La Chine Après Mao

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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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07/10/2007 La Chine démaoïsée La disparition du leader de la révolution communiste en Chine en 1976 pose à la Chine et aux dirigeants la chinois la question de l’héritage de Mao Zedong, d’autant qu’avant sa mort, devant l’échec de la révolution culturelle et l’apparition de dissensions au sein du PCC les clivages idéologiques s’articulent autour de l’acceptation au non du maoïsme et de son radicalisme. A l’image de la déstalinisation, l’expression de démaoïsation suggère une autocritique du régime communiste chinois, un assouplissement idéologique et une remise en cause des principes de gouvernement. Il faut donc se demander de quelle façon la Chine liquide l’héritage de Mao, comment cette passation-transition se traduit politiquement, idéologiquement et géopolitiquement. I-Le temps des réformes. La démaoïsation : un meiji chinois (1978-1986)A-Vers la démocratie ? Deng Xiaoping prend le pouvoir en décembre 1978 à la faveur d’une mobilisation populaire anti-maoïste et d’un mouvement démocratique (en novembre 1978, une manifestation réunit des milliers de personnes au cri de « Vive la liberté ! Vive la démocratie »; Mao est accusé d’avoir été un «fasciste patriarcal), même s’il assure l’aile conservatrice d’un retour au calme. « Printemps de Pékin » de 1979 : la profusion de journaux parallèles dans lesquels les tabous du régime apparaissent aux grand jours (prisons d’Etat, camps, famine du Grand Bond, bureaucratie dorée). Mais cette libération de la parole publique est rapidement encadrée par le régime qui fixe les limites du dicible. Ex : Deng Xiaoping explique le 16 mars 1979 qu’il faut défendre la voie socialiste, accepter le rôle dirigeant du parti et de la «dictature démocratique du peuple», respecter le marxisme-léninisme et la pensée de Mao. La répression reprend. Ex : Wei Jingsheng. La Chine délaisse le socialisme autoritaire de Mao pour un néo-autoritarisme plus proche de ceux en vogue dans le reste de l’Asie orientale (Singapour, Taiwan, Malaisie). Des espaces de réflexion et d’affrontement idéologique s’ouvrent mais ils sont clos et restreints. B-Villes et campagnes : les territoires de la démaoïsation La pression de millions de paysans aboutit à ébranler la collectivisation, un des fondements du maoïsme : les foyers paysans sont invités à signer avec les autorités des contrats de plus en plus souples qui leur assurent l’usufruit de la terre collective dont ils reçoivent l’usage sur plusieurs années afin de favoriser les investissements. En outre, le monopole de l’Etat sur les céréales et les communes populaires disparaissent en 1984 et 1985. Les revenus paysans suivent désormais la croissance de la production. Dans le monde rural, des services se développent et les industrie du Grand Bond renaissent. La réforme à la ville est absolument nécessaire dans la mesure où l’Etat ne dispose plus des mêmes revenus jusque là tirés des campagnes et que la croissance démographique et l’exode rural, rendu permis par la mise en place d’une carte d’identité nationale, alimente la croissance sans précédent des villes. Les besoins industriels sont en outre colossaux. Campagne contre la pollution spirituelle (pour protéger les jeunes ouvriers de l’influence occidentale). Réformes dans le secteur industriel en milieu urbains se heurtent aux syndicats et à tous ceux pour qui la recherche d’une certaine vérité des prix et d’une rationalité de la gestion constitue une menace. Ex : échec en 1984 de la mise en place d’une sorte de CDD. C-L’ouverture au monde Des zones économiques spéciales (ex: Shenzhen) sont mises en place dans le sud pour faire entrer des capitaux étrangers et former des cadres et des travailleurs aux technologies de pointe venues des pays les plus développés.+villes côtières «ouvertes »+zonesd’expansion économique et technique+zones économiques ouvertes + adhésion aux grandes organisations intergouvernementales (FMI, BIRD, Banque Asiatique de développement).+ entrée d’IDE ex: pour l’exploitation du pétrole. Pièce maîtresse de cette politique de développement : Hong-kong. Succès visibles dès le milieu des années 1980.
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II-Entre réaction et crise multiforme : les réformes en débat (1986-1991).Le retour de Mao ? A-Impasses de la politique réformatrice Accumulation des difficultés à la campagne (manque de capitaux, industrie inadaptée aux demandes de l’agriculture, accroissement des inégalités sociales, surpopulation, impôts alourdis au nom du développement des services publics dans les campagnes, abus). Développement en ville de trafics illicites et de la corruption. Multiplication des délits économiques. Inflation galopante qui conduit à une grave crise économique. B-Immobilisme et tensions politiques Réaction : 1987,campagne lancée contre le libéralisme bourgeois. Immobilisme : octobre 1987 Zhao Ziyang est confirmé comme secrétaire général et il défend l’idée que la Chine en est au premier stade du socialisme et défend ainsi le maintien de l’ordre social et politique (théorie néo-autoritaire proche du modèle singapourien). «Lutte entre les deux lignes» octobre 1988-avril 1989) :opposition entre ceux qui veulent réformer le système dans prix en ouvrant le marché chinois (Zhao Ziyang)et en diminuant le rôle de la planification centrale (démaoïsation totale) et ceux (Li Peng et Chen Yunqui veulent geler les réformes, abandonner la décollectivatisation – er c’est eux qui l’empotent le 1octobre 1988 donc durcissement du régime. C-Mobilisation et écrasement de l’opinion publique : vers la démaoïsation ? Les réflexions idéologiques quittent les cercles restreints des élites politiques et intellectuelles pour descendre dans la rue et aboutir au mouvement de la place Tian’anmen d’avril à juin 1989. 21 avril : 600000 étudiants (sur les 160000 à Pékin) se mettent en grève pour protester contre le matraquage d’une manifestation le 20, contre les conditions de vie difficile et la corruption des officiels. Ils sont 100000 le 27 avril et le mouvement se développe en province. 17 mai: 2 millions de Pékinois soutiennent les étudiants entrés en grève de la faim. Loi martiale le 20 mai ordonnée par Li Peng. Massacre le 4 juin (2500 civils), médiatisation nationale (diffusion par une télévision dont les images sont largement instrumentalisées afin de montrer des étudiants pillards, incendiaires, lyncheurs de soldats…) et internationale. La répression est légitimée a posteriori par les dirigeants au moment de l’éclatement douloureux de l’URSS. Les paysans eux aussi refusent l’orthodoxie du Parti qui sont en plus discrédités par un ensemble de scandales. III-Démanteler et poursuivre la politique de libéralisation. Le temps de « l’économie socialiste de marché » (de 1992 à nos jours) A-Il est glorieux de s’enrichir ! » (Deng Xiaoping, en tournée dans le sud en janvier« février 1992) Pendant cette tournée, il vante toutes les zones économiques qui ouvrent la Chine sur le monde, vante l’avenir glorieux de Shanghai et encourage la «pleine libération des forces productives ». Relance et accélération de la réforme en 1994 avce le programme de Zhu Rongji. B-La persistance des tensions sociales Surtout dans les campagnes. Du fait de la libéralisation économique :112 millions de travailleurs des entreprises d’Etat voient leur part dans la production totale passer de 76% en 1980 à 27% en 1995, tout en étant toujours aussi nombreux. Retard de versement de salaire, licenciement. 26000 conflits du travail éclatent dans le premier semestre 1997, émeutes urbaines. Malaise social devant l’accroissement des écarts de développement entre les différents espaces chinois et entre les individus. C-Recherche d’une solution idéologique à l’écartèlement de la Chine entre léninisme et capitalisme Entrée de la Chine dans l’OMC le 11 décembre 2001. Multiplication des contrats avec l’étranger. Shanghai, porte sur l’Occident.. Ouverture du Parti à des entrepreneurs privés. Théorie de la « triplereprésentativité » :le parti doit à la fois représenter «les forces productives les plus avancées », la « culture la plus avancée » et les « intérêts fondamentaux du peuple »abandon de la lutte des classes ? Toutefois un Etat de loi mais pas de droit et un Parti qui reste central (à la source de l’institutionnalisation de la nation et de la société) et des dirigeants incritiquables. Cc :aujourd’hui la question de la démaoïsation n’est plus pertinente: c’est celle de la remise en cause du modèle marxiste qui se pose à une Chine de plus en plus ouverte et surtout de plus en plus libérale.  2
Les commentaires (1)
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luther.tsakeng

ces vraiment impressionnant cet histoire sur mao

samedi 21 mars 2015 - 11:30