Dix questions sur la mondialisation début 2007

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Dix questions sur la mondialisation début 2007

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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i
^^DIX
QUESTIONS
SUR
LA
MONDIALISATION
DÉBUT
2007
I.
Q
U
EST
-
CE
QUE
LA
MONDIALISATION
? (par Sylvie Brunel, géographe et
économiste, prof. à l’IEPP)
S. Brunel commence par dire que la mondialisation, cette création d'un espace mondial
interdépendant, n'est pas nouvelle. Toutes sortes de mondialisations ont pu avoir lieu avant
celle qui nous préoccupe aujourd'hui. La nôtre se met en place entre 1870 et 1914.
Effectivement, un espace mondial des échanges est créé avec l'ouverture de nouvelles routes
maritimes, telles que les canaux de Suez et de Panama, le doublement de la flotte marchande
mondiale, l'extension du chemin de fer, la multiplication par six des échanges et le
déversement dans le monde de 50 millions d'Européens, qui peuplent de nouvelles terres et
annexent d'immenses empires coloniaux.
Ce qui est important, c'est que le processus qu'elle décrit n'est pas linéaire. La 1
ère
Guerre
Mondiale et la Grande dépression des années 30 ont, au contraire, permis un grand retour du
protectionnisme. La guerre froide et la constitution des blocs ont figé ensuite le monde
pendant près d'un demi-siècle... Jacques Adda définit la mondialisation comme l'abolition de
l'espace mondial sous l'emprise d'une généralisation du capitalisme, avec le démantèlement
des frontières physiques et réglementaires. Laurent Carroué préfère parler de processus
géohistorique d'extension progressive du capitalisme à l'échelle planétaire.
Selon l'OCDE, il y a trois étapes : l'internationalisation (développement des flux
d'exportation), la transnationalisation (essor des flux d'investissements et des implantations
l'étranger), la globalisation (mise en place de réseaux mondiaux de production et
d'information, notamment les NTIC).
La mondialisation actuelle est à la fois une idéologie (le libéralisme), une monnaie (le dollar),
un outil (le capitalisme), un système politique (la démocratie), une langue (l'anglais).
S. Brunel en profite pour faire remarquer que, quelle que soit la mondialisation dont on parle,
il y a toujours des constantes : révolution des transports et des moyens de communication,
rôle stratégique des innovations (les armes à feu, la conteneurisation, Internet) et rôle essentiel
des États et des acteurs privés.
D'abord et avant tout une globalisation financière
Ce que les Anglo-Saxons appellent globalisation est né d'un essor sans précédent du
commerce mondial après 1945. C'est-à-dire que, depuis cette date, les échanges augmentent
plus rapidement que la production de richesses. Cela a été facilité par la généralisation du
libre-échange grâce au GATT en 1947 et à l'OMC en 1995.
La mondialisation actuelle est caractérisée par la création d'un marché planétaire des capitaux
et l'explosion des fonds spéculatifs.
Comment en est-on arrivé là ? Disons tout simplement que la fin de la régulation étatique qui
avait été mise en place après la 2
nde
Guerre Mondiale s'est faite en trois temps : la
déréglementation, c'est-à-dire la disparition en 1971 du système des parités stables entre les
monnaies qui se mettent à flotter au gré de l'offre et de la demande ; la désintermédiation,
ii
c'est-à-dire la possibilité pour les emprunteurs privés de se financer directement sur les
marchés financiers sans avoir recours au crédit bancaire ; le décloisonnement des marchés,
c'est-à-dire l'abolition des frontières qui compartimentaient les différents métiers de la
finance, permettant aux opérateurs de jouer sur de multiples instruments financiers.
Dernièrement, grâce aux liaisons par satellite, la mondialisation se traduit par l'instantanéité
des transferts de capitaux d'une place bancaire à l'autre en fonction des perspectives de profit
à court terme.
Ce qui est très important, c'est d'être conscient qu'une économie virtuelle est née. Elle est
déconnectée du système productif. La rentabilité financière de placement devient plus
importante que la fonction productive. Concrètement, les investisseurs peuvent choisir de
liquider une entreprise, de licencier ses salariés et de vendre ses actifs pour rémunérer
rapidement les actionnaires.
L'avènement des doctrines libérales
La confirmation de la suprématie du libéralisme a eu lieu dans les années 1980. D'abord, en
1979, Ronald Reagan et Margaret Thatcher sont arrivés au pouvoir. La même année, très
important aussi, le Sénégal a inauguré le premier plan d'ajustement structurel.
Il faut comprendre que cela signifie que la crise de la dette vient de commencer pour les pays
en développement, et qu'ils sont alors obligés d'adopter des stratégies de développement
favorable au marché, pour ne pas dire libéral. La même année, la Chine libéralise son
agriculture. C'est cette année charnière qui a donné la couleur de l'avenir. 1984, la Chine
ouvre ses premières Z.E.S. Cinq ans après, le mur de Berlin tombe, annonçant la chute de
l'Union soviétique. Et en même temps, l'Inde se libéralise.
Cette petite liste montre comment les choses sont allées vite. L'illusion d'une communauté
internationale en paix se crée. Le capitalisme paraît avoir triomphé. Les firmes transnationales
amorcent un vaste mouvement de redéploiement de leurs activités. Les années 1990 sont
jalonnées de grandes conférences internationales qui semblent privilégier la démocratie
participative. Les O.N.G. se fédèrent en réseaux planétaires grâce à Internet.
Pour la première fois, elles imposent la vision nouvelle d'un monde interdépendant, où les
grandes questions doivent être appréhendées de manière globale. Le sommet de la Terre
inaugure ainsi l'ère du développement durable.
Le réseau plutôt que le territoire
« Le monde de la globalisation est un monde de la concentration, de toutes les concentrations
: la moitié de l'humanité réside sur 3 % des terres émergées, et la moitié de la richesse
mondiale est produite sur 1 % des
terres. » (Olivier Dollfus dans La Mondialisation)
Il est pratique de dire que la mondialisation a des centres d'impulsion et des périphéries,
intégrées ou délaissées. Ce qui est important à retenir, c'est que la logique de réseau remplace
la logique du territoire : réseaux de transport (hommes, marchandises, énergie,...), réseaux de
télécommunications et réseaux relationnels.
C'est une image forte que de dire que la technologie n'a pas aboli le temps ni l'espace et que la
distance n'est plus métrique mais s'apprécie en fonction de l'équipement des lieux en réseaux,
qui définit leur accessibilité et leur attractivité.
iii
[Une remarque assez pointue : les territoires qui n'ont pas d'avantage comparatif disparaissent
dans des trous noirs sauf quand leur enclavement leur confère la valeur d'un îlot culturel ou
naturel. Le tourisme peut ainsi parfois renverser la hiérarchie des lieux en muséifiant des
paradis perdus.]
Le grand retour des États
On voit ainsi que la mondialisation renforce les inégalités sur le plan spatial et sur le plan
social. Une des conclusions les plus évidentes est qu'il faut des régulateurs.
La mondialisation semble abolir le rôle des États. Au contraire, elle leur redonne tout leur
sens puisque seule la puissance publique peut réguler la mondialisation en fixant des normes,
en redistribuant les richesses et en aménageant le territoire.
On peut dire que le libéralisme a essayé de régner sur la planète. Mais ça n'est pas le cas : la
Chine, le Vietnam, les dictatures d'Asie centrale, le retour des nationalismes en Amérique
centrale... et même les États-Unis le remettent en question.
Les populations ont besoin d'identité et face aux mutations incessantes du monde, il y a une
réactivation des communautés d'appartenance. Jamais l'intolérance religieuse n’a été aussi
aiguë.
Certains osent presque parler d'une juxtaposition à l'infini de politiques locales, où les pays
visent à décliner selon leur point de vue l'économie mondiale.
II.
Q
UELLES MENACES POUR L
'
EMPLOI
? (par Jean-Marie Cardebat, économiste à l’U.
de Bordeaux)
Sociologiquement, la mondialisation crée des peurs. La plus évidente aujourd'hui, c'est
certainement celle de la perte de son emploi. Cette peur est entretenue par l'omniprésence
dans les médias du terme de délocalisation et par l'image d'une montée croissante des pays
émergents (Chine, Inde,...). Mais il n'y a pas nécessairement matière profonde à avoir peur.
Statistiquement, les chiffres démentent les idées reçues. En France, seulement 4 % des IDE
français correspondraient à des délocalisations. Il faut bien voir que c'est donc très peu. À
l'inverse, l'économie française est beaucoup plus dangereuse pour elle-même que ne le sont
les délocalisations. Les délocalisations font perdre 14 000 emplois par an à la France contre
10 000 par l'économie française chaque jour ouvrable.
En théorie, on parle depuis longtemps de la spécialisation des économies. DIPP, DIT,… Le
phénomène est évidemment toujours présent et même plus que jamais. Il faut bien remarquer
ceci.
Les pays du Sud sont spécialisés dans les productions traditionnelles caractérisées par une
main-d’oeuvre importante et par l'absence de technologies innovantes. Les pays du Nord sont
spécialisés dans les technologies et les savoir-faire.
Ici, il faut être capable de montrer comme cela met en évidence une des causes du chômage.
Comme il faut des savoir-faire, ceux qui n'ont pas de formation sont donc chômeurs. Cela
permet de mettre en évidence l'importance de la formation et des études, aujourd'hui plus que
jamais, dans les pays développés.
iv
Quant aux délocalisations, elles permettent de transférer les facteurs de production (capital,
main-d’oeuvre, mais pas vraiment les technologies) des secteurs importateurs aux secteurs
exportateurs en pleine croissance. En théorie donc, cela implique le plein-emploi, mais à
supposer qu'il y a déjà un plein-emploi au départ et qu'il n'y a pas de pertes pendant le
transfert.
Socialement, la peur est peut-être plus fondée. À en croire la théorie, les ouvrières du textile
du Nord devraient construire des Airbus à Blagnac... Or, outre la nécessaire mobilité qui n'est
pas très à la mode en Europe et en particulier en France, il y a un problème de formation.
C'est ce qu'on appelle la reconversion.
Voilà comment se forme la catégorie de ceux qu'on appelle les working poor. Les secteurs
protégés (services de proximité,..., i.e. ceux où il ne peut pas y avoir de concurrence
étrangère) ne proposent pas du tout assez d’emplois.
Ces trois aspects étant développés, il est très important, essentiel, central, de toujours replacer
le rôle de l'Europe dans tout ça.
Là, ce qu'il faut dire, c'est que la Commission Européenne a pour ambition de créer un « fonds
d'ajustement à la mondialisation », ce qui montre au moins une prise de conscience sinon une
volonté d'action.
Maintenant il faut être lucide. Ce qui risque fort de se passer, c'est qu'avec le rattrapage des
pays du Sud, ceux-ci cassent la DIPP en entraînant des délocalisations pour les métiers qui
jusque-là étaient réservés aux pays du Nord. Ex. : l'informatique indienne, la Chine pour la
R&D,...
Mais, et c'est très important aussi, il faut voir cela comme un défi et pas comme une fatalité. Il
va juste falloir être efficace. Car ce même phénomène ouvre des marchés pour les pays du
Nord !
La France aujourd'hui est en retrait par rapport à l'Allemagne qui le premier fournisseur de la
Chine qui elle-même est le premier fournisseur de l'Afrique…
Ce qu'il faut retenir, c'est que les problèmes sont qualitatifs et que ça n'est que le début.
Quelques chiffres :
En France, entre 1995 et 2001, les délocalisations nous ont fait perdre 100 000 emplois dans
l'industrie mais il en a été créé 300 000 sur la même période.
Enfin, on peut distinguer quatre vagues de délocalisations : la production, les sièges sociaux,
le secteur des services, et enfin la R&D.
III.
U
NE AUBAINE POUR LE
S
UD
? (par Sylvie Brunel)
Une grande nouveauté des années 2000, dont on est sûr, c'est que le tiers-monde n’existe plus.
Du développement au développement durable
La fin de la guerre froide a marqué un tournant pour le tiers-monde. L’APD s'est effondrée
dès qu'elle a perdu son intérêt stratégique, avec la disparition de l'Union soviétique en 1991.
v
Depuis lors, on ne parle plus de développement. Il a été remplacé par l'humanitaire et le
développement durable.
Il faut remarquer qu'on veut toujours lutter contre la pauvreté mais que le contexte a changé.
Les pauvres font peur : « ils sont accusés de saccager l'environnement, de proliférer de façon
irresponsable, de détruire nos emplois en nous inondant de produits peu éthiques, de venir
chez nous entretenir l'insécurité et de pousser les salaires à la baisse ».
On veut les tenir à distance mais en même temps leur faire adopter les ingrédients du
libéralisme : la démocratie, l'ouverture des frontières, la loi du marché,...
Ça c'est notre vision des choses.
Dans les faits, le tiers-monde a explosé.
Les pays émergeant du Sud nous concurrencent désormais dans tous les domaines et nous
rattrapent en termes de niveau de vie et de technologie. On y envoie nos entreprises et nos
diplomates.
Les autres, les pays très pauvres, nous inquiètent par leur instabilité. On y envoie nos O.N.G.
Entre les deux, il y a un peu de tout.
Dans une copie, il faut traduire cela en disant que l'espace mondial s'est désarticulé et
fragmenté à toutes les échelles, entre les « inclus » et les « exclus ».
La mondialisation est-elle coupable ?
C'est en tout cas un bouc émissaire commode. Il faut le dire. Grâce à elle, les pauvres en
oublient leurs responsabilités internes, les altermondialistes croient connaître la cause de la
pauvreté dans le monde et les pays du Nord y voient la cause de la mauvaise gouvernance
internationale.
Dans les faits, les pays les moins avancés ont quand même su tirer profit de la mondialisation.
Les paysans et les citadins sans emploi voient dans les narcotrafics et les migrations
clandestines le meilleur remède contre la misère. De cela, il faut surtout retenir que les pays
les moins avancés ont pour la plupart une économie illicite et criminelle florissante même si la
population y est très pauvre.
« La mondialisation ne suscite pas le développement. Elle peut juste l'accélérer. » C'est à dire
que seuls les pays aux institutions solides, au territoire assez équipé et à la population
qualifiée peuvent se développer. Les autres non. En clair, il y a toujours derrière une histoire
de volonté politique.
La crise de la dette a forcé le tiers-monde à entrer dans la mondialisation. Même les pays du
Sud restés socialistes ont dû basculer dans l'économie de marché. Presque tous vivent
désormais dans une situation d'interconnexion de leurs marchés financiers, où le rôle des taux
de change, les mouvements de capitaux et les mesures prises par les banques ont un effet
capital sur la situation de l'économie.
Boom économique et phases de récession
Retour sur les mécanismes.
vi
Dans le monde entier, il faut savoir que la financiarisation des économies a affaibli le pouvoir
des gouvernements.
Pour les pays du Sud, entre les fluctuations des cours des matières premières, l'attitude des
investisseurs étrangers à leur égard, l'accès ou non aux marchés de pays développés de plus en
plus protectionnistes, les ressources dont ils disposent ne cessent de varier.
De plus, avec les crises financières des années 1990, les pays émergents ont basculé dans une
économie casino où se succèdent des phases de boom économique (avec afflux de capitaux et
spéculation) et des phases de récession sévère.
Pour ces pays, le coût social de ces alternances est très élevé : destruction d'une partie de
l'appareil productif et gonflement du nombre de chômeurs... D'autant plus que, avec les
programmes de sauvetage du FMI et de la banque mondiale, ils sont obligés d'adopter la
flexibilité en matière sociale.
Dans les pays en crise, pour faire passer la pilule du désengagement de l'État, de la
libéralisation, des structures d'assistance se mettent en place. Qui sont-elles ? Les islamistes,
évangélistes, sectes, partis politiques se battent pour avoir une clientèle.
C'est très important de savoir ça et d'en parler. Car l'État est discrédité et s'il ne paye plus
l'école publique, ce sont ces associations qui le font… ! Il y a donc une privatisation de
l'assistance et avec elle, un repli sur des définitions identitaires et communautaristes. Avec
toutes les conséquences qu'on connaît.
L'État est devenu un acteur comme les autres. Il ne représente plus la légitimité nationale. « Il
est ainsi encensé en même temps qu'empiété, porté aux nues dans son concept, mais remis
quotidiennement en question dans son exercice. »
La fin de l'arrogance civilisatrice de l'Occident ?
Il y a en ce moment un vrai changement. L'émergence de la Chine, de l'Inde, du Brésil, de
l'Afrique du Sud,..., offre des modèles alternatifs à des pays du Sud lassés de l'ingérence
politique et économique de l'Occident.
La Chine n'exige pas chez les autres la démocratie qu'elle ne connaît pas chez elle, ses
produits sont bon marché, ses entreprises adaptées aux besoins des pays pauvres et elle
pratique désormais une diplomatie de grande puissance qui évince petit à petit les anciens
tuteurs dans leurs anciennes zones d'influence.
Bien remarquer qu'une nouvelle doctrine semble se dessiner au sein des institutions
internationales : « la mondialisation doit être régulée dans le cadre d'unions régionales,
protégeant des espaces où les conditions sociales et politiques peuvent être harmonisées selon
des valeurs communes ».
La face du monde se modifie à nouveau.
Quelques chiffres :
La plupart des pays en développement ont connu en 2006 une croissance moyenne de 7 %
(i.e. 2× plus que celle des pays riches).
On peut aussi remarquer que la concurrence des pays émergeant n'est pas visible qu'à travers
les délocalisations : les importations des pays riches provenant des PVD est passé de 15 %
dans les années 1970 à 40 % aujourd'hui. Mais en même temps, il faut dire que la croissance
vii
des marchés émergents permet aux pays riches d'exporter plus et que, d'autre part, il y a une
hausse des salaires dans les économies émergentes.
IV.
Q
UI GOUVERNE LA MONDIALISATION
?
(par Saskia Sassen, prof. de sociologie à la
LSE)
On ne connaît pas très bien les mécanismes qui gèrent la mondialisation.
On sait tout de même qu'il y a une dénationalisation de certaines fonctions des États qui se
traduit par la formation de marchés globaux et d'institutions internationales.
En gros, il s'agit de savoir si ces institutions internationales sont capables de répondre aux
enjeux de la mondialisation, c'est-à-dire d'instaurer des règles commerciales compatibles avec
les besoins des pays du Sud. Quant au FMI, il faut savoir s’il oeuvre à la stabilité monétaire
internationale ou bien s'il a pour mission de recouvrer les créances des prêteurs occidentaux ?
Les prérogatives réduites de l'État
Il faut réaliser que les états sont toujours essentiels dans l'administration des transformations
internationales. Pour autant ils ne les contrôlent pas.
Le système global se construit par des systèmes transfrontaliers variés : lex constructions
(code des leaders mondiaux de la construction civile pour répondre aux standards
environnementaux dans les cent principaux marchés nationaux où ils travaillent), le TPI, les
télécoms et la finance…
Il y aurait plus de 125 structures de ce type aujourd'hui. Ce n'est pas une perte de souveraineté
des États-nations, mais simplement un détachement par petits bouts du pouvoir d'organisation
des états.
Il faut souligner que les nations et les organisations supranationales travaillent de pair. Les
administrations étatiques sont essentielles au développement des FTN : ministères des
finances, banques centrales, agences gouvernementales de promotion des exportations… Ce
sont des infrastructures de la mondialisation.
Il s'agit donc d'un rééquilibrage. Il y a des institutions étatiques qui perdent de l'influence, et
d'autres qui en gagnent.
Là, on peut replacer, par exemple, l'influence faiblissante des législations nationales, qui peut
être vécu comme un déficit démocratique, à la faveur de négociations entre les institutions
internationales et les exécutifs nationaux.
Système national, système supranational
Avant, il y avait de nombreux ordres normatifs nationaux (droit pénal, droit des affaires,...).
Mais aujourd'hui, la prolifération de systèmes transfrontaliers fait se constituer des
agencements hybrides où ou les principes nationaux s'articulent et s'accommodent avec les
principes supranationaux.
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