Inde Chine et Japon Aujourd'hui

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Inde Chine et Japon Aujourd'hui

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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 Chapitre 8 : LE DEFI ASIATIQUE : INDE, CHINE ET JAPON AU DEBUT DU XXIème SIECLE  Trois puissances qui s'adaptent à la mondialisation ce qui redéfinit les rapports de force économiques mais également la place qu'elles occupent et le rôle qu'elles jouent dans l'espace asiatique et mondial.  I/ L'INDE, UNE GRANDE PUISSANCE PAUVRE  Certes les réformes sont importantes depuis les années 1980, la croissance économique s'accélère et l'Inde s'intègre de plus en plus à l'économie mondiale. Mais les défis de la pauvreté, de l'aménagement du territoire ou de la modernisation restent encore à relever. L'Inde est peut-être une puissance émergente mais elle est encore pauvre.  1/ Un nouveau capitalisme indien émerge des années de transition.    Le capitalisme indien est encore fortement marqué par les héritages d'un système entrepreneurial autocentré, subventionné et surprotégé, mais il s'adapte à l'ouverture et à la mondialisation :  Les structures capitalistiques indiennes restent marquées par un dualisme profond entre petites et moyennes entreprises et grandes entreprises publiques nationales, jouissant les unes comme les autres de rentes de situation qui tendent à disparaître. Cette situation peut être interprétée à la fois comme une source d'adaptabilité, et comme une marque du mal développement.  Big is powerful : l'importance des grandes entreprises :  - l'entrée dans la mondialisation se fait par le biais de grands groupes puissants où l'Etat est encore très présent, malgré la vague de privatisation menée dans le milieu des années 1990 (suite au constat des gaspillages dans le secteur public). L'économie mixte reste une réalité et l'Etat est encore très présent dans des entreprises travaillant dans des secteurs comme : - les infrastructures de transport et de communication ou les produits de base. - les secteurs de l'innovation exigeant des capitaux importants - dans des secteurs encrise (éviter les faillites) : filatures de la région de Bombay par exemple.  - les groupes publics géants ont été les fers de lance de l'économie indienne : Hindustan Antibiotics (pharmacie), Hindustan Aircrafts (aéronautique), Hindustan machin tools, Heavy Electricals (construction électrique), Nalco (aluminium), Sail (sidérurgie), Indian Railways (chemin de fer)  - les grandes entreprises privées indiennes, souvent fondées sur une base familiale, s'internationalisent, mais ne peuvent plus compter sur un soutien aussi large de l'Etat. En revanche, elles peuvent s'émanciper de la législation du travail par le recours à la sous-traitance.  - de nombreux groupes indiens anciens fonctionnent toujours sur une base familiale : Tata et Wadia à Mumbai, Mafatlal à Ahmedabad, Shri Ram en Inde du NOrd, la plupart sont d'origine marwari à l'image de Birla, deuxième groupe du pays ou parsi comme Tata  Small is beautiful : le capitalisme indien, au début du XXIème, reste moléculaire :  - les petites entreprises ou industries gardent un rôle essentiel dans le secteur manufacturier et des services, au même titre qu'un vaste secteur d'artisanat familial peu modernisé (originalité du capitalisme indien). Cela s'explique en partie par l'ancien mode de développement qui prônait une économie décentralisée dans les petites villes ou les villages. Elles sont fortement présentes dans le secteur informel. Ces SSI : small scale industries , sont un gage de compétitivité et une manière d'échapper aux réglementations sociales.  - plus de 800 produits sont encore soumis à réservation  (ne peuvent être produits que par les PME indiennes). Les PME réalisent 40% de la production manufacturière nationale et des exportations.   L'Etat, autrefois protecteur, interventionniste et tutélaire, a redéfini son action au gré des réformes des années 1990 : il est devenu un Etat régulateur
 Il est guidé par une triple nécessité dictée par la mondialisation :  restaurer les mécanismes du marché et l'initiative privée (passe par privatisation et déréglementation). -- reconstituer les finances de l'Etat, en coupant dans les dépenses (réduction des aides publiques), et en accroissant les rentrées fiscales (impôts directs privilégiés) - favoriser les investissements privés, nationaux ou étrangers.    Ce changement de cap est bien illustré par le désengagement partiel vis à vis des campagnes :  - l'Etat était en effet très interventionniste durant la "voie indienne" de développement, : - par la réforme agraire (suppression des zamindar) - par le soutien des revenus agricoles - par le soutien à l'emploi rural (travail fourni aux plus démunis) - par la politique de microcrédit pour financer la révolution verte - par la fourniture de denrées alimentaires   - par la décentralisation avec la création de Conseils de village.  - mais à partir des années 1990, il abandonné une partie de ses prérogatives dans le cadre d'une vaste déréglementation et de désengagement : - remise en cause des financements publics et encouragement donné au mouvement coopératif. - en 1999, les programmes d'aide au campagnes ont fusionné en un seul, le programme jubilé d'or des programmes indépendants ruraux, qui ne concerne plus que 1,7 million de familles contre 3,4 millions au début des années 1990).  2/ Ces mutations profondes ont permis l'accélération du décollage économique indien   Les manifestations du décollage sont évidentes :  Le taux de croissance du PIB est spectaculaire : 6.5% entre 1995 et 2000, 5.5% entre 2000 et 2003, 7% pour 2004 et 2005.  Les échanges extérieurs de l'Inde ont plus que doublé en une décennie. L'ouverture sur l'extérieure, du fait de la concurrence, favorise la modernisation.  L'Inde est également en passe de devenir une puissance financière (balance des paiements excédentaire), bien que la situation financière indienne présente une certaine fragilité : dette extérieure importante, déficit budgétaire et sur-inflation chronique.  La "nouvelle économie indienne" est florissante. Le développement est si rapide, que l'Inde semble sauter des étapes dans l'industrialisation :  - croissance spectaculaire du marché du téléphone et notamment des mobiles. - L'Inde peut prétendre au statut de grande puissance technologique : l'Indian Space Research Organisation (ISRO) est capable de lancer des satellites de communication et des fusées. Une mission inhabitée vers la lune en 2005 ou 2006 (?) est prévue. - l'Inde est le premier producteur mondial de médicaments génériques. - l'Inde est également à la pointe de la révolution informatique : Bangalore = Electrolux City. Hyderabad (rebaptisée Cyberhabad) est le premier centre de fabrication de logiciels du monde. L'Inde est d'ailleurs le deuxième exportateur mondial de logiciels après les USA.  Les grandes écoles et universités indiennes sont capables de produire de plus en plus de cerveaux, notamment dans l'ingénierie informatique : 650 000 chercheurs de haut niveau sortent chaque année des universités indiennes, dont une partie importante (plus de 10%), partent aux USA.  Attention : la haute technologie tire la croissance mais elles ne représentent qu'une part très limitée de l'économie nationale et si elles emploient 1 million de personnes, c'est 15 millions d'emplois qu'il faut créer chaque année pour faire face à la croissance démographique !
 C'est pourtant sur la question sociale que s'est faite en 2004 le retour aux affaires du parti du Congrès :  La défaite du BJP s'explique par la thématique trop économique de l'"Inde qui brille", utilisée par le gouvernement sortant (BJP) alorq que la pauvreté demeure. Le tournant politique de 2004 est, pour Jean-Luc Racine, la "revanche des pauvres".  Le mal développement indien est encore une évidente réalité :  - le PIB par habitant ne progresse que très lentement : l'Inde reste un pays très pauvre(370 $ par hab en 1990, 550 en 2005).  - l'IDH estfaible : en 2002, 127ème place mondiale sur 177 (IDH : 0.595)  - la pauvreté reste un fléau en Inde par sa massivité (1/3 de la population en dessous du seuil de pauvreté, beaucoup plus qu'en Chine ; et 40% dans les campagnes).  - la population indienne est peu protégée : - la mortalité infantile est très élevée : 65 pour mille en 2002 (2 fois plus que la Chine). - la sous alimentation, la malnutrition touche la moitié des enfants de moins de 5 ans. - l'analphabétisme concerne 40% de la population (14% en Chine), en particulier les femmes. - l'absence de protection sociale : dépenses de santé par an et par habitant égales à 24$ contre 49$ en Chine  3/ Les goulets d'étranglement restent nombreux, comme autant d'obstacles à un meilleur développement économique et humain.  On peut en repérer quatre essentiels.  Le marché intérieur reste insuffisant malgré l'immensité de la population indienne :  Cela s'explique par le poids de la pauvreté et les difficultés d'émergence d'une société de consommation :  les inégalités de richesse sont importantes et ont tendance à s'accroître avec l'ouverture sur l'extérieur : la -richesse des plus riches s'accroît ; la pauvreté reste massive. Sur le plan spatial, la richesse est spécialement concentrée dans certains Etats (Karnataka au sud-ouest, Maharashtra, Pendjab, Haryana à l'ouest et au nord ouest, Andhra Pradesh au sud-est), dans certaines villes (Bombay fournit à elle seule 25% des impôts directs du pays). - pour F. Landy, les inégalités sont moins fortes cependant qu'en Chine ou au Brésil ; ce ne sont pas tant les inégalités qui sont les plus frappantes, mais la maigreur de l'élite et la faiblesse relative de la classe moyenne (7 fois moins de téléviseurs vendus en Inde qu'en Chine en 2005).  Cette insuffisance s'explique aussi par l'absence d'unification du marché intérieur :  - le marché intérieur est segmenté par de nombreux contrôles mis en place par les différents Etats (différence de norme de qualité, système de taxation...)  - le système de transports souffre d'insuffisances structurelles : - réseau ferré gigantesque mais peu efficient (22 km/h de moyenne pour les trains de marchandises !) ; le trajet Bombay Delhi devrait théoriquement s'effectuer en deux jours, or il faut souvent compter dix jours voire plus). - réseau routier insuffisamment asphalté ; - les voies navigables restent négligeables de même que les activités portuaires (pourtant indispensables pour l'ouverture) : 4 ports seulement à 30 millions de tonnes ; la produtivité y est très faible. - le transport aérien constituerait une bonne alternative pour pallier le l'inefficacité des transports terrestres : le pays compte 60 aéroports.  Les dysfonctionnements de l'Etat central et de l'administration demeurent patents.  
La faible fiscalité d'Etat empêche le financement du développement : 5% des ménages indiens sont soumis à l'impôt sur le revenu.  La corruption pourrait représenter jusqu'à 40% du PIB. L'Inde se situe parmi les 10 pays les plus corrompus du monde notamment dans le BTP. Au Bihar, l'enlèvement est une industrie : + de 16 000 par an !  Les progrès dans les campagnes restent trop limités.  Malgré la modernisation issue de la révolution verte, les traditions restent très présentes, il faut en effet noter que l'objectif de l'Etat n'est pas l'augmentation à tout prix de la productivité car il est impératif de maintenir un niveau suffisamment élevé d'emplois agricoles.  L'Inde reste donc un pays de forte densité d'agriculteurs et de minifundia (60% des exploitations sont inférieures à 1 ha en 2005), de basse productivité du travail. Cela s'explique notamment du fait de la forte croissance démographique.  Enfin, les blocages religieux et politique jouent contre le développement.  Une question centrale en Inde est de savoir si l'hindouisme est un frein à l'initiative économique (thèse de K. Marx ou de M. Weber), du fait de l'idéal de renonciation ou de la ségrégation liée aux castes :  - le système des castes est encore vivace aujourd'hui en Inde : - il est dérivé de la tradition hindouiste et de ses textes sacrés, les Veda (écrits entre le Xème et le IVème siècle avant notre ère). Autrement dit, le système des castes, au coeur de la société indienne est étroitement lié à la religion. - le mot caste recouvre en fait deux hiérarchies différentes : - la hiérarchie des varna qui correspond dans la société à une sorte de division du travail se définit par la « pureté » : quatre catégories dont trois au sommet (les brahmanes ou les prêtres ; les kshatriyas ou les guerriers ; les vaishyas ou bien les producteurs c'est-à-dire les artisans, les commerçants ou les agriculteurs) considérées comme pures ; la quatrième, la varna des shudras ou "Impurs" ; en dehors de ces quatre castes, on trouve les « Intouchables » ou «hors castes ». - la hiérarchie des jati : ces catégories secondaires sont définies non par la pureté ou l'impureté mais sur une base socioprofessionnelle (les différents métiers) ; ces distinctions disparaissent progressivement avec la modernité et les révolutions industrielles ; il existe 2500 à 3000 jati classés dans une des quatre varna ou dans les Intouchables. - la Constitution a aboli les discriminations de castes mais non le système ; l'Intouchabilité a en revanche été supprimée. - le système des castes s'est assoupli avec le temps : par exemple dans de nombreux villages, l'écrasante   majorité des hautes castes (les trois premiers varnas) pratiquent l'agriculture. Les dimensions de pureté ou d'impureté tendent à perdre de l'importance face aux inégalités socio-économiques. - le système des castes pourrait être un obstacle à l'initiative économique : - les castes ne facilitent pas la mobilité : les Intouchables vivent encore dans le dénuement car ils accèdent difficilement à la propriété. - la tradition hindouiste évoque un idéal de renonciation peu propice à l'activité économique.  - en fait, cela n'est pas forcément le cas : - l'idéal de renonciation ne concerne que les hautes castes ; - les castes n'empêchent pas stricto sensu la mobilité économique ; - plus que le système des varna, c'est celui des jati qui est déterminant. Or, on être d'une varna inférieure et accéder à une jati dominante.  Les problèmes de l'instabilité économique et des affrontements interethniques pèse sur le développement :  - l'Union Indienne est confrontée à de nombreux séparatismes : sikhs au Pendjab (revendiquant leur propre Etat, le Kallistan), minorité musulmane notamment au Cachemire.  - l'Etat n'a pourtant pas ménagé ses efforts pour régler les questions des séparatismes politique et religieux :
 
 - avec les sikhs : politique de pacification au Penjab (accords Gandhi-Longowan le 24 juillet 1985), mais le leader modéré a été assassiné en août 1985 et les actes sporadiques de violence perdurent.  - avec les musulmans : - en 1985, Rajiv Gandhi réaffirme le statut de la Charia comme source de droit pour les musulmans. - mais en 1989, il fait enlever les scellés sur la mosquée d'Ayaodhya que les nationalistes hindous revendiquent comme le lieu de naissance du dieu Ram. - en 1990, commente la construction d'un temple hindou puis en décembre 1992, des extrémistes hindous entreprennent la destruction de la mosquée présente dans le sanctuaire. Cela occasionne des affrontements sanglants (1200 morts). - la montée du nationalisme hindou semble irrépressible comme en témoigne leur victoire aux élections (BJP).En 2002, des violences terribles contre les musulmans ont provoqué 200 morts dans l'Etat du Gujarat.  - au Cachemire, Etat peuplé d'une majorité de musulmans, un Front de libération du Jammu proclame la lutte armée en juillet 1988. Le terrorisme séparatiste a fait 11 000 morts entre 1988 et 1995.  - avec les rebelles du Nord Est, un compromis a été trouvé avec la rébellion Mizo qui en octobre 1984, dépose les armes contre la reconnaissance d'un Etat du Mizoram.  - avec les Tamouls, ils revendiquent la création d'un Etat séparé (le Tamoul Eleam). Les "Tigres Tamouls" recourent à l'action terroriste, ce qui provoque des pogromes anti Tamouls en Inde fin juillet 1983. Rajiv Gandhi oblige le Sri Lanka a chercher une solution à ce problème mais les propositions faites par le président Jayawardene sont rejetées par les Tigres en 1986 ce qui le pousse à intervenir militairement. Cette intervention ne parvient pas à ramener l'ordre, et coûte les élections à Rajiv Gandhi. Le problème Tamoul n'est donc toujours pas réglé.  4/ Au final, les effets géographiques de l'ouverture sont contrastés à l'échelle nationale  La mondialisation favorise une polarisation économique et humaine du territoire indien.  Les différences régionales sont encore relativement peu marquées en moyenne par rapport au reste des PED. Entre les Etats les plus riches (Goa et Delhi), et les plus pauvres (Bihar), l'écart est de 1 à 4 en PIB par habitant. A la différence de la Chine, où le PIB par habitant de Shanghai est 11 fois supérieur à celui du Guizhou.  Néanmoins, elles ont tendance à s'accroître sous l'effet de la mondialisation même si les gains de croissance économique sont partagés par toutes les régions de l'Inde.  Le territoire est ainsi structuré par 4 grandes régions métropolitaines :  Quatre grandes régions métropolitaines dominent le territoire :  - la région de Bombay est la plus puissante économiquement. C'est la grande gagnante de l'ouverture et notamment la plus ouverte aux investissements extérieurs. Le corridor Ahmenabad-Bombay-Pune constitue une mégalopole en formation. - la région de Delhi : - la fonction de capital politique à concentrer les activités industrielles variées mais la métropole profite également de la richesse des campagnes environnantes (qui ont connu la révolution verte). - c'est le deuxième pôle économique du pays. - la mondialisation se traduit par une tendance à la déconcentration spatiale : les nouveaux investissement industriels se font à la périphérie de la région urbaine (installation de Daewoo à Ghaziabad en Uttar Pradesh, de Maruti à Gurgaon). - la région du Sud est organisée autour de Madras. Dans l'intérieur, Bangalore (parc technologique de Whitefield lui conférant le surnom de Silicon Plateau) et Hyderabad (le High Tech City est réputé être le plus grand d'Asie) sont les villes phares de la nouvelle économie indienne et peuvent éventuellement être déjà considérées comme deux nouvelles régions métropolitaines majeures.
- le dynamisme de Calcutta est réel, mais il ne peut rivaliser avec les trois autres, avec des activités dominées par des secteurs traditionnels de l'industrie comme l'industrie du jute, et les industries lourdes (vallée de la Damodar).  Autour de ces régions, certaines campagnes sont des espaces dynamiques comme les campagnes du cône sud, avec l'industrie cotonnière et une agriculture prospère ou le Rajasthan où le tourisme est une activité lucrative.  Pour le reste, de vastes portions de territoire sont peu intégrés à la dynamique de l'ouverture et constituent ainsi des espaces pauvres, enclavés (plateau du deccan, centre du pays) ou bien périphériques (périphérie montagnarde de l'extrême nord ou de l'extrême est du pays).   Du fait de la désarticulation spatiale, les programmes d'aménagement du territoire sont nombreux et résistent à la vague libérale :  Plusieurs programmes ont été développés : - le programme Megacities , pour le développement des investissement des infrastructures des grandes métropoles et la déconcentration des hommes et activités dans les périphéries urbaines. - le Town and country planning organisation.  - les programmes de mise en valeur des régions périphériques et pauvres : Tribal development programme , Hill Area Developement program, Desert Development Programme  - les régimes de faveur dont bénéficie le Nord-est himalayen : subventions aux transports industriels et à l'investissement par exemple. - les compagnies aériennes doivent consacrer 10% de leurs investissements à des lignes non rentables.  En conclusion, on peut affirmer que l'Inde est aujourd'hui l'un des pays les plus avancés du Tiers Monde, mais en même temps l'un des plus pauvres. En effet, au sein du pays, les niveaux de développement sont très divers, comme le rappelle avec humour Frédéric Landy, l'Inde connaît à la fois l'Internet et le char à boeuf et les plupart des informaticiens du pays savent également moissonner.  II LA CHINE, FUTUR SUPERGRAND  À la différence de la Russie, la Chine est en train de réussir une transition de l'économie socialiste (étatisation, centralisation, planification) vers l'économie de marché sans mettre en péril la stabilité sociale et politique. Ainsi, la Chine apparaît comme la puissance économique de l'avenir. Cependant, elle reste soumise à de nombreuses contradictions qui sont porteuses d'inévitables tensions et de menaces.  1/ Le bilan des réformes économiques est impressionnant.   Les Chinois se sont convertis sans état d'âme au capitalisme et aux jouissances matérielles après des décennies de privation :  L'économie connaît des taux de croissance moyens de l'ordre de 10% depuis de le début des réformes : - entre 1978 et 1998, le revenu national a été multiplié par plus de 5. - avec un PNB de 1235 milliards de $ en 2003, la Chine pointe en 6ème position des puissances mondiales, mais son PIB ne représentent pas plus de 12% du PIB américain avec une population 4 fois supérieure, ce qui amène à relativiser cette puissance. - certaines sources statistiques en PPA donnent déjà la Chine à la cinquième place mondiale en terme de PIB devant la France et juste derrière le Royaume-Uni : ces deux Etats devraient quoiqu'il en soit être distancés dans les deux ans à venir. L'envoi d'une navette spatiale habitée dans l'espace Shenzhou 5 avec le Taikonaute Yang Liwei en octobre 2003 est le symbole de la réussite chinoise.  La croissance des deux dernière années a sans doute déjà fait sortir près de 400 millions de Chinois de la pauvreté : ceux-ci peuvent accéder à de nouvelles consommations, dynamisant le marché intérieur chinois. Dans une société largement dépolitisée (excès de la surpolitisation maoïste), hormis un patriotisme affirmé et instrumentalisé par le PCC, les valeurs essentielles sont désormais la réussite matérielle et individuelle.  Les rapports entre l'Etat et l'économie ont profondément changé depuis deux décennies :
 La Chine est passée d'un système de production entièrement étatisé à un système mixte. "L'économie socialiste de marché" n'implique cependant pas un renoncement de l'Etat central à contrôler le capitalisme (re)naissant.  Le démantèlement du secteur d'État est aujourd'hui bien avancé :  - il faut distinguer le secteur d'Etat (80 % la production industrielle à la fin des années 1970) du secteur collectif (20 % la production industrielle) né de regroupements locaux à l'échelle de la province, ou des autres circonscriptions locales. - la privatisation des entreprises étatiques a été réalisée de façon progressive et s'est accélérée depuis la fin des années 1990. Le nombre d'entreprises étatiques a été divisé par deux depuis 1985, et les licenciements ont été massifs, concernant plus de 30 millions de salariés depuis 1998. - malgré les dégraissages massifs, l'excès de main d'oeuvre demeure un des principaux points faibles des entreprises d'Etat et les empêche de gagner en productivité. Les entreprises d'Etat font encore travailler près des deux tiers de la main d'oeuvre industrielle. Ils sont majoritairement employés dans les industries lourdes et très concentrés dans certains bastions géographiques du Nord (Shandong, Henan, Hebei), et au Nord Est (Liaoning, Heilongjiang), l'Est (Jiangsu, Shanghai), et la vallée du Yang Tsé, enfin, dans le Guangdong. Leur restructuration est indispensable car elles sont largement déficitaires, fortement endettées et victimes d'une productivité insuffisante et de charges sociales très lourdes.  Avec la privatisation des campagnes et la restructuration des unités de travail, l'Etat redéfinit son rôle d'encadrement et de protection :  - dans le cadre des communes populaires avaient été créé en 1958 un fond réservé aux vieux paysans, leur assurant la prise en charge des "5 garanties" : nourriture, habillement, abri, soins médicaux, frais des funérailles. Ce système a disparu au profit d'un système de retraite par capitalisation : 50 millions de paysans environ auraient aujourd'hui rejoint un plan de cotisation volontaire. - dans le cadre des unités de travail (Danwei) en ville, l'Etat favorise un système externe de protection sociale pour alléger ses charges. C'est la fin du "bol de riz en fer" c'est à dire des nombreux avantages réservés aux salariés du secteur d'Etat comme les subventions aux produits de base urbains (bons d'alimentation...), les loisirs pris en charge, les soins médicaux gratuits, l'accès réservé aux crèches et aux écoles... - en ce qui concerne les logements, les Chinois doivent devenir propriétaires des lieux qu'il habitent ou partir.  L'Etat central n'a pas pour autant renoncé à encadrer l'économie de marché, bien au contraire :  - en 2003 2004, les autorités publiques ont mené une audacieuse opération de recapitalisation des banques d'Etat (banque de Chine et banque de la construction) afin de redresser leur bilan en vue d'une future privatisation. - l'activité économique général, et notamment l'achat de terrain, l'introduction en bourse, l'investissement à l'étranger, le crédit bancaire sont très contrôlés par l'Etat. Les entreprises, publiques comme privées, sont soumises à de forts contrôles. On peut citer l'attention particulière des autorités publiques portées à éviter les prêts non solvables, obtenus souvent par clientélisme, par les nombreuses entreprises collectives.  Les entreprises collectives sont fortement encouragées depuis le début des réformes :  Les entreprises collectives sont l'émanation des collectivités locales, et n'appartiennent donc pas au secteur d'Etat au sens strict : ce sont elles qui ont connu la croissance la plus rapide pendant deux décennies, même si elles progressent aujourd'hui moins vite que le privé : - les entreprises collectives sont nées au début de "l'économie hors plan", avec la nécessité pour certains entrepreneurs individuels de déclarer leur société comme collective afin d'obtenir les aides et autorisations des administrations locales. - dans un deuxième temps, ce sont les entreprises privées qui progressent le plus rapidement avec notamment les entreprises en joint venture  et à capitaux étrangers qui ont réalisé une percée remarquable dans les biens manufacturés et l'équipement électronique. La part des entreprises collectives tend donc à se stabiliser.  Mais l'Etat encourage la constitution des grands groupes collectifs capables de rivaliser avec les grandes firmes étasuniennes ou nippones dans les secteurs stratégiques : Lenovo (ancien Legend), ou encore Great Wall, deux grands fabricants de PC ; Petrochina et China Telecom.
 Les entreprises privées sont devenues le moteur de la croissance en réalisant maintenant environ 40% de la production industrielle nationale :  Les textes de lois et les discours prononcés lors du congrès du parti communiste chinois sont un bon indicateur des stratégies économiques mises en oeuvre et de la reconnaissance progressives de l'importance de la propriété et du secteur privé en Chine populaire : - 1982 : la constitution définit et légalise la propriété foncière et immobilière de revenu et autorise l'entreprise individuelle. - 1988 : la constitution est modifiée : "l'économie privée est autorisée". - 1992 : 14ème congrès du PCC. Deng Xiaoping déclare que la Chine doit se développer selon les principes d'une "économie de marché". - 1997 : 15 ème congrès reconnaît que les entreprises privées sont un élément important de l'économie et incite les cadres du Parti à devenir des chefs d'entreprise. - 2004 : la propriété privée est reconnue comme inviolable" en Chine "  Avec la libéralisation du système économique, la diversification des formes entrepreneuriales est ainsi un changement de fond : - de nouvelles formes d'entreprise ont donc apparues et se sont multipliées comme les entreprises individuelles ou privées (depuis 1979), les joint venture et les entreprises totalement étrangères. L'Etat n'a alors plus pour elle qu'un rôle d'accompagnement. - les capitaux étrangers sont de plus en plus attirés hors des zones franches par la suppression des entrave administratives : dans un premier temps, dès 1979, ils ont acceptés à la condition de s'associer au capital national dans le cadre joint venture (entreprises conjointes) ; à partir de 1995, il ne sont plus soumis à aucune restriction. Ainsi, plus de 200 000 entreprises avec des capitaux étrangers se forment dans les années 1990.  Les entrepreneurs capitalistes sont fortement encouragés par l'Etat et de plus en plus honorés par le régime : - dans la presse, avec des journaux comme Fubuki, la version chinoise de Forbes : désormais on classe et raconte les immenses fortunes du capitalisme qui dont rêver les Chinois. - la fabuleuse histoire de Yan Bin, roi de la tulipe qui a fait construire de toutes pièces un village hollandais à Shenyang ou celle de Liu Chuanzhi, PDG de Lenovo, présenté comme le Bill Gates chinois. - dans l'appareil du parti, en 2002, le 16ème congrès du PCC lance un appel aux entrepreneurs privés pour rejoindre le parti. Les grands capitalistes chinois ou capitaines d'industries doivent assurer ainsi une nouvelle représentation au sein des nouvelles instances dirigeantes du parti et dans l'appareil d'Etat. Cette annonce officielle ne fait qu'entériner une réalité déjà existante : une grande partie des grands capitalistes chinois est issue du parti. - cette association des entrepreneurs et du parti permet pour ses hauts dirigeants de lier le parti aux mutations économiques en cours et de préserver son emprise. La carte du Parti demeure un sésame pour accélérer les démarches administratives, etc.  2/ Les limites des réformes apparaissent toutefois nettement   Il s'agit pour l'essentiel de déséquilibres économiques menaçants, d'inégalités socio-spatiales marquées et de l'absence de démocratisation. Ces limites peuvent-elles remettre en cause la croissance chinoise?  La croissance chinoise apparaît menacée par certains déséquilibres structurels.  On peut en effet craindre une crise financière :  - du fait des investissements trop massifs pour le niveau de développement actuellement atteint, d'un yuan sous évalué et de réserves de change massives.  - le risque de surchauffe de l'économie est alors évident malgré les plans de refroidissement menés par l'Etat en limitant autoritairement les prêts industriels aux secteurs en surchauffe et en entravant la spéculation immobilière. Le secteur bancaire est ainsi particulièrement fragile.  - en suivant l'analyse de Paul Krugman, on peut constater que la Chine a connu un développement rapide
davantage par "transpiration" que par "inspiration". Cela signifie qu'elle a obtenu d'important taux de croissance sans augmentation comparable de sa productivité ; cette croissance a davantage été le résultat de la mobilisation des ressources que de l'efficacité du travail.  - les économistes attirent en particulier l'attention sur le décalage entre la progression de la demande et celle de l'investissement qui fait planer la menace de surcapacité industrielle, donc de surproduction et de cirse de rentabilité. Parallèlement, la position d'un yuan sous évalué parait difficilement tenable car la croissance économique est rapide et les réserves de change ne cessent de gonfler, ce qui tend à prouver la sous évaluation de la monnaie et attire la spéculation sur celle-ci.  D'autre part, on constate l'absence d'une pleine économie de marché reposant sur la confiance (persistance des règles issues du socialisme), ce qui favorise les comportements opportunistes.  La crise du SRAS en 2003 a montré que la croissance chinoise ne tenait qu'à un fil. Le nouveau gouvernement de Hu Jintao a, dans un premier temps caché la réalité de l'épidémie pour ne pas faire fuir les investisseurs. C'est avec trois mois de retard que le gouvernement de Pékin met le doigt sur la gravité de l'épidémie. L'impact économique s'est fait sentir dès le deuxième trimestre 2003, mais la réaction des autorités a permis d'éviter une inflexion majeure de la croissance chinoise.  La croissance chinoise s'accommode pour l'heure d'un creusement des inégalités, mais ce phénomène peut-il être durable ?    La pauvreté reste massive, et surtout très concentrée sur le plan social et spatial : la mondialisation est-elle coupable? Pas entièrement car le recul de la pauvreté concerne le territoire chinois dans sa globalité, mais la stratégie des autorités joue sur l'accroissement des inégalités Est/Ouest.  A l'échelle nationale, on peut distinguer plusieurs Chine face à l'ouverture :  - la Chine littorale (premier front) constitue la "locomotive du développement" et doit entraîner dans son sillage les provinces du centre (l'"intérieur", deuxième front), puis de l'Est chinois (troisième front). Il s'agit d'une stratégie cohérente sur le long terme, mais très sélective sur le plan spatial.  entre les provinces, des écarts de richesses peuvent être considérables, écarts de 1 à 18 entre le Guangdong et le -Tibet. En effet, depuis le début des réformes, le Guangdong a multiplié par 12 son revenu annuel, tandis que celui du Tibet n'augmentait que de 65%.  - un projet de développement des régions de l'Ouest (Go West policy). Mis en chantier par le Xème plan (2001-2005), il passe par l'exploitation du pétrole (oléoduc reliant le bassin du Tarim au bas Yangzi), la construction d'un grand chemin de fer transhimalayen entre Goldmund (Qinghai) et Lhassa (Tibet), l'accès à l'eau pour remédier aux pénuries. Les questions géopolitiques sont déterminantes dans ces projets car il faut éviter que la "troisième Chine" ne se désolidarise de l'ensemble national. Le développement vers l'ouest n'est pas que celui des activités économiques, c'est également celui des populations Han. Par ailleurs, depuis 1997, un système de parrainage entre provinces riches et provinces pauvres a été mis en place.  Les stratégies chinoises ont construit une entrée dans la mondialisation par l'inégalité des territoires à toutes les échelles et la polarisation des actions. Il est devenu banal de dire qu'il existe non une Chine mais des Chines : les disparités sont multiformes à toutes les échelles :  - entre les villes et les campagnes, les plus traditionnelles mais pas les plus fortes inégalités : les écarts de revenu sont de 1 à 3.  entre les campagnes elles-mêmes, les écarts sont parfois plus marqués : e 1 à 5 entre les revenus des paysans du Ningxia et ceux du Guangdong. - entre les villes, les écarts sont de plus en plus importants : les habitants de Shanghai ont un revenu moyen plus de dix fois supérieur aux habitants de Lhassa. - entre les citadins d'une même ville : le rapport entre les 20% les plus riches et les 20% les plus pauvres passe de 1 à 4 en 1990 à 1 à 10 en 2000, alors que les 20% d'urbains les plus riches ont reçu 52% des revenus contre 38% 10 ans plus tôt.
 De plus, la libéralisation économique ne s'accompagne d'aucune libéralisation politique.  Deng Xiaoping a lancé l'idée que la Chine serait ans le "stade primaire du socialisme" : le Parti laisse s'instaurer une "économie socialiste de marché", une forme de capitalisme autoritaire, tandis que le peuple ne conteste pas la direction du Parti, et la "voie socialiste" qui est définie. Dans les faits, la mainmise du Parti sur la société demeure considérable même si le contrôle direct sur l'économie et la société tend à s'éroder. Cela explique la volonté récente d'intégrer la nouvelle classe des entrepreneurs au Parti.  La question de l'existence d'un état de droit se pose pour la Chine malgré l'existence d'une législation. Il existerait un état de lois sans état de droit :  - la Chine a signé deux pactes avec les Nations Unies sur les droits de l'homme, amis le fossé est encore grand entre la reconnaissance d'un texte et son application...  - l'absence de la "5ème modernisation" constitue-elle pour autant une hypothèque pour l'avenir immédiat? Bien que le PCC se retrouve privé de fondements idéologiques et rongé par une corruption généralisée, il bénéficie de la légitimité que lui confère l'amélioration sensible du niveau de vie de la population : tant que la croissance sera au rendez-vous, les Chinois penseront d'abord et surtout à la société de consommation.  - Pierre Gentelle, La Chine et les Chinois de la diaspora, 1999, "Enrichissons-nous d'abord, nous protesterons plus tard, tel pourrait être le slogan de la prudence qui rend obéissant".  - on notera toutefois que le régime a su jouer du nationalisme des Chinois pour se maintenir : flambée nationaliste anti yankee, orchestrée par le régime lors du bombardement par erreur de l'ambassade de Chine à Belgrade en 1999 ; ou encore flambées de patriotisme qui ont ponctué la candidature de Pékin aux JO de 2008. Le PCC n'est-il pas ainsi devenu un parti essentiellement nationaliste ?  3/ Pour l'équipe de Hu Jintao, les défis à relever sont donc immenses   Après la génération des réformateurs, Deng Xiaoping et Jiang Zemin, c'est donc la génération des gestionnaires qui est en charge des leviers de commande.    C'est Hu Jintao qui en est la principale figure. Cette génération doit jouer de toute la prudence nécessaire pour maintenir la stabilité. Plusieurs exigences doivent être remplies :  éviter toute crise financière en empêchant la constitution d'une bulle spéculative et en surveillant de près les -banques nationales dont les "créances douteuses" s'élèvent sans doute à trois cent milliards de dollars. - faire face aux importants besoins en énergie des industries du pays pour éviter que la croissance ne se brise : pour contrer la forte dépendance pétrolière, l'Etat engage les particuliers à réduire leur consommation et lance un grand programme de construction de centrales nucléaires. - contenir les critiques américaines qui portent sur le yuan sous évalué et les excédents commerciaux insolents qu'il permet face au géant américain : 124 milliards de dollars en 2004. - c ontinuer à fournir les efforts exigés par l'adhésion à l'OMC, notamment en continuant la baisse des tarifs douaniers. - accompagner les changements socio économiques de fond qui bouleversent la CHine pour empêcher l'agitation sociale. Ainsi, l'exode rural reste très contrôlé et le PCC très ouvert aux hommes d'affaires capitaliste chinois. - préparer les JO de Pékin en 2008, puis l'exposition universelle de 2010 à Shanghai, qui constitue une formidable reconnaissance internationale des efforts de normalisation menés en Chine depuis plus de deux décennies.  Entre 2008 et 2010, la Chine devrait ainsi confirmer sa puissance économique : elle fera alors partie de quatre géants mondiaux, à côté des USA, du Japon et de l'UE. Le problème est de savoir ce qu'elle fera alors de cette puissance économique : la transformer en richesse pour ses habitants, ou en capacité d'intervention en Asie et dans le monde.  III/ UN JAPON RENAISSANT?   1/ Les réformes japonaises se poursuivent et s'accélèrent sous J. Koizumi
 Le manque de détermination des gouvernements des années 1990, malgré l'activisme d'un Hashimoto n'a pas permis de concrétiser les aspirations nationales au renouveau.  Le réformiste Junichiro Koizumi, chef du PLD (Parti Libéral Démocrate), est nommé premier ministre en avril 2001 à la tête d'une coalition dominée par le PLD. Il promet alors de changer le pays en profondeur : il promet un aggiornamento du politique et une revitalisation de l'économie. Avec 81 % d'opinion favorable (on parle à cet égard de la koizumania ), le Premier ministre est libre d'accélérer les réformes malgré les oppositions au sein de son propre parti.  Junichiro Koizumi, élu député à l'âge de 30 ans, en 1972, n'a pas occupé de poste ministériel de grande importance (ministre des Postes et ministre de la santé), mais a été propulsé à la tête du PLD en avril 2000. Il est très vite reconnu : il représente alors l'espoir d'un renouveau politique. Koizumi incarne le réveil du politique dans un pays qui étouffait sous le poids des habitudes et de la gérontocratie.   Au bout d'un an d'exercice du pouvoir, J. Koizumi a été accusé de n'entreprendre qu'un ravalement de façade de la “ Maison Japon ” et d'être impuissantface aux structures claniques et à la corruption.  La poursuite des scandales au sein du PLD a entaché l'image de celui qui prétendait changer le Japon. De même, en 2002, lorsqu'ils couvre le député Muneo Suzuki dans un scandale de trafic d'influence il semblerait que le Premier ministre n'a pas la poigne nécessaire pour tenir ses engagements et que le “ parlementarisme de tribus”, défendant corporatismes et particularismes, est loin d'avoir disparu. En 2002, sa popularité chute (50 %); il décide donc d'accélérer les réformes et est reconduit en novembre 2003 au poste de Premier ministre.  Les défis qu'il doit relever sont de quatre types :  - réconcilier la société civile japonaise l'État: Koizumi veut conduire la nation vers une “nouvelle ère ”, dont le point d'orgue est un changement de Constitution. Koizumi conduit dérégulation et restructuration, il encourage la prise de risque et l'appel aux marchés financiers.  - assainir le système financier et productif :  les banques sont l'objectif n° 1 de l'assainissement (Plan Koizumi de 2001 qui vise à contraindre les -banques à liquider leurs créances douteuses dans un délai de deux à trois ans); - le très grand chantier des privatisations japonaises est celui de La Poste: en effet, considérée comme la plus grande banque du monde, La Poste japonaise détient quelque 355 000 milliards de yens d'épargne et d'assurance vie. Le secteur productif est également visé: les cartels ont été abolis par une loi de 1997 et Koizumi a renforcé les pouvoirs de la Fair Trade Commission (FTC) chargée de faire respecter la loi antitrust. - Koizumi poursuit les privatisations avec l'ouverture du capital de sociétés d'autoroutes, d'électricité, de pétrole et certains aéroports (Haneda et Narita).  - édifier une puissance scientifique et technologique capable de rivaliser avec les Etats-Unis : - la recherche-développement est une priorité absolue pour le gouvernement Koizumi. - dans le cadre de la nouvelle économie, la connaissance est un facteur plus important que le couple capital-travail (quatre prix Nobel en physique et chimie entre 2001 et 2004). - les domaines prioritaires sont donc les sciences de la vie (le génome), les technologies de la communication, l'environnement, les nanotechnologies. - en 2003, les sommes consacrées à la recherche ont atteint 3,18% du PIB : l'État mène de grand projets nationaux et internationaux (le projet “ Frontière humaine ”, la mise au point d'un système d'exploitation informatique concurrent de Windows, les recherches de l'agence spatiale japonaise: fusée H2, satellite lunar A ,navette spatiale Hope ). - une importante réforme universitaire a été mise en chantier pour soutenir l'effort national de recherche: loi de réformes de structure des 87 universités publiques du 1 er avril 2004.  - faire face au vieillissement de la population: l'archipel nippon détient en effet le record mondial du vieillissement en raison de l'allongement de l'espérance de vie (85 ans pour les femmes, 78 ans pour les hommes), de la baisse de la natalité; les plus de 65 ans représentent 18,5% de la population. En mars 2000 a été engagée une vaste réforme du régime de retraites: on passe d'un régime de répartition à celui de capitalisation.
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