Hugo fable ou histoire

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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Séquence 4
Fable ou Histoire
L'apologue
DansLes Châtiments, poèmes de l'exil parus en 1853, Hugo "ajouteàsa lyre une corde d'airin". Ce recueil est un acte de résistance du poète contre le coup d'Etat de Louis Napoléon Bonaparte (le 2 décembre 1851).
1. : Gladiateur.
1Un jour, maigre et sentant un royal appétit, Un singe d'une peau de tigre se vêtit. Le tigre avaitétéméchant, lui, fut atroce. Il avait endosséle droit d'être féroce. 5Il se mitàgrincer des dents, criant : je suis Le vainqueur des halliers, le roi sombre des nuits ! Il s'embusqua, brigand des bois, dans lesépines ; Il entassa l'horreur, le meurtre, les rapines, Égorgea les passants, dévasta la forêt, 10Fit tout ce qu'avait fait la peau qui le couvrait. Il vivait dans un antre, entouréde carnage. Chacun, voyant la peau, croyait au personnage. Il s'écriait, poussant d'affreux rugissements : Regardez, ma caverne est pleine d'ossements ; 15Devant moi tout recule et frémit, toutémigre, Tout tremble ; admirez-moi, voyez, je suis un tigre ! Les bêtes l'admiraient, et fuyaientàgrands pas. 1 Un belluairevint, le saisit dans ses bras, Déchira cette peau comme on déchire un linge, 20Mitànu ce vainqueur, et dit : tu n'es qu'un singe.
Jersey, septembre 1852.
Victor Hugo,Les Châtiments,III.
[6 novembre 1852.]
Séquence 4
Fable ou Histoire
L'apologue
Ce texte extrait du livre III"La famille est restaurée" de Victor Hugo, homme politique,écrivain et véritable chef de file des romantiques, est un exemple d'utilisation de l'ironie pour exercer la satire contre Napoléon et notamment contre son coup d'Etat du 2 décembre 1804. On rappellera la définition d'une fable : c'est un petit récit en prose ou en vers destinéàillustrer un précepte.
I.] Une histoire et une fable a) un récit avant tout - la mise en place de la fiction : le principe du conte : "un jour" : ilétait une fois... ; - la vivacitédu récit : emploi du passésimple ; rythme rapide : phrases simples, parataxe ; emploi du style direct. b) la distance du narrateur - la mise en scène d'animaux:un singe ; un tigre ; les bêtes. Le narrateur reste absent du récit : ce sont les autres personnages qui sont, seuls, mis en scène. - champs lexicaux humains et animaliers mêlés : "se vêtit", "roi", "brigand"..., mais "rugissements", "antre", "les bêtes"... c) un pastiche de La Fontaine - Référence numérique au livre III, fable 3 : "Le loup devenu berger". - Même trame générale ; même dénonciation de l'emploi du masque. Quelques différences notables, toutefois, qui apparaîtront au cours de la deuxième partie de l'explication.
II.] La dénonciation morale a) thème de la méchancetétermes violents et abondants: atroce, féroce, grincer des dents, meurtre, rapines,égorger, carnage... Vue et ouïe sollicitées. Allitérations et assonances, pour mieux montrer la terreur qu'il répand : exemple : "r" et "i" au vers 15. Conséquence : imparfaits itératifs du vers 17. b) thème du masque opposition entre la méchanceténaturelle (celle du tigre) et la méchancetévolontaire (celle du singe), qualifiée ici d'"atroce". - Importance du champ lexical du théâtre :se vêtir ; endosser ; croire. zeugma : endosser un vêtement : ici : "endosséle droit".Évocation supplémentaire du masque par l'image de l'antre (un endroit oùon se cache, oùle singe cache sa faiblesse naturelle). Union des thèmes du masque et de l'atrocitépar l'asyndète entre les vers 3-4. - vanitédu singe en particulier dans la grandiloquence du vers 6 (coupeàl'hémistiche), en contraste avec le vers suivant : roi, opposéàbrigand ! Hyperbole des vers 15 et 16 : "tout". - apothéose du paraître avec l'emploi du verbe "être" au vers 16. c) la dénonciation de l'imposture Effet saisissant des trois derniers vers : "se vêtit" : "mitànu" ; opposition entre la position de sujet du singe dans la majoritédu poème, et sa position d'objet (donc objet de violence) dans la fin du poème. Le singe, sans défense, est pris dans les bras, comme un bébé! Valeur péjorative (origine latine) du démonstratif dans le dernier vers : "ce vainqueur", explicitée par le "ne... que".
III.] La dénonciation politique a) L'accusation Accusation claire des prétentions de Napoléon III dès le premier vers : "royal". "vainqueur"; "le roi". Accusation précise contre les atrocités commises contre le peuple (fusillades ; déportations ; censure). Opposition entre Napoléon Ier et son neveu, qui porte son nom (son apparence), sans en avoir l'éclat. "endosser le droit" : allusion possible au symbolisme de la date du deux décembre : choisir cette date ne signifie pas qu'on va se montrer aussiéclatant que son prédécesseur !
b) rôle du poète - Il apparaît ici, sous les traits du belluaire (gladiateur qui devait lutter contre des animaux sauvages, sans grande chance, par conséquent, d'être vainqueur dans la lutte). Le belluaire est ici seul, mais son rôle est renforcépar l'emploi de la diérèse (4 syllabes pour le mot). - Le poète a pour mission de réveiller les consciences, de dénoncer ce qui doit l'ê: il n'est qu'untre. Mais il reste discret messager d'une parole divine, toute-puissante. Ce n'est pas Hugo qui a raison, mais Dieu qui parleàtravers lui (d'oùla discrétion de sa présence dans le poème).
Séquence 4
L'apologue
Un poème qui utilise le rire (ou au moins le sourire), contrairementàd'autres qui utilisent le ton pathétique pour émouvoir le lecteur. Mais la dénonciation reste très claire et le ton réel est tout aussi indigné. C'est un poème qui se veut prophétique, il annonce de la chute de l'Empire 10 ans plus tard.
Séquence 4
HUGO,«Fonctiondupoète»481()0
L'apologue
Intro:Recueil f orme un ensemble d’une même inspirat°lyrique. Hugo fixe aux vrais poète une ambition :écrire « le poème de l’ho ». Il s’inspire de la Pléiade. Ici les f°de civilisat°mais surtout, le poète voit, civilise et est rejetté Enquoicetextraitéclaire t-il la fonction du poète?
I) Le poète voit : I°) lien entre la divinitéet le poète Chp lexical du religieux + (v 1)= volontédivine Intermédiaire Dieu/homme Capacitédu poèteàapparteniràdeux mondes (v 14) Chp lexical de la malédiction par rapport au ordre (v 11/12) // ac fig biblique de St JB ki prépare la venu II°) rôle du prophète discours oratoire = prévision chp lex du prophète + vbes de perception et vision jeu sur la temporalité: poète dans le pst et le futur (v 11/12/16/20) + not°de devoir « dieu le veut » pvr poétique marquépar opp. Singu/plura (v 17) chp lex de la lumière (v 19/20). Prophète mais aussi voyant (v 21)
II) Rôle du poète dans la cité: I) Un rôle civilisateur Opposit°entre la 1°et la 2°strophe 1°Champ lexical du désordre (v 1,6,7,11) 2°(v 12,13,14,20) II) Dble nature : divine et humaine. Ce qui permet un rôle civilisateur puis fraternel (strophe 2/3) = compassion du poète par rapportàses semblables (v 18,21,22,25,28) (v 25) placéau milieu montre qu’il n’y a pas de vengeance et car rythme lâché Le poète est celui qui est inspiréet qui inspire après III) Le sens du texte et cet invincible désir d’être ailleurs Titre du recueil + chp lex de la lumière et de la vue (v 14,19,20) Pvr d’accéderàl’inconnu (antithèse v23,24) Il a accès au sens cachéet peut dc nomméce que le vulgaire ne peut pas Il voit, iléclaire et il nomme
III) Le poète est rejeté: I°) rôle dévalorisant que lui accorde le vulgaire. Opp entre le rôle de voyant, de mage que se donne le poète et l’image qu’àde lui le peuple. Dans la mission civilisatrice du poète, le vulgaire ne voit qu’un saltimbanque, ce qui le rend fou : voc appréciatif (v 1,11,12,18,25) et dépréciatif (v 13,14,18,22,25,28) II°) La condition du poète est le paradoxe Car le voyant est aussi le poète maudit et devient un terme romantique. Paradoxe car strophe 1 maudit s’il n’accepte pas son rôle mais strophe 2 et 3, s’il l’accepte aussi. III°) Mais sa faiblesse est sa force car il capitule pas. Non capitulation dc opp entre lui et les autres » sa sagesse » relié(au v 29) « maint faux sages » // de construction et sens (v 25 et 30) (v 25) = pas peur car divin. « il pense « montre » la >
Séquence 4 (v 30) = le commun des mortel a peur du mépris et doit se cacher « rit tout haut et songe tout… » Elargissement : l’albatros
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