRUN Objectif 21 est une association créée en 1995, dont le siège social est en Essonne, et sest développée à partir de 1997 en couvrant un champ dintervention national pour accompagner les premières villes qui créaient des Agendas 21 : Athis-Mons, Dunkerque, Angers, etc. Dans le creuset de ces actions se sont bâties les démarches, les pédagogies et les stratégies de constructions dAgendas 21. Ces actions menées autour des textes fondateurs, tel celui de Rio, appliqués sur le terrain local, a amené lUNITAR, (Institut des Nations-Unies pour la formation et la recherche) à me demander de bâtir un réseau de centres de formation dacteurs locaux en accompagnement de projets de développement. Je voyage aux quatre coins du monde pour réaliser cette mission de formation dacteurs locaux du développement durable en accompagnement dactions de développement dans les pays du sud en particulier. De nombreuses actions ont été menées dans ce cadre, auxquelles jai dû cesser de massocier pour raisons dâge. Objectif 21 a recentré ses
6
activités sur un terrain très local : nous sommes, en effet, mandatés par lagglomération de Viry-Châtillon pour créer une maison du développement durable.
Serge AGUILAR Quelles sont les thématiques que privilégie Oxfam France - Agir ici et ses domaines dintervention ?
Jean-Denis CROLA Nous développons quatre grands programmes en adoptant une vision la plus globale possible : essayant de promouvoir un accès universel à ces laccès à léducation et à la santé, en services ;  une action auprès des institutions internationales, notamment financières, comme le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale, à qui nous adressons une demande de réforme interne afin quelle fonctionne de manière plus démocratique et que leurs modes daction soient au service du développement et non des pays riches ;  causes du « les dans  mal-développement »les pays du sud, notre objectif étant que des règles commerciale plus justes, au service du développement, soient mises en place : commerce équitable, lutte contre les accords de lOMC, etc. ;  contrôle du commerce et des armes et la prévention des conflits. Les efforts pour le le développement et pour mener des actions de terrain, comme construire des écoles ou des centres de santé, peuvent être ruinés par les guerres civiles et les conflits internes. Il est donc nécessaire dagir en amont pour la prévention des conflits. Ces quatre thématiques se retrouvent globalement, à lexception du contrôle des armes, dans les objectifs du millénaire pour le développement.
Serge AGUILAR Ces thématiques sont assez proches de celles de linstance internationale de la Francophonie, lOIF. Vous êtes-vous interrogés sur la possibilité de rejoindre un réseau francophone plutôt quune organisation anglo-saxonne comme Oxfam ? Cela aurait-il du sens dans votre action ?
Jean-Denis CROLA Nous sommes totalement intégrés aujourdhui à un réseau francophone, associatif principalement. Nous agissons en parallèle avec lOIF mais navons pas encore dégagé de pistes de travail communes.
7
Serge AGUILAR Tout le monde cherche à avoir accès aux grands bailleurs financiers internationaux mais personne ne sorganise collectivement pour le faire. Cela entraîne une déperdition des énergies individuelles et des moyens financiers. Nous avons besoin aujourdhui de nous organiser, depuis léchelon local jusquà linternational, pour cumuler nos forces.
Jean-Denis CROLA Il existe en effet un certain éparpillement des initiatives des associations locales ou des ONG internationales mais les conséquences sont à la fois positives et négatives. Le développement est tellement multidimensionnel que la multiplication des acteurs est profitable car à chaque thématique peuvent être associées plusieurs approches différentes.
Serge AGUILAR Il faut absolument conserver cette diversité dapproches mais peut-être faudrait-il lorganiser pour que les actions soient encore plus efficaces ?
Jean-Denis CROLA Un effort de rationalisation devait peut-être, en effet, être effectué.
Serge AGUILAR Je ne parle pas en moraliste mais il est plus facile aux bailleurs internationaux, soutenus par les Etats-Unis, de diviser pour maintenir leur stratégie que de se confronter à quelques acteurs bien organisés. Nous sommes dans une question de stratégie dorganisation presque politique. Comment faudrait-il sorganiser pour être plus efficace, notamment dans le travail dinfluence, où lunion fait la force ?
Jean-Denis CROLA Oxfam France a décidé dêtre totalement indépendante des pouvoirs politiques. Nous sommes dailleurs uniquement financés sur dons privés. Un réseau de 30 000 membres en France suit régulièrement nos actions et financent les actions de lassociation. Cela nous permet de conserver notre liberté de parole dans nos actions de plaidoyer.
Serge AGUILAR Jentendais le terme politique au sens premier, non dans un sens partisan mais comme lart du possible.
8
Michel Montbrun, en matière de développement durable, nous nous souvenons tous du Sommet de la Terre à Rio en 1992. Que représente cette date dans la construction du concept de développement durable, et au-delà du concept dans la conception que nous en avons tous aujourdhui ?
Michel MONBRUN Je vais tâcher de clarifier un certain nombre daxes qui permettent dappréhender le cheminement entre les notions de développement et de développement durable. Bernard Pinaud mavait demandé de faire avec le CRID et avec EDUCASOL, qui est une plateforme déducation sur le développement, le lien entre développement et développement durable. Lannée 1992 constitue une date charnière avec le Sommet de la Terre et lengagement verbal de lensemble de la communauté mondiale. Les 173 pays membres de lONU ont signé la déclaration politique et lénorme chapitre de lAgenda 21 mondial.
Serge AGUILAR Pouvez-vous nous rappeler le sens de lAgenda 21 ?
Michel MONBRUN Cest un programme mondial pour le 21èmesiècle.
Serge AGUILAR 2«1Aèmgeeetsad»nidèuclned.ifegérovelrebsagireet signifie « ce quil faut faire » et 21 renvoie au
Michel MONBRUN Dautres dates antérieures sont également importantes. La première alerte a été donnée en 1972 par un texte du Club de Rome quil est possible de résumer schématiquement ainsi : « halte à la croissance. Le développement industriel tue la nature et la planète et le monde de demain ne sera pas viable. » Très vite, cette interpellation provocatrice pour une « croissance zéro » a fait du bruit. Ce retour soudain à une croissance nulle est très vite apparue comme plus dangereuse encore que la logique de croissance. La première grande conférence internationale des Nations-Unies à Stockholm en 1972 a apporté les premières réponses puisquy est née lidée de la nécessaire conciliation des milieux naturels, des espèces vivantes avec le développement économique. Léconomiste Ignacy Sachs est à lorigine du concept déco-développement et disait quil faut intégrer au développement économique lexigence de lécologie, cest-à-dire du respect du milieu de vie. Ce concept très fort déco-développement a eu pour
9
principal inconvénient de déplaire à nos voisins américains, qui ont déclaré que leur mode de vie nétait pas négociable et quil nétait pas question den changer. Ils ont même menacé de quitter les organisations internationales si ce concept ne disparaissait pas de leur langage. Le concept a donc disparu du langage international mais il est réapparu sous une autre forme quand les Nations-Unies ont confié à Madame Brundtland le soin de la réalisation dun rapport sur le développement et lenvironnement rédigé en 1996 et intituléNotre avenir commun qui donnait une première définition du développement et durable ou « soutenable » si lon en prend, comme au Québec, la traduction littérale. Ce rapport constatait quen continuant dans les logiques actuelles, nous allions droit dans le mur, et que ce mur nétait quà cinquante centimètres de nous. Il fallait donc rompre avec les logiques de lépoque, qui ont malheureusement perduré. A partir ce moment-là, il nétait plus possible de se préoccuper de savoir comment pouvait progresser la qualité de vie des êtres humains sur cette planète sans se préoccuper des capacités de cette planète à pouvoir répondre aux besoins fondamentaux des être humains. Le constat dressé à Rio était simple : nous sommes six milliards dhabitants ; ces habitants ont des richesses permettant de les nourrir et de les faire vivre convenablement mais nous avons en même temps mis en place un mode de développement ne pouvant profiter quà un petit tiers de la population mondiale et qui est en train dépuiser nos ressources naturelles. Parler de développement durable, cest se poser la question de savoir comment il est possible de vivre avec ces milliards dhabitants en sachant se partager les richesses et en prévoyant en même temps que celles-ci ne sont pas inépuisables. La notion de développement interpellait immédiatement les capacités de la planète sur laquelle nous vivons. Il nous fallait donc cesser dépuiser les ressources permettant de nourrir six milliards dhabitants, en les partageant avec tous. Comment faire pour que lensemble des habitants puissent acquérir une bonne qualité de vie sans scier la branche sur laquelle nous sommes assis ? La notion de développement durable permet de poser la question de laccès de tous à une vie libre et digne.
Serge AGUILAR Si le concept de développement durable place lhumain au centre des préoccupations, nest-il pas alors un concept plus humaniste quécologiste ?
Michel MONBRUN Cest un concept fondamentalement humaniste mais lon saperçoit bien que nous devons protéger notre écosystème et les milliers décosystèmes locaux pour préserver les espèces vivantes. Nous sommes pour la première fois confrontés à la réalité des limites de ce que la Terre peut produire, avec des délais de renouvellement allant bien au-delà dune ou deux générations. La capacité productive des sols actuellement est aujourdhui inférieure de 40 % à ce quelle est naturellement car nous les avons détruits par notre utilisation inconsidérée de produits chimiques ou de pesticides. Nous vivons dans un milieu extrêmement fragile, aujourdhui totalement menacé. Prenons lexemple du réchauffement climatique. Lair est composé, nous dit-on, de plus de 60 % dazote, dun peu moins de 40 % doxygène et d1 % de différents gaz. Parmi ces derniers figurent des gaz à effet de serre capables de capter le rayonnement solaire et de
10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.