L'Entre deux guerres Fiche de cours

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FICHES DU BENICHI- Groupe 3 (LE MENN, MOULIN-TYRODE, OLIVIER)  PARTIE 2: LE REPLI DE L'ENTRE-DEUX-GUERRES.   CHAPITRE 1: UN SYSTEME MONDIAL BOULEVERSE PAR LA GUERRE.   A) Le déclin de l'Europe:   L'Europe occidentale, centre et moteur de la mondialisation avant 1914, sort affaiblie du conflit, et doit affronter un traumatisme démographique, des difficultées financières et monétaires et une remise en cause de sa puissance économique.  Plusieures aspects du profond discrédit européen: - technique (destructions du fait de la puissance industrielle) - politique (régimes parlementaires n'ont pas su éviter la guerre) - moral (civilisation européenne n'a pas empêché la boucherie) - traités de paix aggravent la situation:  - Allemagne: Keynes dénonce l'humiliation, l'amputation, les réparations dans Les conséquences économiques de la paix   - Italie: s'estime lésée, "victoire mutilée" - Autriche-Hongrie: division en petits Etats fragiles    Quelques contemporains expriment cette idée de déclin européen: - Oswald Spengler, allemand, Le Déclin de l'Occident, 1919 - Demageon, géographe français, Le Déclin de l'Europe , 1921 - Coudenhove-Kalergi fonde l'Union paneuropéenne, 1922, contre l'emiettement européen et ses risques économiques et politiques   LE TRAUMATISME DEMOGRAPHIQUE   Dès avant la guerre, les pays européens se sont engagés dans la transition démographique (baisse de mortalité au XIXème siècle, puis de la natalité, en France, puis en Angleterre et dans le Nord, à partir de 1880, puis en Allemagne, au XXéme siècle); le conflit accélère la chute de natalité et induit une surmortalité.  Le conflit et ses conséquences font 27 millions de victimes européennes entre 1914 et 1922: - Russie: 11 millions de morts (et un déficit de naissances comparable) occasionés par la guerre, la révolution et la guerre civile, la famine et l'épidémie de typhus (1920-21) ; - France: 1,5 millions de tués (14% de hommes en âge de combattre) ; - Italie: 650 000 tués (6% de la population active masculine) ; - Angleterre: 760 000 tués (5% de la population active masculine); - Allemagne: 1,9 millions de morts (10% des actifs), auxquels s'ajoutent les 6 millions d'allemands qui se retrouvent dans des territoires confisqués...  Le traumatisme des victimes de la guerre est aggravé par les millions de blessés et invalides, la multiplication des familles monoparentales, la disparition d'une partie des élites européennes, le vieillissement des structures par âge (90% des victimes avaient une vingtaine d'années), le phénomène des "classes creuses"...  Le traumatisme est vécu de façons différentes selon les pays: - France: il aggrave le déclin démographique de manière très grave, d'où le pacifisme des anciens combattants et le refus de voir la montée des menaces dans les années 1930 ; - Allemagne: l'humiliation nourrit immédiatement un fort nationalisme et une envie de revanche (réinsertion difficile des anciens combattants) - Italie: frustration (exploitée par les fascistes) causée par le sentiment que les avantages de la victoire sont insuffisants par rapport aux sacrifices.   AIBLISEMENT MONETAIRE ET FINANCI L’AFF ER   Les conséquences de la guerre sont lourdes et durables:  Inflation : avant la guerre, les prélèvements fiscaux restent limités, en-dessous de 10% (doctrine libérale), mais recours aux impôts nouveaux pour financer les dépenses budgétaires décuplées (exemples en France: impôt sur le revenu puis taxe sur le chiffre d'affaires (1917), et prélèvements exceptionnels sur les bénéfices de guerre dans les industries) mais aussi aux emprunts au nom de la Défense nationale (les dettes publiques augmentent entre 1914 et 1918: de 33 à 154 milliards de francs pour la France, de 5 à 140 milliards de marks pour l'Allemagne), dans le carde desquels les Banques centrales fournissent des avances en échange des
cours forcés consentis par l'Etat, c'est-à-dire la suppression de la convertibilité-or) Ainsi, la masse de monnaie en circulation gonfle, tandis que que la production civile diminue, d'où une hausse des prix inévitable: entre 1914 et 1919 prix multipliés par 4 en Allemagne, 3,5 en France et Italie, 2,5 en Angleterre...  Réduction des réserves d'or, diminution des avoirs à l'étranger, endettement extérieur pour payer les importations nécessaires à la guerre : - Angleterre: la moins touchée, les avoirs à l'étranger diminuent d'un quart, le pays a emprunté 1 milliard de livres aus Etats-Unis, mais prêté une somme équivalente aux Alliés et tire toujours profit de ses capitaux exportés; - France: a perdu 50% des ses avoirs à l'étranger et est endetté de 35 milliards de francs-or envers l'Angleterre et les Etats-Unis; - Allemagne: situation catastrophique: pratiquement plu de réserves en or et "diktat" de Versailles (confiscation des colonies et de la flotte, internationalisation des brevets, perte de 70 000 km², réparations fixées à 135 milliards de marks-or en 1921, soit plus de 3 ans de revenu national).  Les monnaies européennes s'affaiblissent par rapport à 1914: la livre perd 30% de sa valeur, le franc et la lire 50% an 1919, la mark s'effondre: 1920, le cours pour un dollar est de 65 marks, contre 4,2 en 1914.  S'ajoutent à l'inflation et à l'endettement les dépenses nécessitées par la reconstruction, les pensions (orphelins, veuves, blessés et invalides), les importations pour relancer l'économie... La guerre a ruiné l'Europe.  LE COUT ECONOMIQUE DU CONFLIT   La guerre réduit l'avance économique des pays industrialisés européens, au profit de la croissance et de l'industrialisation de pays extra-européens (commandes et chute d'exportations des pays belligérants).  En 1919, les productions industrielles et agricoles sont inférieures d'un tiers à celles de 1913, mais avec des différences entre les pays: - Angleterre: seules destructions dans la flotte militaires et marchande, production de 1919 supérieure à celle de 1913; - France: principal champ de bataille, doit reconstruire face aux ravages des terroirs agricoles et des habitations; - Allemagne: la perte de territoires (Alsace-Lorraine, Silésie, mines de la Sarre) affaiblit l'économie, notamment dans les industries lourdes; - Russie: en 1921, la production agricole est réduite de 40% de celle d'avant-guerre, celle de l'industrie est inférieure à 15%.  La guerre désorganise l'économie: - dans les campagnes, problème des mobilisations, des réquisitions, des pénuries, du manque de moyens financiers; - dans l'industrie, recours au travail des femmes; - intervention de l'Etat, qui modifie les gammes de production en fonction des besoins (progression de la construction navale, aéronautique, automobile, industries chimiques, au détriment du textile, du luxe, du bâtiment).   B. Les Etats-Unis, première puissance mondiale:   Puissance incomplète des Etats-Unis en 1913: premiers producteurs agricoles et industriels mondiaux, mais dépendance vis-à-vis de l'Europe (exportations, peuplement, financement, évolution de la conjoncture...), leur monnaie ne joue pas de rôle extérieur, leur expansionnisme est limité, leur rôle dans la diplomatie mondiale est marginal.  En 1919, les Etats-Unis disposent de tous les éléments de la puissance: - augmentation de leur production industrielle de 25% en 4 ans; - enrichisssment grâce à leurs exportations vers les pays en guerre (ils disposent de la moitié de l'or mondial, donc de la monnaie la plus forte); - efficacité de leur organisation économique (production de masse, organisation scientifique du travail par Taylor); - intervention militaire tardive mais décisive qui renforce leur image de défenseurs de la liberté (leur président Wilson dirige les négociations de paix).   UNE PRIMAUTE ECONOMIQUE ACCRUE   Les Etats-Unis ont bénéficié de commandes considérables et d'une hausse rapide des cours: leur excédent commercial passe de 400 millions de dollars en 1914 à 3,8 milliards en 1919. Ces débouchés ont stimulé les investissements et la production, dans l'agriculture, la construction navale, l'industrie chimique, mais
aussi l'extraction charbonnière et pétrolière, la production de métaux, la sidérurgie.  A partir de leur entrée en guerre en 1917, les Etats-Unis ont dû lever et équiper 4 millions d'hommes (dont 1 million a été engagé sur le front), d'où l'instauration d'un dirigisme de l'Etat, pourtant traditionnellement libéral: multiplication des organismes publics (réquisitions et programmes), accélération de la mise en application du taylorisme, mesures pour éviter l'inflation (contrôle des prix, emprunt, impôts) et compenser la pénurie de main-d'oeuvre (travail féminin).  En 1919, le revenu national a doublé par rapport à 1914.  UNE SITUATION MONETAIRE ET FINANCIERE NOUVELLE   L'effet majeur de la guerre est l'inversion de leur situation monétaire et financière: ils sont devenus créanciers de l'Europe dès 1918, le déficit européen ayant été financé de 3 façons (cession des avoirs placé sur territoire américain, paiement en métal précieux, recours à l'emprunt aux Etats-Unis qui s'élève a 2,5 milliards de dollars en prêts privés et 9,5 de prêts du Trésor américain). Ainsi, les Etats-Unis disposent de 45% des réserves en or mondiales, d'où la solidité du dollar, notamment face au délabrement des monnaies européennes.  UNE ATITUDE POLITIQUE AMBIGUË   Après leur intervention décisive dans le conflit, les Etats-Unis étaient placés en arbitres pour les négociations de paix. Wilson, dans son discours des "14 Points", expose son programme: droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, désarmement, fin de la diplomatie secrète avec le contrôle d'une Ligue des Nations, liberté des mers...  A la Conférence de la paix, Wilson, qui préside, fait triompher ses vue face aux vainqueurs européens (notamment les 3 autres du "Conseil des 4": Clemenceau, Lloyd George et Orlando):même si le traité de Versailles ne correspond qu'en partie aux préférences américaines, il crée la Société des Nations (pour promouvoir le désarmement et prévenir les conflits pas l'arbitrage): le Etats-Unis semblent donc accepter l'engagement sur la scène internationale.  Cependant, les Républicains refusent un système de sécurité collective, les minorités allemandes ou italiennes américaines ne sont pas satisfaites des dispositions de paix et le poids croissant du pouvoir fédéral suscite des réticences. Le Sénat rejette les traités et la pacte de la SDN, et Wilson est remplacé par Harding, républicain ayant fait campagne en faveur de l'isolationnisme.  C. La victoire des bolcheviks en Russie :   La chute du régime tsariste et la victoire des bolcheviks modifient profondément le contexte international, les thèses de Lénine s'étant vérifiées lors du conflit:  Thèse que la guerre est un "immense cadeau fait à la révolution": l'économie étant mal adaptée à une guerre industrielle, le peuple subit les hécatombes parmi les soldats et les pénuries, d'où l'augmentation des prix et la dégradation des conditions de vie. Le pouvoir tsariste s'affaiblit et est renversé suite aux manifestations populaires spontanées à Petrograd et Moscou, en février 1917. Les bolcheviks profitent du vide de pouvoir et des erreurs du gouvernement provisoire pour élargir leur audience, Lénine vise à répondre aux aspirations immédiates du pays: paix, partage des terres, gestions des usines par des soviets ouvriers. Le coup d'Etat survient en octobre, les bolcheviks prennent le pouvoir.  Thèse du "défaitisme révolutionnaire": Lénine signe une paix séparée avec l'Allemagne (printemps 1918) et assure par la dictature du communisme de guerre la "bolchévisation" du pays. Fin 1920, l'Armée rouge (Trotski) a repoussé les armées contre-révolutionnaires, au prix de millions de morts, d'une famine, d'épidémies, et d'une séparation avec l'Occident que la Russie bolchévique effraie (abandon de ses alliés en pleine guerre, perte des capitaux européens placés dans le pays, création de la IIIème Internationale et apparition de partis communistes occidentaux, suivie de tentatives révolutionnaires en Autriche et en Hongrie, et de soulèvements en Italie).  D. L'affaiblissement de la colonisation :   La guerre ébranle l'ordre colonial: les colonies se sont révélées utiles à l'effort de guerre, mais les indigènes ont acquis des droits ("14 points" de Wilson) et veulent des compensations et des concessions.  Wilson refuse le partage des colonies des pays vaincus, qui deviennent des mandats sous tutelle de la SDN, dans le but d'une préparation progressive et de durée variable à l'autodétermination des peuples, voire, à terme, l'indépendance (Syrie, Liban, Palestine, Transjordanie, Irak).  L'affaiblissement colonial provient aussi de la perte du prestige du modèle européen: l'Europe apparaît "divisée, désordonnée, affaiblie, dépouillée de sa vigueur séculaire", la guerre a "porté un coup terrible à la
valeur morale d'une civilisation au nom de laquelle les Européens qui se réclamaient avec orgueil de sa supériorité se sont férocement entre-tués" (Albert Sarraut).  Dès leur arrivée au pouvoir, les bolcheviks affirment leur volonté de soutenir les mouvements d'émancipation des peuples des couleurs. Au premier congrès de l'Internationale communiste (mars 1919), Trotski dénonce les mandats wilsoniens. Le Komintern, dans ses 21 conditions aus partis communistes étrangers, impose la lutte anticoloniale, inscrite au coeur de la lutte anti-impérialiste.   CHAPITRE 2 : UNE MONDIALISATION FRAGILISEE DANS LES ANNEES VINGT NB : comprenez ce signe « » comme un « entraînant » merci  INTRODUCTION : Dans les années vingt, le processus de mondialisation est affaiblit par les conséquences de la guerre : incertitudes monétaires, surproduction, maintien ou renforcement du protectionnisme, manque de devise commerce mondial freiné  Malgré : la reconstruction rapide en Europe, la prosperity aux Etats-Unis et la stabilisation des monnaies européennes, la décennie est une période d´instabilité/déséquilibres :  Grandes Puissances Européennes : ruinées, elles ne peuvent poursuivre leurs exportations de capitaux - ANGLETERRE : politique d´orgueil monétaire qui accélère son déclin - ALLEMAGNE : sans réserves monétaires et devant payer les réparations             effondrement du mark en 1923 - FRANCE : inflation et fuite des capitaux, redressant le franc en 1926 aux dépens du commerce extérieur - RUSSIE SOVIETIQUE : guerre civile puis communisme de guerre, Lénine doit lancer la NEP en 1921 - JAPON : décennie de crise soulignant sa fragilité commerciale - PAYS PRODUCTEURS DE PRODUITS BRUTS : surproduction et affaiblissement des recettes  d´exportation  A . UNE DECENNIE DE DESORDRES MONETAIRES ET FINANCIERS  Avant 1914, la mondialisation des capitaux était caractérisée par des flux à long terme provenant des riches pays européens vers les pays neufs ou colonies (développement là-bas Des mines/plantations/transports).  Après la guerre, seule l´Angleterre investit encore dans son empire, et les Etats Unis investissent 10 milliards de $ (1/3 en Europe), les banques américaines font des prêts à court terme aux pays déficitaires.  La nouvelle tendance des années vingt est plutôt à la spéculation (recherche du gain immédiat), les capitaux sont donc volatiles et se déplacent brusquement d´un pays refuge à un autre. Cela s´explique par : - les incertitudes monétaires ( flottements des monnaies) - le rôle des opinions publiques et de la presse - les manœuvres des financiers selon le contexte in ternational  Les taux de changes varient fortement et de façon brutale, bouleversant les conditions de concurrence et pesant sur le pouvoir des Etats et sur les majorités (exemple du « mur de l´argent » dont fut victime le cartel des gauches en 1926, les stocks d´or se déplacent massivement. Les gouvernements sont contraints de se livrer une guerre des taux d´intérêt pour attirer les capitaux, déclenchant ainsi le krach boursier de 1929.   
    L´EFFONDREMENT DU MARK  Quelques chiffres : 1914 1918  Dépenses budgétaires : 3,8 milliards de marks 34 milliards Dette publique 5 milliards 150 milliards Taux de change 4,2 M=1$ 8M=1$ Prix multipliés par 3  Après la guerre, l´Allemagne sombre dans l´hyperinflation et la dépréciation du mark est impressionnante : avril 1921 : 60M =1$  dèc 1921 : 192M =1$  dèc 1922 : 18000M =1$  nov 1923 : 4200 Milliards DM =1$  Entre les deux dates, les allemands ont appris le montant des réparations ( 135 Milliards de Mark Or fixés à la conférence de Londres en avril 1921). La fuite des capitaux sévit et les conditions sanctions du traité de Versailles (amputations des colonies, de la flotte et ouverture forcée du territoire aux marchandises des vainqueurs ) paralysent le pays.  Les français se montrent intransigeants, ils préfèrent un Poincaré décidé à faire payer l´Allemagne à un Briand qui voulait réaménager les versements allemands. Poincaré ne voit dans la dépréciation du Mark qu´une stratégie pour échapper aux réparations ; celle-ci était plutôt due aux difficultés de la jeune république de Weimar à majorité social-démocrate qui déplait au milieu des affaires nostalgiques de l´empire: - prévision de nationalisation des secteurs de base - création de comités d´entreprise/ syndicats et conventions collectives - journées de 8 heures - confiscation des grands domaines non cultivés - volonté de créer un impôt sur le capital pour combler le déficit fuite des capitaux  La reprise économique est tout de même encouragée par la faiblesse monétaire : - l´inflation encourage les milieux des affaires à emprunter et à investir  avec la fulgurante dépréciation du Mark (encore plus rapide que l´inflation), les prix allemands baissent -fortement à l´étranger reprise, baisse du chômage et excédents commerciaux - accélération de la concentration des entreprises  les Anglais et Français se plaignent d´une concurrence allemande déloyale  1923, Poincaré refuse d´aménager la dette (les Allemands réclamaient un moratoire de 4 ans pour pouvoir se redresser) et fait occuper la Ruhr hyperinflation ( entre 1920 et fin 1923, les prix de gros sont multipliés par 10 10 ), effondrement des taux de change, nécessité de prendre en charge les expulsés de la Ruhr (gros déficit budgétaire) et en parallèle, perte des revenus issus de la région annexée.  Poincaré est désavoué par les alliés qui décident de réaménager la dette allemande, mais cela ne suffit pas, l´Allemagne ne voit pas le bout du tunnel : - les épargnants et les classes moyennes sont réduits à la misère - de ce fait, la République de Weimar est désavouée, toute une génération ne lui pardonnera pas (cf 1933-HITLER)  Entre 1923 et 1929, la monnaie est stabilisée avec la création du Renten Mark par SCHACHT et retour au Mark OR en 1924 + plan DAWES  sur le plan des réparations : - réduction des réparations et annuités allongés
- l´Allemagne peut payer une partie des réparations en marchandises  sur le plan commercial : - Arrivée de Capitaux américains avec les prêts de démarrage des Etats-Unis - Rétablissement de l´équilibre budgétaire   sur le plan financier - fin de la dette publique avec l´hyperinflation - gestion rigoureuse de la Reichsbank par SCHACHT ( magicien des finances) - Fin de la fuite des capitaux allemands et rapatriement d´une partie sur le territoire - Fin de la spéculation contre le Mark (milieux des affaires rassurés par l´arrivée au pouvoir du maréchal Hindenburg en 1925)  La tutelle américaine permet d´attirer les capitaux en Allemagne, mais l´équilibre est délicat : - investissements directs ou placements à court terme par les américains - redistribution de ceux-ci aux entreprises par les banques allemandes sous forme de prêts à long terme - l´Allemagne est le pays le plus endetté au monde - la dépendance est toutefois très dangereuse, si les capitaux américains se retirent, l´économie allemande ´écroul s e.   LES DIFFICULTÉS DU FRANC  Le franc s’est déjà affaibli dès 1919, date à laquelle les Etats-Unis cessèrent de soutenir les monnaies de leurs alliés. Mais la crise s’aggrave en 1924 au moment où le mark se relève. Le marché des changes indique une dévaluation de plus en plus grande du franc face à la livre :  Quelques chiffres :  1914 1£ = 25 F janvier 1924 1£ = 100F (justifiée comme une offensive des autres pays)  mai 1924 1£ = 74 F (grâce à l’aide de la banque MORGAN ) dèc 1925 1£=135F  mai 1926 1£= 170F (accélération de la spéculation sous les cartel des gauches juill 1926 1£= 243 F ou « mur de l’argent »)  3 jours après le retour de Poincaré 1£ = 190F (effet psychologique notable)  dèc 1926 1£ =124 F stabilisation officielle     Poincaré considère que les dévaluations de 1924 sont le résultats d’une guerre monétaire qu’a lancé l’étranger contre la France pour contrer sa politique autoritaire vis-à-vis de l’Allemagne, en fait les milieux des affaires français sont surtout attirés par la livre et par les taux d’intérêts élevés que propose la Grande Bretagne.  Le redressement grâce à la banque Morgan n’empêche pas la victoire du Cartel des Gauches en mai 1924 ; mais la spéculation croissante contre le franc entraîne la formation du « mur de l’argent », relayé par la presse et les campagnes de droite après notamment la menace d’un impôt sur le capital : les porteurs de bons demande un remboursement de leurs prêts à court terme puis convertissent leurs franc en d’autres devises, aggravant le déficit et la dépréciation du franc  Cette dépréciation eu tout de même du bon pour les industriels (coup de chance) car elle dope les exportations françaises et la croissance, mais l’opinion publique ne s’attache qu’a l’effondrement du marché des changes.  Dès le retour de Poincaré en Juillet 1926, hausse du taux d’escompte et mesures fiscales rééquilibrent le budget, le franc remonte et la banque centrale fixe son taux de stabilité à124F=1£  Commence alors une bataille entre :  - ceux qui souhaitent stabiliser les cours et donc l’économie (comme la Banque Centrale et son gouverneur Emile Moreau) - et les spéculateurs qui veulent continuer la revalorisation du franc  
Jusqu’en juin 1928, date à laquelle Poincaré décide la stabilisation officielle, la France n’a fait que racheter des devises étrangères (somme équivalente à 35 milliards de francs) qu’elle transforme en or, le stock d’or est exceptionnel mais cela à dangereusement affaibli la monnaie anglaise.   LES MALHEURS DE LA MONNAIE BRITTANIQUE :  La Grande Bretagne est le pays européen le moins touché à la sortie de la guerre : - moitié moins de pertes humaines que la France - pas de destructions terrestres - même si la dette publique atteint 7.5 milliards de livre (contre 0.7 en 1914), que la masse monétaire à été multipliée par 15 et que les prix ont doublés, le change n’a reculé que de 27%  La Grande Bretagne s’attache alors à retrouver sa convertibilité or et sa parité d’avant 1914 : - volonté de regarder le dollar en face - redevenir la première puissance monétaire - étalon or vanté par le rapport Cunliffe de 1919 - ne pas léser les épargnants qui ont souscrit aux emprunts de guerre  politique de rigueur et de limitation de l’inflation engagée (réduire la masse monétaire) et taux d’intérêts avantageux pour attirer les capitaux européens (efficace, cf supra)  1925, Gold Bullion Standard Act, la livre a retrouvé sa parité  Mais en 1926,les libéraux veulent éviter une surévaluation de la monnaie et proposent une baisse des salaires :  résistance syndicale et grèves des mineurs (6 mois !) aux échecs assez cuisants mais limitant la baisse des salaires à 10%  L’économie anglaise est prise au piège de sa monnaie forte, au moment où le Franc se redresse : - recul des exportations - recul de sa part industrielle mondiale (de 14% en 1913 à 9% en 1929) - chômage (25% des mineurs, 10% de la population) - difficulté à maintenir l’équilibre budgétaire et perte de confiance - seuls les invisibles et les revenus des services soutiennent l’économie mais ils ne résistent pas à la crise de 1929 - les pays ralliés au Gold Exchange Standard (ex : France) s’empressent de transformer leurs livres en or - avec la revalorisation du franc, reflux massif des capitaux vers la France  Finalement 3 types de profil entre 1918 et 1929 :    -effondrement des monnaies : mark, rouble,florin autrichien -flottement à la baisse puis stabilisation ( mais plus taux très inférieurs à 1913) : franc, lire italienne, franc belge -revalorisation : livre sterling, florin hollandais, monnaies scandinaves  De façon générale, les inflations et dépréciations ont conduit à la ruine des rentiers, des classes moyennes et populaires, alors que certains spéculateurs se sont considérablement enrichis. Le commerce mondial est désorganisé aux dépens des monnaies fortes mais au profit des monnaies faibles (conséquences sur les exportations).    B.  LES FRAGILITES DU COMMERCE MONDIAL   Les années 20 sont caractérisées par une léthargie du commerce international : - les Etats-Unis supplantent les anciennes puissances européennes - DTE aux dépens des pays exportateurs de matières premières - Protectionnisme ambiant et incertitudes demeurent
 UNE NOUVELLE HIERARCHIE COMMERCIALE  Europe : 1913 :81% des exportations de produits manufacturés  1929 : 67% des exportations de produits manufacturés Concurrence des Etats-Unis mais aussi Japon, Australie, Canada qui associent : - une hausse de compétitivité (Taylorisme) pour les produits manufacturés de fortes innovations dans les secteurs de pointe ( transport/électroménager/équipement) -- grands exportateurs de matières premières 16% des échanges mondiaux  En Europe, plusieurs profils se dégagent :  Certains pays restent leaders dans leurs secteurs privilégiés : (25% des exportations industrielles) France : automobile Italie : Textile Allemagne : équipement Ils profitent de plus de l’affaiblissement de leurs monnaies   L’Angleterre souffre de son vieillissement industriel et de sa spécialisation sur les marchés peu dynamiques ou très concurrencés (construction navale, textile). Sa monnaie forte rend de plus les prix anglais prohibitifs..  Mais le marché énergétique traditionnel recule face à la montée du pétrole et l’essor de l’aviation et de l’automobile. Les Echanges européens sont de plus affaiblis par la multiplication des frontières dues à l’émiettement de l’Europe centrale, les protections douanières se multiplient et les échanges avec l’Est soviétiques se font plus rares.  Les européens tels que Coudenhove Kalergi et Aristide Briand n’arrivent pas, à travers la SDN, à s’opposer aux nations attachées à leurs souverainetés.  UN PROTECTIONNISME GENERALISE  L’exemple du repli sur soi a été donné par les Etats-Unis qui malgré leur excédent commercial croissant, maintiennent des tarifs autour de 40%, les pays européens ont donc du mal à acquérir les devises nécessaires au remboursement de leurs dettes.  Les pays neufs maintiennent des douanes élevées pour se protéger de la concurrence européenne.  Même les champions européens du libre échange, les Anglais se protègent mais les tarifs ne dépassent pas 4% jusqu’au années trente. En France, les tarifs se détendent petit à petit quand à l’agriculture mais se renforcent pour l’industrie, elle maintient une protection autour de 12%, comparable à l’Allemagne et à l’Italie qui se tourne vers l’autosuffisance avec l’arrivée de Mussolini.  LA BAISSE DES PRIX DES MATIERES PREMIERES   La forte détérioration des termes de l’échange touche des secteurs et pays différents :  - produits alimentaires et coloniaux (blé, café, sucre)  Pendant la guerre, la production des pays hors d’Europe fut stimulée , mais dès 1921, les cours se retournent et s’effondrent au début des années 1930 : diminution de 50% des prix du coton aux Etats-Unis. Le marché mondial des céréales, par exemple, souffre d’encombrement.  Les farmers sont d’autant plus touchés qu’ils se sont endettés pour se moderniser alors que la demande augmentait pendant la guerre.
  produits textiles et minerais - Avec la réduction des budgets militaires dès 1924, les prix s’effondrent, et le marché de l’automobile en explosion n’arrive tout de même pas à empêcher la surproduction.  Seuls les pays producteurs de pétroles bénéficient du marché dynamique, encore que le Mexique subie un arrêt des investissements américains dès 1920.  La crise des ciseaux entraîne la formation de poches de pauvreté et de faible consommation dans les pays développés (crise des farmers aux Etats-Unis). Pour les pays seulement exportateurs de produits bruts, deux solution se présentent : - limiter les importations - s’endetter   Il faut noter que à cette époque seulement 10 pays assurent 90% de la production industrielle, la DIT est toujours en vigueur, la demande du nord en baisse freine donc de façon très générale tous les partenaires commerciaux.  DES ECHANGES MONDIAUX SANS DYNAMISME  Atonie du commerce mondial, celui-ci n’est plus moteur de la croissance puisqu’il progresse moins vite que la production.  C’est d’abord la conséquence de la nouvelle suprématie américaine qui dépend moins du commerce international que du marché intérieur (échanges = 5% seulement du PIB Contre15% dans l’ Europe d’avant guerre) : la tendance est au protectionnisme  Mais aussi : - de l’exclusion de la Russie soviétique - de la DIT avec appauvrissement des pays exportateurs de matières premières - incertitudes monétaires, manque de moyens de paiement et dettes  Les économies en sont fragilisées surtout si elles dépendaient beaucoup de leurs exportations (ex : Angleterre, Japon).  L’exemple Japonais montre qu’un pays très dépendant des Etats-Unis et affaibli par le tremblement de terre de 1923 à Tokyo fut une des premières victimes de la crise de 1929, les militaires en ont profité pour affirmer la nécessité de se créer un espace vital puisque la solution pacifique de l’ouverture commerciale est un échec.  C. LA FIN DES MIGRATIONS DE MASSE  Les années vingt marquent la fin de l’émigration européenne vers les pays neufs, après la guerre, ces pays se ferment.  En 1921, l’immigration (surtout slaves et méditerranéens) aux Etats-Unis s’accélère, provoquée par les troubles économiques en Europe et les nouveaux découpages en Europe Centrale. Raisons : - peur de la concurrence sur le marché du travail (aggravée par la réduction de main d’œuvre avec le t aylorisme) - peur des « rouges » - préférence pour les émigrés anglosaxons  apparition des quotas de 1921 et 1924 (fermeture et stratégie sélective)  Le flux des émigrants européens (1.5 millions en1910) est ramené en 1930 à 100 000  Mis à part les migrations dues à la guerre ou au socialisme russe, déplacement de minorités, les flux sont réduits et régionalisés.  
La France est le seul pays européen d’accueil et double presque son nombre d’étrangers entre 1927 et 1931 (1.5 millions puis 2.7 millions).  - produits textiles L’émigration japonaise se concentre sur Formose, Corée et Mandchourie.   CHAPITRE 3 : LE TRIOMPHE DE LA FRAGMENTATION DANS LES ANNEES TRENTE  
La crise de 1929 est l’accident le plus grave de l’histoire du capitalisme (production mondiale recule de 40%, les prix de 30 à 50%) La crise a surtout été nourrie des déséquilibres hérités de la guerre et des années folles : interdépendances existantes fragilité des pays : crise mondiale de 29=somme de crises nationales prédominance des doctrines libérales : gvt tardent à réagir La crise est perçue comme une agression extérieure fragmentation de l’économie mondiale en bloc antagoniste et souvent agressifs  A. La mondialisation de la crise   UNE ORIGINE AMERICAINE  « l’orgie de spéculation boursière » favorisée par : - optimisme - crédit surabondant et bon marché puis : - réveil tardif des autorités : relèvent les taux d’intérêt printemps 29 - Hoover panique d’où une crise boursière qui entraîne : - difficulté du système bancaire émietté : confronté au run de déposant et à des créances irrécouvrables - arrêt de l’investissement et recul de la conso : dû au choc psycho et à la paralysie des crédits surproduction chute brutale des prix + faillites + chômage  ex : production industrielle recul de moitié entre 1929 et 32  chômeurs = 25% des actifs  1 banque sur 5 font faillites  transmission de la crise :  « effet domino » immédiat en Amérique Latine et au Japon : dû à la chute en volume et en valeur de -leurs exportations - transmission de crise en Europe : reflux des capitaux et baisse des prix mondiaux Allemagne : alors qu’il existait un retour de l’Allemagne( entrée à la SDN(26), plan Young (29)), le déficit s’accélère dans les années 30 aubaine pour les partis d’opposition (nazis et communistes) qui obtiennent 184 sièges aux élections de juillet. Malgré le moratoire Hoover (juin 31 suspend les réparations) l’Allemagne doit rétablir le contrôle des changes (en juill) et placer tout l’appareil bancaire sous contrôle étatique Angleterre : arrêt des réparations et le blocage des avoirs entraîne augmentation le déficit de sa balance commerciale et diminution des réserves d’or. Donc Angleterre supprime la convertibilité or de la livre sterling (juill 31) France : dès lors est précipité dans une crise commerciale      
… OU UN ENCHAINEMENT DE CRISES NATIONALES  Le présent Hoover formule 2 objections :  La chronologie des événements : les quatre cinquièmes de l’économie mondiale étaient entrées en récession avant la crise une croissance industrielle qui bute avant la crise : pays exportateurs de matières premières étaient depuis 1921 et surtout 1925 touché par une surproduction mondiale marché extérieur insuffisant crise des ciseaux et stagnation des salaires ouvriers marché intérieur insuffisant les premières baisses du cours des actions sont enregistrées avant la crise (28 all, 29 GB)  La profondeur de la crise :c’est l’effondrement des économies européennes qui a rendu la situation incontrôlable pour les Américains qui commençaient à la maîtriser GB : crise commerciale due à ses choix monétaires All : s’est modernisé mais n’a ni stabilité politique ni autonomie financière France : se croit solide mais son commerce extérieur se dégrade Les crises américaines et européennes se sont nourries mutuellement aggravant l’intensité et la duré de la crise  Divergence des explications de la crise :  Pour les marxistes : traduit l’opposition surproduction /sous-consommation du capitalisme -- Pour les keynésiens : résulte du décalage entre mode productiviste (du XIXè) et mode de consommation (du XXè), il faut que l’Etat intervienne se transforme en Etat-Providence et régulateur - Pour les libéraux : résulte de l’intervention tardive des Etats et de leurs erreurs (contraction de la masse monétaire)   La divergence des solutions adoptées, l’absence de coordination internationale ont conduit à la dislocation de l’héritage du XIXè.  B. L’effondrement du commerce mondial   Les années 30 marque un recul des échanges de marchandises : volume des exportations diminue de 40% sa chute en valeur dépasse 60% La reprise économique n’entraîne pas de reprise des échanges avant 1938.   L’ENGRENAGE DU PROTECTIONNISME  Les 1 er , les Etats-Unis : Tarif Hawley –Smoot (juin 1930)=52% en moyenne de droit ad valorem Surprenant car : - le commerce extérieur était excédentaire  - US participent à la Conférence de la SDN en 1927 qui prône la fin des tarifs douaniers Destiné à : lutter contre la surproduction et la baisse des prix Suscite de violentes protestations dans le monde et déclenche un engrenage 1930 Amérique Latine, Canada, Australie, Europe centrale(Allemagne) : manque de débouchés et de crédits donc instauration d’un contrôle des changes. 1932 Angleterre : l’Import Duties Act établit tarif un général protecteur pour faire face à l’apparition du déficit de balance des comptes courants préférence impériale (conf d’Ottawa aout1932 : resserrement des liens et concessions politiques) 1931 France : recours aux contingents « surtaxe compensatrice de change » pour les pays dévaluateurs accord de clearing qui équilibre ses échanges avec ses partenaires repli sur l’Empire : « stratégie autarchique »    
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Cherifhassani

Sujet bien analyser

samedi 1 février 2014 - 15:15