La civilisation Asiatiques Fiche de Cours

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La civilisation Asiatiques Fiche de Cours

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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PREMIERE PARTIE :
DES CIVILISATIONS PERENNES AU RENDEZ-VOUS DE LA MODERNITE
CHAPITRE 1 : LE PLUS VIEIL HERITAGE DU MONDE. LES CIVILISATIONS ASIATIQUES
“ Un jeune pays vieux de cinq mille ans ” affirme l’office national du tourisme de la république de Corée. L’histoire
des pays de l’Asie méridionale et orientale est ancienne et présente une indéniable continuité, malgré quelques
ruptures. On peut distinguer trois périodes historiques :
- le temps long de l’Asie, continent à la fois unifié et contrasté
- le choc de l’Occident à qui la première révolution industrielle et la croissance démographique donnent les
moyens de la colonisation et de la première mondialisation économique, avant le premier conflit mondial
- la “ renaissance de l’Asie ” dans le second XXème siècle, temps de l’indépendance recouvrée, ainsi que du
décollage et du rattrapage économiques, face à l’Occident : l’ancien conquérant a réveillé son grand concurrent
I/ DE VASTES COMMUNAUTES
1/ L’Asie orientale et méridionale est fille de l’Himalaya, “ château d’eau de l’Asie ”
L’Asie vit au rythme de la mousson qui l’unifie :
- mousson : alternance de la saison sèche et de la saison des pluies dans toute l’Asie des rizières.
- l’hiver, les vents du nord-est soufflent du continent asiatique refroidi vers l’océan Pacifique, plus chaud.
- l’été, l’air tropical est aspiré par la dépression thermique et dynamique qui s’est formé au- dessus de la Chine. Des
déluges s’abattent alors sur la Chine centrale et l’Himalaya qui comptent de 7 à 10 mètres de précipitations annuelles,
le record mondial.
Un paysage exceptionnel combinant une hydrologie puissante, une végétation luxuriante et une population
surabondante :
- civilisation du végétal et de l’eau (riziculture, pêche) dans les plaines rares mais totalement humanisées.
- l’Asie des moussons est un immense espace rural (700 000 villages en Inde) :
- espaces densément peuplés et maîtrisés (depuis le XIIIème siècle en Chine où est inventée la double récolte
annuelle de riz, depuis le XVIIIème siècle en Inde qui retient l’eau dans des
tanks
), où on peut parler de
“ tyrannie hydraulique ” par l’importance capitale de la riziculture.
- montagnes forestières et régions isolées, où on trouve plutôt la culture du brûlis, peu -peuplées mais occupant
la majeure partie du pays (60% en Chine). Ces terres sauvages et leur faune hantent l’imaginaire collectif (lion
du Pendjab dans le symbole de Singapour, la “ cité du lion ”).
Les fléaux de ces régions viennent d’abord des populations nomades du désert, de l’Asie centrale et des
steppes mongoles.
Ces grandes invasions posent un problème historique : les Mongols, les Mandchous et les Mohgols
sont-ils ou non, par les perturbations et les destructions qu’ils ont occasionnées, à l’origine des blocages et des
freinages des mondes indien et chinois jusqu’à leur réveil contemporain ?
2/ L’hindouisme et le confucianisme ont combiné pérennité religieuse et pérennité sociale
- importance de la dimension religieuse dans tous les domaines (politique, philosophie, morale). La hiérarchie de castes
en Inde et le culte des ancêtres en Asie orientale semblent immuables.
- deux grands foyers, la Chine et l’Inde, ont rayonné sur tout le continent et ont répandu, respectivement, le
confucianisme et l’hindouisme, même s’il ne faut pas négliger les religions locales (chamanisme en Mongolie,
shintoïsme au Japon qui vénère les
kami
ou divinités) :
- le monde hindouisé rassemble une grande partie du monde indochinois (Birmanie, Thaïlande, Cambodge) ainsi
que l’Indonésie (Java, Bali).
- il faut en particulier souligner l’expansion du bouddhisme qui comporte trois variantes :
- le grand véhicule (Chine, Japon, Corée, Viêt-nam)
- le petit véhicule (Sri Lanka, Birmanie, Thaïlande, Cambodge, Laos)
- le véhicule tantrique (Tibet, Mongolie)
- la civilisation de la Chine confucéenne a marqué de son empreinte le japon, la Corée et le Viêt-nam.
- plus tard viennent les religions de l’Ancien Monde :
- les marchands arabes implantent l’islam dans l’ “ angle de l’Asie ” (sud-est du continent), alors que l’expansion
du monde musulman gagne par ailleurs l’Asie centrale et le subcontinent indien.
- les communautés chrétiennes, venues d’Occident par les marchands, ne comptent qu’aux Philippines, le plus
grand pays catholique de l’Asie, et en Corée, tandis que des noyaux influents peuvent survivre au Japon ou, bien
plus difficilement, en Chine, au Viêt-nam ou en Indonésie
- le point commun des religions nées en Asie : modeste place accordée à l’individu et importance de la communauté :
- le confucianisme le définit essentiellement par sa place dans l’ordre du monde qu’il ne doit pas quitter
- le bouddhisme vise à son anéantissement dans le
nirvana
afin d’échapper au cycle infernal des résurrections
- l’hindouisme lui propose la métempsycose et la renaissance dans un être radicalement différent
II/ L’INDE DIVISEE ET REBELLE
Le nom de l’Inde vient du nom de la civilisation de l’Indus qui s’est développée dans cette vallée de 2400 à 1750 avant
J.C. L’Inde s’étend sur 3000 km du nord au sud, et 1900 km d’est en ouest. Elle couvre 3 300 000 km², c’est donc la
septième plus grande superficie du monde.
1/ La structure du monde indien est simple
- au nord, des chaînes plissées; au sud, une zone de plateaux (le Deccan); entre les deux, une plaine alluviale parcourue
par le Gange, symbole de la culture et de la civilisation indienne au cours des siècles.
- mousson l’été, d’où une forte humidité tout au long de l’année
- l’Inde est duale (Inde du Nord et du Sud), rurale (monde d’agriculteurs), et végétale (pays du riz et notamment du
basmati).
2/ La pensée et la culture indienne ont constitué une identité sur des strates multiples
Au milieu du second millénaire, les Aryens ont imposé des structures sociales rigides qui reposent sur le système des
castes (= division héréditaire et cloisonnée des groupes au sein de la société indienne) et une tradition religieuse que
l’on nomme Veda (révélation venue d’en haut). Ce système complexe associe la différenciation en quatre varnas et un
grand nombre de
jati
(groupe social, caractérisé par un degré spécifique d’impureté, ce qui le situe dans la hiérarchie
sociale hindoue).
Quatre varnas constituent l’armature de cette société :
- au premier rang, les prêtres (brahmanes), puis par ordre d’importance et de dignité, les
guerriers, princes et grands
seigneurs, les éleveurs les marchands les artisans, les paysans, enfin les hors castes, classe inférieure ou parias
(intouchables). Avec le temps, cette organisation s’est complexifiée.
- à la notion de varna s’est surimposée celle de jati, puis chaque jati a voulu se singulariser des autres en imposant un
ensemble de règles comportementales et sociales spécifiques et contraignantes concernant les habitudes de vie.
- ce système des castes, associé à la croyance en la réincarnation, constitue un redoutable frein à l’évolution
économique, car il conduit les populations à accepter leur sort : la misère serait la sanction d’une vie antérieure
dissolue ou criminelle. Ce système poursuit deux buts : sauvegarder la pureté du sang des Aryas, menacée par le
métissage, et préserver les privilèges des brahmanes. Ainsi le cloisonnement, l’exclusion, et l’inégalité des hommes,
sont des caractéristiques de la société indienne.
- deux idées fondamentales du brahmanisme des Aryas : la métempsycose (réincarnation) qui pousse les hommes d’une
condition à une autre en fonction de leurs actes sur terre, et l’idée d’une délivrance avec promesse d’éternité. Les
brahmanes ont aussi su récupérer les croyances populaires locales : les sectes de Civa et celles de Vishnou.
De cette rencontre particulière, mélange de spéculations métaphysiques et de croyances vernaculaires,
émerge ce qui deviendra l’hindouisme :
- coexistence de trois dieux principaux : Brahma le créateur, Vishnou le conservateur, et Civa le destructeur.
- les traits distinctifs de l’hindouisme : pratiques religieuses (le culte védique), pèlerinages (avec ablutions dans les
rivières sacrées), fêtes saisonnières, tradition funéraire (crémation).
- l’hindouisme n’a pas de centre religieux, pas d’organisation, pas d’église, pas de clergé ; c’est plus une attitude
philosophique qu’une religion au sens commun.
- deux religions dissidentes aux prétentions salvatrices progressent en réaction au brahmanisme philosophique et à
l’hindouisme populaire : le bouddhisme et le jaïnisme. Ces deux religions ont été fondées par de grands seigneurs et
propagées par les marchands.
- le bouddhisme se veut renoncement, rejet du monde et de la société pour assurer son salut personnel, afin
d’échapper au cycle des renaissances et atteindre le
nirvana
. Mais, à la différence de l’hindouisme qui est souple,
le bouddhisme, qui a une Eglise, ne se maintient pas en Inde.
- le jaïnisme insiste sur la nécessité de la souffrance personnelle, seul vecteur efficace vers le salut.
3/ Les grands apports de la civilisation indienne à l’humanité concernent surtout les arts et la spéculation
intellectuelle
Dans le domaine politique, le pouvoir a toujours été teinté de cruauté (passé agité, pays rebelle).
Des réalisations importantes sur le plan architectural :
- temples avec leurs çikhara (tours curvilignes et bombées) et leurs gopoura (portes à tours coiffées d’une
pyramide tronquée),
- dans l’Empire Moghol, réalisations architecturales majestueuses (exemple du Taj Mahal à Agra), les empereurs
encouragent le travail des artistes dans les domaines des arts décoratifs, de la peinture, de la miniature pour
l’illustration des manuscrits.
Une cuisine hindoue issue d’influences culinaires diverses qui se sont superposées avec le temps, héritées des invasions
multiples qui ont parcouru le pays (Grecs, Moghols, Portugais, Britanniques)
L’Inde se distingue en astronomie et en mathématiques (usage du zéro, dont le nom provient du sanskrit, acquis au
VIème siècle)
III/ LA CHINE, MATRICE DE L’ASIE ORIENTALE
1/ L’empire chinois est un “ pays-continent ” qui va du “ toit du monde ” aux “ Mésopotamies chinoises ” (R.
Grousset)
Le nom de Chine viendrait de la dynastie Qin (T’sin) qui régna de 221 à 206 av J.-C. Pour les Chinois, la Chine est
Zhonghuo, c’est-à-dire le pays qui est au centre du monde.
La Chine est immense
Quatrième pays le plus vaste du monde, avec environ 10 000 000 km², soit 7% de la surface terrestre. La Chine dispose
en outre de milliers de kilomètres de littoraux assez découpés, donc favorables à la vie maritime.
Elle se dispose en deux parties de part et d’autre “ d’une grande diagonale ” qui court du sud-ouest au nord-est,
opposant une Chine sèche et nomade à une Chine humide et sédentaire. Zonghuo, le “ pays du milieu ”, offre ainsi cinq
palettes de paysages :
- le pays du “ milieu fleuri ”, pays du fleuve Jaune.
- la Chine du fleuve Bleu
- la Chine du Xi Jiang et de la mer
- la Chine des montagnes
- la Chine du désert
Les trois grands fleuves chinois jouent un rôle essentiel par leurs plaines nourricières, par leurs
concentrations de populations, par l’accès au grand large…
Le fleuve Jaune (Huang hue) prend sa source au Tibet. Long de près de 5000 km, il arrose un vaste bassin grand
comme presque deux fois la France. Il exhausse son lit en plaine par dépôts successifs, ce qui le rend dangereux par ses
inondations et ses défluvations. Les dévastations considérables qu’il provoque lui ont valu le surnom de “ fléau des fils
des Han ”.
Le Yangzi, avec ses 5300 km, est improprement appelé fleuve Bleu par les Occidentaux. Son débit, 30 000 mètres
cubes par seconde, le place au troisième rang mondial après l’Amazone et le Congo. La crue d’été est amortie par de
grands lacs régulateurs et par des terres basses de part et d’autre de la ville de Wuhan. Cependant les crues de 1981 et
de 1991 ont encore été effrayantes par le nombre de morts et de sinistrés.
Le Xi Jiang est plus court (2100 km), puissant mais peu chargés en alluvions. Il doit être
endigué pour faire face à un
débit impétueux. C’est une artère navigable de Canton à Nanning.
2/ L’histoire de la Chine est celle du plus vieil empire du monde
Chronologie
- 618-907: dynastie des Tang, rayonnement militaire et culturel.
- 960-1279: dynastie des Song, grandes inventions (papier, poudre à canon).
- 1279-1368: dynastie Yuan, mongole; la capitale de cet empire, construite sur l'emplacement de l'actuel Pékin,
s'appelait Campaluc, "la cité de Kubilai Khan", le Cathay de Marco Polo; c'est à cette époque que les premiers
missionnaires arrivèrent en Chine.
- en 1368, un général d’origine paysanne fonde une nouvelle dynastie, celle des Ming, en réaction contre la domination
mongole; la capitale se fixa d'abord à Nankin la "capitale du sud" avant d'être transféré, au XVème siècle, à Pékin la
"capitale du nord", plus apte à surveiller les frontières; mais à cette époque les Chinois prirent du retard dans les
domaines philosophiques, mathématiques et scientifiques.
- 1644: apparition de la dernière dynastie, celle des Qing, qui disparaît en 1911.
La Chine du progrès et la Chine du retard
La Chine fut longtemps un pays à la pointe de la technologie mondiale: dès le premier siècle de notre ère, bien avant
l'Occident, elle utilise des billets de banques; elle a inventé le papier, la soie, la porcelaine, le gouvernail axial, la
boussole et le compas
De plus elle a été, au XVème siècle, une puissance maritime de premier ordre, disposant de plusieurs milliers de
navires de plus de cent mètres de long, les "bateaux trésors". Cela exige une administration, une technique et des
finances remarquables. La dynastie Ming a également réalisé de grands travaux, restaurant la muraille de Chine,
plantant des milliers d'arbres, creusant des canaux et réalisant 40 000 réservoirs d'eau pour favoriser l'irrigation des
rizières. L'empire du Milieu n'exige qu'un tribut de la part de ses vassaux, en échange de sa protection militaire (cf le
fameux voyage de Zheng He en 1405 jusqu’au Mozambique).
Si la Chine n’a pas exigé davantage et n’a pas poussé son avantage, c 'est principalement parce qu'elle a besoin d'une
main d'oeuvre nombreuse pour pratiquer la riziculture inondée, à la différence de l'Occident qui a opté pour la force
animale pour son agriculture. Ainsi à la fin du XVème siècle, les bateaux ne partent plus et la Chine se recroqueville
sur elle-même, prisonnière aussi de la rivalité entre les mandarins et les eunuques.
Dès le XIIIème siècle, la Chine est très peuplée (presque trop), ce qui conduit Fernand Braudel à dire : "cette
surabondance d'hommes aptes à tout faire aura gêné la civilisation chinoise... En Chine, la technique n'a pas suivi,
alors, la science... Le pays a été sans fin victime de la misère qu'entraînait cette surpopulation endémique"
- paysans et sédentaires vivent dans la crainte permanente des invasions nomades, d'où le syndrome de la
muraille et le souci permanent de la maîtrise de l'eau. Cela aboutit au T chinois. La barre horizontale du T, la
Grande muraille, rappelle que la Chine sédentaire s'est construite contre les invasions des Mongols nomades
- le nord de la Chine est un pays de terre et de désert, celle de Pékin face aux invasions; la Chine du sud est
davantage celle de la mer, des marchands, des contacts et des échanges
3/ La pensée et la culture chinoises sont d’une altérité radicale face à celles de l’Occident
La Chine s’efforce d’atteindre l’harmonie, le wa (=harmonie entre l'homme, la nature et la société), notion
clé chez Confucius :
- l’ensemble yin/yang constitue la double modalité qui permet de saisir le mouvement et le changement du monde: le
yin est repos, force terrestre, obscurité, féminité, humidité, passivité, alors que le yang est activité, initiative, aspect
céleste, luminosité, masculinité, rayonnement.
- la conception que les Chinois ont de la nature exige une relation à base d’harmonie avant toute chose (équilibrer les
influences du ciel et de la terre) d’où l’importance du paysage et de la géomancie.
Le confucianisme, le taoïsme et le boudhisme fondent la civilisation chinoise :
Confucius (551-479 av. JC) est considéré comme le maître et le docteur de l’empire :
- sa sagesse vise à assurer l’harmonie entre l’ordre naturel et l’ordre humain. les Chinois s’attachent au culte des
ancêtres et à la pité filiale prônée par le maître.
- le
junzi
, l'honnête homme, suit les recommandations du
senseï
, le maître;
- l'empereur est juste et bienveillant, et ses sujets lui doivent obéissance;
- le confucianisme justifie la hiérarchie sociale et transforme la politique en éthique.
Lao Tseu, professeur de Confucius, prône l’élévation de l’esprit et le respect des forces cosmiques. Il est le père du
taoïsme d'où viennent les notions de yin et de yang.
Le bouddhisme, la troisième grande sensibilité religieuse chinoise, venu de l’Inde, enseigne que le monde est illusoire
et composé d’une suite d’expériences douloureuses, et invite donc à rechercher le salut par des actes pieux pour
atteindre le nirvana (libération finale).
Les jeux du savoir et du pouvoir sont permanents en Chine :
La Chine a apporté des connaissances essentielles à l’humanité : le
hanyu
(écriture des Han, qui est comme l'emblème
du pouvoir), système des examens, médecine (acupuncture), mathématiques, astronomie, artisanat (textile), gouvernail,
boussole, prodigieuse gastronomie.
Les jeux de pouvoir se déroulent autour de l’empereur souverain :
- le souverain règne mais ne gouverne pas ; ses généraux, ministres, fonctionnaires s’en
chargent et forment
ainsi une véritable bureaucratie avec ses groupes de pressions et ses rivalités qui font de l'empire chinois un
régime instable
- en effet, des contre-pouvoirs sont toujours prêts à renaître (sociétés secrètes, groupes de pression, rivalités)
L’éternel défi de l’empire reste celui de l’unité politique :
- la Chine comporte une multitude d'ethnies, plus ou moins tolérées, reléguées ou oubliées. une cascade de
mépris peut ainsi s'exprimer brutalement.
- la Chine des minorités, c'est la Chine des périphéries. C'est pour cela que Pékin est sensible à l'importance de
ce bouclier occidental. Les Mongols sont 23 millions, les peuples turcs constituent l'essentiel des 30 millions de
musulmans chinois, les Tibétains ne sont que 2,5 millions.Le Guangxi, en Chine du sud, rassemble 60% du
peuplement minoritaire de Chine, avec les Thai, les Miaos-Miaos, et les Tibéto-Birmans.
IV/ LE JAPON SE SITUE “ AU BOUT DU PAYS DES HOMMES ” (FERNAND BRAUDEL)
1/ Le Japon est un pays isolé, à l’espace mesuré et violent
- archipel de 400 000 km² au total, très étendu en latitude, avec quatre îles majeures (Hokkaido, Hondo, Shikoku,
Kyushu).
- deux autres sites emblématiques : le Fuji Yama (montagne du feu) et la mer intérieure (Nakaï).
- inconvénients territoriaux : catastrophes naturelles fréquentes (tremblements de terre, raz de marée, éruptions
volcaniques), rareté des plaines, peu de ressources énergétiques et minières.
- quelques atouts cependant : bois, bambous, coton, mûrier, riz, ressources de la mer. Très tôt dans son histoire, le
Japon a su tirer le maximum possible de ressources réelles, mais limitées.
2/ La culture japonaise syncrétise les apports du reste de l’Asie
Insulaire, Nippon a su acclimater et faire siennes les cultures venues d'ailleurs. Sa pensée est très particulière.
Sur le plan religieux :
- la religion du Japon est le shinto qui est plus une attitude par rapport aux choses et aux êtres qu’une religion
révélée. C'est une sorte d'animisme destiné à faire vivre en bonne intelligence les hommes dans la nature et en
harmonie avec les ancêtres disparus. Les
torii
, sortes de grands portiques, indiquent les endroits sacrés, visités
par les
kamis
, divinités se confondant avec des éléments de la nature. Civilisation de l'éphémère, la civilisation
japonaise détruit le temple national d'Ise tous les vingt ans pour le reconstruire à l'identique.
- venu de Chine et ayant transité par la Corée, le confucianisme, installé dans l'archipel depuis l'an 284 de notre
ère, imprègne la mentalité des Japonais qui constituent une société d'obéissance. Le bouddhisme est également
venu de Corée entre 552 et 624 après JC et peut se diversifier en sectes. On a pu dire qu'au Japon, on naît shinto
et on meurt bouddhiste.
- le Japon compte aussi un peu plus de 800 000 chrétiens et quelques dizaines de milliers de musulmans.
Certains historiens expliquent l'échec de la christianisation du Japon par la peur du pays de voir disparaître son
identité.
Sur le plan des mentalités et de la culture :
- le Japon est profondément marqué par le bushido, code martial et moral qui insiste sur le courage, la rectitude,
la fidélité, le contrôle de soi et l’honneur
- la culture du japon, c'est aussi la littérature et la poésie. le
Kojiki
(712), écrit partiellement en japonais,
concerne les "notes sur les événements du passé". Le
Nihonbashi
(720) est une suite de chroniques du Japon,
écrit en chinois.
- d'autres formes d'art s'épanouissent au Japon: l'architecture qui travaille le bois dans les sanctuaires et les
châteaux, l'art du jardin et des
bonzaï
, l'art floral en liaison avec la foi bouddhiste, l'art du thé, la peinture.
- d’une façon générale les Japonais aiment exalter leur singularité nationale
société homogène et disciplinée.
3/ Les foyers de civilisation et les régions expriment bien, aujourd’hui encore, la géo-histoire originale de
l’archipel nippon
Sur la longue durée, le Japon paraît exceptionnellement homogène et « unique ». Cependant, il n’en présente pas moins
des contrastes régionaux.
L’opposition entre Japon de l’Ouest et de l’Est :
- il existe d’abord un Japon de l’Ouest, le Kansai, avec ses capitales historiques qui ont diffusé
leur culture
(Kyoto, Sakaï, Osaka). Deux cités méritent une mention particulière pour leur rôle économique: Sakaï, et surtout
Osaka, "la cuisine de l'empire", à partir du XVIIème siècle. La culture de cette contrée est surtout maritime et
commerçante, en relation avec la Chine et la Corée.
- il existe ensuite un Japon de l’Est, le Kanto, dont les capitales sont Kamakura, Odawara, et Edo (le futur
Tokyo). Cette région se développe à partir du XVIème siècle, grâce aux outils en fer, à la roziculture inondée, à
un véritable appareil d'état, et surtout à une population nombreuse.
- le Tokkaïdo est la voie la plus encombrée du Japon, qui permet de relier Edo à Osaka, en
passant par Nagoya
Cette opposition Kansai/Kanto ne doit pas faire oublier les autres régions de l’archipel :
- Kyushu est traditionnellement la porte du Japon vers l’extérieur, pour la guerre et pour la paix.
- le nord-est du pays n’a pas de rôle stratégique et commercial important et fait plutôt figure de frontière.
V/ LA COREE, “ PLAQUE TOURNANTE ” DE L’ASIE DU NORD-EST
1/ La péninsule coréenne est une montagne entre mer Jaune et mer de l’Est
- la péninsule coréenne est un territoire qui s’étend sur 1000 km de long ; elle sépare la mer Jaune de la mer du Japon
que les Coréens appellent la mer de l’Est, et ce territoire se trouve relativement près du Japon (200 km)
- les deux Corée forment un espace de 220 000 km², constitué à 80% de montagnes
- ensemble cependant dissymétrique : plus montagneux à l’est alors que l’ouest est moins élevé, avec plus de collines et
de plaines
deux fleuves principaux : au nord le Yalou (790 km), et au sud le Han (514 km)
- climat coréen tempéré dans l’ensemble, mais le potentiel est limité en surface agricole utile, en ressources
énergétiques et en matières premières
2/ La géographie de la Corée induit la géopolitique de l’Asie du Nord-Est
- la situation de la Corée en fait un pays pont par rapport à de très grands pays de ce monde (Russie, Chine, Japon) qui
ont à plusieurs reprises tenté de s’y installer : la Corée “ a le malheur d’être un chemin naturel ” (Fernand Braudel)
- c’est dans la partie septentrionale du pays qu’apparaît une première organisation politique, appelée Ko-Choson ; trois
royaumes se forment rapidement et luttent pour la domination de la péninsule:
- Koguryo (37 av JC-668 ap JC)
- Paekche (18 av JC-669 ap JC)
- Shilla (57 av JC-935 ap JC) qui finit par l’emporter ; nouvelle dynastie en 918, Koryo, d’où vient le
nom de Corée
- importance du boudhisme, mais aussi du confucianisme
- âge d’or au XVème siècle : création d’une Académie littéraire, d’une bibliothèque, encouragement à la recherche,
constitution d’un alphabet (le hangeul)…
- les invasions étrangères menacent le pays en permanence et transforment la Corée en “ royaume ermite ” qui se
recroqueville sur lui-même jusqu’aux traités inégaux avec le Japon (1876) et les Etats-Unis (1882) ; la Corée est
finalement annexée par le Japon en 1910.
3/ La civilisation coréenne révèle une culture originale, forte et attachante
- la Corée a hérité d’influences chinoises et sibériennes dont elle a fait une synthèse originale.
- le patrimoine historique concerne l'architecture (avec des temples et des bâtiments officiels aux toits pointus et
cornus), la céramique (céladons, à base de grès et de terre porcelaineuse, recherchés dans le monde entier).
- les Coréens sont connus pour leur amour traditionnel de la danse et du chant (cithare, tambour, flûte)
- l’importance du riz dans la culture coréenne
VI/ L’ASIE DU SUD-EST, “ ANGLE DE L’ASIE ”
Ce monde complexe s'est construit sur des civilisations rurales et des comptoirs étrangers. Il est aussi marqué par une
vigoureuse tradition de la piraterie. L'Asie du sud-est se trouve à la confluence de deux grandes aires culturelles,
l'austro-asiatique, qui vient plutôt du continent, et l'austronésienne, qui vient plutôt de l'océan et des archipels.
Trois systèmes d'écriture cohabitent dans la région: l'écriture birmane au Myanmar actuel, l'écriture alphabétique
d'origine indienne, et l'écriture romanisée ailleurs, sans compter l'écriture arabe des écoles coraniques et les
idéogrammes viêtnamiens anciens. Ainsi sur le plan linguistique, l'ensemble constitue une tour de Babel, avec des
voisins qui peuvent se comprendre ou non. C'est la raison pour laquelle les deux grandes langues de l'Asie du Sud-Est
sont aujourd'hui le chinois et surtout l'anglais.
Mais l'"angle de l'Asie" est essentiellement un "archipel posé sur l'eau" (Jacques Gravereau), car il est constitué d'un
ensemble immense de péninsules et d'archipels comme ceux des Philippines et de l'Indonésie. Les mers du sud sont
devenues un véritable carrefour des colonisations européennes et américaines, sans compter l'ombre portée des empires
japonais et chinois. Aujourd'hui encore, le logo de la compagnie pétrolière Royal Dutch Shell est toujours le coquillage
emblématique de la Compagnie des Indes orientales au temps de Batavia.
De nos jours, les entités politiques qui constituent l'ASEAN sont de taille inégale et sont encore marquées par les
antagonismes séculaires :
- la région a vécu tour à tour l'arrivée des Arabes, des Anglais, des Portugais, des Espagnols, des Néerlandais,
des Chinois, des Français, des Américains, puis enfin des soviétiques.
- les ressources naturelles diversifiées sur terre ou en mer font de cette région un ensemble géopolitique sensible.
- les détroits de Malacca et de Macassar, ainsi que ceux de la Sonde, de Lombok et de Luçon sont les passages
obligés entre le Moyen-Orient, vite rallié par les occidentaux, et l'Extrême-Orient, celui des grands empires.
1/ Le monde indochinois, de la Birmanie eu Viêt-nam, est caractérisé par le morcellement physique et humain
La Birmanie est l’Etat le plus occidental
-
le coeur du pays (676 000 km²) est essentiellement constitué par le bassin de l'Irrawaddy cerné par les
montagnes et leurs peuples "périphériques"(Arakan, Chin, Kachin...)
-
au XIIIème siècle s'est épanouie une brillante civilisation birlane et bouddhiste, qui s'exprime surtout dans
l'architecture et la sculpture
-
pression britannique sur les rois birmans au XIXème siècle, et finalement annexion de la Birmanie à l’empire
des Indes en 1886
La Thaïlande (574 000 km²), qui occuppe l’ouest de la péninsule indichinoise, est l’ennemi héréditaire de la
Birmanie et du Viêt-nam
-
les Thaïs, qui constituent aujourd'hui 80% de la population, occupent essentiellement la plaine centrale du
fleuve Ménam.
-
au départ de l'histoire du pays, il y a des royaumes indianisés, mal définis, en liaison avec le pays cambodgien
et la Chine. Les Thaïs eux-mêmes semblent être venus de Chine méridionale et sont connus sous le nom de
Syams. Malgré des pressions de l'Occident, cet état, réussit à préserver son indépendance, et prend d'ailleurs
dans l'entre-deux guerres le nom de Thaïlande, le pays des Thaïs, en une réaction nationaliste face à
l'occident.
Le Laos (237 000 km²) est un petit pays enclavé, qui jouxte la vallée du Mékong
son peuple appartient à la famille des Thaïs, avec des influences khmères et vietnamiennes. Son peuple
bouddhiste établit sa capitale à Vientiane en 1563
Le Cambodge (180 000 km²) borde le golfe de Thaïlande
-
le coeur du pays est une dépression occupée par des lacs (le lac Tonlé Sap en particulier).
-
vers 900, une brillante civilisation khmère et bouddhiste se manifeste par ses temples (Angkor), par
l'irrigation et par des conquêtes militaires jusqu'aux confins de l'actuelle Birmanie et de l'actuel Viêt-nam.
-
ce pays a été, tout au long de son histoire, disputé par les Siamois et les Vietnamiens, jusqu'au protectorat
français en 1863.
Le Viêt-nam (335 000 km²) est une contrée où dominent les montagnes et les hauts plateaux
-
trois grandes régions: Tonkin, Annam, Cochinchine. Le peuple vietnamien actuel provient d'éléments
mhongs, viêts et chinois.
-
au début de notre ère, les bassins du fleuve Rouge et de la rivière Noire sont profondément sinisés et pénétrés
par le bouddhisme. Mais les premières dynasties locales lutent contre la dominaion chinoise en même temps
qu'elles s'efforcent de contrôler le sud, plus rebelle.
-
après bien des tribulations, un empire du Viêt-nam est fondé par Nguyên Anh (1802-1859), soutenu par Mgr
Pigneau de Béhaine.
-
C'est la persécution des chrétiens qui entraîne l'intervention de la France en 1859 qui colonise alors la
Cochinchine.
-
grâce à ses dirigeants, le Viêt-nam a constitué rapidement un véritable Etat-nation administré de façon
efficace: administration territoriale, impôts, routes, maîtrise de l'eau par des canaux et des digues armée
puissante...
2/ Le monde malais couvre un ensemble immense de péninsules et d’archipels
Le mot « malais » peut s’appliquer à la fois aux populations péninsulaires et côtières et à la plupart des insulaires dans
l’archipel indonésien.
La culture malaise est très spécifique : Malais proches de la nature, ils vivent de la pêche et d'une petite agriculture au
milieu de la forêt, ils vivent dans des petits villages (
Kampung
) au coeur d'une végétation foisonnante, croyances assez
mêlées (l'animisme ancestral tient au proche contact avec la nature), influence indienne dans l'architecture et les
légendes, islam présent depuis plusieurs siècles.
La langue malaise participe aussi à l'unité de ce monde (elle est la même en Malaisie et en Indonésie). De plus, malgré
la présence de toutes les religions (animisme, bouddhisme, hindouisme, christiannisme, islam, confucianisme), la
religion musulmane constitué un réel facteur d'unité.
Il ne faut pas oublier l'exceptionnelle richesse de la biodiversité.
L’archipel des Philippines, à l’est de l’Asie du sud-est, s’étire entre le 5
èm e
et le 20èmedegré de latitude nord
-
environ 7000 îles mais seulement une dizaine couvrent 90% du territoire.
-
climat tropical et chaud (mousson, typhons).
-
la population philippine a accueilli des vagues successives de Négritos, de proto-Indonésiens et de Malais,
puis à partir de IXème siècle de notre ère, des commerçants chinois et musulmans.
La Malaisie (330 000 km²) regroupe deux territoires distincts : la Malaisie occidentale et la Malaisie orientale
-
flore et faune luxuriantes et exubérantes
-
civilisation très riche car elle incorpore les aborigènes, et leurs divers groupes ethniques plus ou moins
animistes, et les Malais
-
arrivée de l’Islam dès le XIVème siècle : la Malaisie devient un grand centre commercial et un foyer de
diffusion de la civilisation musulmane
L’Indonésie, “ îles de l’océan Indien ”, véritable pont entre l’Asie et l’Australie, est le plus grand archipel du
monde (2 millions de km²)
- 13 000 îles
dont Kalimantan (ex-Bornéo) avec 540 000 km2, Sumatra (473 000 km2), Irian jaya (Nouvelle-Guinée
occidentale, 420 000 km2), Sulawesi (Célèbes avec 190 000 km2) et Java (132 000 km2).
- nombreux volcans (plus de 400 actifs dont le Krakatoa), sols fertiles ; la vie (faune et flore) foisonne en Indonésie.
- l’unité de l’Indonésie reste fragile :
-
le système de croyances et la pensée religieuse sont très diversifiés car les influences sont multiples (Japon,
Inde), mais prédominance de l’Islam (premier pays musulman du monde)
-
on compte plus de deux cent langues dans l’archipel
-
rayonnement de la musique et des danses, ainsi que de l’artisanat
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devise nationale : “ l’unité dans la diversité ”
Les commentaires (1)
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walterzakizak

support de cours tres interressant

lundi 16 février 2015 - 15:10