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Histoire des Etats-Unis
A partir du livre éponyme de René Rémond
mercredi 5 août 2009 par Philippe B.
Voici un dossier de lecture complet du livre de René Rémond, Histoire des Etats-Unis
Chapitre I Les premiers établissements (1607-1763).
-Occupation tardive : L’actuel littoral étatsunien fait son entrée avec retard dans l’histoire de la
colonisation européenne du Nouveau Continent. Le territoire situé entre la Floride espagnole et le
Canada est comme ignoré par les colons ; une côte ouest inhospitalière et un climat tantôt aride,
tantôt glacial, diffèrent la volonté de conquérir ce territoire. Le réel tournant s’opère lors de l’entrée
tardive de l’Angleterre dans la colonisation ; en 1598, Sir Walter Raleigh prend pied en Virginie et
les 102 pèlerins des Provinces-Unies sur le Mayflower en 1620 forment l’embryon du
Massachusetts. A la fin du XVIIe siècle, la GB est maîtresse de toute la côte.
-Un peuplement varié : composé d’Ecossais, de Gallois, d’Anglais, de Suédois, d’Allemands, et de
Provinciaux unis, et qui débouche sur une diversité des opinions politiques et des croyances : ce sont
souvent des immigrés politiques ou religieux, chassés par la domination d’une majorité contraire,
comme les protestants boutés hors de France par la révocation de l’Edit de Nantes, ou encore les
différentes victimes des vicissitudes intérieures anglaises. La population est répartie dans l’espace
autour de fleuves, baies, sans réelle organisation rationnelle, ce qui va favoriser l’émergence de
centres côtiers sous domination anglaise.
-Trois groupes de colonies : L’accroissement des centres précédemment évoqués donne lieu à une
différenciation climatique, économique, et sociétale. On a :
=> Le groupe de la Nouvelle-Angleterre (New Hampshire, Massachusetts, Connecticut, Rhode
Island) : économie complexifiée (culture, élevage, pêche, commerce, début d’industrie), littoral
découpé permettant l’exploitation de nombreux ports naturels, vastitude des forêts permettant la
construction de navires de pêche et de commerce avec les Antilles. Enfin, de petits ateliers se
développent le long des cours d’eau utilisant la force hydraulique (moulins, scieries, papeteries etc.)
et, contribuent au début de la réussite sociale et matérielle. La foi est naturellement très présente, le
code Bleu instaure un ordre moral rigoureux, où les contrevenants sont châtiés (chasse aux
sorcières). La religion préside à toutes les activités, « la discipline ecclésiastique, en acclimatant
insensiblement des pratiques démocratiques, oriente la société de la Nouvelle Angleterre vers une
démocratie de fait ». L’intellectualisme est nécessaire pour pérenniser les prémices de croissance
économique, d’où la création de l’université d’Harvard en 1636.
=> Le groupe du Sud (Maryland, Virginie, Caroline du Nord, Caroline du Sud, Géorgie) : groupe au
territoire vaste et moins densément peuplé, avec des choix économiques différents de ceux de la
Nouvelle-Angleterre. Ce sont les exploitations intensives par des esclaves noirs venus d’Afrique
(plantations) qui forment la principale source économique. De ce fait, toute la richesse de ce groupe
dépend de la récolte de produits (tabac, riz, indigo et plus tard coton), et des acheteurs extérieurs, ce
qui la rend grandement vulnérable, d’autant plus que le recours à l’esclavage éloigne les ferments
démocratiques néo-anglais et grippe la machine sociétale.
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=> Le groupe intermédiaire (New York, New Jersey, Delaware, Pennsylvanie) au peuplement varié,
issu de la colonisation hollandaise (New York s’est d’abord appelée New Amsterdam), britannique
et suédoise (dans le Delaware). La situation centrale de ce groupe à mi-chemin entre la Nouvelle
Angleterre et le Sud est un atout vouant ce groupe à une position d’arbitre et laisse présager
l’emplacement prochain des capitales fédérales. La ville de Philadelphie est très tôt « la plus grande
et la plus admirée des villes américaines », du fait de son peuplement important (30 000 habitants
environ) et de sa prospérité économique.
-Analogies et points communs des treize colonies : les colonies partagent toutes leur soumission à la
Couronne anglaise et sont dotées de constitutions semblables, inspirées de l’esprit juridique anglo-
saxon, avec un gouverneur représentant l’Angleterre, une assemblée élue par les propriétaires, qui
vote l’impôt et défend les intérêts des colons.
-Le péril indien : la lutte commune contre l’ennemi indien rassemble les troupes, et est constamment
présente jusqu’à la fin du XIXe siècle. L’exemple de William Penn achetant aux indiens les terres de
Pennsylvanie reste anecdotique. Cette lutte incessante, faite d’embuscades est de ruses, mue
rapidement en mythe (romans de F. Cooper, westerns, journaux, scoutisme)
-L’encerclement par les Français : un empire français d’Amérique immense se constitue bien avant
l’arrivée des anglais, et perdure jusqu’à encercler complètement les treize colonies, leur interdisant
une quelconque pénétration par l’intérieur.
-La menace française est écartée : Du fait d’une densité de population faible, et d’une aide
métropolitaine beaucoup moins substantielle, la France perd tour à tour les batailles, le Canada
devient anglais, et la Louisiane espagnole. « Les ennemis traditionnels écartés, la communauté va
s’affirmer de nouveau, après bien des péripéties et des incertitudes contre la métropole ». George
Washington, héros des luttes contre les Indiens et les Français est un des symboles de l’affirmation
communautaire nord-américaine.
Chapitre II L’indépendance (1763-1783)
Les causes de la rupture
-La sécession, conséquence indirecte de la victoire sur les Français : La métropole semble moins
indispensable, et la raison de sécurité motivant les colons à garder une présence anglaise sur leur
territoire est maintenant obsolète. De même, l’alourdissement de la taxation de la part de la
métropole, ainsi que la ré-application du système de l’exclusif, interdisant aux colonies de
commercer avec des pays autres que l’Angleterre, provoque la ruine des négociants, armateurs,
marins.
-Le débat de principe : les Américains engagent une réflexion sur le principe constitutionnel anglais
interdisant une imposition nouvelle sans consentement des représentants. Or, ici, les colons ne
disposent pas d’élus au Parlement anglais. Cette réflexion va conduire à la sécession, voyant
l’incapacité du gouvernement anglais à appliquer ses propres principes aux colonies.
-Les étapes de la rupture : la majorité des américains, au départ, ne veulent point de rupture et
appréhendent de rester seuls, et c’est en quelque sorte un concours de circonstances et de
maladresses de la part de la métropole qui affermit le désir d’indépendance. A partir de 1773 une
succession d’incidents vient marquer le début de l’Indépendance. Lors de la Boston Tea Party (1773)
les colons, déguisés en Indiens, vident la cargaison des navires de la Compagnie des Indes. Les
anglais ripostent par la mise sous tutelle du Massachusetts (five acts). La colonie reçoit le soutien de
toutes ses soeurs et un Congrès continental, voulu par Franklin, est réuni à Philadelphie en 1774, pour
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faire valoir les droits des américains auprès de la Couronne anglaise. Pendant ce temps, le
Massachusetts et la Virginie mettent en place peu à peu un dispositif insurrectionnel, à travers les
journaux par exemple. La fusillade de Lexington, le 18 avril 1775, et la bataille de Bunker Hill du 17
juin sont les deux incidents fondateurs de la guerre d’Indépendance.
-L’indépendance revendiquée et proclamée : Le Congrès continental décide la formation d’une
armée américaine dont la direction est confiée à Georges Washington. La Déclaration
d’indépendance est signée le 4 juillet 1776, « fonde en droit l’insurrection et énonce un système de
valeurs auxquelles se référeront toutes les générations d’hommes d’Etat ». C’est la première fois
qu’une nation déclare au monde ses principes fondamentaux, c’es aussi la première fois qu’une
colonie s’émancipe, d’où la portée historique de cet événement qui va inspirer toutes les révolutions
ultérieures, jusqu’à celle de 1917 en Russie.
La guerre d’indépendance
L’Indépendance ayant été proclamée, il est maintenant du rôle des américains de la conquérir. Et
cette tâche est rude, l’armée américaine étant formée de combattants irréguliers et non formés, face à
des armées européennes puissantes.
-L’alliance française : La recherche d’un allié est hautement nécessaire, et seule la France, puissance
maritime concurrente, peut leur venir en aide (puissance qu’ils avaient combattue quinze ans plus
tôt !). Les deux premières victoires de cette alliance sont la capitulation de Saratoga (octobre 1777)
et celle de Yorktown (octobre 1781). La France est une aide financière, militaire, et politique, en
apportant avec elle l’alliance avec l’Espagne. En mars 1781 un gouvernement central est investi par
la Confédération, pour mener à bien cette guerre d’une manière plus efficiente.
-La victoire et la paix : Les anglais cèdent et signent une paix secrète en novembre 1782, jusqu’à la
conclusion du traité de Versailles (3 sept. 1783) réunissant l’Angleterre, les Insurgents, la France, et
l’Espagne.
Chapitre III La constitution des Etats-Unis
E pluribus unum
-La faillite du gouvernement confédéral : Le gouvernement confédéral est
impuissant du fait d’une close d’unanimité entre les treize colonies. Des mutineries et soulèvements
inquiètent l’opinion publique. L’idée dune révision des institutions naît.
-La Convention : une assemblée de délégués se retrouve en 1787 à Philadelphie pour corriger les
imperfections de la récente union, et ceci durant 4 mois. Une Constitution « de synthèse » entre les
différentes opinions est rendue, en tenant respect des principes de la Déclaration d’Indépendance.
-Etat fédéral et Etats : la Constitution apporte l’idée neuve de la séparation de l’Etat fédéral et des
Etats. Les Etats souverains sont subrogés à un état fédéral également souverain dans sa sphère. Il y a
donc un partage des compétences : l’Etat fédéral s’occupe de commerce extérieur, de défense et de
politique étrangère tandis que le reste des compétences est attribué aux Etats fédéraux eux-mêmes.
De même, la répartition ingénieuse des Assemblées, trouvée par Franklin, suit cet esprit : le Sénat est
composé d’une assemblée de deux représentants par Etats quelle que soit leur taille, et la Chambre
est élue à la proportionnelle.
-L’organisation des pouvoirs : les pouvoirs sont totalement séparés, l’exécutif n’est responsable que
devant lui-même, le Congrès ne peut pas dissoudre le gouvernement. Les lois du Congrès doivent
être approuvées par le président et les lois proposées par le président approuvées par le Congrès. (cf.
libéralisme politique de Madison : séparation totale des pouvoirs et tempérance des uns sur les
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autres)
-Pérennité du texte et infléchissements de la pratique : La pratique a orienté le système politique vers
deux directions : premièrement, l’évolution démocratique a placé l’opinion publique au coeur du
pouvoir fondamental (ce qui est contraire à la méfiance des libéraux à l’égard des pulsions
populaires) et secondement, les luttes impérialistes (guerre froide par exemple) et l’industrialisation
ont renforcé le rôle de l’Etat fédéral au détriment des Etats.
-La ratification : Pour entrer en vigueur, la Constitution devait être adoptée par neuf Etats sur treize.
Une fois ces conditions remplies, George Washington est élu premier président des Etats-Unis le 4
mars 1789.
La naissance des partis
-Fédéralistes et Républicains : deux tendances se dessinent au sein du monde politique. Les
fédéralistes aspirent à renforcer le pouvoir fédéral, et désirent rétablir un gouvernement
monarchique. Les républicains entendent s’opposer à une restauration et défendent les libertés
individuelles, et voient dans les Etats-Unis une société de petits propriétaires libres et égaux. Ainsi
sont-ils des puissants défenseurs de la séparation des pouvoirs.
-Hamilton contre Jefferson : Alexander Hamilton, secrétaire au trésor, est le chef de file des
fédéralistes tandis que Thomas Jefferson, rédacteur de la Déclaration d’Indépendance et premier
secrétaire d’Etat (secretary of State), est le porte-parole des républicains. Leur désaccord va traverser
toute l’histoire politique américaine.
- Divergences à propos de la Révolution française : La révolution française a exacerbé les
différends. Les fédéralistes, et Washington, désapprouvent les violences de la Révolution par
gratitude pour le roi de France, et par peur de la contagion révolutionnaire. Les républicains, quant à
eux saluent la Révolution et souhaitent son succès. Quels que soient les avis, Washington a pris pour
maxime de ne jamais interférer dans les affaires Européennes, et cette habitude est gardée par ces
successeurs pendant plus d’un siècle.
-L’élection de Jefferson : lassé des attaques des républicains contre lui, George Washington renonce
à se présenter une troisième fois ; son exemple sera intériorisé comme coutume par tous les autres
présidents à l’exception des suffrages de 1940 et 1944 (Roosevelt s’est présenté trois fois). Après la
présidence du fédéraliste Adams de 1797 à 1801 c’est le républicain Jefferson qui accède au pouvoir.
Il s’applique à « réaliser l’idéal d’un gouvernement pratiquement inexistant et bon marché conforme
à la philosophie libérale »
-L’ère des bons sentiments. L’orientation choisie par Jefferson est suivie par ses successeurs, les
fédéralistes disparaissent peu à peu, et la notion de parti semble disparaître. Les successeurs de
Jefferson, Madison et Monroë sont élus très facilement. On appelle cette époque l’ « era of good
feelings ».
-De l’acquisition de la Louisiane à la doctrine Monroë (1803-1823) : trois évènements troublent
cette ère de sage continuité, et sont d’une importance historique pour le développement des EUA :
1803- Bonaparte propose aux Etats-Unis de leur céder la Louisiane, qu’il vient de faire rétrocéder à
l’Espagne : Jefferson la lui achète pour 15 millions de $.
1812-1815 : seconde guerre d’Indépendance. L’Angleterre empêche le commerce entre les EUA et la
France et met en place un blocus. La victoire de La Nouvelle-Orléans renforce l’Union dans son
orgueil : les armées étatsuniennes ont battu les anglais, eux-mêmes vainqueurs de Napoléon !
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1819 : Les EUA convainquent l’Espagne, par des menaces et des persuasions, de leur céder la
Floride, et la partie du littoral entre l’Atlantique et le Mississippi inférieur. 1823 : Monroë définit la
position des Etats-Unis dans une déclaration appelée à régler la ligne de conduite des EUA pendant
une génération, suite à des troubles dans un nouvel ordre international. Tout porte à croire que les
Européens songent à revenir en Amérique pour remettre les colonies sous leur domination (le
rétablissement par les français du roi d’Espagne est sans doute révélateur). Monroë décide alors de
reconnaître les nouveaux Etats voisins et leurs gouvernements d’insurgés, tout en donnant un
avertissement à l’Europe. Dans son message au Congrès, il rappelle les principes de la déclaration
finale de Washington et y rajoute l’interdiction des Etats-Unis à s’immiscer dans les affaires
Européennes, et l’interdiction des Européens à s’immiscer dans les affaires Américaines. Cette
déclaration, restée fameuse, est appelée bien plus tard « doctrine Monroe ».
Chapitre IV L’ouest et la démocratie américaine
La conquête de l’Ouest « donne aux Etats-Unis leur grande épopée nationale, équivalent de la geste
impériale pour la France et de la formation de leur empire colonial pour les Britanniques ».
-L’ordonnance du Nord-Ouest (1787) : Suite à la progression des pionniers vers l’Ouest le
gouvernement fédéral a établi une grande ordonnance en 1787, traçant un cadre pour l’avenir : les
régions de l’Ouest peuvent, à terme, acquérir le statut d’Etat. Ainsi en 1792 le Kentucky entre en tant
qu’Etat dans l’union, puis plus tard le Tennessee, l’Ohio, l’Alaska (1958 !), et Hawaï.
-Les agrandissements successifs (1803-1853) : Agrandissements conséquents, qui se sont faits au
détriment des anciens empires coloniaux. Dès 1803, Jefferson achète de la Louisiane, la Floride et le
golfe du Mexique sont acquis en 1819, l’Oregon en 1846, après des négociations avec l’Angleterre.
Deux ans plus tard, après une guerre, ils obligent le Mexique à leur céder le Texas, le Nouveau-
Mexique et la Californie. « En un demi-siècle exactement, les Etats-Unis avaient plus que triplé leur
superficie ».
-L’éviction des Indiens : Les intérêts des deux groupes, pionniers et Indiens, sont incompatibles, les
uns sédentaires perturbant la chasse des Indiens, les autres nomades, perturbant les installations
sédentaires. A cela s’ajoute la différence culturelle et la méfiance de l’Autre, qui ne laissent pas
d’aiguiser les conflits. Chaque Etat a la responsabilité de sa politique indienne, mais du fait de son
ampleur, l’Etat-fédéral lui-même fixe les règles de l’éviction des peuplades autochtones. C’est ainsi
que le Bureau des Affaires Indiennes orchestre le refoulement progressif des Indiens vers l’Ouest,
avec un souci plus apparent d’équité et un ménagement dans les formes.
-L’occupation du sol : Pendant tout le XIXe siècle et encore plus depuis 1848, un flot important
d’immigrés vient prendre pied aux Etats-Unis. Ces européens travaillent sur les rives de l’Est,
pendant que les Américains plus anciens se déplacent vers l’Ouest. C’est donc un cycle à deux
temps : 1. Immigration 2. Peuplement de l’Ouest. Ce peuplement se fait par étapes, les pionniers
coupent du bois et établissent une ferme, puis un village, puis des routes, et les plus solitaires d’entre
eux quittent le village pour continuer l’avancée vers l’Ouest, « c’est aussi la somme de ces aventures
individuelles qui forge une nouvelle nation ».
-De nouveaux Etats : de 1810 à 1830, le peuplement augmente de 1 million par décennie à l’Ouest.
Conformément à l’ordonnance de 1787, de cette nébuleuse occidentale naissent huit états en 1820.
-Risques de désunion et progrès des communications : L’augmentation du territoire distend les
relations entre Etat fédéral et Etats. Comment l’administration est-elle à même d’exercer une
influence sur des territoires aussi éloignés ? Comment commercer d’Est en Ouest ? Ainsi un vaste
plan, dans les années 1820, ordonne la création de vastes canaux, de routes. Le canal Erié inauguré
en 1825, reliant la vallée de l’Hudson au lac Erié rapproche la région des Grands Lacs aux ports
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atlantiques. « L’unité américaine fut servie par le progrès technique (…), indispensable au
fonctionnement normal de l’Etat, il concourt aussi à la naissance d’une conscience commune ».
-L’ère de Jackson et la poussée démocratique : la poussée vers l’Ouest, les progrès technologiques
ont exacerbé les différences sociales, et remis en cause la démocratie. De ce fait, les Etats
s’emploient à rendre la démocratie plus attrayante, par des révisions constitutionnelles, comme
l’introduction du suffrage universel pour l’élection du président, des représentants, des juges et des
fonctionnaires. Le centre de gravité politique se déplace vers l’Ouest, pour la première fois en 1828,
un président de l’Ouest, Jackson, est élu à la présidence. Sous cette présidence (1829-1837), « une
ère nouvelle s’ouvre, une véritable révolution s’amorce dans les institutions qui de libérales
deviennent effectivement démocratiques ». L’école et le journal, les deux organes-clés de l’ascension
sociale, sont mis en valeur par le gouvernement, et, grâce à eux, le peuple est en mesure de participer
pleinement à la vie démocratique. C’est également l’ère de l’accession à une originalité culturelle, où
les Melville, Poe et Hawthorne prennent la relève d’Irving et Cooper, pendant qu’Emerson élabore
une doctrine philosophique nouvelle, qui s’accorde au pragmatisme et idéalisme américains.
Chapitre V L’Esclavage et la guerre de Sécession
-Divergences entre Nord et Sud :
· Divergence ECONOMIQUE : activité essentiellement agricole donc dépendante dans le Sud, et une
activité essentiellement industrielle et innovatrice dans le Nord-est, qui bénéficie d’un monopole
national depuis la seconde guerre d’indépendance, et l’instauration de tarifs douaniers.
· Prévalence du COTON dans le Sud avec l’invention de la machine à égrener en 1793. « Cette
monoculture l’oriente vers l’étranger, dont elle le rend dépendant au plus haut point ».
· Les gens du Sud, riches, aux goûts raffinés, achètent des produits européens de meilleure qualité, et
enragent de subir des tarifs douaniers désavantageux.
-La querelle de la nullification : Face à ce constat, John Calhoun élabore la théorie de la nullification
(1832), suivant laquelle les États peuvent ne pas accepter une loi fédérale qui leur porte préjudice. La
Caroline du Sud se rallie à cette façon de penser. La fermeté du président Jackson a empêché la
Caroline d’entraîner avec elle les autres Etats, hostiles à une rupture, et un compromis fut trouvé.
-L’esclavage en question : Après le désaccord économique vient le désaccord social sur la question
de l’esclavage. Lui-même n’est pas l’oeuvre d’une décision gouvernementale, mais la conservation
d’un legs britannique du temps de la colonisation. Au lieu de s’abolir de lui-même, comme l’auraient
souhaité les premiers gouvernants, la proéminence du coton et son extension favorisent une
esclavagisation croissante dans les plantations. « Paradoxalement, la perte définitive de la liberté des
Noirs devenait le symbole de la liberté du Sud ».
-La campagne abolitionniste : Le combat contre l’esclavage est de longue date, mais prend toute son
ampleur lors de la publication du roman de Beecher-Stowe, La Case de l’Oncle Tom (1852), qui
connait un succès phénoménal.
-L’ouest devient l’enjeu de la compétition : La conquête de l’Ouest est le déclencheur des tensions.
Le Sud colonise l’Arkansas et le Missouri, et y introduit des constitutions autorisant l’esclavage, ce
qui contrarie le Nord, qui voit le destin des fermiers libres menacé. Ainsi s’engage une course ayant
pour but de disposer d’un maximum de sièges au Sénat (2 par Etat).
-Les compromis successifs :
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· 1820 : compromis du Missouri : une limite fixée au 36,30° de latitude sépare les deux groupes, la
liberté et la servitude
· 1850 : La Californie, bien qu’au dessous du parallèle, est déclarée par le Sénat Etat-libre.
· 1854 : compromis de Douglas : la limite du 36,30° est abolie, c’est aux Etats eux-mêmes de se
prononcer.
· L’affaire de John Brown en 1859, torturé après avoir provoqué un soulèvement d’esclave révolte le
Nord.
-L’élection de Lincoln : élection sans précédent : on a pour la première fois 4 candidats (au lieu de
deux). La division des démocrates est favorable à Lincoln, membre du jeune parti républicain.
-La sécession : Avant que le président ne prenne ses fonctions, la Caroline du Sud décide le 20
décembre 1860 de se retirer de l’Union, et est suivie par six autres Etats. Ces sept états se réunissent
sous l’unité politique des « Etats confédérés », et sont rejoints par quatre autres. Avril 1861,
l’artillerie du Sud ouvre le feu sur Fort Sumter, c’est le début de la guerre de Sécession. Cette guerre
est toujours vécue comme un tournant dans l’histoire américaine.
-Nord contre Sud : malgré une infériorité numérique et technique, l’énergie pour la survie déployée
par le Sud prolonge le conflit quatre années durant. Les hommes du Sud, habitués au plein air et à la
discipline sont mieux à même de combattre avec efficacité. C’est une guerre totale, qui aligne des
effectifs considérables, et mobilise toutes les ressources de l’Economie. La capitulation du général
Robert Lee le 9 avril 1865 marque le dernier acte de résistance sudiste.
-La défaite du Sud et la question noire : l’industrie, la démocratie, l’urbanisme du Nord ont triomphé
de l’aristocratie et du ruralisme du Sud. Le Sud lui-même est détruit économiquement et
matériellement. Lincoln affranchit les noirs des Etats du Sud en 1863, sans pour autant régler la
question noire dans le Sud (il faudra attendre 1954 !)
-La reconstruction : Au sortir de la guerre, l’assassinat de Lincoln, la faiblesse de son successeur
Johnson, et l’impéritie du général Grant élu en 1868, ne résolvent pas les difficultés des vaincus. Le
14e amendement de la Constitution (1886) fixe des sanctions contre les Etats qui privent les citoyens
de l’usage de leurs droits, en réduisant leur représentation au Congrès. Le 15e amendement, quant à
lui, garantit le droit de vote des noirs. Les gouvernants insurgés étant frappés d’inéligibilité, ce sont
des Yankees, venus du Nord, qui prennent des décisions au nom du Sud. On les appelle les carpet
baggers, et l’intelligentsia sudiste développe une haine sans précédent contre ces Yankees élus par
des négros. Des opérations de terrorisme sont alors menées par des sociétés secrètes (Ku Klux Klan),
contre les noirs et les blancs traîtres à leur pays et à leur race (scalawags). EN 1877, le pouvoir du
Sud revient aux mains de ses concitoyens.
Chapitre VI Industrialisme et démocratie
-Le « melting- pot » : La population triple entre 1860 et 1910, du fait d’une immigration croissante.
Les américains eux-mêmes se félicitent de l’intégration et de l’assimilation réussie de leurs immigrés
et vantent les mérites économiques du melting-pot américain.
-La fin de la frontière : La poussée vers l’Ouest continue, avec la découverte de gisements
métalliques (or, argent, cuivre) au pied des Rocheuses. Tout l’espace est maîtrisé, les Indiens parqués
dans des réserves et vaincus. Les forêts sont défrichées, cultivées, exploitées.
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-Expansion économique et libre entreprise : Les EUA connaissent une prospérité économique
nouvelle, due à la richesse et à la vastitude de son continent, ainsi qu’à des tarifs douaniers
protecteurs. Un réseau de transports relie les centres d’impulsion entre eux. Le salarié américain
approuve le système et souhaite obtenir une place plus élevée dans celui-ci, d’ailleurs, le
syndicalisme américain ne met pas en question le régime. Mais le tableau n’est pas sans ombre,
« l’expérience apporte un démenti plus grave au postulat libéral […] de l’application illimitée de la
concurrence, les plus habiles s’emparent le monopole de la fabrication ou du commerce d’un
produit ».
-La situation des farmers : A la différence du fermier européen qui cultive d’abord pour lui-même le
farmer ne cultive que pour vendre, il est donc dépendant des coopératives, des courtiers en grain etc.
Le farmer « est ainsi écartelé entre deux courbes des sens contraire : celle des prix agricoles qui
décline inexorablement, celle des prix industriels qui tend à monter ».
-Le radicalisme agraire : Cette inégalité entre employés et agriculteurs éveille une animosité rurale
forte, une impression de payer les frais de la prospérité générale. Ce mécontentement s’exprime au
travers du canal des partis. Après la guerre de Sécession, seuls deux partis coexistent, les
républicains et les démocrates. Les Républicains, trop proches des forces d’argent, des banquiers et
des hommes d’affaires perdent l’électorat des farmers, qui se dirigent naturellement vers le parti
démocrate, qui adopte en conséquence les revendications des agriculteurs. Elles s’articulent en deux
piliers : l’abaissement des tarifs et le bimétallisme (système monétaire fondée sur le double étalon
argent-or). Les défaites électorales des démocrates provoquent le courroux des agriculteurs qui
cristallisent leurs revendications dans des associations agricoles non-institutionnelles (greenbackers,
grangers), et dans un nouveau parti, le parti populiste, qui remporte des victoires électorales à
l’Ouest.
-Le mouvement de réformes, sous les présidences de Th. Roosevelt et Wilson : L’activisme des
« muckrakers » (« remueurs de boue »), journalistes et analystes dénonçant les failles du système
permet le développement du mouvement réformiste :
· 1890 : Sherman Active : loi antitrust votée par le Congrès. Elle ne parvient pas à contrer tous les
trusts et est déjouée juridiquement par les grandes entreprises comme l’US Steel Company.
· 1901-1908 : Première et deuxième présidence de Théodore Roosevelt : le nouveau président
combat contre les trusts, renforce le pouvoir central, institue des contrôles sur les produits
alimentaires et pharmaceutiques (1906), et protège les ressources naturelles, lutte contre l’érosion
des sols. « C’est une manière de révolution dans l’équilibre traditionnel des pouvoirs ».
· 1912-1920 : Présidence de Woodrow Wilson, marquant une poussée démocratique et orientant les
Etats-Unis vers un « messianisme » mondial. En 1913, Wilson fait voter le 16e amendement,
autorisant le Congrès à établir un impôt fédéral sur le revenu (renforcement du pouvoir central), ainsi
que le 17e amendement, stipulant l’élection des sénateurs au suffrage universel. Le 19e amendement
donne le droit de vote aux femmes (1920). De même sont créées de nouvelles dispositions contre les
trusts, comme le Clayton Act, et la spéculation américaine est maîtrisée par l’institution d’une
réserve fédérale du crédit, représentée par douze établissements garants éparpillés sur l’ensemble du
territoire américain.
Chapitre VII Isolationnisme et impérialisme
-Doctrine Monroë et panaméricanisme : L’écartement géographique des EUA leur a permis de se
tenir loin des affaires diplomatiques, et la doctrine de Monroë allait dans ce sens. L’activité
diplomatique américaine sur son propre continent est néanmoins fructueuse, Napoléon III quitte le
Mexique en 1867, la Grande Bretagne met fin à son conflit avec le Venezuela en 1897, l’Alaska est
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acheté en 1867 aux Russes. La motivation affichée de panaméricanisme est plus ressentie comme un
moyen d’imposer une hégémonie étatsunienne sur tout le continent.
-La naissance d’un impérialisme américain : Avec le progrès économique, le triomphe du
capitalisme, une nouvelle forme d’impérialisme américain apparaît. Les derniers vestiges coloniaux
espagnols (Iles : Cuba, Santiago, Manille, Porto-Rico) sont colonisés soit par guerre, soit par achat
(Philippines par exemple). C’est le début de la puissance coloniale étatsunienne et le symbole du
déclin colonial européen sur le continent.
-Les interventions dans la politique mondiale : Théodore Roosevelt oriente la politique étrangère
américaine vers le monde entier, les préceptes de Monroe et de Washington sont oubliés. Roosevelt
règle le différend franco-allemand sur le Maroc (1906), est présent à la conférence de la Paix à La
Haye, et fait signer sur le sol américain la fin de la guerre russo-japonaise. Néanmoins la volonté
neutraliste du peuple américain est grande, c’est pour cette raison que Wilson ne déclare la guerre à
l’Allemagne qu’en avril 1917. Les Etats-Unis n’ont d’ailleurs à l’époque qu’une armée faible et peu
habituée aux conflits, le plus gros d’entre eux datant de la Guerre de Sécession. C’est leur ingéniosité
et leur adaptabilité au terrain qui leur a permis de venir à bout de l’ennemi. Wilson a joué un rôle
prépondérant au lendemain de la guerre, a proposé la création de la SDN, et proposé les conditions
de paix des alliés.
-Retour à l’isolationnisme : A son retour des affaires, Wilson perd de la crédibilité sur la scène
nationale, les Républicains dénoncent la puissance trop importante du pouvoir central. Le refus du
Sénat d’entrer dans la SDN en 1920 marque la fin de l’expérience réformiste. Le nouveau président
fait voter des lois restrictives sur l’immigration en 1921 et 1924.
-Américanisme et « prosperity » (1920-1929) : L’isolationnisme, le protectionnisme continuant, et
l’immigration tarie, favorisent la réapparition des mouvements nationalistes et xénophobes.
L’exécution de deux anarchistes italiens clamant leur innocence en 1927, la peur de l’infiltration
communiste, et la prohibition de l’alcool par le 18e amendement marquent une période de
puritanisme. La victoire politique des Républicains est constante (présidents Harding, Coolidge,
Hoover). Alors que les EUA s’engluent socialement dans l’isolationnisme et le retour au passé,
l’économie, elle, va de l’avant et ruse d’intelligence. Les EUA deviennent créanciers du monde
entier, imposent leur modèle : taylorisme, normalisation, standardisation, concentration. Devant cette
prépondérance de l’économique sur le politique, le politique tend à s’effacer de lui-même, par la
pratique d’un libéralisme fort, la réduction de toutes les barrières et des taxes. Le tableau est noirci
par la situation désastreuse des farmers, endettés, qui deviennent métayers pour le compte des
banques ou de grands groupes.
Chapitre VIII New Deal et responsabilité mondiale
La crise de 1929 et la montée des totalitarismes viennent tour à tour contrecarrer les politiques des
Républicains basées sur le libéralisme et l’isolationnisme.
-La grande crise : Le Krach du 21 au 29 octobre 1929, dû a un accident de conjoncture boursière est
largement sous-estimé par les américains, et l’actualité du moment leur donne raison ; fin octobre,
les cours reprennent leur valeur initiale. Mais c’est sans considérer la place prépondérante du crédit
dans la société américaine : la crise financière a bloqué le crédit pendant un laps de temps trop long,
et les banques, incapables de satisfaire toutes les demandes, font faillite les unes après les autres. Cet
enchainement inexorable provoque un cycle infernal de faillites d’entreprises. Hoover assure que « la
prospérité est au coin de la rue » mais rien n’y fait, et tout le système de gouvernance républicaine
est mis à mal. Hoover perd en 1932 face à Roosevelt. Tous les indicateurs sont au rouge : 12 millions
de chômeurs, cours des céréales divisé par trois.
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-Franklin Roosevelt : Son expérience, son charisme, sa voix rassurante (c’est la première fois que la
radio est utilisée comme média politique) lui permettent de remporter haut la main les élections avec
60 % des voix.
-La victoire des démocrates : La victoire d’un démocrate renverse la tendance ; les républicains
étant au pouvoir depuis 1865 (excepté les deux présidences de Wilson). Roosevelt a l’approbation
des noirs, des farmers, des ouvriers, des femmes, ce qui le conduit à développer le syndicalisme
(création du Congress of Industrial Organization), qui rencontre une audience de plus en plus accrue.
-Le New Deal : Dès son arrivée, la série de réformes que Roosevelt entreprend est phénoménale, et
approuvée sans discussion par l’ensemble du Congrès. En cent jours, Roosevelt fait voter plus de lois
que Hoover en quatre ans. Le New Deal a été écrit par une équipe de spécialistes (brain trust) entre
les élections et l’investiture de Roosevelt. Il prévoit une inflation contrôlée pour amorcer la reprise
de la consommation, l’abandon de l’étalon-or, des avances de crédits de la part de l’Etat fédéral.
L’Etat a de même le rôle de régulateur, d’organisateur des rapports sociaux, de défenseur des intérêts
des salariés (dimension sociale de l’Etat). Les plans sont empiriques et pragmatiques : le chômage
est résolu par un programme fédéral de construction d’écoles, de canalisations, d’aéroports, qui
redonne la dignité et le pouvoir d’achat aux chômeurs (la Tennessee Valley Authority organise le
reboisement, l’électrification, l’irrigation etc.). L’Agricultural Adjustment Active (AAA) permet un
crédit agricole aisé et incite à la réduction de la production, le National Industrial Recovery Active
(NIRA) fixe des prix minima, rétablit la concurrence loyale, avance des crédits. L’Etat fédéral n’a
jamais été aussi puissant et les Etats aussi peu puissants.
-Les résistances au « New Deal » : les patrons sont mécontents des contraintes imposées par l’Etat,
les Etats mécontents de leur pouvoir réduit, les républicains jaloux de la réussite des démocrates et
défenseurs de la Constitution. Ainsi la Cour suprême déclare anticonstitutionnels le NIRA et l’AAA.
Cela n’empêche pas la réélection confortable de Roosevelt en 1936, et l’apaisement des
controverses, dus à une reprise économique.
-La politique extérieure de Roosevelt : la seconde présidence est plus marquée par la prégnance de la
politique extérieure. Roosevelt renonce à la politique du big stick de son cousin Théodore et libère
les dominions caribéens. Il reconnait de même l’URSS dès 1933, et donc provoque un resserrement
des relations avec le monde, les Etats-Unis montrent une face plus humaine, et moins impérialiste.
-L’abandon progressif de la neutralité : Roosevelt agit par étapes, il fait d’abord modifier la loi sur
la neutralité en autorisant la vente d’armes aux belligérants, puis met les Etats-Unis en face de leurs
responsabilités lors du discours de Chicago en 1937. Il est réélu pour la troisième fois en 1940 (c’est
un des seuls présidents à s’être présenté plus de 2 fois), et fait voter la loi prêt-bail qui permet de
fournir des moyens aux pays défendant la démocratie. L’URSS en bénéficie dès 1941. Roosevelt
conçoit avec Churchill un programme commun en huit points : la Charte de l’Atlantique.
-L’entrée en guerre et la victoire : L’agression surprise des japonais à Pearl Harbour le 7 décembre
1941 provoque l’entrée des Etats-Unis en guerre. Les Américains sont mal préparés et doivent
recruter, former, construire, et tout cela du jour au lendemain. Des objectifs industriels gigantesques
sont fixés : 60 000 avions, 45 000 chars, et sont tenus par les industries. Toute l’économie est
tournée vers la guerre, les nouvelles usines de Californie tournent 24 heures sur 24. Les efforts
finissent par payer : les américains débarquent en Afrique du Nord en 1942, en Sicile en 1943, en
Normandie en 1944, jusqu’à la capitulation du IIIe Reich le 8 mai 1945. Deux bombes atomiques,
sur Hiroshima et Nagasaki portent le coup de grâce à la résistance japonaise, le 15 août 1945, la
capitulation est signée. Roosevelt, réélu pour la quatrième fois en novembre 1943 meurt le 12 avril
1945.
Chapitre IX : Le Supergrand
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-La guerre froide et le leadership mondial : Les Etats-Unis, après le rapatriement éclair de 9 millions
de soldats, renoncent vite à l’isolationnisme, du fait de la crainte de l’URSS. La doctrine Truman de
mars 1947 et le plan Marshall de juin 1947 ont pour but de sauver l’Europe de la misère et de la
subversion politique. L’OTAN est crée en 1949, suite à la peur suscitée par le Coup de Prague. Lors
de l’invasion de la Corée du Sud par la Corée du Nord le 25 juin 1950, Truman engage des troupes
américaines installées au Japon avec la caution des Nations Unies et gagne en 1953. Cinq ans après
la guerre, Eisenhower est replacé à l’Ouest et Mac Arthur en Extrême-Orient. La guerre froide
conduit les Etats-Unis à contracter des alliances (OTAN, OTASE, ANZUS), à prêter des fonds (143
milliards de dollars en tout). Kennedy repousse l’URSS à Cuba en 1962, s’engage de plus en plus au
Vietnam, jusqu’à se trouver partie prenante d’une vraie guerre. Nixon et Kissinger mettent
néanmoins fin à la guerre froide en 1973 (retrait des troupes du Vietnam) et se déplacent à Moscou et
à Pékin. La défaite Américaine, la perte de la confiance en leur hégémonie, poussent les Etats-Unis à
se retirer pendant quelques temps de la course à l’armement. Cet amour-propre blessé conduit à
l’élection de Ronald Reagan, qui entend redonner à l’Amérique sa grandeur passée, ce à quoi il est
parvenu par la suite : chute de l’URSS, chute du bloc communiste par un épuisement stratégique. La
Russie devient un allié des Etats-Unis (Poutine apporte son aide à Bush au lendemain du 11
septembre 2001), et ceux-ci sont désormais les leaders stratégiques et économiques incontestés.
-Démocrates et républicains : Les deux partis n’ont eu de cesse d’alterner. La victoire d’Eisenhower
en 1952 marque la fin de la gouvernance démocrate (1933-1953 : 20 ans !). JF Kennedy gagne de
justesse en 1960 et montre ses qualités d’homme d’Etat lors de la Crise de Cuba, son assassinat met
en avant le vice-président Lyndon Johnson, qui engage une série de réformes anti-ségrégation, et est
réélu en 1964. Johnson ne se représentant pas en 1968, Richard Nixon est élu à la présidence, et
réélu en 1972 mais le scandale du Watergate l’oblige à démissionner en août 1974. Les prochaines
élections de 1976 voient la défaite des républicains au profit du démocrate Jimmy Carter, qui entend
rompre avec le réalisme nixonien pour donner une part plus importante aux droits de l’homme dans
les relations internationales. Il est battu par Reagan en 1980, qui tire bénéfice de la prise d’otage de
l’ambassade américaine à Téhéran. Reagan met en place un système économique individualiste basé
sur les thèses de l’Ecole de Chicago, annonçant le désengagement du Welfare State (Etat-
Providence). Ce désengagement ne parvient tout de même pas à réduire la dette et George Bush, qui
lui succède en 1988 n’y parvient pas plus. Ce sont la jeunesse et les qualités de communication de
Bill Clinton qui permettent aux démocrates de battre Bush en 1992. Là s’ouvre une ère de prospérité,
avec un plein-emploi, une inflation maîtrisée, et un déficit budgétaire résorbé, s’accompagnant de
réformes sociales ; par exemple, une aide fédérale médicale pour les personnes âgées sans ressources
est créée.
Documents joints
Fiche de Lecture Histoire des Etats-Unis, René Rémond
5 août 2009
Document : PDF
142.6 ko
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