Dossier musiciens danseurs Fiche pratique L'OLC ...

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Dossier musiciens danseurs Fiche pratique L'OLC ...

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Dossier musiciens danseurs Les enjeux de laprise de conscience du corps Fiche pratique Seprésenter: CV, biographie leJournalduConservatoire journalbimestrielavril2005numéro 61 Journal d’informations édité par leConservatoirenational supérieur demusiqueet dedansede Parishttp://www.cnsmdp.fr Nicolas Patrick pages 2 & 3>BORDS DE SCÈNE>Fonds de Tarrazi>Baldeyrou>L’OLCà l’Opéra Garnier>Davin pages 4 à 7 >Rouchaleou>L’OLC, antichambre de la profession>ACTUALITÉS>Danses de Mai>DOSSIER> Maud Musiciens danseurs: Les enjeux de la prise de conscience du corps>Se connaître soi-même, c’est se protéger>Les techniques I d’analyse du mouvement>Le corps unique et singulier>Respiration musicale>La technique Alexander>La révolution Alexander >Lethéâtreinstrumental>La quête de l’harmonie corpoerlle>La kinésithérapie, facteur d’évolution instrumentale>Ne pas tricher avec son corps>PARTENARIATS>Ircam Conservatoire>Stiegler>Gerzso>Une collaboration pages 8 & 9I Bernard Andrew fructueuse>Concerts de la classe de composition et nouvelles technologie>sTÉMOIGNAGES>L’Orchestre du Conservatoire ntoinepages 10 & 11 Ana DavidA àMogador>Millet>Fray>Sobczak>LE CONSERVATOIRE DANS LE MONDE>La danse en Israël>Mazet>Michel, carnet de voyage n°3>FICHE PRATIQUE>Se présenter : le CV>Se présenter : Joëlle Gabrielle la biographie>ACTUALITÉS DU CONSERVATOIRE>Mouvements de personnel>LIRE ÉCOUTER page 12I I Stefano VOIR>Du piano à la pédagogie>Scodanibbio>Reflet des Journées de l’ogrue>Concours internationauxL’OLC à l’Opéra Garnier Ircam Conservatoire I Programmescommuns L’Orchestre du Conservatoire à Mogador
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(BORDS DE SCÈNE) La mère de Nadim et Amin A. deTarrazi. Fonds de Tarrazi, cercle de solidarité
et moral, inscrit dans la durée, à des élèves qui suscitent notre sympathie par leurs qualités tant humaines qu’ar-tistiques. A notre grande joie, ils tien-Au nom de son frèreNadimet du sien,Amin de Tarrazifait le bilan de nent à nous offrir spontanément onze années de partenariat avec leConservatoire de Pari,sen prélude au chaque année un concert fort apprécié traditionnel concert annuel des lauréats boursiers, lemercredi 11 maiau de tous. Notre plus grande satisfaction Conservatoire (salle d’art lyriqu)e. est de pouvoir les suivre au long de leur ar fidélité au souvenir deharmonieux dont le dixième anniver-carrière. La sélection est faite chaque notre mère, passionnée desaire a été célébré avec ferveur le 5 mai année par un comité réunissant le Di-“P musique – et pianiste2004 au Théâtre Mogador.Nous recteurdu Conservatoire, Alain Poi-amateur de talent – et par ailleursavons édité à cette occasion une pla-rier, AlainDecaux, del’Académie concernée par la jeunesse, mon frère et quette commémorative.Française, notre ami de toujours, les moi avons décidé d’aider des jeunes178 bourses ont pu être attribuées à ce responsables pédagogiques, ceux des artistes talentueux et méritants, ren-jour à des étudiants de quelque vingt-affaires scolaires et sociales (notam-contrant des difficultés matériellescinq pays, témoins vivants du rayon-ment Catherine Lavigne, responsable dans leur scolarité.nement du Conservatoire de Paris, etde la préparation des dossiers des aides Les premiers contacts ont été pris le 15 reflets exemplaires de l’universalité deprivées) et deux étudiants. La pérenni-décembre 1988 avec Alain Louvier, di-la musique.té de ce fonds est le fruit de la générosi-recteur du Conservatoire,qui a ac-Ces lauréats,équitablement répartisté collectived’un véritable réseau de cueilli très favorablement un projetentre les deux sexes, et constammentsolidarité entourant les lauréats. concrétisé en 1994 avec Marc-Olivierrenouvelés, émanent de 45 disciplinesLa dimension humaine et sociale de Dupin, et p oursuivi depuis 2001 parmusicales, rejointes depuis 2004 par lanotre action a sensibilisé le Conserva-Alain Poirier avec un bienveillant inté- danse, avec un premier boursier distin- toire, avec lequel nous nous sentons en rêt pour l’initiative.Un partenariatgué. C’est à la fois un soutien financierparfaite harmonie.”NicolasBaldeyrou, Rising Star
Programme chargé pourNicolasBaldeyrou, titulaire depuis 2000 de deux DFS du Conservatoire de Parisetclarinette solo de l’Orchestre National de France, choisi par laCité de la Musique(oùliserpdoiu9elraropinjuniahc) comme “Rising Starette.Citcndsiliuitnoarenpreemtt2005de se produire dans neuf salles européennes et américaines prestigieuses, membres du réseauECHO(European Concert Hall Organizatio)n. appellation “Rising Stars”aventure, puisque nous formons de-me semble un tantinetpuis longtemps une équipe de mu-“L’ut comme une “star”.Nous présentons deux programmes pompeuse, carje ne mesique de chambre. perçois pas du to Apprendre du jour au lendemain quedifférents, conçus en totale liberté et vous allez jouer au Wiener Konzertrassemblant les grands classiques du Haus, à Carnegie Hall ou à la Cité de la répertoire pour clarinette,signés musique dans la même année, entreChausson, Widor, Poulenc, Debus-autres salles prestigieuses, cela semblesy, pourla musique française, complètement inespéré.Brahms et Weber, pour le répertoire Je ne me pose pas la question de savoirallemand. Noustravaillons toutes si cela arrive au b on moment ou pas.ces pièc es d epuis le C onservatoire. On est e n p erpétuelle évolution ; onJe joue en outre dans toutes les salles joue par rapport à l’âge que l’on a – 25une œuvre qu’Eric Tanguy m’a dé-ans – , avec la volonté de tout donner,diée,Capriccio, que j’ai créée il y a mais je sais que je jouerai différem-deux ans et que je viens d’enregis-ment dans dix, vingt ans, etc.trer sur un disque de clarinette seule Je me suis préparé au mieux avec mon paru en novembre dernier. ami Vahan Mardirossian, rencontré ilJ’espère bien sûr qu’il y aura des re-y a dix ans au Conservatoire de Paris. Il tombées, à en juger par le nombre me semble normal de l’associer à cette d’organisateurs et d’agents artis-
tiques que j’ai eu l’occasion de ren-contrer. Le contact avec le public, tou-jours très nombreux et curieux de dé-couvrir de jeunes inconnus, est égale-ment très positif. J’espère en tous cas que l’impact de ces prestations à
La reconnaissance dans son pays passe souvent par un succès à l’étranger.
l’étranger sera bénéfique en France. Comme j’ai déjà pu le vérifier après ma victoire au concours de l’ARD à Munich en1998, lareconnaissance dans so n pa ys passe sou vent par un succès à l’étranger. Mais les retombées furent encore plus importantes en Al-lemagne, car le concours a à cœur de suivre la carrière de ses lauréats.”
NicolasBaldeyrou.
(BORDS DE SCÈNE)
L’OLC à l’Opéra Garnier
Le27 février dernier, l’Orchestre des Lauréats du Conservatoireaccom-pagnait,salle Garnier, les premières arias des solistes du nouvelAtelier lyrique de l’Opéra de Par.isAu programme, des airs et ensembles d’opéras de Mozart. Sous la direction du chef belgPaetrickDavin.
Patrick Davin, J’ai été impressionnéP atrickDavin. chestre. Il faut reconnaître que l’or-membres. La notion d’accompagne-chestre, en constante progression, ament de jeunes chanteurs, se produi-bien relevé le défi.sant souvent eux-mêmes pour la pre-Chefd’orchestre Il vous procure une impression demière fois dans un répertoire mozar-grande sécurité, du fait du niveau ho-tien particulièrement exigeant, ajou-J’ai été impressionné par les progrès de la formation, mogène de ses pupitres, à l’opposé detait à la difficulté du projet. sa capacité à écouter, et l’assurance qu’elle a montrée en concert. certaines formations profession-L’écoute mutuelle et la volonté de dia-e garde un excellent souvenirfonctionnement est intentionnelle-nelles. J’ai été impressionné par lesloguer sont encore plus nécessaires que jeuneJs, qui allient la motivation à latrée en concert.tout musicien, et en particulier pour un de mes précédentes collabo-ment proche de celui d’un orchestreprogrès de la formation, sa capacité àdans le répertoire symphonique. La pé-rations avec des orchestres de professionnel, par le nombre de sesécouter, et l’assurance qu’elle a mon-dagogie me semble aller de soi pour répétitions : cela fait partie de l’enjeu qualité. Certes, on y dispose de davan-pédagogique d’un ensemble destiné àOn sent un indéniable potentiel, enchef d’orchestre, qui se doit de trans-tage de temps qu’avec l’OLC, dont lepréparer ses membres au métier d’or- dépit du renouvellement de sesmettre son expérience artistique.”
concert, basée sur une connaissancevers orchestres. A la lumière de ces dif-approfondie de la partition.On estférentes expériences, j’apprécie d’au-amené à participer à la déterminationtant mieux les qualités de l’OLC : rapi-MaudRouchaleou : des coups d’archet et des phrasés. Ladité de l’accord, implication musicale, pratique du quatuor à cordes – re-qualité de l’écoute, etc. constitué d’ailleurs dans l’orchestre –Sans renier l’orchestre pour autant, je violon solo, un poste est une b onne préparation à ce rôle,me c oncentre sur la musique de par la mise au point des respirations et chambre au sein du quatuor Alma, des signes de communication.avec lequel je poursuis ma formation, à responsabilités Patrick Da vin a su rapidement nousinitiée au Conservatoire lors d’un mettre en confiance et nous faire ou-cycle de perfectionnement auprès de blier le cadre prestigieux du concert. Et Jean Sulem, et maintenant à laMusi-le naturel du chant mozartien a rendukhochschulede Lucerne (suite au Prix aisée notre tâche d’accompagnateurs.Mozart). Violonsolo Je poursuivrai également – avec deuxEt j’enseigne dans une association pa-de mes partenaires du quatuor Alma – risienne, qui axe justement sa pédago-La pratique du quatuor à cordes est une bonne préparation à ce rôle. la collaboration avec l’Atelier lyrique,gie sur la musique d’ensemble, chorale ’était ma première presta-j’avais une expérience de leader danslors de la production à Nanterre enaussi bien qu’instrumentale.”tion en tant que violon so-des orchestres de jeunes.juin 2005 deCosi fan tutte. gulièreCte mes heures en intervenant dans di-ponsabilités, tant en répétition qu’enment depuis deux ans. Certes lo de l’OLC, où je joue ré-C’est véritablement un poste à res-Intermittente du spectacle, je complè-
Lyon, en regrettant l’indisponibilité deformer les élèv es par une pédagogie celle de Marseille, également prévue.constamment mouvante, à l’écoute de Danses de Mai, Et Isabelle Platel, nouvelle directricel’évolution des styles et des attentes de l’école de l’Opéra de Paris, viendrades chorégraphes d’aujourd’hui. en mast er-classe. Nous présenteronsNous travaillons avec ces écoles en par-les écoles françaises deux programmes différents, compo-faite complémentarité et formons un sés d’extraits de chorégraphies repré-réseau solidaire, qu’il s’agisse d’échan-sentatives de chaque école.ges d e p rofesseurs et d’élèves, ou de Si l’on voulait situer le positionnement prêts de costumes et de partitions cho-de c hacune d’e ntre elles, on pourraitrégraphiques. dire que l’école de Marseille est jusqu’àLes Danses de Mai constitueront un présent orientée vers la danse classi-moment nécessaire de confrontation que, que celle de l’Opéra de Paris formeentre nos écoles, qui forment un véri-Cette année, lesDanses de Mairassembleront, les20 et 21 mai prochains, par vocation son propre corps de bal-table réseau, plate-forme de réflexion les plus prestigieuses écoles supérieures de danse française.Daniel let, que le Conservatoire de Lyon pri-pour les questions concernant aujour-Agésilas,irecdruetsedutésedorchraégiqphsueau Conservatoire de Paris, vilégie le répertoire de la jeune dansed’hui la danse, notamment celles de en précise les enjeux. française, tandis que l’école de Cannesl’insertion professionnelle et de la se-près avoir invité untorité de par le monde dans le domai-se définit par la notion de tronc com-conde carrière.”blé oppAortun de mettre en valeurPour ma part, jeNous accueillerons donc les écoles nombre conséquent d’éco-ne de la danse classique et aujourd’hui mun classique-les étrangères, il m’a sem-de la danse contemporaine.contemporain. Un moment nécessaire de confrontation entre des écoles complémentaires et solidaires. l’école française, qui fait toujours au-d’Angers, de Cannes et le CNSMD deme préoccupe de
L’OLC, antichambre de la profession
De par la vocation de l’OLC à préparer l’insertion professionnelle de ses anciens diplômés,le Conservatoire ne peut que se réjouir du départ forcé de certains de ses membres,conséquence logique d’un recrutement en orchestre,pour beaucoup favorisé par leur passage à L’OLC. Par exemple,Sylvie Tallec, nommée en décembre 2004 violon solo de l’Orchestre symphonique de Tours-Région Centre,pour qui cette expérience a constitué une transition idéale vers la profession, Stéphanie Corre,petite clarinette solo à la Philharmonie de Strasbourg, depuis février 2005,qui reconnaît y avoir beaucoup appris sur le répe-r toire,sur le fonctionnement des orchestres et sur le problèmes liés à leur direction, ouRaquel Magalhaes,pressentie commeflûtesolodelOrchestresymphonique de Galice,pour qui l’OLC a constitué une école exem-plaire de la vie en communauté etdelaprisederesponsabiliténécessaire à un chef de pupitre. Parmi les autres recrutements récents : Julien Lucchi,trombone à l’Opéra de Marseille,depuis janvier 2005, Jessica Bessac,petite clarinette solo à l’Orchestre national d’Ile-de-France,depuis mars 2005.
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SIER)
(DOS Musiciens danseurs Les enjeux de la prise de conscience du corps
Avec ce premier dossier, nous ouvrons dans votre Journal le débat sur l’ensemble des questions physiques et mentales intimement liées à la vie de tout musicien, de tout danseur.Préventionethygiène de vie,tenue posturale,aspects thérapeutiques, etc. : plusieurs numéros du Journal seront sans doute nécessaires pour répondre à l’en-semble des questions que vous vous posez. Il vous appartient de nourrir ce débat des réflexions que vous voudrez bien nous communiquer.
Des danseurs bien dans leur corps.
(DOSSIER) Sans abord réel”, chorégraphie deLucPetton niques vont donner à l’élève des outils (par leJunior Ballet, Conservatoire, décembre 1999).pour respecter son corps et s’en servir Se connaître de façon juste et contrôlée. Un travail basé sur la sensation et le ressenti cor-porel va procurer au danseur une autre soi même,La prise en -vision de la technique que celle qu’il avait jusqu’alors et lui permettre, avec charge médicale une grande économie de moyens et c’est se protéger sans se faire mal, d’atteindre le but tech-des danseurs nique qu’il désire. n jeune au tempérament artis-La prise de conscience de l’appui des Le rôle de l’enseignant dansau Conservatoire tique est a priori un être sen-pieds dans le sol, des volumes du corps veuUx fin, vulnérable et donc fragile.l’apprentissage de la danse…relie le tout, est capitale pour avoir lesde Paris sible, émotif, au système ner-(tête, cage, bassin) et de la colonne qui Engagé sur le chemin exigeant de lapieds sur terre et la tête dans les étoiles. danse, il lui faudra trouver une protec-Un mouvement exécuté à partir des Professeur dedanse classiqueau Conservatoire JoëlleMazet OdileRouquet tion psychologique et physique en dé-fibres les plus profondes du corps crée-veloppant, avec l’aide de ses maîtres,capacités d’appréciation plus justes dera un volume qui touchera le spectateurdeesniAudestionirecladutésed “Si vous savez ce que une juste et profonde connaissance deson cheminement et de prendreau cœur de son être. Les os, les muscles,chorégraphiques du CNSMDP a été vous faites, vous pouvez lui-même. consciencede ses possibilités réelles.les viscères, tous ces éléments du corpscréée depuis 10 ans une structure faire ce que vous voulez.” L’apprenti danseur ne mesure pas tou-Remettre à leur juste place des imagi-travaillés à partir de la sensation aide-orientée vers la prévention et la prise MoshéFeldenkrais jours le niveau d’exigence qui séparenations vagabondes peut être unront le danseur à construire un corpsen charge de la pathologie de l’élève son école d’origine du CNSMDP. C’estmoyen efficace de fortifier les jeunes.comprendre au danseur comment uti-vivant, fluide, sans blocages et qui ré-danseur tout au long du cursus et dans pourquoi il est important que l’ensei-Moshé Feldenkrais dit : “Si vous savezliser son corps avec un maximum d’ef-pondra à son attente, libre de douleursle souci de garder la particularité de gnant établisse un rapport de confian-ce que vous faites, vous pouvez faire ce ficacité et un minimum d’efforts. Deset d’accidents.la danse dans son expression artistique. ce réciproque avec l’élève. La rigueur et que vous voulez.”rudiments d’anatomie, mis en pratiqueSe protéger c’est danser avec conscien-L’équipe se compose d’un médecin l’honnêteté du regard de l’enseignantLe sens du travail des pédagogues estpar d es exercices ciblés,l’analyse duce, laisser passer à travers le corps l’âmenutritionniste,d’un médecin rhumato-vont lui permettre de développer desdonc, entout premier lieu,de fairemouvement intégrée aux cours tech-de l’être et évoluer avec harmonie.logue / traumatologue,kinésithéra-peute / ostéopathe,d’un professeur d’analyse du corps dans le mouvement es différentes techniquestant qu’acteur, s’intéresse à la colonnedansé,d’un professeur d’anatomie et d’analyse du mouvement,d’air, proche de la colonne vertébraled’un praticien de la méthode Pilates. “LLes techniques que sont par exemple laet des diaphragmes influant sur la res-S’y associe le suivi médical du center technique de Matthias Alexander, depiration, ce qui l’amène à ce qu’il ap-de santé,avec son infirmière et son Moshe Feldenkrais, l’eutonie de Gerda pelle “le contrôle primaire” à l’initia-médecin du travail.C’est donc un lieu d’analyse Alexander, ou encore la technique detion de l’équilibration. Gerda Alexan-d’éducation où se développent des outils d’apprentissage du mouvement (leJoseph Pilates, ont toutes en communder, rythmicienne, articulesa re-d’autonomie nécessaires à la pratique d’analyser les composantes du mou-cherche autour du relâchement desde la danse,autonomie dans une dumouvement vement et d’expérimenter le processus tensions et du mouvement organique.meilleure connaissance du corps,auto-Moshe Feldenkrais est ingénieur,ilnomie dans une meilleure alimentation “comment”). s’intéresseà t out c e q ui est articula-et prévention des troubles,autonomie Recueillis par StéphanieCabrol-Douat Propos d’OdileRouquet Entre les deux guerres, les pionnierstion, les systèmes d’autorégulation dudans la gestion du stress.des techniques d’analyse du mouve-corps, la cybernétique, etc. Les différentes techniques ment ont remis en question le regardPourtant, quoique nées de question-d’analyse du mouvement se sur le corps porté par la médecine ounements p ersonnels,les probléma-rejoignent et se complètent. la gymnastique traditionnelle. Face àtiques posées par ces praticiens rejoi-l’impuissance des systèmes médicauxgnent les préoccupations de la re-préoccupe de la formation des profes-à traiter leurs problèmes et l’absencecherche scientifique de l’époque.seurs de danse et intègre en 1989 au de méthodes d’entraînement adé-Chercheurs et praticiens se répon-programme du Diplôme d’Etat l’Ana-quates, ils s’engagent dans l’étude dudent. Ainsi, les intuitions sur la visuali-lyse f onctionnelle du corps dans le mouvement du corps humain en ob-sation et l’imagerie mentale de Moshemouvement dansé (AFCMD). Parti-servant leur propre expérience et enFeldenkrais et Lulu Sweigard (“idéoki- cularité française, cette matière s’étof-questionnant leurs propres habitudes.nesis”) sont confirmées par les re-fe donc en lien étroit avec la danse et en Ainsi, Gerda Alexander se bat contrecherches scientifiques sur le systèmes’enrichissant des apports de la danse. l’arthrite rhumatoïde,Matthias nerveuxgrâce aux stimulations d’aires Une formation est créée au sein de Alexander une extinction de voix,précises du cerveau.l’IFEDEM, qui préfigure le Centre Na-Moshe Feldenkrais une blessure graveCes concepts se généralisent et se diffu- tional de la Danse, tandis qu’un cours au genou. Ces techniques naissent ensent progressivement dans des milieuxest mis en place au CNSMDP avec les quelque sorte d’une nécessité vitale.divers : bien-être de la personne, pré-interventions d’Odile Rouquet. Ces pionniers des techniques du mou- vention des maladies (J.Pilates), han-Quoique différant dans leur façon de vement vont alors expérimenter pardicaps non pris en charge par la méde- concevoir le corps et par l’aspect du rapport à leur formation, à leur tem-cine et bien sûr le milieu de la danse.mouvement qu’elles mettent en va-pérament, à leur culture, un angle bienLes danseurs sont en effet très intéres-leur, les différentes techniques d’ana-spécifique d u c hamp imme nse d usés par c es explorations. Dans les an-lyse du mouvement se rejoignent et se mouvement. Matthias Alexander, ennées 1970, le Ministère de la Culture se complètent.”Every Day Incarnation”, ballet deNicoloFonte (par leJunior Ballet classique, ien dans so n c orps, bienn’est plus seulement un objet, mais un Conservatoire, janvier 2002). “Bd’un instrument payé très cher, accorde-Le corps unique dans sa tête”,chacun lieude passage, de transmission de l’être connaît la formule ! Et dequi s’exprime. Si l’on prend grand soin s’inscrire à la piscine, au cours de gym ou de yoga… pour s’occuper un mini- t-on autant de soin et de valeur au corps et singulier mum du corps que l’ona .de l’artiste qui l’utilise ? On parle bien de Le danseur ou le chanteur savent peut- “faire corps avec l’instrument”,mais sans être déjà un peu mieux que leur corpstoujours avoir conscience du sens pro-YvonnePaire Professeur d’anatomie/physiologieau Conservatoire n’est pas se ulement l’inst rument q uifond de cette expression. leur permet d’exercer leur art, qu’il y aPour donner quelques exemples, quellelivre de recettes. “Bien se tenir, se tenir “On ne trouve pas sa bonne posture dans un livre de recettes.” le corps que l’onaest l’incidence sur le son de l’instrument droit, avoir une bonne position” frise-mais aussi le corps que l’onestrait plutôt l’imposture... La posture estsi la colonne vertébrale du musicien estment. Une pratique qui vise l’éveil pos-loin la marche d’un familier, on recon-le savoir-faire, comme mais aussi le savoir-êtreadaptée à la personne qui l’utilise toutnaît le danse ur par la trace qu’il laissetural (le corps que l’on. tassée,si le musicien érige son corps ouest) peut donner Le musicien connaît l’instrument qu’ille rigidifie ? Comment avoir une postu-autant qu’à la tâche à accomplir. Elle estdans l’espace, comme le jeu du musi-la qualité du geste, qui elle-même va pratique, connaît le corps qu’il a mis aure adaptée à un instrument, qui n’usedisponibilité au mouvement ; elle estcien, unique et singulier. Développer ladonner une certaine qualité au son, service de son instrument, mais pas tou-pas le corps et n’entraîne pas de patho-ajustement selon notre façon d’être, deconnaissance de son corps (ce premierdans sa technicité tout autant que dans jours ce corps qu’ilestinstrument) à travers une pratique cor-les modulations expressives de ses? Posture ou imposture ? On nemarcher,de bouger,de danser.. Lorsquel’on logie touche à l’expression artistique, le corpstrouve pas sa bonne posture dans unDe même qu’on reconnaît d’emblée auporelle permet l’accordage à l’instru-nuances et de ses accentuations...> page 5
(DOSSIER) viser des résultats immédiatement tangibles peut figer le mouvement et RespirationIl faut du temps pour aboutir par un l’évolution du musicien. UteGerzabekProfesseur associé detravail corporel spécifique au chantau Conservatoireioniratreàpropuc.ncah-eiceCllpseroidêttérelegatnemuqébilieér parcours personnel à une bonne pos-musicalegiques, et pour trouver le processus de ture dans le respect des lois physiolo-e corps estl’instrumentdu tionpeut provoquer des états néfastes entre thorax et abdomen, et non partir Une respiration bien conduite chanteur comme de l’ins-de fixation. Tandis que le chanteur auniquement du diaphragme, comme “L est un gage de bonne trumentiste, le lien indis-besoin d’augmenter l’énergie au mo-on l’a longtemps cru. Une respiration intonation et d’aisance. pensable avec l’expression musicale.ment de l’expiration.bien conduite est un gage de bonne in-Celle-ci est automatiquement blo-te, contrairement au chanteur, n’estRespiration et posture ont en com-tonation pour le chanteur et d’aisance quée si la respiration ne peut jouerpas complètement dépendant de lamun une mouvance permanente (etpour l’instrumentiste. son rôle sur l’esprit, faute d’une mau-respiration et peut rester en apnée,individualisée) à la recherche d’unElle participe d’une hygiène de vie sy-vaise posture. Certes, l’instrumentis-mais le fait de compenser à l’inspira-équilibre de tous les instants : de ce fait, nonyme de prévention.
votre esprit. Lorsque le tout est coor-digestives ou respiratoires, troubles du donné, vous vous sentez mieux, voussommeil, nervositéexcessive ou La techniqueplus clairement.“Que ce soit sur le plan fonctionnez mieux et vous pensezmanque d’énergie, etc.) en acceptant de prendre la responsabilité de leur santé. physique, mental ou spirituel, nous tra-“Chaque homme, chaque femme ou en-MalcolmWalkerProfesseur dechantau Conservatoireédt-eàeecnerdnesrtaiiespartsprocudneàteseminadytraudrfet,cer-es.Enefraitsetatniseptntp,rovaraleilsec-à-tdseeffrostpresonnels.enddépIllenedahucedcneuarperisalrétenoisnehérpmoc AlexanderF.M Alexander. duisons tout en tensions musculaires.”fant possède en lui un potentiel physique. Le principe d’Alexander consist F.M. Alexander. Plus généralement, la Qui était F.M.Alexander ?technique profite aux personnes de Lorsque nous travaillons sur le corps, rederick Matthias Alexander,tous âges qui souhaitent simplement nous travaillons aussi sur l’esprit. F australien, est né en Tasmanie endire en tension ou en contractionsfonctionner au mieux de leurs capaci-1869 et mort à Londres en 1955.Le succès de la méthode qu’il élaboravoir jusqu’à quel point plusieurs typestrop peu,constantes, d’autresDans de nombreux pays, la Tech-elles tés. Son enfance et son adolescence furentfut tel, dans le monde du théâtre puisde lacunes e t même certains malaises,sont avachies ou atones. La juste ten-nique Alexander figure également de-perturbées par différents troubles, no-auprès du grand public, qu’il alla l’en-aussi bien mentaux que physiques, peu-puis longtemps aux programmes dession, c’est trouver l’équilibre entre les tamment des difficultés respiratoiresseigner en Angleterre et en Amérique.vent être soulagés en apprenant auxdeux. Pour l’obtenir, vous devez utili-principaux conservatoires de musique qui, associées plus tard à un enroue-A la demande d’un certain nombre demuscles de notre corps à fonctionner dif-ser exactement ce qu’il faut, au bonet d’art dramatique. Elle est essentielle à ment et une aphonie chroniques, failli-médecins et scientifiques, il finit aussiféremment…”Voilà ce que disait Ni-tous ceux qui pratiquent des métiers ar-moment. Vous disposez de votre toni-rent mettre un terme à sa carrière d’ac-par former des éducateurs capables decolaas Tinbergen dans un extrait decité musculaire de manière adaptée. Sitistiques ou sportifs. teur. Lamédecine traditionnellela transmettre aux générations sui-son discours d’investiture du Prix No-vous êtes allongé, vous en utiliserezComment se déroule une leçon ? n’ayant que des palliatifs à lui proposer, vantes. La formation requise pour en-bel 1973 de physiologie et de médeci-peu ; si vous jouez au tennis, en fonc-Avec l’aide d’instructions verbales et Alexander décida d’essayer de détecterseigner la t echnique est de trois ansne, consacré à la technique Alexander.tion de la balle à renvoyer, vous en uti-d’un toucher juste et subtil du profes-ce qu’il pouvait bien “se faire à lui-mê-dans l’une des écoles (européennes,La technique Alexander considère queliserez plus. Par un “usage de soi” juste, seur, l’élève apprend à identifier puis à me” pour que sa voix cède au moindreaméricaines, australiennes)recon- lecorps et l’esprit forment un tout. Par-vous arriverez peu à peu à jouer com-désactiver les attitudes ou modes de effort. Après une longue période d’ob-nues par S.T.A.T.,“The Society of Tea-tant de ce principe, lorsque nous tra-me vous voulez de votre corps, à utili-comportement pouvant interférer servation minutieuse et de patiente ex-chers ofThe Alexander Technique”,vaillons sur le corps, nous travaillonsser précisément ce dont vous avez be-dans le fonctionnement naturel de son périmentation – plus de neuf ans –, àfondée à Londres en 1958.aussi sur l’esprit. “Usage de soi” plutôtsoin, naturellementet efficacement.organisme, aussi bien au repos (en po-l’aide d’un miroir, il établit que ses pro-Qu’est-ce que la techniqueAlexander ?qu’“usage du corps”, car les processusNous perdons peu à peu, à sortir desition assise ou allongée) qu’en activité blèmes de voix étaient dus non pas à“La technique Alexander est une formephysiques et mentaux sont indisso-notre axe naturel,cette intégrité(dans les mouvements simples et ha-une déficience locale mais à une mau-raffinée de rééducation ou plutôt de re-ciables : travailleréquivaut corps-mentalsur “soi”devenons alors: nousbituels tels que s’asseoir, se lever, se vaise utilisation de tout son organisme,déploiement d u sy stème musculairedes êt res d’hab itudes, otages de nosbaisser, marcher ou dans les mouve-donc à t ravailler sur la personne toute non seulement lorsqu’il prenait la paro-tout entier et,par-là, debeaucoupentière,dans sa globalité.propres tensions.ments plus élaborés et sophistiqués le mais aussi dans toutes ses activités.d’autres organes… On serait étonné deCe que vous pensez, a une influenceA qui s’adresse-t-elle ?tels que le maniement d’un instru-directe sur ce que vous faites avec votre La Technique Alexander attire tousment de musique.) Ainsi, on s’habitue corps ; la manière dont vous l’utilisezceux qui veulent se libérer de maux età associer une nouvelle façon d’utiliser a, elle aussi, une influence sur votrede troubles divers (maux de dos et deson corps à une nouvelle façon de pen-mental, ce que vous ressentez amènecou, mauxde tête,douleurs articu-ser, le but étant de l’appliquer rapide-des changements sur votre corps et sur laires, rigidités musculaires, difficultésment dans le geste quotidien.
La révolution Professeur associé detechnique Mathias Alexanderau Conservatoire Alexander Guy-Vincent Aknin n peut dire que F. Mat-compte à mes dépens de la Ne réaliser le geste instrumental qu’une “Opour ne réaliser le geste instrumentalJe comprends d’autant mieux que des thias Alexander a appor-mauvaise utilisation de mes fois l’unité faite entre pensée et corps. té une rév olution par lafacultés corporelles. technique qu’il a découverte,forte-ment connue dans la plupart des paysélèves, par ail leurs parfaitement per-qu’une fois l’unité faite entre pensée et anglo-saxons, mais pas encore suffi-formants, ne prennent pas toujourscorps, entrepensée et chacune des samment en France, certainement parconscience de leurs défauts. Les troisparties du corps. méconnaissance de ses principes.mois de suivi de chacun de mes élèvesUne p ratique s uivie des principes de Ceux-ci, élaborés par F. M. Alexander,(douze à quinze par an, volontairescette technique peut certainement sont les suivants : la reconnaissance depour cette option) ne peuvent certesagir comme une prévention,afin la force des habitudes, l’inhibition et le suffire à une compréhension complète d’éviter des troubles corporels, respi-non-faire, la prise de conscience de lade la technique, mais entraînent ce-ratoires ou mentaux, tel le trac, et le re-fausse sensation du corps et l’unité dependant des progrès lents ou rapides,cours à toutes sortes d’expédients.”la pensée avec chaque partie du corps.suivant les élèves, et toujours qualita-Pour en savoir plus, consultez à la Médiathèque : Alexander, FM :: sa directionL’Usage de soi Il s’agit bien en cela d’une techniquetifs. Il faut leur faire prendre conscien-consciente en relation avec le diagnostic, le fonction-mentale, liée au corps. En tant qu’étu-ce des tensions qui les affectent et leur nement et le contrôle de la réaction. diant de théâtre,j’ai pu me rendrefaire accepter une étape denon-vouloirEd. Contredanse, 1996. > page 6
(DOSSIER) Accorder le corps avant l’instrument. cuées de mon atelier : il existe des moti-vations plus enrichissantes,me Le théâtre semble-t-il, que la confrontation aux autres. Le théâtre instrumental permet Frédéric StochlProfesseur demusique de chambrede se mettre en jeu, en regroupant ses instrumental compétences dans une démarche ex-pressive unique. Cela produit une dan-se quelque peu élémentaire mais au-et dethéâtre instrumentalau Conservatoire thentique, qu’il est dommage de voir e ressens la musique commemental a pour ambition de faire réflé-des contingences physiques pour seen général évacuée sous couvert de “J une danse intériorisée,fan- chirles étudiants sur la nécessité d’être produire, mais incapables par ailleursspécialisation des pratiques artis-tasmée, qui déclenche en moiprésent – mentalement et physique-de se tenir sur une scène, quand l’ins-tiques. On ne peut faire de la musique un mouvement profondément émou-ment – dans l’acte musical. Et pour ce- trument ne leur servait pas carrémentdissociée du geste et du mouvement vant. Jene prétends pas innover,la, je leur demande de danser sans mu- de béquille…dansé, de même que l’on ne peut sépa-puisque ma démarche est nourrie dessique, de bouger avec une techniqueMais les étudiants ne se rendent pasrer pensée et acte musical. Proposé en techniques développées autour de no-personnelle sans fioritures, nourrie detoujours compte de leurs défauts, prisoption, l’atelierest un espace sans tions bien connues de respiration, deleur seule mémoire musicale. J’ai mal-qu’ils sont dans la recherche perma-contraintes et sans évaluations, mais mouvement, de posture, etc. Mon tra-heureusement connu suffisammentnente de la performance et de la com-qui suppose un engagement librement vail dans l’atelier de théâtre instru-de musiciens,arrivant à surmonterpétitivité, notionsentièrement éva-consenti pour être efficace.”
La quête de Obtenir, par l’association de l’esprit et de la respiration, une unité intérieure l’harmonie corporelle pour centrer son énergie. Professeur detubaet dedidactique pour les cuivres GérardBuquetdépartement de la formation à l’enseignement ( )au Conservatoire es interrogations sur le– un travail approfondi sur la posture , la prit et de la respiration, une unité inté- de longue haleine. Ce n’est qu’à partir dans ma fMormation musicale et d’uneinstrumentale que je me suis senti vé-sons et de les libérer dans l’espace.der ce corps que les musiciens ont ten-sujet sont nées d’unrespiration et la voix. Car avant mêmerieure pour centrer son énergie, per-du moment où j’ai pu achever l’alliage sentiment d’inachevéd’accorder son instrument, il faut accor-mettre au corps de laisser résonner lesde cette méthode et de ma technique insatisfaction latente de l’interprète quedance encore à occulter.Le travail quotidien de l’instrumentritablement prêt à enseigner en pou-je suis face au public. Pour ces raisons,Jacques Dropsy a opéré une synthèseentraîne de ce fait, par l’acquisitionvant notamment proposer des solu-j’ai provoqué de nombreuses rencontresdes techniques de toute provenance –d’une bonne posture, une tonicité ettions aux problèmes de crispations avec les danseurs,les comédiens,etc. letaïchi notamment – qu’il a adaptéesun mieux-être évident,synonyme rencontréschez certains étudiants. Et Jusqu’à ma rencontre avec le psychoto-à notre environnement. Sa méthodeégalement de longévité musicale. Lesje constate d’ailleurs un intérêt soute-nicien Jacques Dropsy, qui m’a permisimplique le corps dans sa globalité etqualités de persévérance des musi-nu de mes élèves en pédagogie pour ce d’entreprendre – douze années de suitevise à obtenir, par l’association de l’es-ciens favorisent ce type de recherchetravail sur l’harmonie corporelle.”
Rendre les problèmes de tenue d’instrument accessoires.
On ne peut faire de la musique dissociée du geste et du mouvement dansé, de même que l’on ne peut séparer pensée et acte musical.
a volonté du musicien de s’expri- continuer à progresser et à ne plus êtreJouer sans crispation. LLa kinésithérapie, mer a vec efficacité sur son ins-à la merci de ces états souvent incom-trument, nécessitenon seule-préhensibles où “on n’est pas en for-ment un investissement émotionnel,me”. Bien sûr cette pratique doit se fai-mental et intellectuel important, maisre dans le prolongement du travail de facteur d’évolution aussi un engagement physique intense.musicien. Le son, et l’image que l’on J’ai été ame né à c onsulter des kinési-en a avant de l’émettre doivent le plus thérapeutes spécialistes des musiciens,souvent guider notre geste et notre po-instrumentale après avoir eu des tendinites à répéti-sition sur l’instrument. Un travail pu-tion. Leur rôle a été pour moi tout àrement médical peut être très utile, Professeur delecture à vue(cordes) et deméthodologie de la pratique fait esse ntiel : ils m’ont aidé à guérirvoire parfois indispensable,mais il ChristopheGiovaninetti d’ensembles(département de la formation à l’enseignement) au Conservatoire des tensions accumulées après desdoit être relié le plus vite possible aux concerts ou des tournées éprouvantes,nécessités de l’instrument et de l’ex-blèmes. En effet, la confusion entre dé-cela compris, les problèmes de la tenue celle-ci était un élément important, mais m’ont aussi permis grâce à unpression musicale.tente et relâchement est dangereuse.à l’instrument deviennent presque ac-mais uniquement à condition d’être travail plus structurel, de rétablir unAvec l’expérience on arrive à déceler àUne détente sans tonicité n’a pas gran- cessoires. Ils relèvent alors davantageprise dans un contexte global. Mieux dos sous-employé et pas assez musclé;temps les fatigues avant qu’elles ne dé-de v aleur. Il faut donc parvenir à cetd’une connaissance que l’on pourraitcontrôler son tempérament pour ne un facteur qui favorise les tendinitesgénèrent en traumatismes. Apprendreéquilibre subtil entre tonicité et déten- qualifier de professionnelle et tech-pas avoir de mouvements excessifs du des bras ou des mains. Grâce à eux, j’ai à adapter son travail quotidien pourte, ou mieux encore, trouver la toniciténique. Ainsi, ayant eu la préoccupa-corps, permet aussi de consolider une appris à comprendre les réactionssupprimer ces tensions est essentiel.dans la détente.tion de développer un aspect plus vir-structure et un équilibre musculaire. musculaires, età prévenir les pro-Une question complexe dans la mesu-Le corps dans son intégralité (avectuose et plus solide dans mon jeu, no-Ils sont indispensables à une meilleure blèmes. C’est-à-dire à “bien vieillir”re où l’obsession de la détente peut, el-bien sûr e n tout premier lieu le dos),tamment en affinant ma tenue au vio-projection du son et de l’expression avec mon instrument,mais aussi àle aussi,engendrer de sérieux pro-est engagé dans cette tonicité : une fois lon, j’ai compris avec l’expérience, quemusicale.
interviens principalementconfort, ladétente, endépit des auprès de musiciens,mais contraintescorporelles inhérentes aux “J’Ne pas tricher aussi auprès de sportifs et àinstruments. Un professionnel respon-la demande des entreprises. J’essaie desable doit savoir optimiser son poten-leur faire prendre conscience de leurtiel et anticiper sur les problèmes phy-avec son corps corps dans leurs activités quotidiennessiques et mentaux pour durer. Quand afin de s’en faire un allié et de pouvoiron vise la performance, il est salutaire réagir au moindre signal de stress ou dede parfois lâcher du lest pour un travail dysfonctionnement, sans attendre unplus e fficace. On ne p eut pas tricher état critique.avec le corps, il faut savoir s’écouter, IsabelleLoiseleux s’est spécialisée dans la préparation physique, menta-Il est important de veiller au placements’accorder soi-même avant d’accorder leetémotionnelledesmusiciens.Elleaaniméàcetitre1le5mars dernier du corps, à la conscience de sa respira-son instrument. La question des tech-un atelier de l’option “Aspects pratiques du métier de musicien” sur la tion pour éviter les causes de tension.niques personnelles mises en œuvre gestiondusterss,atelierquellepoursuitl1e5rvaplihcornia. Au-delà de la résolution des problèmes,importe moins que cette prise de cela consiste également à optimiser sesque des musiciens. La notion de stress,rogations ponctuelles des musiciens deconscience. Il est d’ailleurs passionnantIl faut parvenir capacités : gestion de l’effort, concen-de trac, dépasse le cadre de la représen-l’atelier renvoient à leur attitude géné-de suivre sur plusieurs années l’évolu-à cet équilibre tration, récupération, et concerne aussitation pour englober toutes les situa-rale envers la pratique instrumentale ettion personnelle des musiciens qui fontsubtil entre bien des commerciaux ou des sportifstions de tension au quotidien.Les inter- la musique.Il leur faut préserver lece travail corporel.”tonicité et détente, ou mieux encore, >trouver la tonicité page 7 dans la détente.
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