Fiche Russie aujourd'hui Cours

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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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ECS 2B 2006-07 groupe LW-JV-NS-OB L’Europe, L. Carroué, Bréal La Russie, une puissance régionale en mutation 1°) D’une crise multiforme à la recherche de nouveaux équilibres a.De l’URSS à la Russie : le déclin imérial russe - Entre 1990 et 1991: effondrement de l’URSS (Union des Républiques Socialiste Soviétiques) qui met fin à la fois à une expérience historique unique de construction d’un nouveau système socio-économique socialiste, qui s’identifiait alors commecontre-modèle du système capitaliste dominant, et à un système étatique et géostratégique impérial, lui-même héritier de la vieille Russie tsariste constituée progressivement depuis cinq siècles. - A l’échelle planétaire,la nouvelle Russie n’a plus les moyens financiers, militaires, économiques et technologiques de son ancienne puissance.Elle doit abandonner le glacis protecteur des pays satellites d’Europe centrale. A l’échelle continentale, l’impact est tout aussi considérable avec l’accès à l’indépendance des 14 Républiques fédérées entre mars 1990 et août 1991. LaRussie perdterritoire, ½ de la population, + de ½ du potentiel du agricole et 41% de l’industrie de l’ex-URSS. A l’échelle nationale,les nouvelles configurations territoriales et frontalières posent de graves pb de désorganisation d’ordre militaire(cosmodrome de Baïkonour, bases navales de la Mer Noire, isolement de Kaliningrad...),logistiquede débouchés maritimes et de gds ports, coupure des (perte réseaux, 2 des 3 transsibériens passent par le Kazakhstan),économiquedes (éclatement combinats et des filières productives) etethnique: 25 millions de Russes se retrouvent hors de Russie et deviennent des minorités nationales. - Afin de maintenir un minimum d’influence géopolitique, lancement en déc 1991 d’une nouvelle tentative d’organisation régionale: la CEI (Communauté des Etats Indépendants). => Echec rapide face à la multiplication des conflits internes (ethniques ou territoriaux en Moldavie et ds les Républiques du Caucase et d’Asie centrale. - Les E.-U., l’UE et les puissances régionales voisines (Chine, Iran, Turquie) jouent leurs propres partitions face au retrait stratégique russe d’Europe orientale, du Caucase ou d’Asie centrale. En particulier, lorsqueBulgarie, Roumanie et pays baltes adhèrent à l’OTAN, les EU utilisent l’argument de la lutte antiterroriste pour implanter leurs bases militairesen Géorgie, Ouzbékistan ou Kirghizistan.Présence inséparable de l’accès aux riches gisements d’hydrocarbures ou de mineraisdont recèlent le bassin de la Caspienne et l’Asie centrale. +Soutien direct à certaines oppositions dans leur accès au pouvoir pour faire basculer les nvx Etats dans leur sphère d’influence. =>Moscou et l’armée russe s’accrochent au contrôle du versant nord du Caucase, aurôle stratégique et constitué depuis toujours d’un puzzle complexe de petits peuples et de religions très divers. b.La difficile ère des réformes : la recherche de nvx éuilibres -Recherche de nvx équilibres sociaux, géoéconomiques et géopolitiques. Présidence Eltsine :marquée par une profonde crise identitaire; instabilité politique et monétaire, politique de libéralisation économique opaque, mafieuse et corrompue; décadence complète de l’appareil militaire et du CMI qui constituait l’ossature du système productif, fuite de capitaux. Surtout :effondrement socio-économique: PNB :-40 % entre 1994 et 2000 ;  en2000, PNB russe < PNB belge...  PNB/hab:- 40% entre 1994 et 2000, car paupérisation massive de la population alors que s’exacerbent les inégalités sociales.
Dans l’industrie :production(-50 %) etemploi(-40%) car crise des industries lourdes et du CMI alors que la perte de compétences scientifiques et techniques s’accélère (fuite des cerveaux).Années 1990-1998 = années noires :générale des productions (agri et indus). er élection en 2000 de V. Poutine, dont l’objectif 1est derestaurer l’autorité de l’Etat et son contrôle sur l’économie, la société et ses territoires.Stabilisation politique qui s’accompagne d’une reprise économique et d’unede 20 % de la production indus (qui reste cependant < de 40 % à celle de 1990).Malgré ces progrès, la Russie demeure très affaiblie.- C’est pourquoi le nouveau pouvoirengage la refonte du système fédéral et accélère les réformes.s’est attelé à redéfinir le fonctionnement de la Fédération russe et les Poutine rapports centre/périphéries en instituant une nouvelle structure politico-administrative visant à renforcer la verticalité du pouvoir. - Plusieurs autres questions décisives.  *Capacitésd’intervention limitées de l’Etat (système fiscal chaotique et budget modeste). ères  *Sila Russie dispose de nombreux atouts (matières 1, bon niveau de formation initiale, faible coût de la main d’œuvre...), ceux-ci sont très inégalement répartis. La logique de modernisationet de libéralisation renforce les disparités sociales et régionales: espaces répulsifs/attractifs... Pose à moyen terme la question de l’unité de la Fédération. 2°) Des articulations territoriales en profondes mutations a.ues et territoriauxdéfis éoéconomiLes rands - Laquestion démographique:crise depuis les années 1960, qui s’accélère entre 92 et 2005 (fort déficit naturel, taux de natalité faible contre taux de mortalité très fort pour un pays développé) => conditions sanitaires désastreuses et misère, alcoolisme... Population et richesse se concentrent de + en + à l’ouest, dans les gdes villes (St-Pétersbourg, Kazan, Volgograd) et sur certains pôles le long du couloir transsibérien (Novossibirsk). -Maîtrise de l’espace et déséquilibres des transportsd’un pays-continent. La Russie demeure er le 1Etat du monde avec ses 17 millions de km² (30 x France). Elle s’étend sur 11 fuseaux horaires, dont les ¾ au-delà de l’Oural, assurant au pays d’abondantes ressources naturelles mais pose de redoutables pb de valorisation et de maîtrise de l’espace. D’autant que les 2/3 du pays sont presque vides d’habitants, et que le froid affecte une large partie du pays, la banquise hivernalebloquant une très large partie des côtes. La Russie est fortement marquée par la continentalité et un climat au froid hivernal très rigoureux.L’organisation économique et démographique est structurée selon un vaste gradient Ouest-Est qui oppose la Russie historique utile et peuplée à l’ouest à des régions fonctionnellement de + en + désertes et périphériques vers l’est mais où se trouve aujourd’hui une bonne partie des ressources d’avenir.Cette immensité a conduit à une mise en valeur globalement extensive et superficielle, qui a souvent construit des systèmes d’isolats perdus dans l’immensité. L’immensité devient une forte contrainte car le système logistique connaîtde graves déficiences structurelles qui enclavent les territoires et constituent ungoulet d’étranglement au dvpmt économique. -L’agriculture : le parent pauvre.L’agriculture et les campagnes demeurent encore largement sacrifiées en dépit de la réforme agraire et de la décollectivisation des structures productives (sovkhozes, kolkhozes) et malgré despotentialités considérables. Mais :des dépendance variations climatiques, sous-investissement généralisé... Peu compétitive, l’agriculture doit être protégée par des quotas face à l’explosion des importations.Son dvpmt et sa modernisation sont un enjeu social, géopolitique (indépendance alimentaire) et spatial fondamental pour l’avenir.
-Un système productif tronqué à rééquilibrer.En 15 ans, la production industrielle s’effondre de moitié, en particulier dans les biens d’équipement et de consommation, alors que l’industrie représente encoredu PIB et ¼ de la population active. Le système productif se spécialise de + en + dans les secteurs des matières premières et de transformation =>donne à la Russie un profil de pays en développementimporte massivement technologies et qui équipements. C’est unacteur incontournabledu jeu énergétique mondial face à l’instabilité du Proche et Moyen-Orient. Coopérant avec l’OPEP sans en être membre, la Russie table sur l’Europe, dont elle fournit 16 % du pétrole et 25 % du gaz et cherche à équilibrer ses relations asiatiques entre Japon, Chine et Corée du Sud. Ce système productif tronqué et cette orientation accélérée vers une économie rentière recèlent d’unegrande fragilité dufait de ses déséquilibres sectoriels et de l’ouverture grandissante, mais encore très contrôlée de l’économie. L’Etat et les entités fédérées engagent de nouvellespolitiques de soutien. L’Etat garde la haute main sur certains secteurs jugés stratégiques, en particulier dans l’énergie (Rosneft, Gazprom) et son transport et privilégie systématiquement les firmes russes lors des privatisations. Explique la faiblesse des IDE. b.éril ?L’unité de la Russie en Avec l’affaiblissement de l’Etat, le renforcement des autonomies régionales et la logique d’ouverture et de marché :des écarts régionaux. - Une métropolisation prédatrice ou régulée ?Ce sont les + gdes villes millionnaires (bien équipées et économiquement diversifiées) qui portent la croissance (ex : Novossibirsk). Mais ces organismes en haut de la hiérarchie urbaine sont eux-mêmes largement écrasés par le dynamisme moscovite. Moscou s’affirme comme la principale, sinon pour l’instant l’unique, bénéficiaire de cette insertion brutale dans la mondialisation capitaliste, du fait de ses fonctions nationales et mondiales. Jusqu’ici largement prédatrice, cette logique de métropolisation va-t-elle s’étendre progressivement aux métropoles provinciales? De cela dépend la modernisation du pays. - Le territoire en peaux de léopard des « trois Russies »(Denis Eckert). On peut distinguer 3 Russies :*les zones dynamiques et attractives, qui se limitent à un archipel de gdes métropoles, régions ou portes littorales (Moscou, St-Pétersbourg, Iekaterinbourg...) et sont ouvertes sur le monde et bien intégrées à l’économie mondiale.  *une vaste Russie provinciale, aux horizons locaux ou régionaux, cherchant à se débrouiller par elle-même grâce au dynamisme de ses élites locales et régionales mais dotée de petites villes moyennes souffrant gravement de la crise de l’emploi et des retards d’équipement.  *la Russie des périphéries profondes, qui demeure coupée de presque toute forme de modernité et où les habitants survivent comme ils peuvent. - Le contrôle des marges: un enjeu stratégique.La Russie demeure un Etat fédéral multinational constitué d’une centaine de nationalités pour lesquelles la crise a provoqué la renaissance de revendication d’autonomie qui peut menacer à terme d’implosion l’ensemble du dispositif. La Tchétchénie demeure un très grave abcès de crise qui se généralise à tout le versant nord du Caucase.Le contrôle des marges et leur intégration politique, économique et sociale constituent donc un enjeu stratégique face à l’émergence de forces centrifuges.Au total, le déclin de la puissance impériale russe se traduit par de nécessaires et profonds réajustements des structures internes à la nouvelle Russie qui seront déterminants pour l’avenir de celle-ci. Ils vont en effet largement conditionner ses capacités de puissance régionale eurasiatique à se maintenir dans son assise territoriale face aux pressions conjuguées de la nouvelle puissance chinoise, des mondes musulman ou turcophone, et de l’élargissement de l’UE à 27.
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