La forêt camerounaise

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La forêt camerounaise

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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La forêt camerounaise1 Un pays peut-il fonder son développement, de façon durable, sur sa richesse forestière ? L’exemple du CamerounCette étude s’inscrit dans le cadre du thème introductifdu programme de géographie [les enjeux du développement], plus précisément dans la problématique n°3-Mettre en œuvre des modes durables de développement.Il sagit donc bien dun exemple et non dune étude de cas. REMARQUES PRÉLIMINAIRES Sur le choix du sujet : -La forêt ne fait pas partie des ressources à étudier en 2de, il n’y a donc pas de risque de redondance. ère L’aménagement durable de la forêtfrançaise sera vu en 1mais avec des choix de développement évidemment tout à fait différents. -C’est l’occasion des’intéresser à un pays d’Afriquepeu présent dans les manuels, par, continent la découverte d’un milieu qui y occupe une place importante :avec 2 millions de km² la forêt du bassin du Congo est le deuxième massif forestier tropical après la forêt amazonienne.Sur le contenu de cette étude : le (1) et le (2) sont des préalables nécessaires à la réflexion mais n’en sont pas l’objet essentiel puisqu’on s’intéresse ici à lamise en œuvred’un mode de ème développement (3). Cartes et textes de cette 3partie sont analysés et discutés de façon plus approfondie alors que les documents des parties (1) et (2) permettent de réinvestir les notions vues dans les leçons précédentes. 1. Quelssont les enjeux ? Autrement dit quels sont les problèmes que doit résoudre le Cameroun ?Diapos 3 à 7 Les indicateurs sociauxe Indice de développement humain (IDH)sur 182 pays classés (léger fléchissement par rapport à: en 2007 153 2006) Évolution de l'IDH sur 25 ans Année 19751980 1985 1990 1995 2000 2003 2005 IDH 0,4160,463 0,505 0,514 0,494 0,500 0,497 0,532 Indicateur de pauvreté humaine: 47e sur 88PVD La diapositive n°5permet d’insister sur la fragilité d’un PVD très sensible à la conjoncture et de montrer qu’une évolution n’est pas forcément linéaire: le sida, la recrudescence du paludisme mais aussi la crise économique expliquent la chute de l’E°. De même la crise économique explique le recul de la scolarisation. Travail des enfants de 5 à 14 ansen 2004 51% Population sous-alimentée26%
La forêt camerounaise2 Population ayant accès à l’eau potable26% Lignes de téléphone fixe: 10/ 1000 (en 2008) Téléphones portables: environ 4 077 000 en Janvier 2008 (MTN, Orange) Postes de télévision: 74/1000 (en 2001) Utilisateurs d'Internet: 38/1000 (en 2008) Nombre de fournisseurs d'accès Internet: 70 (en 2009) Une population(19,5 millions d’habitants en 2010)en mal-développementLes indicateurs démographiques :une croissance démographique rapide(On peut réinvestir là le modèle de la TD) Les indicateurs économiquesème PNB/hab.environ 170rang Agriculture, forêt, pêche: 28,3% du PIB (2010)22 millions d’hectares de forêt, soit47% du territoire (dont 18 millions de forêt dense) La forêt camerounaiseoccupe le 3e rang en Afrique après celle de la République Démocratique du Congo et celle du Gabon.Forêt 5% du PIB, 10% au revenu hors pétrole de l’EtatL’exploitation forestière occupe35 000 personneset fournit40% des recettes d’exportation non pétrolièresUn pays pauvre où l’exploitation de la forêt est loin d’être négligeableOn noteraaussil’importance de cette forêt à l’échelle du monde(poumon vert) D’où laquestion :peut-on s’appuyer sur cette richesse pour soutenir la croissance de l’économie et satisfaire les besoins d’une population pauvre en croissance rapide?2. Quelprofit le Cameroun tire-t-il aujourd’hui de sa forêt? Les documents doivent permettre de mettre en lumière les conflits d’usageentre les usages traditionnels (diapo n°10 -pharmacopée, cueillette, bois de chauffage…) et les intérêts des grandes sociétés concessionnaires. Mais on doit nuancer le discours: l’organigramme (diapo n°11) permet de souligner que l’État (Les 1 recettes fiscales directes sont estimées à 40 milliards/an) et la population (emplois- Cf. aussi diapo n° 12 )en 2 retirent des profits,de façon légaleou non (complicité monnayée de l’administration pour les coupes sauvages ). Mais, bien sûr, les salaires sont faibles, et en réalité lespopulations camerounaises n’ont tiré que peu de bénéfices des considérables ressources forestières de leur pays. ère L’exploitation estcontrôlée presque entièrement par des sociétés européennes, libanaises et asiatiques. La 1 société du bois au Cameroun est chinoise (intérêt de la Chine pour l’Afrique).La Société française Rougier arrive nde en 2position. 1 L'exploitation du bois attire d'innombrables ouvriers, séparés de leurs familles, qui viennent s'entasser dans des villages de fortune, aux abords des zones de coupe, générant une prostitution quicontribue à l’explosion du taux de séropositivité dans ces régions.2 L’associationLes Amis de la Terreestime que 50% de l’exploitation forestière du pays peut être considérée comme illégale.
La forêt camerounaise3 On aura montré très facilement quel’exploitation forestière n’a rien de socialement équitableOn montrera toutaussi facilement qu’elle n’estpas non plus économiquement viablepuisqu’elle entraîne la disparition de la ressource de façon irréversible (abattage sauvage, surexploitation, absence de reboisements). Cf. diapos n° 13 et n° 14. Les fraudes se multiplient à mesure quela concurrence augmente, avec l'arrivée des forestiers malaisiens ou chinois, et que les ressources s'épuisent. Enfin elle n’estaucunement respectueuse de l’environnement: 1.Elle ne l’est pas à l’échelle de la planète (destruction poumon vert) 2. niau point de vue national : De larges portions de la forêt sont devenues stériles (Cf. latérite sur diapo n° 17 et 12) d’où la disparition de nombreuses espèces végétales ;du fait de la raréfaction de certaines essences, des pratiques ancestrales comme la fabrication d’huile de moabi ou la connaissance des plantes médicinales se perdent peu à peu. Mais beaucoup d’espècesaussianimales, privées de leur habitat, disparaissent; deplus l’ouverture de pistes forestières (diapo 12 : piste ouverte illégalement au bulldozer) facilite le braconnage et le trafic de la « viande de brousse» s’amplifie.3.Comment mettre en œuvre une exploitation durable de la richesse forestière ? L’État camerounais prend conscience de la desdans la décennie 1990.truction irréversible de sa forêt 1994 : se dote de tout un appareillégislatif qui vise à impliquer davantage les populations locales dans la gestion des ressources forestières (création de forêts communales classées- Cf.diapo n° 17), à protéger les espèces menacées (diapo n°18) et qui va de pair avec la sensibilisation de la population, notamment des jeunes (diapo n° 17). Exploitation mieux contrôlée (diapo n°19). Mais surtout :Le Camerouns’engage dans unedémarche novatrice : la foresterie communautaire (Localisation des forêts communautaires sur diapo n°20) Pour être admises dans le dispositif les communautés villageoises doivents’engager à exploiter le bois de façon artisanale et dans une optique durable. Dans la pratique, un ou plusieurs villages s’associent souvent avec une société d’exploitation forestière, sous l’égide d’une ONGchargéede faciliter le processus etde s’assurer du respect des règles communautaires. Elle doit notamment veiller à ce que les quantités et les essences de bois exploitées correspondent bien au plan de gestion déposé au Ministère des Eaux et Forêts camerounais. Lapriorité donnée à l’embauche de villageois locauxsur l’exploitation doit également être respectée.Enfin lesarbres abattus doivent être achetés à un prix équitable, garantissant une source de revenus fiable à la communauté.  Diapo n°21 et suivantes: l’engagement de la société française RougierUne foisle systèmeen route, ilpeut serévéler économiquement viable. Siplusieurs villages coopèrent avec le soutien d’une ONG, puis, avec leurs premiers bénéfices, embauchent un technicien qualifié pour les encadrer et prospecter les marchés, l’exploitation peut vite devenir rentable et autonome. L’ONG peut alors se retirer et appuyer d’autres projets.
La forêt camerounaise4 En même temps leregroupement des villages en coopératives facilite également la vente de tous les produits non ligneux de la forêt, comme le manioc ou la banane plantain. D’un point de vue commercial, la particularité notable de la foresterie communautaire est de produire des volumes de bois réduits. Ses débouchés sont donc totalement différents de ceux de l’exploitation industrielle, ce qui peut se révéler un atout.Le bois issu des forêts communautaires est par définition destiné à un marché bien particulier, demandeur de petites quantités mais exigeant sur la qualité et la valeur « éthique » de ses matières premières(par exemple lasociété Edéa implantée à Yaoundé).Au stade actuel, 35 forêts communautaires ont déjà été attribuées par le Ministère de l'Environnement et des ForêtsLes principaux acquis sont les suivants : la fonctionnalité du modèle associatif, l'amorce de l'amélioration de l'habitat, de l'éducation des enfants, l'établissement des cartes d'identité, l'apprentissage par l'action, la diffusion de l'activité, la capacité à défendre ses droits et à reconnaître ses devoirs), l'affirmation des minorités (Baka, femmes et autres). Du point de vue économique, les modèles de gestion développés ont permis, par exemple, la création des emplois dans les villages (scieurs, cubeurs, abatteurs, porteurs, etc.) et parvoie de conséquencela réduction del'exode ruralformation des experts et techniciens locaux, l'amorce du processus d'amélioration de l'habitat,, la des progrès sanitaires, l'élaboration des cartes nationales d'identité informatisées, la réfection des écoles, la construction de dispensaires, etc. Le Cameroun faitle choix de l’écotourismeL’écotourisme est un concept né à la fin des années devenuréalité depuis le début des années 90 Travail sur document annexé page 6 On y repèrera la définition (ci-dessous), avant de releverobjectifs,caractèresetlimites. L’écotourisme est un segment du tourisme durablequi se définit, selon l’OMT, comme «satisfaisant aux besoins présents des touristes et des régions hôtes, tout en protégeant et en mettant en valeur les opportunités pour le futur ». La Déclaration de Québec (mai 2002, Année internationale de l’écotourisme)précisetrois critères prépondérants del’écotourisme: le bénéfice aux communautés locales, le respect de l’environnementla qualité de l’expérience du touriste dont le voyage s’inscrit dans une démarche cognitive.Selon les statistiques de l’OMT, les recettes du tourisme international représentaient, en 2002, 474 milliards de dollars américains. Seulement 11,8 sont allés à l’Afrique, qui a accueilli 29 millions de touristes. L’Afrique du Sud reste, en Afrique sub-saharienne, la destination touristique la plus prisée et compte parmi celles les plus importantes, en matière d’écotourisme, à côté du Kenya ou encore de la Tanzanie.Le Cameroun signe un accord de partenariat volontaire (APV)avec l’UE
La forêt camerounaise5 En mai 2010 le Cameroun a signé un accord de partenariat volontaire (APV) avec l’UE dans le cadre de l’initiative européenne FLEGT (application des règlementations forestières, gouvernance et échanges commerciaux). Le Cameroun se dote dans ce cadre d’un logiciel d’information qui permet de cartographier l’emplacement des différents arbres sur piedde la forêt et d’en suivre les produits forestiers qui en en sont tirés sur toute la chaîne d’approvisionnement, afin de valider la provenance légale du bois à l’exportation. La plate-forme de gestion et de traçabilité permet de retirer de la chaîne d’appr; le Camerounovisionnement les produits illégaux identifiés espère ainsi réduire le marché illégal du bois camerounais. Déploiement à l’échelle nationale prévu pour 2011.Environ 80% du bois de sciage sont exportés actuellementvers l’UEet l’APV duFLEGT permettra au Cameroun d’accéder à 362 milliards de $d’exportations de bois potentielles vers les pays de l’UE.L’Union européenne et l'Agence française de développement financent l'ouverture de routes transfrontalières RCA/Cameroun, Gabon/Guinée Equatoriale/Cameroun qui permettront aux flux de grumes [troncs d'arbres] de rejoindre plus vite les ports et favorisent la jonction des concessions de part et d'autre des frontières. La mobilisation des ressources forestières et l'industrialisation de la filière bois sont encouragées par la Banque mondiale et le FMI. Conclusiondiapo n° 29- organigramme
La forêt camerounaise6 DocumentLe développement de l’Afriquepassetil par l’écotourisme?*…+ réduire la pauvreté grâce au tourisme durable est, depuis le Sommet mondial pour le développement 3 durable (SMDD) de Johannesburg (Afrique du Sud),une priorité pour l’OMT. L’écotourisme est un segment du tourisme durable qui se définit, selon l’OMT, comme «satisfaisant aux besoins présents des touristes et des régions hôtes, tout en protégeant et en mettant en valeur les opportunités pour le futur».La Déclaration de Québec (mai 2002, Année internationale de l’écotourisme précise trois critères prépondérants de l’écotourisme. A savoir, le bénéfice aux communautés locales, le respect de l’environnement et la qualité de l’expérience du touriste dont le voyage s’inscrit dans une démarche cognitive. Dans le contexte africain, la notion de «bénéfice aux communautés locales» est fondamentale. Les membres de ces dernières sont directement impliqués dans l’activité touristique et en tirent profit.Exemple au Cameroun avec le village d’Ebodje.Ce petit village de pêcheurs est situé dans la province du Sud du pays, sur les bords de l’Atlantique. Le projet touristique, mis en place en partenariat avec l’Etat camerounais et des acteurs touristiques locaux, permet à l’"écotouriste" de découvrir un écosystème forestier fortement influencé par la proximité de la mer. Lancé en 1999, les revenus issus de l’activité touristique ont contribué en partie à l’électrification du village. En somme, l’écotourisme répond à l’équation suivante: tourisme de « nature » associé au concept de durabilité. Autrement dit, l’Afrique, destination prisée pour le tourisme de «nature » du fait de la richesse de sa faune et de sa flore, doit, dans une perspective de développement durable, profiter de cette manne. Notamment quand ce profit économique peut aller directement aux populations rurales vivant aux alentours ou au sein de ces sites naturels. L’implication de l’Etat dans ce processus est néanmoins déterminanteselon l’OMT.On pouvait ainsi lire dans un récent communiqué de presse de l’organisation, «En Afrique, le tourisme servira à lutter contre la pauvreté si l’État crée de bonnes conditions pour cette activité». A noter que l’écotourisme se caractérise par la prépondérance des micro-entreprises et une forte implication des organisations non gouvernementales, notamment celles de défense de la faune et de la flore. Il y a cependant des obstacles à franchir pour en arriver à faire du Cameroun une destination plus accessible pour l'ensemble des marchés émetteurs, pense le ministre du Tourisme du Cameroun, M.Baba Hamadou. "Nous avons déjà conquis le Marché Européen, nous souhaitons maintenant conquérir l'Amérique et l'Asie". Le pays jouit déjà d'une bonne desserte aérienne avec l'Europe. Air France opère des vols quotidiens depuis Paris, Brussels Airlines 4 vols au départ de Bruxelles et Swiss International, 3 vols, de Genève et de Zurich. Par ailleurs, la compagnie aérienne nationale Cameroon Airlines propose 4 vols hebdomadaires sur Paris avec des Boeing 767 et 757. Afrik.com- 2007
3 Organisation mondiale du tourisme.
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