La croissance des pays du Tiers monde en recherche de developpement

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La croissance des pays du Tiers monde en recherche de developpement

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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C La croissance des pays du Tiers-monde en recherche de développement II Les caractéristiques et les causes du sous-développement 29Définition et aspects du sous-développement 30Il peut se définir jusqu’en 1973 à partir de différents indicateurs comme le PNB par habitant, qui est un indicateur arbitraire masquant les différences régionales. C’est un indicateur de croissance et non de développement. Ce peut être aussi la consommation de calorie par habitant qui selon l’ONU doit être de 3000 pour un travailleur. Or, il y a encore près de 70% de la population mondiale qui vit avec moins de 2000 calories par jour. C’est la sous-nutrition à laquelle peut s’ajouter la malnutrition qui est une carence en protéines et vitamines. Ce peut être aussi la répartition socioprofessionnelle des actifs selon notamment le classement de Collin Clark. Un pourcentage élevé d’actifs dans le domaine agricole (autour de 70%) et un secteur tertiaire plus développé que le secteur secondaires sont des signes de sous-développement. 31A ces indicateurs s’ajoutent des critères dans le domaine démographique. Par exemple, des taux de natalité et de fécondité élevés, un taux de mortalité infantile élevé, une espérance de vie courte, une population jeune (40% de moins de 15 ans) et une mortalité en baisse. Ce peuvent être des critères sociaux comme une hygiène rudimentaire, un manque d’eau potable et un faible taux de scolarisation. C’est aussi l’absence de classe moyenne, une faible mobilité sociale, une rigidité des mentalités, un chômage élevé, un travail des enfants élevé et la présence de régimes autoritaires et corrompus. 32Les critères économiques correspondent surtout à une économie désarticulée et dominée. Dans le secteur agricole, on trouve d’immenses domaines (les latifundias) comme de minuscules exploitations (les microfundias). Il y a principalement des industries extractives à faible valeur ajoutée et les filières de production ne sont pas cohérentes. Les industries peuvent être aux mains des étrangers, on observe une carence de l’épargne et des infrastructures insuffisantes. Dans le même temps, on peut voir des dépenses de prestige et militaires importantes. On observe une inflation galopante, un endettement et une détérioration des termes de l’échange. 33Les causes du sous-développement Les explications sont très différentes d’un pays à l’autre. Cependant, on peut voir deux grandes catégories de causes : les causes naturelles et les causes historiques. α) Les facteurs naturels34Les pays en voie de développement sont principalement situés dans la zone intertropicale où l’on trouve des climats chauds. On trouve d’abord le climat
équatorial qui est chaud et humide toute l’année, qui ne comporte pas de saisons et ceci du au fait que les rayons du soleil arrivent toujours dans la même direction dans ces régions. C’est une zone de haute pression où il pleut tous les jours. Ainsi, les sols sont lessivés et la pluie emporte tous les minéraux contenus dans la terre. 35On trouve également le climat tropical humide qui est un climat chaud toute l’année comportant une saison sèche et une saison des pluies. Il y a un rythme saisonnier de la végétation mais l’abondance d’eau permet de cultiver. On trouve aussi le climat tropical sec qui ne connaît peu ou pas de saison des pluies. On peut trouver également des déserts comme le désert du Sahara. Le cas de l’Asie est quelque peu différent puisque le ratio terre/mer y est inversé. L’air chaud s’y accumule donc au-dessus de l’océan et les vents poussent cette masse vers la terre donnant ainsi le phénomène de mousson. 36Les climats sont à l’origine de la végétation tout comme le sont les sols. Un sol est le mélange entre la roche en place et la décomposition de la végétation. L’absence de sols est un handicap pour les pays qui la connaissent. Les climats ont donc une influence sur la mise en valeur économique d’un pays ainsi que les reliefs. β) Les facteurs historiques 37Plusieurs thèses basées sur l’histoire expliquent le sous-développement. Il y a d’abord la thèse de Rostow du retard : tous les pays développés ont connu à un moment donné une phase de sous-développement. On peut donc espérer que les pays en voie de développement arriveront un jour au développement en ayant surmonté les obstacles. Une autre thèse indique que le sous-développement est le produit du colonialisme des pays riches qui maintiennent le sous-développement dans certaines régions par des phases d’impérialisme : impérialisme commercial ème ème aux 16 et 17 siècles qui a crée un rapport inégal en assurant une exclusivité commerciale par le pacte colonial. L’impérialisme commercial a bloqué le développement économique en ne valorisant que quelques aspects des pays colonisés et en développant des infrastructures valorisant la métropole empêchant ainsi le développement industriel. Le pays dominé vassalisé devient un réservoir de matières premières et de main d’œuvre bon marché. C’est la thèse de Furtado. 38Dans les années 70, se développe un courant tiers-mondiste qui souhaite un développement économique de ces régions du monde en étant protégées, sans rapport avec le développement économique mondial. Les thèses marxistes reprennent ces arguments avec l’affirmation que le sous-développement résulte des contraintes exercées par le centre capitaliste sur la périphérie. Certains voient dans le sous-développement une situation de blocage qui empêche une utilisation optimale des ressources humaines et économiques. François Pérou développe la thèse des 4 cercles vicieux du sous-développement. La croissance démographique est supérieure à la croissance des richesses donc la subsistance pose problème. L’agriculture est sacrifiée et les cultures commerciales et spéculatives sont préférées aux cultures vivrières. L’économie est désarticulée et dualiste. On a un autre cercle vicieux avec la valorisation des richesses du sous-sol aboutissant à des revenus faible et inégalement répartis car sans développement des filières. 39En réfléchissant sur les causes du sous-développement, on peut trouver les remèdes
et choisir un modèle de développement. De 1960 à 1970, on a vu que des pays s’étaient impliqués dans des stratégies très diverses qui vont rapidement montrer leurs limites. II L’exemple de la Chine. La Chine est un immense pays d’environ 10 millions de km² qui possède une civilisation millénaire. Elle connaît en 1949 un bouleversement politique important avec l’arrivée de Mao Zedong au pouvoir et la proclamation de la République Populaire de Chine après une longue guerre civile entre 1945 et 1949. En 1911, une première république de Chine avait été crée par Sun Yat Sen qui dirigeait le Guo Min Dang. Elle sera, à partir de 1937, occupée par le Japon. Pendant cette période, la Chine a remis en cause les concessions qui ème avaient été faites au 19 siècle aux étrangers. a) Mao Zedong 40Il est né en 1893 dans une famille de propriétaires fonciers du Hunan, il connaît donc le monde paysan chinois dominant. Il fait des études d’instituteur et devient aide bibliothécaire à l’université de Pékin ce qui lui permet de lire et de découvrir la pensée marxiste à laquelle il adhère en partie. Ces ouvrages sont alors plus ou moins clandestins dans une Chine en plein bouleversement. En 1921, il fonde avec douze camarades le Parti Communiste Chinois et devient militant entre 1925 et 1934 en organisant des soviets ruraux et des rébellions paysannes dans les régions que le parti nationaliste au pouvoir ne contrôle pas. Il est proche du Guo Min Dang sur l’idée de chasser de Chine la présence et la domination étrangère. Mais il est en même temps idéologiquement opposé au parti nationaliste dirigé à partir de 1925 par Tchang Kai Tchek qui veut mettre en place une économie capitaliste. Tchang Kai Tchek décide d’éliminer les communistes dont une partie est liquidée et dont l’autre entame une « longue marche » à travers les montagnes en 1934-1935 pendant laquelle de nombreux communistes meurent. Quelques 20 000 rescapés arrivent dans la province du Nord du Chen Si, province qui échappe au gouvernement de Tchang Kai Tchek. Mao y met en place en République Chinoise Soviétique et lance une réforme agraire. En 1936, Mao se rapproche de Tchang Kai Tchek en le sauvant d’un attentat commis contre ce dernier par des communistes et les deux partis se mettent à collaborer contre l’ennemi commun que sont les Japonais jusqu’en 1945. Lorsque la guerre s’achève, les deux partis s’affrontent dans une guerre civile dont Mao sort victorieux. 41La pensée de Mao est très originale par rapport à la pensée marxiste. Mao est un marxiste qui voit dans le monde paysan chinois le fer de lance de la révolution. Il souhaite lancer ce monde paysan dans une profonde réforme agraire pour le faire
sortir de la misère. Il a une conception révolutionnaire également différente de celle de Lénine en ce qui concerne la bourgeoisie chinoise. Il ne considère par les bourgeois comme des ennemis à abattre à condition que ces derniers n’aient pas collaboré avec les Japonais pendant la guerre. Il voit au contraire en eux une force révolutionnaire et il n’envisage pas de mettre en place une dictature du prolétariat immédiatement. Il est pour la collaboration des classes et le symbole de cette dernière est le drapeau chinois dont la grande étoile représente le Parti Communiste Chinois et les quatre petites les quatre classes de la société chinoise : les paysans, les artisans, les ouvriers et les bourgeois. Mao est extrêmement volontariste et conçoit le changement de la société par une intense mobilisation idéologique, il faut créer un homme nouveau en mettant en place une nouvelle idéologie et en développant ses pensées. Mao pense que l’homme doit se détacher de son passé et de toutes les faiblesses bourgeoises illustrées par l’égoïsme et le goût du profit pour aller vers un homme combattant et ayant une volonté de fer : en somme un homme pouvant déplacer des montagnes pour le bien commun. L’homme doit être continuellement interpellé par la pensée révolutionnaire. La révolution est permanente. C’est aussi un marxisme pan asiatique où tout ce qui est chinois est essentiel, un marxisme nationaliste et à la limite l’ensemble de l’Asie doit vivre avec les idées révolutionnaires. Mao a des ambitions expansionnistes que ce soit territorialement ou idéologiquement. 42Ce qui frappe, c’est une succession de cycles alternés de phases de relatif apaisement de régularité administrative et des phases de révolution et de mobilisation des masses au détriment de la construction économique. Certains y voient le yin et le yang. Le yin désigne l’ombre, le temps pluvieux, le genre féminin, la passivité et en cuisine tout ce qui est sucré et fondant. Le yang désigne le soleil, la chaleur, le genre masculin, l’activité et en cuisine ce qui est croquant et salé. Ces deux principes alternent indéfiniemment : à l’amour succède la haine, à la joie succède la colère et toute fin est déjà en soi un début. Il y a dans la pensée chinoise traditionnelle une dialectique que l’on retrouve dans la pensée marxiste à laquelle est peut donc s’adapter. C’est cette combinaison des pensées qui explique la pensée de Mao et son action.
b) Les débuts de la République Populaire et la 1949-1952
reconstruction
43C’est une période de très grandes difficultés pour la Chine qui est isolée au niveau international. En effet, l’arrivée de Mao au pouvoir fait que la Chine populaire n’est pas reconnue par l’ensemble de la communauté internationale exception faite de l’URSS. Staline propose à Mao un traité d’amitié et d’entraide mutuelle. Les EUA eux refusent de reconnaître la Chine populaire et ne reconnaissent que la Chine de Tchang Kai Tchek qui siège à l’ONU en tant que membre permanent du Conseil de Sécurité. L’URSS demande à l’ONU que la Chine populaire puisse siéger mais les EUA posent leur veto en 1950. L’URSS quitte alors l’ONU et se déclenche la guerre de Corée pour laquelle les EUA demandent de mener leur intervention sous la bannière de l’ONU. Les chinois viendront aider les communistes de Corée du Nord.
44La reconstruction est difficile dans un pays ruiné et misérable après de très longues guerres. Pour cette reconstruction, sur le plan politique, les quatre classes collaborent avec le gouvernement central. Le Parti Communiste occupe les postes clé du gouvernement mais il existe quelques autres partis centristes. L’objectif est er de moderniser la Chine et de préparer la voie au socialisme. Une première loi du 1 mai 1950 sur le mariage va transformer profondément la société chinoise traditionnelle car, en effet, cette loi annonce que le mariage doit être le résultat du libre choix des époux, loi qui confirme l’émancipation de la femme et l’égalité des sexes. Il y a donc une dislocation très profonde de la conception de la famille chinoise qui était la suivante : la fille part de la maison à son mariage et n’y revient jamais pendant que le garçon reste et veille à la retraite de ses parents. Une deuxième loi de 1950 est celle qui lance la révolution agraire par laquelle on distribue 47 millions d’hectares de terres à 37 millions de paysans pauvres. Ces terres appartenaient aux riches paysans car en effet 10% de la population rurale détenait près de 70% des terres. On leur donne également un peu de bétail et une maison. Il y a partage autoritaire des terres. Sont alors crées des équipes d’entraide mutuelle saisonnières ou annuelles mais la propriété privée n’est pas supprimée. Dès 1952, 40% des paysans sont regroupés dans ces groupes d’aide composés de 5 à 8 familles. On engage également une lutte contre les fléaux de la société chinoise que sont l’opium, la corruption, la bureaucratie et le gaspillage. On réforme également la langue avec une simplification de l’écriture par laquelle de nombreux idéogrammes sont éliminés et on en précise la transcription syllabique en sons. On lutte contre les mouches, moustiques, rats, moineaux et autres vermines. 45Il y a également une prise en charge de la production dans 5 secteurs. On crée des entreprises d’Etat qui ont été le plus souvent confisquée aux collaborateurs. La production provient également du capitalisme national. On développe les coopératives et on accepte cependant la petite production privée individuelle et dans les villages. On encourage dans le même temps la propriété mixte pour sortir le peuple d’une immense misère. Cette période de collaboration n’est pas sans crise avec parfois des périodes de violence. Les individus ne sont pas jugés pour eux-mêmes et la terreur est utilisée. On estime entre 1 et 3 millions le nombre de victimes dans cette période. Les exécutions sont publiques et obligatoires.
c) Vers le modèle soviétique 1953-1959
46C’est au moment de la mort de Staline que Mao décide d’imposer à la Chine un modèle de développement de type Préobrajanski avec une planification rigide de type URSS. Mao impose la collectivisation des terres. Les coopératives sont étatisées rapidement et le paysan est dès lors payé en fonction du travail fourni. En 1956, 92% des paysans sont intégrés dans les coopératives. Il y bien sur de violentes oppositions et des difficultés agricoles. Les résultats sont catastrophiques et les 70% de ruraux que compte la Chine sont les principaux débouchés de l’activité industrielle chinoise. La priorité est donnée à l’industrie dans laquelle 25 millions de yuan sont investis contre 3 millions dans l’agriculture entre 1953 et 1957. 47Sont mis en place des centres sidérurgiques nouveaux ou en revalorisant les centres
déjà existant comme par exemple en Mandchourie à Hanchan. Sont également développés les premiers centres pétrolifères. En 5 ans, la production de fonte a été multipliée par 3, celle d’acier par 4 et celle de charbon par 2. En même temps que sont crées de grands complexes urbains, l’exode rural est encouragé et on passe d’une population urbaine de 20 millions de personnes en 1952 à une population de 100 millions en 1957. Tout ceci avec l’aide de l’URSS qui envoie des experts, des techniciens et des capitaux, le total de ces derniers étant estimé entre 350 et 500 millions de dollars. 48Les bouleversements rapides provoquent beaucoup de mécontentements et suscitent des critiques dans la population et au sein du Parti Communiste qui a d’ailleurs la même structure que le PCUS. Commence alors la « période des 100 fleurs » pendant laquelle Mao encourage les critiques qui se développent donc et prennent de l’ampleur. En 1957, Mao liquide tous ceux qui ont émis une critique et se termine alors cette période. Les intellectuels, cadres du parti et citoyens ayant montré leur mécontentement sont éliminés. Mao décide de lancer un nouveau modèle de développement et abandonne le modèle Stalinien.
d) « Le grand bond en avant » 1958-1965
49C’est une marche sur deux pieds : l’industrie et l’agriculture. Il faut marcher très ème vite. C’est au 8 congrès du Parti Communiste Chinois qu’est définie cette nouvelle stratégie pour le développement économique. Selon Mao, trois ans de privations donneront 1000 ans de bonheur. La stratégie ne prend pas en considération la productivité mais souhaite mobiliser des millions de travailleurs industriels et agricoles. En marchant sur ces deux pieds on peut espérer atteindre en ème trois ans les objectifs du 2 plan quinquennal entre 1958 et 1962. Il s’agit de dépasser la phase du socialisme pour mettre en place une phase communiste accompagnée d’une grande et profonde réforme de l’administration. 50On crée les communes populaires par lesquelles le monde rural est divisé 26 500 regroupements. Ces communes sont créées par la fusion des coopératives agricoles déjà existantes. Chaque commune qui comprend au minimum 5000 familles a plusieurs fonctions. Elle a d’abord une fonction administrative, chaque commune populaire est administrée par un conseil populaire. Elle a une fonction économique avec comme objectif de produire dans le domaine agricole la subsistance pour la commune et dans le domaine industriel, de développer une industrie locale qui puisse fournir les instruments agricoles nécessaires à la commune et les textiles dont elle a besoin. Elle a également une fonction sociale puisque la vie est collective et tout est organisé au sein de cette commune : tous les membres de la commune mangent ensemble et on crée des cantines ainsi que des crèches qui libèrent les femmes afin qu’elles puissent travailler. Tous les biens sont mis en commun au service de la commune populaire : « Tout appartient à la commune sauf la brosse à dent ». Une vie collective est imposée en espérant que chaque citoyen sera expert et rouge, c'est-à-dire performant et révolutionnaire. 51Ce modèle s’avère catastrophique car il y a une désorganisation des campagnes pour définir les communes ce qui pose des problèmes importants pour le rythme de production. De plus, un fossé se creuse entre le peuple et les décisions du Parti
Communiste. Des calamités naturelles importantes en Chine vont avoir lieu à ce moment ce qui rend importantes les difficultés agricoles. Vient alors une catastrophe alimentaire, une baisse des récoltes, une augmentation de la mortalité. C’est l’anarchie, la misère et la crise démographique. La Chine est également en difficulté au niveau international. En 1959, elle se lance dans l’annexion du Tibet et des tensions apparaissent entre elle et l’URSS. En effet, la Chine reproche à l’URSS sa politique de coexistence pacifique et l’accuse de trahison envers la cause révolutionnaire et d’attitude bourgeoise. En 1960, les experts soviétiques présents en Chine sont retirés. 52Cette conjugaison de phénomènes entraîne des drames importants dans les campagnes chinoises. Les villes elles ne connaissent pas les mutations mais ne connaissent pas non plus d’accroissement significatif puisque l’exode rural est interdit. La commune populaire prend alors une autre fonction : une fonction d’embrigadement idéologique et militaire. Les villes sont sous l’autorité du premier ministre Shou En Laï qui contrôle également la haute technologie et l’industrie. Il est l’un des premiers compagnons de Mao et vient d’une famille de mandarins. Il naît donc une distorsion entre les villes et les campagnes. La situation est dramatique pour ces dernières et en en 1961 face à cet échec la politique de « bond en avant » est remise en cause au sein du Parti Communiste par Shou en Laï et Deng Tsiao Ping. Un débat au sein du parti se développe entre Mao qui souhaite poursuivre cette politique et une partie des communistes chinois qui considère que l’échec de cette politique est tel qu’il faut l’abandonner. Il est nécessaire pour eux de changer de stratégie en valorisant les stimulants matériels et en s’ouvrant sur l’étranger : « Il faut marcher pas à pas ». Mao est mis en accusation sur ses choix. Parmi ceux qui animent le courant d’ouverture et de stimulation on trouve Liu Chao Shi qui devient président de la république en 1959 à la place de Mao et sont équipe met en place une nouvelle politique de développement.
e) La NEP, le réajustement
53C’est encore un nouveau modèle de développement socialiste que suit la Chine mais sans y intégrer l’aspect communiste. Les communes populaires agricoles sont reconverties en coopératives socialistes. On restreint l’unité de production à une soixantaine de paysans. On développe également le lopin de terre individuel ce qui doit permettre de sortir la population de la misère alimentaire. L’agriculture est donc de nouveau une base de l’économie mais dans un cadre très restrictif « Ne mangez qu’à votre faim ». Une ouverture sur l’extérieur est nécessaire et elle se fait d’abord par l’importation de céréales venues du Canada, de France ou d’Australie pour répondre aux besoins les plus vitaux. La rupture avec l’URSS est confirmée en 1963 quand la Chine affiche au même titre que l’URSS son ambition mondiale. En 1963, Shou En Laï fait un voyage en Afrique. En 1964, la Chine possède sa première bombe atomique ce qui lui donne encore plus un rôle mondial. 54Cependant, les tensions au sein du parti entre la tendance de Liu Chao Shi et la tendance de Mao perdurent. Pour Mao, faire appel aux stimulants matériels c’est réintroduire l’individualisme et l’égoïsme au sein de la société chinoise. Mao pendant la NEP prépare sa revanche et place son dauphin Lin Piao à la tête de
l’armée. Ce dernier commence en 1964 par faire éditer les pensées de Mao dans Le petit livre rouge puis il crée les gardes rouges, groupes de jeunes lycéens en faveur d’une idéologie hostile à toute compromission avec le capitalisme et à tout retour aux idées traditionnelles entre autre à la tentation de retour à la pensée de Confucius. Se prépare alors une nouvelle période très perturbante pour la croissance économique chinoise : la révolution culturelle.
f) La révolution culturelle 1967-1976
55C’est un combat idéologique pour le choix du modèle de développement à mettre en œuvre. Mao veut un système pur et dur qui doit détruire la recherche du profit et la mentalité de propriétaire dans la société chinoise et la débarrasser de toute préoccupation égoïste néo bourgeoise. Mao s’appuie sur l’armée et sur les jeunes. Liu Chao Shi préconise un socialisme fondé sur une technique industrielle avancée, sur les stimulants matériels et sur l’ouverture internationale. Cette tendance s’appuie sur les jeunes cadres du Parti Communiste. Le modèle de Mao est un modèle de croissance extensive alors que celui de Liu Chao Shi est un modèle de croissance intensive avec l’introduction de la notion de productivité. 56Certains voient la première phase insurrectionnelle à la fin de l’été 1966 avec les gardes rouges, d’autres en début 67 avec l’apparition des comités révolutionnaires dans les campagnes. De toute façon, la bataille est lancée pour le pouvoir. Mao l’emporte en 1969 après avoir obtenu la destitution de Liu Chao Shi. La Chine est très isolée diplomatiquement et un affrontement sino-soviétique est en cours sur les frontières du Nord le long de l’Amour. C’est peut-être pourquoi la période 1969-1973 est une période relativement apaisée. Lin Piao est éliminé par un accident d’avion suspect par Mao. Ce dernier accepte l’ouverture sur l’international. En 1971, la Chine est admise à l’ONU et en 1972, Nixon est reçu à Pékin ainsi que Tanaka pour le Japon. Les relations sont cependant toujours très mauvaises avec l’URSS, et les EUA ne reconnaîtront officiellement la Chine Populaire qu’en 1979. La Chine s’affirme comme un pays de pointe technologiquement, en effet en 1970, le premier satellite chinois est mis sur orbite. Ce pays arrive grâce à Shou En Laï à montrer un autre visage que celui de la misère. 57La révolution culturelle reprend entre 1974 et 1976 animée par l’épouse de Mao Tchang Shing qui considère que l’avenir doit passer par une révolution permanente et combat la pensée de Confucius. Ceci s’accompagne bien sûr de millions de morts et d’une perturbation de l’activité économique avec une croissance en dents de scie mais des secteurs protégés comme l’industrie de pointe. Les hésitations dans le choix du modèle frappent ainsi que la place importante que l’idéologie possède. 58Tout au long de cette période, se pose aussi la question de la politique démographique qui doit être mise en œuvre. Le premier recensement de 1953 comptera plus de 550 millions de chinois. Là encore, deux écoles s’opposent : une école nataliste soutenue par Mao et une école malthusienne soutenue par des communistes réformateurs. L’école malthusienne l’emporte en 1971 et commence alors à mettre en place une politique très sévère de limitation des naissances qui sera poursuivie après la mort de Mao : « Mariez-vous tard, enfantez peu, enfantez bien ». Un enfant par couple est autorisé dans les villes et deux dans les campagnes.
Les minorités non chinoises ont le droit dans tous les cas à deux enfants par couple. Cette politique réussi, en effet l’objectif était de compter 1 200 000 000 de chinois en l’an 2000. Les conséquences de cette politique sont multiples. D’abord, les couples chinois souhaitent principalement un garçon, on voit donc une recrudescence de l’infanticide féminin ce qui annonce un grand déséquilibre des sexes. Se développent également l’avortement et le problème de l’enfant tyran. Le vieillissement est à redouter et beaucoup de jeunes chinois vont rapidement se retrouver sans identité car non déclarés. Shou En Laï meurt en janvier 1976 suivi par Mao en septembre. Se pose alors la question de leur succession et du modèle de développement à suivre. III Les autres stratégies 59L’école libérale considère que le sous-développement n’est qu’un retard sur le chemin de la croissance et au début des années 60, quand se pose la question du passage du sous-développement au développement pour les pays décolonisés, Rostow répond par les 5 étapes du développement et par se biais propose un modèle de développement. L’école marxiste considère que le passage s’effectue par la suppression de la phase d’exploitation capitaliste dans laquelle se trouvent les pays sous-développés à la suite de la colonisation. 60D’autres questions se posent. Est-ce qu’il faut intégrer un pays qui souhaite se développer dans l’internationalisation ou est-ce qu’il faut effectuer une recherche de développement protégé, sans aide extérieure. Est-ce qu’une intégration dans l’ordre économique mondial pénalise un pays en voie de développement ? Les libéraux capitalistes sont favorables à l’internationalisation car c’est un facteur de croissance. La pensée marxiste est plutôt favorable à la réduction du rôle des échanges et à la mise en place d’un système autarcique. Pour eux, le commerce extérieur est périphérique. Le choix du modèle de développement pose question par rapport au passé du pays. Peut-on prendre exemple sur un pays développé à la fin des années 60 ? 61La solution de promotion des exportations C’est une stratégie qui consiste en l’utilisation d’avantages particuliers comme la main d’œuvre, les zones franches, les exemptions fiscales, mais qui valorise d’abord la promotion des produits primaires. α) La Côte-d’Ivoire62C’est un pays né de la décolonisation de l’Afrique noire française, décolonisation faite pacifiquement, puisque ces pays ont obtenu d’abord l’autonomie par la loi cadre de fer puis l’indépendance. Ce pays a fait un choix courageux sur l’agriculture au début des années 60. En effet, il décide d’intensifier les productions agricoles pouvant être commercialisées (produits tropicaux comme le café, le cacao, l’ananas, la banane et le bois). Il faut alors passer d’une agriculture vivrière à
une agriculture commerciale en étant assuré d’obtenir des débouchés dans les régions développées, en espérant que les profits permettront des investissements dans des industries à faible besoin capitalistique. Par ces industries, on espère par la suite pouvoir valoriser des produits transformés notamment dans l’agroalimentaire. 63Le modèle réussi dans les années 60 grâce à la mise en place d’exploitations de type colonial et grâce à d’importants débouchés, notamment l’exceptionnel débouché de la CEE qui valorise les produits tropicaux par l’abaissement des barrières douanières. La Côte-d’Ivoire tire profit de ces exploitations jusqu’en 1973. Au-delà des années 70, le coût élevé des matières premières continue de soutenir l’économie. Mais, ce modèle est fragile car lié aux débouchés et au maintien des cours qui ne sont pas décidés par les pays producteurs. Le modèle s’effondre dans les années 80. Au cours dans années 60, d’autres pays se lancent dans l’exploitation de matières premières. Le modèle de promotion des exportations se aussi par le biais de produits manufacturés. β) Les NPI asiatiques 64Ce sont des filiales du Japon se lançant dans l’exportation : Hong-Kong, la Corée du Sud, Taiwan et Singapour. Ces pays exportent des produits manufacturés d’abord liés à une main d’œuvre abondante et bon marché (le textile par exemple) puis, en remontant les filières, arrivent à exporter des appareils électriques et des matières plastiques. Ils se lancent également, dans les années 60-70 dans l’industrie lourde et des biens d’équipement (la Corée du Sud par exemple avec les bateaux et l’automobile). Les industries de pointe ne seront développées que dans les années 80-90. 65Cette stratégie, qui consiste à tirer des profits avec les produits manufacturés, demande au départ des investissements locaux ou étrangers. Ces investissements sont soutenus par l’Etat, les banques étrangères et par la concentration des entreprises. Cette stratégie semble payante, elle propose des salaires bas au départ et mobilise une main d’œuvre importante qui accepte de se sacrifier pour la réussite économique (pensée confucéenne). Cette stratégie s’accompagne de régimes autoritaires dans un premiers temps, sans véritable protection sociale, mais faut-il encore trouver des débouchés. C’est un modèle de développement économique capitaliste. 66La substitution des importations 67C’est un modèle vécu, par exemple, à certaines périodes par le Brésil, pays original par son immensité et sa faible population. Il est né de la décolonisation portugaise. C’est un pays qui a été colonisé par la côte orientale, où la population reste essentiellement localisée, et qui commence à s’industrialiser après la première guerre mondiale par une intervention de l’Etat importante. C’est un pays neuf dont la première force fut le bois et qui vivait donc de son exploitation, puis de celle du ème sucre, puis de celle du caoutchouc, de celle du café. Au début du 20 siècle, le poids de l’Etat est important et on voit de nombreuses entreprises publiques notamment dans l’énergie et les mines. Le Brésil exporte du minerai avec le
développement d’entreprises multinationales. Le décollage brésilien repose sur l’alliance du capital de l’Etat national et du capital transnational. 68Le Brésil pense pouvoir effectuer son développement économique en limitant les importations, en mettant en place sur son territoire des industries permettant de combler le déficit commercial, en freinant les importations de produits manufacturés, en créant son propre réseau d’entreprises. Ce choix s’avère rapidement être un échec puisque, dans les années 60, il n’y a pas un véritable marché intérieur qui permette à ces produits d’être fabriqués en grande quantités (par exemple les réfrigérateurs). Seul 30% de la population constitue le marché intérieur. 69En 1965, le Brésil s’engage dans une dictature militaire qui durera jusqu’en 1983. Les militaires entreprennent une politique de très grands travaux avec une stratégie d’endettement qui est alors pratiquée par de nombreux pays du tiers-monde car les taux d’intérêt sont faible et les pays capitalistes enclins à prêter des liquidités. On voit le développement de projets pharaoniques comme la création d’une nouvelle capitale à l’intérieur des terres afin d’y attirer la population pour mettre en valeur la région des plateaux. C’est la création de Brasilia conçue comme une ville fonctionnelle. C’est en effet une ville où sont localisées de façon précise les fonctions urbaines. C’est un peu comme un avion où le croisement entre le corps et les ailes aurait une fonction commerciale, et dont les ailes auraient une fonction de résidence et de services. On ne veut ni de développement anarchique ni de favelas. La ville a principalement une fonction administrative et possède une immense avenue des ministères avec au bout de cette avenue les trois pouvoirs : exécutif avec le parlement présidentiel, parlement, cour suprême et le quartier des ambassades. Les autres grands travaux financés par la dette sont des pistes à travers l’Amazonie, la colonisation des terres le long de ces pistes. On distribue alors des lots de terre et le Brésil devient le seul pays au monde à posséder un front pionnier. On construit des centrales hydroélectriques et des grands barrages (barrage d’Itaipu par exemple), mais dont le problème est l’éloignement par rapport aux centres de consommation. On voit l’annonce de graves problèmes avec l’endettement et un modèle fragile. Le pays va en effet être incapable de rembourser ses dettes. 70Les industries industrialisantes
71Cette stratégie est mise en place dans certains pays devenus indépendants. On privilégie alors les industries de base grâce à l’exploitation des ressources nationales. La promotion de ces industries doit exercer un effet d’entraînement sur l’ensemble de l’économie. On veut appliquer la théorie des effets induits, c’est-à-dire un développement économique qui doit amener une industrialisation autocentrée et générale à partir de pôles de développement. Cela rappelle le choix stalinien et demande des investissements très élevés. En effet, le développement de l’industrie lourde est très coûteux et demande une maîtrise technologique et un réseau d’infrastructures assez développé. Ces conditions sont assez rarement réunies chez un PEVD, c’est donc un choix volontariste. 72Un pays qui choisi ce modèle est l’Algérie au cours des années 60. En 1962, l’équipe au pouvoir lance l’Algérie dans une industrialisation intense pour combler
Les commentaires (2)
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kamagate44

le cour est tres comprehensif

jeudi 27 février 2014 - 21:52
HPCI

excellent cours

samedi 8 février 2014 - 10:51