L'ÉGLISE SELON SAINT AUGUSTIN (PAR M. F. BERROUARD O.P.)

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L'ÉGLISE SELON SAINT AUGUSTIN (PAR M. F. BERROUARD O.P.)

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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L’ÉGLISE SELON SAINT AUGUSTIN (PAR M. F. BERROUARD O.P.)
Augustin na jamais écrit un traité dtae nlt Édgel ilseÉ, glmisaei s dila nns esxeiss tsee rpmaso ndse  ePtè rdea nnsi  sans doute de théologien qui parle au smeasi sli vrÉes.l isLee  eCsth rpiostu re lstu il ela  cseunittree e d dirpe eescuatte  ,v pilaeas,   cdpoean rslséeeqs upeenncseé Éeets  ldae  psrao lnposrn égpdaaitrcilaoetrni  oddneu,   l’ g l’incarnation. Il s’en suit qu’il n r de l’ glise sa Christ, mais il s’en suit aussi du fait même que, quand il parle du Christ, il étend très souvent sa réflexion à l’Église. C’est là ce qui confère à l’Église une place si importante dans son œuvre. ÉPour faire suunis e xopbloisgéé q udie  esdsaie de saisir chez lui la réalité si mryessté rlieuuse de l glise, je considère lÉglise comme iniitivaitsievre  cdeet  eDxiepuo,s él ee sne cdoenudx  qcuhia pdiétcrir,a lÉng lqisuei  comme œuvre des hommes. Mais il ne faut pas se laisser égarer par cette division, elle ne relève que de la présentation pédagogique. Ces deux chapitres sont à joindre ensemble, et il faut les tenir ensemble, inséparablement, car ils ne cherchent à dire ensemble que la même réalité mystérieuse sous ses deux aspects, mais pour être clair, je ne puis parler de ces deux aspects que l’un après l’autre.
L’ÉGLISE QUI EST LE CORPS DU CHRIST EST UN MYSTÈRE DE COMMUNION
L’Église est d’abord et essentiellement pour Augustin un don de Dieu, la suite, le prolongement et la conséquence de ce don merveilleux que Dieu fait aux hommes en leur donnant son Fils. Dieu ne pouvait pas accorder aux hommes un don plus grand que de leur donner comme Tête son Verbe par lequel il a tout fait et de les adapter à lui comme ses membres, de telle sorte qu’il soit Fils de Dieu et Fils de l’homme, un seul Dieu avec le Père, un seul homme avec les hommes (En. in Ps. 85, 1). Pour Augustin en effet, l’incarnation n’est pas un événement purement individuel qui ne concernerait que Jésus seul et qui s’arrêterait à lui. Assurément, c’est une nature humaine individuelle et concrète que le verbe s’est uni dans le sein de la Vierge Marie sa mère, mais l’assomption de cette nature humaine concrète a valeur universelle : elle n’obtient sa signification totale que dans le salut de lhumanité, ce salut de lhomme en vuÉe ldiuseq ueeslt  edlloen ca  été réalisée et qui s’accomplit par le Christ et dans le Christ. L’ g
la suite et la conséquence de l’incarnation. Pour Augustin, les deux mystères e lsoÉngtl itseel leesmt epnrté slieénste .e nLseesm pbrlées eqnutea,ti odnéss  qquueil  lfaa itc hdaei rc edttue  sCuhirties t « eisnt caprrnésateinotn-, Église » sont très variables, mais elles sont toutes convergentes et ne laissent place à aucune ambiguïté. Augustin se contente parfois d’affirmer « qu’à la chair du Christ l’Église est jointe » (In Io. Ep. Tr. 1, 2), sans s’inquiéter d’ajouter ni explication ni justification comme s’il s’agissait d’une évidence : « Dans le sein de la Vierge, laed jvoeirntb el cÉog-liéstee rcnoelm amue  Pleèrs e mseutm bbrâetisr  sloan tm jaoiisnotsn  àd lau ntê tceo r»p (s Dheu Cmiavi.n  Daeui,q u1e7l,  i2l 0a,  2). Parfois Augustin explique que si É est le Christ, cest que cette chair est la Têlte gdlei sleÉglise perto lqouneglelem ennet  pdeeu tl,a  dcéhsa ilro rdsu,  être la Tête s’il n’y a pas des membres qui lui sont joints. « Quand on parle de la chair du Christ, l’Église est prêchée, car la chair du Christ est la Tête de l’Église » (En. in Ps. 120, 12), ou bien il dit encore que la chair du Christ est le principe et les prémisses de l’Église, images qui appellent pareillement suite et prolongement : « Toute l’Église est l’Épouse du Christ, elle dont le principe et les prémisses sont la chair du Christ » (In Io. Ep. Tr. 2, 2). Plus souvent, il insiste pour souligner que le Seigneur a assumé une chair d’homme dans le dessein et dans le but de se faire en elle et par elle la Tête de au delà de la chair concrète qu’il prenait dans le sein de la Vi lvoÉlgolnitsée  :d u Seigneur visait donc lÉglise et le Corps quil allait sunir eenr geell,el a:  Verbe s’est fai our «n Leset pas une partie td ec hlaiÉrg lpise,  mdeaivse naifri nl ad Têêtrtee  ldae  TlêtÉeg ldise el. ÉLgel iVsee rilb ea  eans seuffmeét  une chair » (En. in Ps. 148, 8). « Le Fils unique de Dieu, le Verbe du Père, égal et co-éternel au Père, par qui tout a été fait, s’est fait lui même homme à cause de nous afin d’être à l’Église tout entière ce qu’est la tête au corps toute entier » (De Cat. Rud. 19, 33). « Parce qu’il était auprès du Père, le Dieu par qui nous avons été faits, il s’est fait par la chair participant de nous afin que nous puissions être le Corps de cette Tête » (C. Faustum 12, 1) « Le verbe de Dieu a assumé sa créature (une chair et une âme) dans l’unité de sa personne afin d’être notre Tête et pour que nous soyons son Corps » (De Gestis Pel. 14, 32).
 I.-   te  sedhC utsirniu donLs  Chrétien
La Tête et le corps, ces mots nous indiquent que cette vérité qu’il met au centre de sa théologie de l’Église, l’évêque d’Hippone la doit à sa méditation des Épîtres de Paul, il n’interprète jamais comme des images ou des comparaisons, mais il prend au sens le plus littéral et comme exprimant une réalité mystérieuse ces affirmations de l’Apôtre. De même que le corps est un et a plusieurs membres et que tous les membres du corps, bien qu’ils soient
nombreux, sont pourtant un seul corps, ainsi est également le Christ (1 Co.12, 12) ; « Vous êtes le corps du Christ et ses membres » (1 Cor. 12, 27) ; « Nous sommes un seul Corps dans lel a Ctêhtreis td ue t Cnoorupss somme sl tÉous me e»m (bCroels.  l1e,s  8u).n s des autres » (Rm. 12, 5) ; « Il est qui est glis D’autre part, le mot de Corps ne reçoit jamais chez lui l’acceptation juridique de corps social et il n’éveille jamais chez lui l’évocation de corps social : dans ce contexte de références pauliniennes, le corps désigne uniquement l’unité vivante de l’organisme que forment ensemble le Christ et ar son Esprit. « Le Saint Esprit est en speosu r,m leper mêcbcorrhepess   Adetue  gqluushetoi nlme,  mpCoe hu:rr i lslete   SaCanoiirnmpt-es   Edpsup rCith rfiasitt  qduai ness tt olutÉeg llisÉeg lcies eq ucee sqtu le âfamiet  effet l’âme dans tous les membres d’un même corps » (Ser. 267, 4, 4). La charité, qui est le don propre de l’Esprit Saint (cf. Rm. 5, 5) est donc « dans les membres du Christ ce qu’est la santé dans les membres du corps » (Ser. 137, 1). A la lumière de ces textes ainsi compris, l’évêque d’Hippone voit dans le reproche que le Christ ressuscité adresse à Saul sur le chemin de Damas l’une des manifestations majeures de l’unité mystérieuse, profonde et vitale qui existe entre le Christ et les chrétiens :« Si ses membres n’étaient pas lui, le Christ ne dirait pas : « Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » (Ac. 9, 4). Car ce n’est pas lui en personne que Saul persécutait sur la terre, mais ses membres, c’est à dire ses fidèles. Pourtant, il n’a pas voulu dire : Pourquoi persécutes-tu mes saints, ou mes serviteurs, ou même, d’une manière plus honorable, mes frères, mais il a dit : « moi pourquoi me persécutes-tu », c’est-à- dire mes membres dont je suis la Tête ? (Tr. 28, 1). Si nous n’étions pas lui, argumente-t-il dans un autre sermon, cette parole ne serait pas vraie : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » Nous sommes donc lui, parce que nous sommes ses membres, parce que nous sommes son Corps, parce que lui-même est notre Tête, parce que le Christ total est la Tête et le corps » (Ser. 133, 8). Pour fonder sa conviction, Augustin, fait encore appel à Matthieu 25, 40 et à Genèse 2, 24 repris en Ephésiens 5, 32, à la conjonction de Galates 3, 16 et 3, 29 : les promesses ont été faites à Abraham et à sa descendance qui est le Christ : si vous êtes du Christ, vous êtes la descendance d’Abraham, à Isaïe. 61, 10 où le même personnage se compare successivement à un époux et à une épouse. Je vous lis un passage où il rapproche plusieurs de ces références comme pour donner encore plus de force à ses affirmations : « Le Seigneur Jésus n’est pas seulement en lui même, il est aussi en nous. Rappelez-vous ces paroles : Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? Alors que personne ne le touchait lui-même et qu’il disait : Pourquoi me persécutes tu ? Est-ce qu’il ne se regardait pas lui-même comme étant en nous ? Quand il disait : Celui qui a fait cela à un seul des miens c’est à moi qu’il l’a fait. Est ce qu’il ne se regardait pas lui-même comme étant en nous ? C’est que les membres ne sont pas séparés les uns des autres, la tête et le Corps. te et le s Le Sauveur et l’Église » (En. in Ps 90, Ser. 1, 9). Quelle est la tê Corp ? Si le Christ n’endurait pas la tribulation aussi dans ses membres c’est-à-dire dans ses fidèles, Saul ne persécuterait pas sur la terre le Christ qui siège dans le
ciel. Exposant ouvertement cette vérité ailleurs, l’apôtre déclare : « De même en effet que le corps est un et a beaucoup de membres et que tous les membres du corps bien qu’ils soient nombreux, sont en un seul Corps, ainsi est le Christ » (1 Cor. 12, 12) ; il ne dit pas : Ainsi est le Christ et le Corps, mais il dit : Un seul Corps, des membres nombreux, ainsi est le Christ. C’est donc que le tout est le Christ et, parce que le tout est le Christ, voilà pourquoi la tête crie du haut du ciel : Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? Retenez cela et fixez-le fermement dans votre mémoire comme des fils instruits dans l’enseignement de l’Église et la foi catholique afin de reconnaître que le Christ est la tête et le Corps et que ce même Christ est le Verbe, le Fils unique de Dieu égal au Père, et afin de voir par là, par quelle grâce vous touchez à Dieu au point que celui-là a voulu être un seul avec vous qui est une seule chose avec le Père. Comment est-il une seule chose avec le Père ? Le Père et moi, nous sommes un (Jn 10, 30). Comment est-il un seul avec nous ? Les promesses ont été faites à Abraham et à son descendant ; il n’est pas dit : et à ses descendants, comme s’ils étaient plusieurs, mais comme si l’on parlait d’un seul : et à Son descendant qui est le Christ (Gal. 3, 16). Mais quelqu’un demande : Si le Christ est le descendant d’Abraham, est-ce que nous sommes, nous aussi, ce descendant ? Souvenez-vous que le descendant d’Abraham est le Christ et, dés lors, si nous sommes nous aussi le descendant d’Abraham, c’est donc que nous sommes aussi le Christ. De même qu’un seul Corps a beaucoup de membres, ainsi est le Christ (1 Cor. 12, 12) , et vous tous qui avez été baptisés dans le Christ vous avez revêtu le Christ (Gal. 3, 27). Le descendant d’Abraham, c’est le Christ et l’on ne saurait contredire les paroles si claires de l’Apôtre : Et à son descendant qui est le Christ, mais voyez ce qu’il nous dit : « Si vous êtes du Christ c’est donc que vous êtes le descendant d’Abraham » (Gal. 3, 29). Et voilà pourquoi ce mystère est grand : ils s’ensuit deux en une seule chair (Gal. 2 et,  2de4 )l. LÉglAispeô.t rLe ed éCchlrairset  :e t«  lCÉe glmisyes tsèoren te sdte ugrxa nend,  ujen el es ediusl ee nc hpaairrl a» n(t Ednu.  ICnh rPisst.  142, 3). Vous le voyez, comme toujours, c’est de l’Écriture qu’Augustin tire la certitude de l’unité du Christ et des chrétiens, et cette vérité a pour lui l’autorité de la parole de Dieu. « Je l’ai confirmé par des témoignages scripturaires aCphprrisotp reiséts l ae t Taêbteo nedt alnet sC, osrip sb,i elnÉ quuoxn  ent el pÉepuotu saeb,s loel uFmilesn td ep aDsi eduo uett elr Éqgulei slee,  ’ po Fils de Dieu devenu Fils de l’homme à cause de nous pour faire des fils de Dieu avec des fils d’homme et si bien qu’ils sont deux en une seule chair par un grand mystère ceux qui sont reconnus dans les Prophètes comme étant deux en une seule voix » (En in Ps. 30, En. 2, Ser. 2, 1). Si profoen dleÉ quelle soit, si intime quelle soit, cette union mystérieuse du Christ et d glise,du Christ et de son Corps, du Christ et des chrétiens ne supprime pourtant d’aucune manière la distance infinie qui sépare la majesté divine et la créature pas plus que dans le Christ lui-même. L’unité de personnes ôtre rnéfaèbroel iet xppalisc iltae dmiestnitn catui oCn hdriesst  neta tàu rlesÉ :g lsisele,o nE lpeh . m5o, t 3d2e  : G«e nL.e  2C, h2r4i stq ueet  llaÉpglise sont deux en une seule chair ». Regarde la distance de la majesté, ils sont deux. Oui, ils sont deux car, nous, nous ne sommes pas le Verbe, nous, nous ne sommes pas celui qui au commencement était Dieu auprès de Dieu, nous, nous
ne sommes pas celui par qui tout a été fait, mais . . . . . . . . . . . ? Cest en e fffoetn dlae  lmuéndiitaéti odnu  dCeh rlias tc heta idr e-s  limportance de lincarnatiÉon - qui  lasÉspuroeu xe te tq luiÉpouse sont un seul homme, maicsh rséetlioenn sl.a  cLhe aiCr hdrius tC dheri slt, ngolins ep,a«s  selon sa divinité, car, ce qu’il est selon sa divinité, nous ne pouvons pas l’être puisqu’il est le Créateur et que nous sommes des créatures ; il est celui qui nous a faits, nous sommes ceux qui sommes faits ; il est l’auteur, nous sommes les œuvres » (Ser. 91, 7, 8). Augustin peut donc formuler l’axiome : « Ce que sont ses membres, il l’est lui même, mais il ne s’ensuit pas que, ce qu’il est, ses membres le soient aussi. » (Tr. 28, 1). Cet axiome concerne non seulement la divinité du Verbe, mais encore toutes les prérogatives du Christ Sauveur. C’est le Christ en effet qui est et qui reste le Sauveur unique, comme il est et comme il reste l’unique médiateur entre Dieu et les hommes (1 Tm 2, 5) il est pareillement le Pasteur unique (Jn 10, 16), et nous le verrons, ne peuvent dés lors être pasteurs que ceux qui font partie de ses membres. Il est aussi le seul à posséder pouvoir et autorité sur les sacrements qu’il a donné à son Église et dont les hommes ne sont jamais que les ministres (cf Tr. 5, 6, 7 ; 6, 6, 8). Aussi, parce qu’il n’est pas seulement un homme, mais parce qu’il est dans l’unité de sa personne le Verbe fait chair, c’est en lui seul que chaque chrétien doit mettre son espérance. « Avant toute chose, déclare Augustin, j’ai appris dans l’Église catholique à ne pas placer mon espérance dans un homme » (Jer. 17, 5). Et ce principe il l’applique non seulement à chaque chrétien pris individuellement, mais à toute l’Église dans son ensemble : « Elle met son espérance dans le Christ qui a pris la forme de serviteur sans perdre sa forme de Dieu et dont il est dit : c’est lui qui baptise ». (Epist. 89, 5). Malgré toute la profondeur de son union avec lÉglise,  led eC lhrÉist garde donc bien ses privilèges de Verbe et de Sauveur, il est la Tête glise et ne se compare avec aucun de ses mem bdree sl. ÉDgalniss el ac ommême perspective, il ne faut pas concevoir l’union du Christ et me venant combler quelque dans la sonne du Christ : de même que l’incarnation n’a rien ajouté à llaa cpuenrefection d up eVrerbe, de même lunion à lÉglise najoute rien à la perfection du Verbe incarné, elle n’est rien d’autre que l’expression de son amour, cet amour qui l’a mené jusqu’à la chair » dit Augustin (In Io. Ep. Tr. 5, 13) et il explique : « La Tête et le Corps sont un seul Christ, non pas que sans le Corps il ne soit pas intégralement lui-même, mais parce qu’il a daigné - la grâce -avec nous aussi être intégralement lui-même, non seulement en ce qu’il est le Verbe, le Fils égal au Père, mais encore dans cet homme qu’il a assumé et avec lequel il est tout ensemble Dieu et homme. Cependant, frères, comment sommes-nous son Corps et comment est-il avec nous un seul Christ ? L’apôtre le dit très explicitement :« Vous êtes le Corps du Christ et ses membres » (Ser. 341, 9, 11). Augustin rappelle donc très nettement les distinctions : le Christ est le Fils égal et co-éternel au Père et il s’est fait homme pour devenir le Sauveur des hommes et la tête de l’Église, mais, ces distinctions étant maintenues fermement, il n’hésite pas à employer des expressions très fortes pour essayer
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