Les contrastes spatiaux de developpement au Bresil

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Les contrastes spatiaux de developpement au Bresil

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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3/10/2006.
Les contrastes spatiaux de développement au Brésil.
Même si comme le déclarait Lula le 19 septembre 2006 devant l’assemblée générale de
l’ONU,: « les problèmes régionaux ne sont qu'une partie des problèmes mondiaux auxquels
nous sommes confrontés », l’immense territoire de 8,5 millions de km²et la 9
e
puissance
économique mondiale qu’est le Brésil demeure au 65
e
rang mondial pour le développement
humain. Pour résumer l’importance des disparités spatiales, le géographe Hervé Théry y voit à
la fois une « Suisse », un « Pakistan » et le « Far West ». Il est alors nécessaire de se poser la
question sinon du mal-développement, du moins de l’inégal développement au Brésil, et de
ses traductions spatiales à toutes les échelles.
I-
Le Brésil : une mosaïque d’inégalités
A-
Une société inégalitaire
Le revenu des 20% de Brésiliens les plus riches est 32 fois supérieur à celui des 20% de
Brésiliens les plus pauvres. Le mal-développement touche la majorité dans 176 millions de
Brésiliens où qu’ils habitent. Les importants flux migratoires à l’intérieur du Brésil traduisent
ces inégalités. Les conditions de développement sont aussi fonctions de l’origine ethnique
(ex : H ;Théry montre que d’après le recensement de 1991 qui demandait aux personnes
recensées de qualifier leur couleur de peau avec des catégories prédéfinies, les revenus
moyens dominent dans le groupe des blancs, alors que chez les Noirs et les Indiens, els
pauvres sont majoritaires.
B-
De profondes inégalités foncières
Dans les campagnes, les inégalités sont liées à l’inégale répartition des terres. Une minorité de
propriétaires de
latifundia
accaparent la majorité des terres alors que la plupart des paysans
n’ont pas de terre, ou seulement des lopins (
minifundia
) trop petits pour nourrir une famille.
Le « paysage social sucrier » permet de comprendre la situation : 300 familles se partagent les
terres et dirigent 800000 ouvriers agricoles. Un ouvrier agricole doit couper plus de 22 tonnes
de canne par jour pour être payé l’équivalent de moins de cinq kilos de sucre. Traduction et
formalisation de la demande de réforme agraire : le Mouvement des Sans-Terre né en 1984.
C-
Vers une réduction des inégalités ?
L’arrivée au pouvoir de Lula et l’objectif affiché de réduire les inégalités de développement
(et pas seulement de richesse) s’accompagne d’un certain nombres de mesures qui traduisent
la prise en main par l’Etat des questions de développement. Ex : l’aide liée au
programme« Faim zéro » qui offre une allocation de 50 reals (4reals=1euro), instaure des
restaurants populaires et des cartes d’alimentations est intégrée au programme « bourse
famille » qui fédère les principales aides sociales. Les bénéficiaires doivent en contrepartie
scolariser et vacciner leurs enfants. Aujourd’hui, ce sont près de 11 millions de familles qui
sont touchées par cette aide. Ex : « Soif zéro » pour la région semi-aride du Sertao. Ex :
« Crédito fondiario » pour contribuer à réduire la pauvreté en milieu rural dans le Nordeste et
dans les Etats du Sudeste et du Sud du Brésil par le biais d’une augmentation des revenus
d’environ 50 000 familles et de travailleurs ruraux. Il s’agit en fait de compléter les
programmes de réforme agraire en finançant l’achat de terres et en soutenant des projets
communautaires. Le programme permet d’inclure dans le programme national de réforme
agraire des terres plus petites ou des propriétés productives. Le projet bénéficie aux
travailleurs sans terre, aux micro-exploitants et aux associations communautaires. Des
résultats encourageants mais loin d’être globaux.
II-
Les fractures de l’inégal développement à l’échelle régionale
A-
Le
Sudeste
: un centre
Le « centre » (intégré à la mondialisation) du Brésil correspond environ à la région Sudeste
qui accumule les signes de réussite grâce à une agriculture et à une industrie modernisées. A
l’intérieur de cette aire de puissance, il est possible de distinguer le « coeur » qui anime le
Brésil : le triangle Sao Paulo (capitale économique, et presque capitale tout court), Rio de
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Janeiro (capitale culturelle) et Belo Horizonte. C’est à l’intérieur de ce centre d’impulsion
qu’on trouve les plus importantes concentrations humaine, d’industries et de services de haut
niveau reliant le Brésil à l’oligopole mondiale.
B-
Les « périphéries » brésiliennes
Il faut distinguer deux types de périphéries. L’une en développement, où l’organisation de
l’espace est plus diversifiée : les densités y sont inégales mais l’agriculture se modernisant
apporte une unité à cet espace qui profite de la proximité du centre. Le Nord de cette
périphérie est animé par Brasilia, capitale politique, alors que le Sud s’organise autour de la
métropole industrielle de Curitiba et de Porto Alegre. L’autre peut être qualifiée de périphérie
« problème ». le Nordeste, ancien centre historique du Brésil, cumule les handicaps : difficile
condition de vie (zone semi-aride du Sertao), échec des politiques hydrauliques depuis le
début du 20
e
, masses paysannes miséreuses, exode rural (vers les fronts pionniers ou le
centre). C’est dans le Nordeste que les écarts de richesses et de développement sont les plus
importants entre Brésiliens et que la pauvreté est la plus nette, ce qui contribue à en faire une
région où l’environnement social et économique est défavorable au re-développement.
C-
Les régions pionnières, à la recherche du développement
L’Amazonie et la partie septentrionale du Centre-Ouest sont parcourues par les fronts
pionniers et des espaces « en réserve ». Encore peu peuplées, ces régions représentent une
périphérie en réserve progressivement intégrée à l’espace nationale. Même si l’installation de
milliers de paysans (souvent des sans terre) et l’exploitation de la forêt et des ressources
minérales fait peser de lourds risques environnementaux et sociaux sur cet écosystème unique,
les débuts de la mise en valeur de l’Amazonie permettent d’entrevoir un fort potentiel de
développement, en plus d’être un laboratoire pour le développement durable.
III-
Les villes brésiliennes, reflet spatial des inégalités de développement
A-
De la ségrégation urbaine…
Dans les grandes métropoles, les contrastes sociaux et spatiaux sont particulièrement marqués
et visibles. Ex : horizontalité et verticalité à Sao Paolo. Place de l’habitat informel dans toutes
les villes brésiliennes. Contrastes quartiers riches du centre et banlieues résidentielles/
cortiços
et
favelas
parfois sans eau courante, ni égouts.
B-
A la violence ?
Si la violence est présente dans les villes brésiliennes, elle n’est que rarement l’expression de
cette ségrégation. La plupart des meurtres sont commis dans les quartiers pauvres et ne sont
pas le résultat d’une « guerre sociale » contre les « riches » (y compris les touristes), mais
celui de l’abandon pendant longtemps de ces quartiers par les autorités, de la pauvreté et du
mal-développement (faible scolarisation par exemple). S’il faut nuancer le lien entre violence
et ségrégation, ainsi que la violences des villes brésiliennes au regard de leurs homologues
sud-américaines, le taux des homicides pour 100000 habitants est en augmentation nette
depuis 20 ans (de 11 à 27 entre 1980 et 2000). Ville la plus violente (si on prend cet
indicateur) : Recife.
C-
Réduire les écarts de développement en milieu urbain : les solutions politiques.
Des mesures sont prises, surtout depuis 2003, pour réduire cette violence. Une des plus
réussies a été la campagne de désarmement de la population, lancée en 2003 par le
gouvernement fédéral (campagne plus efficace que quand l’armée avait tenté l’occupation
dans
favelas
de Rio, avant de se rendre compte qu’une partie des soldats s’étaient fait
corrompre par des trafiquants de drogue). La résolution des tensions est à terme une nécessité
pour des gouvernements soucieux de développer le Brésil : le rapport sur le développement
international de la Banque mondiale a sondé les entreprises étrangères sur les raisons qui les
empêcheraient de s’implanter au Brésil. 52,2% d’entre elles ont répondu « la criminalité ». Le
crime couteraît plus de 10% du PIB du pays par année.
Cc : Au centre des préoccupations politiques de l’Etat brésilien, la réduction des écarts de développement
entre les individus, entre les quartiers, entre les régions apparaît comme un enjeu du développement du
Brésil lui-même et du prolongement de son rôle sur la scène international (comme leader du Sud qui
propose des solutions de développement…) et dans la mondialisation.
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