I – Témoignages d'accompagnements scientifiques - l'ESPCI

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I – Témoignages d'accompagnements scientifiques - l'ESPCI

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Colloque ASTEP, Paris les 12  13  14 mai 2004
Les Accompagnements en Science et Technologie à lEcole, un défi partagé par enseignants, scientifiques et ingénieurs 
     I  Témoignages daccompagnements scientifiques     Introduction   Les témoignages que vous trouverez dans la1ère partie ce document ont été rassemblés en de respectant les termes de l’appel à contribution du colloque ASTEP 2004 :  Il existe de nombreuses formes de médiation scientifique destinées aux enfants et à leurs enseignants, en contexte ou hors contexte scolaire : accompagnement scientifique dans les écoles, assistance télématique, sites de ressources Internet, clubs et associations scientifiques, conférences, spectacles, concours, jeux scientifiques, manifestations grand public, musées, visites de sites industriels ou de laboratoires de recherche… Le s objectifs du colloque se focalisent sur toutes les formes de médiation susceptibles de favoriser le développement de l’enseignement scientifique à l’école et de faciliter la tâche de l’enseignant en lui fournissant diverses formes de soutien. A ce titre, aucune forme de médiation ne peut a priori être exclue, dans la mesure où les formes multiples citées précédemment se complèteraient à merveille, dans l’idéal, pour offrir aux enfants une large palette d’activités adaptées à tous les goûts et tous les besoins. Néanmoins, le bulletin 0 définit l’accompagnement comme une « mise en contact du monde de l'enseignement avec celui de la science et de la technologie ». Le champ de nos préoccupations est donc restreint à toutes les activités qui s’exercent sous la forme de collaborations directes entre le monde de l’ nseignement primaire et le monde de la recherche scientifique et technologique ou de l’enseignement e supérieur. Les acteurs centraux en sont respectivement les enseignants, les écoles, les scientifiques et les instituts de recherche. De ce point de vue, des activités telles que les visites de musées, les concours scientifiques, les spectacles, les expositions, les manifestations publiques, la conception de CD-roms à l’intention des enfants… semblent se situer en marge de la réflexion que nous souhaitons mener sur l’accompagnement. En effet, bien qu’elles jouent un rôle majeur dans la médiation scientifique auprès du public, le colloque concentrera ses travaux sur les différentes formes de soutien qu’il est possible d’apporter aux enseignants, dans la réalisation de leur mission d’enseignement des sciences dans la classe, en relation avec les professionnels de la science et de la technologie : « Comment favoriser l’apprentissage des sciences dans la durée, en conformité avec le PRESTE, et permettre aux enfants de développer en classe un réel état d’esprit scientifique ? », voilà qui conduit à focaliser nos travaux sur le cœur du concept « d’accompagnements scientifiques et technologiques ».
 
  Les premiers témoignages concernent l’accompagnement scientifique en classe par des étudiants en sciences d’école d’ingénieurs (1-2-3) et d’universités (4 et 5) puis par des scientifiques confirmés (6-7-8). Viennent ensuite des réflexions et témoignages de didacticiens et de formateurs (9-10-11) puis de centre de ressources régionaux qui accompagnent les enseignants sous des formes diverses, par possibilité d’expérimentation, mise en réseau, mutualisation, consultation sur Internet (12-13-14) et des exemples de partenariats avec des instituts de recherche (15-16-17-18). D’autres documents intéressants provenant de musée et d’association présentant leurs activités de sensibilisation des enfants aux sciences n’ont pu être retenus car ils allaient au delà du concept d’accompagnement scientifique tel qu’il a été précisé dans l’appel à contribution.  Une2nde partie estcommunications d’expériences d’accompagnement scientifique de la constituée des rencontre de l’année dernière sur le sujet, rencontre qui est à l’origine de ce colloque et dont vous trouverez les actes sur le site : http://www.espci.fr/esp/ECOL/Ecole4_accomp2.htm  Une3ème partie a pour but d’apporter quelques éléments de réflexion au-delà des témoignages. Ils proviennent de la Rencontre 2003 sur l’accompagnement scientifique.  
 
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18 Témoignages daccompagnements scientifiques  1- Quand le monde universitaire rencontre celui des écoles primaires et maternelles… Daniel Bellet 2- Un exemple d"accompagnement scientifique dans l"opération " La main à la pâte® " Séverine Jeulin, Audrey Moores, Paul Francois puis Lionel Wilner 3- L association Pégase Marc Ciais 4- Un exemple de partenariat : dans les Pyrénées Orientales, l’Inspection Académique, l’IUFM et l’Université se sont unis pour faire vivre les sciences de la maternelle à l’Université !  Nadine Sire 5- L'unité d'enseignement "Animation Scientifique" à l'université Victor Segalen Bordeaux 2 Odile Viratelle 6- Sciences en école maternelle Pascal Puech 7- Une physicienne nucléaire à l’école primaire Brigitte Bilwes 8- Production de ressources et partenariat Robert de Grégorio 9- L’accompagnement scientifique : à quelles conditions ? André Giordan 10- Accompagnement scientifique d’un groupe d’enseignants du premier degré dans la circonscription d’Arpajon Josiane Rostagni 11- La co-construction de séquences : instrument de médiation, instrument de formation. Marjolaine Chatoney 12- L’école des sciences de Bergerac L’équipe de l’école des sciences 13- "Sciences en ligne" : un projet collaboratif Claudette Balpe 14- Le centre départemental de ressources en sciences de l’Yonne Bruno Hennoque 15- Association Quartz Michel Corsini , Jean Delteil, Laurence Lopez, Jean-Louis Roubaud 16- "20 000 écoles sur les mers" – Argonautica : enseigner l'océanographie à l'école Pascal Canceill 17- Un Ballon Pour l’Ecole, cnes / Planète sciences Valérie Perron 18- L’Atelier Pasteur : Le partenariat une ouverture sur le monde Michel Maublanc  
 
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 1- Quand le monde universitaire rencontre celui des écoles primaires et maternelles
Daniel BELLET 
    Depuis trois ou quatre années déjà, des élèves ingénieurs de l’Ecole Nationale Supérieure de Physique de Grenoble (ENSPG) se rendent dans des classes primaires et maternelles pour travailler avec les enfants sur des thématiques relatives à la physique. Ces interventions, dont l’approche est voisine de celle de la « main à la pâte », ont pour but de faire découvrir aux enfants au travers d’expériences simples et ludiques un début de démarche scientifique. En étroite collaboration avec les Professeurs des écoles qui choisissent la thématique, un temps est consacré tout d’abord à une discussion générale avec les enfants sur le sujet choisi, puis des expériences prennent place. Sans but précis à atteindre en terme de connaissances scientifiques, l’enfant peut ainsi prendre le temps d’interroger, de s’interroger, de tester et enfin de proposer une explication. Par cycle de cinq ou six interventions successives, l’approche peut s’étoffer en restant sur une même thématique. Des discussions devant toute la classe ont lieu pour confronter les idées, la façon de discuter les résultats obtenus, et le temps est laissé aux enfants pour poser des questions. Quand cela est possible, ces interventions se terminent par la construction d’un objet que l’enfant pourra ramener chez lui, pouvant ainsi expliquer à sa famille ce qu’il a lui-même construit (citons par exemple un circuit électrique où l’on doit déplacer un anneau autour d’un fil sans toucher ce dernier au risque que la lampe ne s’allume (classe de grande section des maternelles), ou la construction d’un périscope (classe de CM1-CM2)).  Parmi les thématiques choisis, certaines reviennent assez périodiquement. Citons l’électricité, les aimants, l’eau pour les maternelles, l’air, la lumière («l’optique »), le son, l’électricité, la mesure du temps pour les primaires. Pour la première fois cette année, des interventions en mathématique voient le jour. Ces interventions, effectuées dans le cadre des projets d’ouverture de première année des élèves ingénieurs, permettent d’une part d’apporter une compétence scientifique qui se complète très bien avec l’approche pédagogique de l’instituteur, de pouvoir encadrer une classe d’enfants par petits groupes (donc cela permet un suivi quasiment individuel), et enfin de proposer des expériences dont certaines peuvent nécessiter des instruments que l’on ne trouve pas en général dans les écoles. Pour fixer les idées, cette activité concerne (pour 2003-04) 250 enfants (de toutes les classes de maternelle et primaire dans trois écoles), 23 élèves ingénieurs et 11 Professeurs des écoles. Notons que tous les acteurs sont très heureux de ce travail : les enfants sont ravis, les élèves sont acteurs et font leurs premiers pas dans une approche pédagogique, quant aux instituteurs ils sont très heureux de cet apport tant humain que scientifique. Enfin, la rencontre entre des partenaires issus de mondes qui se connaissent très peu est d’un point de vue culturel et intellectuel des plus intéressants, pour tous.  Contact : Daniel BELLET, Professeur à l’ENSPG Laboratoire de Génie Physique et Mécanique des Matériaux (GPM2) ENSPG – BP 46,38 402 Saint-Martin-d’Hères Tél : 04 76 82 71 60 - Mail : Daniel.Bellet@inpg.fr
 
 
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 2- Un exemple d"accompagnement scientifique dans l"opération La main à la pâte®   Séverine JEULIN, Audrey MOORES, Paul FRANCOIS
 Elèves de l"Ecole Polytechnique de la promotion X98 engagés pendant un an à plein temps dans l"opérationLa main à la pâte® en Seine-Saint-Denis,notre expérience nous a conduit à ces quelques réflexions sur le rôle d"accompagnateur scientifique que nous avons joué dans cette opération :  L"opérationLa main à la pâte®de nombreuses originalités dans l"enseignement des sciences à apporte l"école primaire qui résident surtout dans le soutien constant et actif des classes engagées dans cette démarche par un réseau de scientifiques (scientifiques confirmés, ingénieurs, élèves de grandes écoles, d"universités...). Ce soutien se définit pour nous, avant tout, comme une collaboration, un accompagnement. Il n'a été en aucun cas question de se substituer à l'enseignant. Par contre, nous avons pu veiller à ce que la notion de démarche expérimentale soit au coeur de l"activité proposée par et aux élèves. En pratique, nous avons travaillé principalement avec les enseignants. Dans la mesure du possible, nous nous sommes adaptés à leurs besoins : apporter à la classe un éclairage et un regard scientifique sur le travail effectué, qui ne vient en aucun cas bouleverser la stratégie pédagogique ou l"organisation interne et fonctionnelle de la classe dont l"enseignant reste seul maître.  Quelles ont été nos principales missions ? 1-En amont: apporter à l"enseignant les documents pédagogiques (Insights, fiches Internet...), scientifiques qu"il peut utiliser sur le thème abordé par la classe. répondre aux questions d"ordre scientifique éventuelles que l"enseignant se pose. guider l"enseignant dans l"élaboration de ses séquences : recherche de situations-problèmes réelles, pertinentes et ne dissimulant qu"un seul concept scientifique à la fois. mise en place d"un questionnement et d"une organisation de classe favorisant une pratique du type démarche expérimentale chez l"élève.  2-En classe : aider d"un point de vue logistique au déroulement de la séance, à la réalisation des expériences. être une référence scientifique tangible qui constitue une présence rassurante pour les élèves et l"enseignant. lors de débats en classe entière, intervenir pour canaliser les discussions des élèves afin d"éviter, que de question en question, on n"arrive finalement nulle part. L"enseignant demeure maître de sa classe, de sa discipline et de son organisation. lors de travaux par petits groupes, attirer l"attention des élèves sur ce qui peut les étonner, faire rebondir, faciliter la prise de parole de chacun, les aider dans la recherche d"expériences pertinentes et réalisables, et enfin solliciter la trace écrite sur chaque cahier d"expériences.  3-En aval : faire le point avec l"enseignant sur le déroulement de la séance et sur sa conformité avec la démarche " main à la pâte " et sur les concepts scientifiques qui ont été abordés. attirer l"attention de l"enseignant sur les remarques ou questions des élèves sur lesquelles il conviendra de rebondir lors d"une séance ultérieure.  4-A long terme, notre objectif est que les enseignants s"approprient la démarche " main à la pâte " et la pratiquent de façon autonome au quotidien.  Séverine JEULIN, Audrey MOORES, Paul FRANCOIS Elèves de l"Ecole Polytechnique de la promotion X98
 
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 Extraits du rapport de stage de Lionel Wilner, élève de lEcole polytechnique. Avril 2004 
 Lapluridisciplinarité deLa Main à la Pâte frappé : m’a il s’agit sans doute d’un des points les plus essentiels de cette démarche. Le travail de prolongement en vocabulaire, histoire élémentaires des sciences (je pense à des recherches documentaires sur les grands savants), mathématiques (mesures, conversions d’unités) est colossal, et de ce fait, donne tort au pseudo-argument avancé par certains enseignants : « Je n’ai pas le temps de faire du français, etc., à cause deLa Main à la Pâte». En effet, avecLa Main à la Pâte, les instituteurs ont une occasion exceptionnelle de travailler toutes les matières. Cependant, il est compréhensible que cette ambition effraie certains professeurs. En observant leurs réactions, j’ai cru déceler cette peur de l’investissement sans retour ou du « surinvestissement » : les instituteurs qui s’engagent ont besoin d’être sans cesse encouragés, rassurés et il est essentiel qu’ils constatent les progrès de cette méthode. Je tentais alors de répondre à leurs demandes et de leur montrer les aspects positifs de la démarche que nous pratiquions. Or, l’objectif global de mon stage, du point de vue deLa Main à la Pâte, aura été desensibiliser les enseignants à la démarche expérimentale. Je me suis efforcé de remplir ce contrat en ayant un contact privilégié avec ces instituteurs, du fait, entre autres, de mon absence de liens avec l’Education Nationale, en travaillant à leurs côtés, en les encourageant. La Main à la Pâtea des retombées bien plus vastes que le seul enseignement des sciences : elle inculque uneéducation à la vie en société, un apprentissage progressif de la citoyenneté, le développement de l’esprit critique, l’expérience du travail en groupe, en favorisant l’échange, le débat, la coopération. Une anecdote illustre pleinement ce propos : une élève de CE2 de l’école de l’Obier prend poliment la parole, lève le doigt et commence par « Moi, je ne suis pas d’accord, car… », avant de développer une argumentation construite. Une totale appropriation des concepts deLa Main à la Pâte, en somme… ….. Apports du stage sur le plan hu main  Grâce àLa Main à la Pâte, j’ai beaucoup appris tout d’abord en matière depédagogie, ce qui constituait un de mes objectifs initiaux. Effectivement, j’ai peu à peu assimilé la démarche des enseignants, qui ne se réduit pas à un simple abreuvage de connaissances. Il faut sans cesse essayer de tirer le maximum d’idées venant des élèves ; pour introduire des notions nouvelles, il est nécessaire de partir des anciennes et de faire constater aux enfants qu’elles sont obsolètes, un peu comme la mécanique quantique est apparue alors que le modèle newtonien montrait ses limites… Le danger qui guette les enseignants débutants, et je l’ai bien compris en animant moi-même quelques séances, est le parachutage de notions, soit l’exact contraire de la démarcheLa Main à la Pâte. Le système éducatif doit être centré sur l’élève, non sur le savoir ; c’est particulièrement vrai pour les zones d’éducation prioritaire. Ceci s’inscrit en rupture avec mon parcours d’élève. … J’ai bien sûr appris àtravailler en équipe,constaté les vertus de ce procédé : surcroît d’efficacité,et j’ai partage des tâches, développement de la communication et de relations humaines/professionnelles. Ce type de rapports se retrouve par ailleurs au sein d’une administration, d’une entreprise ou d’une équipe de recherche, et de ce point de vue, il m’aura été extrêmement profitable pour mon emploi futur d’avoir une expérience des relations humaines dans une équipe : j’ai en effet affiné ma vision des rapports de dirigeant à exécutant, que j’imaginais très manichéennes et qui sont en réalité bien plus complexes : même avec une organisation pyramidale, chaque membre est un maillon essentiel de la chaîne.   
 
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3- L'association PEGASE
Marc CIAIS
   L'association PEGASE, fondée par les étudiants de l'ESTACA, leur permet depuis 8 ans d'intervenir en étroite collaboration avec les enseignants dans les écoles des Hauts-de-Seine (92) et principalement de Levallois, pour initier les enfants aux joies des sciences physiques. Grande récréation hebdomadaire pour les enfants - mais aussi pour les étudiants - le succès pédagogique croissant de ces interventions bénévoles permet un double enrichissement : premiers babultiements des grands principes physiques et développement de la curiosité scientifique chez les enfants ; exercice de communication et acquisition d'un savoir-transmettre pour l'étudiant.  Témoignage de Marc, ancien éleve de l'ESTACA, 4 années passées à PEGASE : "PEGASE, c'est avant tout une aventure humaine d'un an entre un ou deux étudiants et une classe du primaire. On apprend très vite à se connaître avec les enfants, et ce sont les liens de complicité qui s'établissent avec eux qui vont, toute l'année, être le vecteur du transfert des connaissances. Expériences et explications tournent très souvent au jeu... mais au jeu intelligent ! J'ai, à maintes reprises, été frappé par la quantité et la qualité des explications de grands principes physiques que les enfants sont capables de retenir lorsqu'on leur fournit sur le ton de la fable ou du jeu de rôle... mais toujours avec le maximum de rigueur ! Le meilleur contrôle des connaissances est alors celui des parents qui, le soir même des interventions, ont droit aux explications complètes de la part de leur petits scientifiques en herbe. Je garde de chaque séance le souvenir d'un moment magique où la molécule d'eau se transformait en tête de Mickey, où les transferts d'électrons entre atomes n'étaient que des échanges de billes et où finalement la magie des sciences apparaissaient dans les mains des enfants avec comme unique support boîtes de conserve, bouteilles d'eau minérale, pâte à modeler et toute la créativité d'un enfant. PEGASE m'a aussi permis d'apprendre à maîtriser les techniques de communications et du transfert de connaissances qui me sont très utile dans le monde du travail aujourd'hui. Du rôle d'intervenant hebdomadaire dans les classes à celui d'animateur lors de l'exposition annuelle de l'ensemble des travaux des enfants, tous les moyens sont bons pour transformer le théorème le plus complexe en un jeu le plus simple ! Avec PEGASE, la science n'attend pas le nombre des années... !"   Marc CIAIS : Membre d’honneur de l’association Pégase  
 
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 4- Un exemple de partenariat : dans les Pyrénées Orientales, lInspection Académique, lIUFM et lUniversité se sont unis pour faire vivre les sciences de la maternelle à lUniversité !  Nadine SIRE  L’Inspection Académique, l’IUFM de l’Académie de Montpellier, site de Perpignan, et l’Université de Perpignan sont convaincus que la culture scientifique fait partie du socle de connaissances et de repères dont l’école doit doter les enfants afin qu’ils puissent comprendre le monde et exercer leurs futures responsabilités de citoyens. Ils s’associent pour favoriser l’enseignement scientifique dans les premier et second degrés selon des approches mieux adaptées. Ils sont notamment sensibles au fait que le raisonnement scientifique permet d’accroître les capacités de réflexion, d’argumentation et de jugement des enfants au bénéfice de l’ensemble de leur cursus scolaire.  Dès la rentrée 1998, l’Université de Perpignan intègre l’opération « La Main à la Pâte » puis le PRESTE dans la formation des étudiants de Licence de Sciences et Technologies mention Biologie, Environnement, Evolution et mention Géosciences. Les étudiants auront ainsi la possibilité de réaliser leur Travail d’Etude Pédagogique sur des thèmes liés à leur formation universitaire et à la pratique des sciences expérimentales à l’école. Ils joueront le rôle de tuteurs scientifiques auprès d’une classe de maternelle ou de primaire. Les étudiants interviennent dans les classes au second semestre de leur année universitaire (mi-janvier à fin mai) à raison de 10 matinées de 2 heures de présence soit 20 heures de stage. Le contenu du mémoire présenté à l’Université porte pour les deux tiers sur la partie pédagogique réalisée en classe et pour un tiers sur une étude bibliographique du sujet traité. Ce mémoire de 20 pages au maximum est archivé à la fois à l’Université, à l’IUFM et à l’Inspection Académique. Des tuteurs (enseignants - chercheurs, chercheurs ou doctorants) encadrent les étudiants pour la partie bibliographique de leur mémoire et sont le garant du contenu scientifique de leurs interventions à l’école (cf charte). Les formateurs de l’IUFM, les maîtres référents « sciences » de l’Inspection Académique, les enseignants du premier degré aident les étudiants dans leur tâche. Ils sont invités à la présentation orale réalisée par ceux-ci à l’Université, et contribuent à l’évaluation des étudiants en collaboration avec les membres du jury de la Licence de Sciences et Technologies. Les modules Travail d’Etude Pédagogique 1 et 2, réalisés dans le cadre du PRESTE sont validés comme modules de pré professionnalisation aux métiers de l’enseignement.  Le partenariat entre l’Inspection Académique, l’IUFM et l’Université de Perpignan est régi par une convention. Une charte d’accompagnateur scientifique a été élaborée. Des rencontres ont lieu afin de renforcer la cohésion entre les différentes institutions.    
 
Adresse du site internet Main à la Pâte 66 www.ac-montpellier.fr/crdp/cd66/map66  
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 Charte de laccompagnement scientifique dans le cadre du Travail dEtude Pédagogique Université de Perpignan
   Présentation  L’étudiant est en licence de Sciences et Technologie (mention BEE et GEOS) à l’Université de Perpignan. Dans le cadre de son TEP, il suit une classe en sciences sans être rétribué. Il a connaissance de la démarche scientifique préconisée par les nouveaux programmes ainsi que du contenu de ceux-ci pour les différents cycles de l’école primaire et particulièrement pour celui dans lequel il va travailler.  Engagement  Les collaborations entre les étudiants et les classes se réfèrent aux modalités définies dans la convention entre l’Inspection Académique des Pyrénées Orientales, l’Université de Perpignan et l’IUFM. L’étudiant s’engage, dans le cadre d’un projet, à accompagner régulièrement les activités scientifiques d’une classe selon un rythme et des modalités définis en concertation avec l’enseignant. Pour sa part, l’enseignant reste responsable du déroulement de la séance, de la pédagogie et de l’autorité au sein de la classe. A ce titre, il accueille l’étudiant et lui apporte tout le soutien propre à garantir l’intérêt pédagogique de ses interventions en direction des élèves. La structure même du module « Travail d’Etude Pédagogique » garantit une caution scientifique et didactique dans le respect des programmes de l’école primaire.  Modalités   Tuteur, étudiant et enseignant discutent pour assurer le sens, la cohérence et la faisabilité du projet. Ensemble, ils se mettent d’accord sur le déroulement des activités que les élèves mèneront, les acquisitions identifiables qu’ils en retireront et les ajustements nécessaires à l’évolution du projet. Ces préparations imposent un aménagement d’un temps d’échanges, hors temps scolaire, entre étudiant, enseignant et tuteur.  veillent au respect du Programme Rénové de l’Enseignement desTuteur, étudiant et enseignant Sciences et de la Technologie à l’Ecole (PRESTE) et en particulier à la mise en œuvre des démarches expérimentales d’investigations raisonnées : ¾ Emergence du problème ¾ Questionnement des élèves ¾ Emission d’hypothèses ¾ Expérimentations ¾ Observation des résultats et conclusions (pouvant n’être que provisoires), sans négliger la confrontation au savoir établi, parfois nécessaire.  Il est important de souligner, dans le cadre de l’école primaire, que cette démarche participe pleinement de la maîtrise des langages.     
 
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5- L'unité d'enseignement "Animation Scientifique" à l'université Victor Segalen Bordeaux 2
 Odile VIRATELLE  À partir de la rentrée universitaire 2003-2004 et dans le cadre de la mise en place du LMD, l'Université Victor Segalen propose aux étudiants une Unité d’enseignement (UE) optionnelle de 3 crédits, intitulée "Animation Scientifique". Elle est accessible aux étudiants de 1èreet de 3èmelicence durant le second semestre deannées de leur année universitaire. Les bénéfices attendus d'une telle UE (qui justifie qu'elle soit diplômante) sont pour les étudiants d'une part l'approfondissement nécessaire pour communiquer leurs connaissances à des jeunes et d'autre part l'obligation de décloisonner ces connaissances pour rentrer dans la démarche transdisciplinaire qu'une pratique de l'animation nécessite. Parmi les retombées attendues auprès des jeunes, outre le contenu disciplinaire dans une pédagogie ouverte, le point important est l'interaction qu'ils auront avec des étudiants engagés dans des études scientifiques à l'Université.  Le profil d'animation qui a été imposé aux étudiants est : - d'intervenir auprès de jeunes en âge scolaire ; - d'intervenir dans la continuité (et non des interventions ponctuelles avec des classes différentes) ; - de se situer comme accompagnateur d'un enseignant s'ils choisissaient d'intervenir en milieu scolaire. Une demi-journée par semaine était libérée pour les étudiants inscrits à cette Unité d'Enseignement.  Les étudiants étaient incités à trouver par eux-même leurs lieux d'intervention –mais l'université pouvait leur proposer des établissements scolaires. Ces établissements ont été obtenus à travers un courrier aux proviseurs et principaux de Gironde (les signataires étant une IA-IPR et la chargée de mission académique aux formations scientifiques) et par des contacts avec quelques inspecteurs de l'éducation nationale pour le primaire (noms donnés par l'Inspection Académique chargée du PRESTE). Les choix des étudiants ont été : lycées : 7 ; collèges : 11 ; élémentaires : 31 ; maternelles : 2 ; associations : 2. La plupart des interventions se font autour de Bordeaux, mais un certain nombre d'étudiants ont trouvé un lieu d'intervention près de leur lieu d'habitation principale (en primaire : 2 en Dordogne, 6 dans les Landes, 2 en Pyrénées Atlantiques). Un survol rapide auprès des étudiants a montré qu'en primaire, la majorité des enseignants volontaires pour les recevoir avaient déjà une pratique de l'enseignement des sciences de type la main à la pâte.  Pour les étudiants intervenant en primaire, une réunion a été organisée avec : - les deux maîtres-ressource détachés à l'école des Sciences de Bergerac (site pilote pour LaMain à la Pâte) - un maître-ressource détaché dans la circonscription de Libourne, qui anime une zone floristique. Au cours de cette réunion ont été abordés : - le cadre institutionnel (lamain à la pâte le PRESTE ; le contenu des nouveaux programmes et d'enseignement) - les sites ressources nationaux ; - les sites ressources locaux et les personnes ressources locales ; - les sujets de travail selon les classes (en commentant les enjeux pédagogiques et les difficultés des différentes séquences) : - les malles de matériel que les écoles peuvent emprunter. Les étudiants qui avaient des idées d'animation ont pu aussi en discuter avec les intervenants.  Pour des raisons de calendriers, la plupart des interventions en primaire se feront durant les mois de mars et avril 2004. Les étudiants intervenant en primaire doivent faire en plus un travail bibliographique sur les applications actuelles de ce qu'ils ont traité avec les élèves et/ou les sujets d'étude actuels dans ce domaine (présenté en termes accessibles aux professeurs des écoles ; ceci correspond à une demande explicite de l'Ecole des Sciences). Les étudiants devront remettre un rapport d'une dizaine de pages autour du 15 mai, et une soutenance orale est prévue une dizaine de jours après.  Un questionnaire d'évaluation sera envoyé aux enseignants qui ont accueilli les étudiants. L'analyse de ces interventions sera aussi proposée comme sujet de mémoire en sociologie à l'Université Victor Segalen Bordeaux 2 durant l'année universitaire 2004-2005.
 
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 6- Sciences en école maternelle  Pascal PUECH   
 Synopsis : L'enseignement des sciences revêt une importance primordiale en maternelle. En effet, beaucoup de clés permettant divers apprentissages, comme la lecture, en école primaire y sont mises en place. Il en est de même pour l'esprit d'observation indispensable à un apprentissage des sciences. Il apparaît ainsi essentiel de familiariser les enfants aux sciences qu'ils verront plus tard sous un aspect beaucoup plus cartésien, rigoureux et donc difficile d'appréhension. La grande section de maternelle est le lieu idéal pour faire des sciences, non pas dures, non pas simples, mais des sciences ou il est indispensable d'observer, avec une idée directrice qui, elle, doit rester triviale. L'analyse complète des phénomènes choisis fait souvent appel à des notions complexes, c'est-à-dire impossible à expliquer dans le détail à ce niveau, même pour un enseignant spécialisé. La seule possibilité est donc l'observation. L'avantage de cette approche est de permettre aux enseignants d'organiser les séances à leur guise, sans peur de se tromper car seule l'observation prime et la fiche récapitulative élimine toute ambiguïté : l'unique idée directrice y est rappelée. Les séances, expérimentées durant 2 ans dans plusieurs grande section, sont composées de parties indépendantes. Il est donc possible de piocher des groupes de séances : les aimants, la densité, les mouvements d’eau, la conduction électrique, la conduction thermique, la lumière, le jour et la nuit, la dissolution, l'évaporation et la montée de l'eau dans les plantes. L'assemblage de toutes les fiches permet de réaliser un cahier d'expériences. Les enfants de grande section sont des juges terribles : ils ont un enthousiasme communicatif formidable mais aussi un ennui au pouvoir pétrifiant. Heureusement, les sciences peuvent être vues comme un jeu, et ainsi générer un plaisir salvateur.  Type d'accompagnement : Le premier type d'accompagnement testé est la présence dans la classe car j'ai besoin d'un retour pour optimiser et éliminer ce qui est complexe et que je ne perçois pas comme tel. L'enseignant garde son rôle d'animateur dans la majorité des cas. Cet accompagnement, proposé à titre personnel, a commencé en 2002-2003, avec quelques séances et se poursuit cette année sur des thématiques différentes. Les expériences sont aussi réinvesties par un enseignant scientifique seul en classe. Tout le matériel est fourni et les séances sont "clé en main". Un contact a été pris avec "la classe maternelle" pour publication.  Niveau : Grande section de maternelle (première classe constituant le cycle 2). Classe de 20 enfants.  Principe du déroulement des séances : 1 - Regroupement, discussion sur la séance précédente, présentation du matériel 2 - Mis en groupe des enfants (par 1, 2 ou 4) et fourniture du matériel   3 - Expérimentation 4 - Regroupement des enfants qui décrivent leurs observations. 5 - Fiche d'expérience avec reprise des expériences pour les enfants ayant des difficultés. Durée de 30 minutes (juste la séance) à 1h30 si l'on travaille les compétences transversales.  Contact : Pascal PUECH, Maître de Conférences, agrégé de physique, LPST, Université Paul Sabatier, 118 route de Narbonne, 31062 Toulouse Cedex 4 mél : puechp@lpst.ups-tlse.fr     
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