Les fêtes de la Révolution française

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Les fêtes de la Révolution française

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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L’émission du CNDP et de La Cinquième pour les écoles et les collèges
H ISTOIRE CYCLE III -COLLÈGE Parcours d’histoire nouvelle formule
Les fêtes de la Révolution française Q UATRE ANS S ÉCOULENT ENTRE LA FÊTE de la Fédération et celle de l’Être suprême. Entre la fête de la liberté et le cérémonial figé inventé par Robespierre, la Révolution s’est accélérée. L’union fragile de l’été 1790 a laissé place à la guerre civile et à l’invasion. À l’été 94 la Révolution est triomphante mais la fête glacée. La perspective du Champ-de-Mars aujourd’hui, entre les jambes de la tour Eiffel.
© CNDP
En mettant un terme à l’Ancien Régime, la Révolution bouscule un « vieux monde » de rites, de fêtes officielles, un ordre policé qui imposait à tout le corps   social les modes et les formules de la société de cour. La rue parisienne donne le ton. L’irruption des foules de l’été 89 ouvre la porte à la liesse populaire qui se traduit dans chaque village par la plantation d’arbres de la liberté. Ces fêtes joyeuses ont aussi des airs de transgression, de revanche sur un ordre social honni. Parallèlement, l’élite révolutionnaire cherche à définir une symbolique fondée sur de nouveaux emblèmes : les trois couleurs, les piques, les chants comme La Carmagnole , le Çà ira  et plus tard La  Marseillaise . Il y a enfin les grands rituels hiératiques comme la fête de la Fédération inspirée du symbolisme de la Rome antique. Moins d’un an plus tard, l’adhésion populaire à la Révolution se fait moins sensible, la participation aux scrutins décline lentement. Au printemps 94, la fête de l’Être suprême intervient en pleine terreur. « La révolution est glacée » écrit Saint-Just. Si elle n’a plus le cœur à la fête, ses symboles et ses valeurs commencent pourtant à s’imposer dans le cœur et l’esprit de la majorité des Français.
CENTRE NATIONAL DE DOCUMENTATION PÉDAGOGIQUE
Information
D ÉCOUPAGE
Le Champ-de-Mars 00 min 00 s Le Champ-de-Mars aujourd’hui et à la fin de l’Ancien Régime. 00 min 45 s L’École militaire sur le Champ-de-Mars. 01 min 45 s Les journées de juillet et d’octobre 1789 : la Révolution en marche. Estampes et images d’époque 02 min 08 s Le Champ-de-Mars aménagé pour accueillir les célébrations révolutionnaires : amphithéâtre, arc de triomphe, autel. 02 min 45 s La fête de la Fédération. Extrait du film La Révolution Française de Robert Enrico. 03 min 35 s Jean-Marc Ceri, directeur du musée Carnavalet : c’est Talleyrand qui organise cette fête, dont la mémoire sera plus tard largement illustrée. 04 min 37 s Alexandre Gady, de la commission du vieux Paris : le mythe de la fête de la Fédération. 05 min 12 s Après la fuite à Varennes, pétition pour demander la proclamation de la République. Bailly fait tirer sur les pétitionnaires. 07 min 21 s La France en guerre ; Louis XVI arrêté puis guillotiné ; la Terreur. 08 min 08 s L’Autel de la Patrie. 08 min 48 s « Chaud et froid ». Robespierre vu par le peintre Gérard Fromanger. 09 min 33 s « Le ressort de la République est la Vertu. » Extrait du film Robespierre 1789-1989 (Cita Film). 10 min 20 s Fête de l’Être suprême. Jean-Louis David, peintre. 11 min 25 s La chute de Robespierre. 11 min 42 s Le Champ-de-Mars après la Révolution.
2 Galilée : Les fêtes de la Révolution française © CNDP 1999
C ARTE D IDENTITÉ ÉCOLE
Disciplines et classes concernées Histoire, éducation civique, cycle III. La Révolution française. Origine de la notion de citoyenneté. Des symboles révolutionnaires aux symboles républicains. Objectifs de l’émission À partir de quelques exemples de fêtes et journées révolutionnaires, approche des événements parisiens et de leurs acteurs de 1789 à 1794. Un lieu symbolique de la capitale : le Champ-de-Mars (du champ de manœuvres au champ de foires). Naissance de la République et son premier avatar : la Terreur. Principaux thèmes abordés Les rassemblements populaires au Champ-de-Mars : fêtes, massacre du 17 juillet 1791. Les actes fondateurs de la République : serment du Champ-de-Mars. La journée des Tuileries. La Terreur : aspects de la personnalité de Robespierre. La fête de l’Être suprême. La Révolution et les artistes. Prérequis au visionnement L’Ancien Régime à la veille de la Révolution. Vocabulaire Le gouvernement : monarchie, république, assemblée, Terreur. L’armée : officier, garde nationale, fédéré, fédération. L’action politique : révolution, pétition, symbole, veto. La religion : culte, vertu.
3 Galilée : Les fêtes de la Révolution française © CNDP 1999
En classe
S UGGESTIONS PÉDAGOGIQUES  ÉCOLE
Ø Paris au temps de la Révolution Histoire, cycle III • Paris est à la fin du XVIII e la plus grande ville d’Europe avec 500 000 habitants et la ville déborde au-delà de ses limites traditionnelles. À partir de 1784, l’architecte Ledoux entreprend la construction du mur des fermiers généraux : forte muraille d’enceinte, haute de 3,30 m environ et longue de 23 kilomètres. Le mur est percé de 57 barrières où les employés de l’octroi perçoivent les taxes qui frappent certaines marchandises à l’entrée de Paris. Sous la Révolution, l’une des revendications les plus populaires est la levée de l’octroi afin d’abaisser le prix des denrées : « Le mur murant Paris rend Paris murmurant. ». En bordure de la limite ouest de la capitale, la création du Champ-de-Mars et de l’Hôtel-Royal de l’École militaire a lieu dans la plaine de Grenelle, région partagée entre la garenne et quelques cultures maraîchères et potagères. Le projet, parrainé par madame de Pompadour, met dix ans pour prendre forme et l’école qui doit former l’élite militaire reçoit ses cinq cents premiers gentilshommes en 1760. Elle est aujourd’hui le siège de l’école supérieure de guerre et d’autres centres d’études militaires. Définir et situer les lieux essentiels de la Révolution à Paris . Recenser tous les lieux cités dans le document, caractériser chacun d’eux par sa fonction, et les événements qui s’y sont déroulés au cours de la période révolutionnaire. Repérer les lieux cités sur un plan du Paris de l’époque, en les sélectionnant dans la légende. Localiser les lieux témoins de la Révolution dans le Paris actuel. À l’aide du texte suivant, tracer les limites du mur des fermiers généraux sur un calque posé sur le plan actuel. « Le tracé du mur des fermiers généraux suivrait de nos jours celui des boulevards de la Gare, Auguste-Blanqui, Saint-Jacques, Raspail, Edgar-Quinet, Vaugirard, Pasteur, Garibaldi, de Grenelle, des rues Beethoven et Franklin, de l’avenue Kléber, des rues Lapérouse, de Presbourg, de Tilsitt, de l’avenue de Wagram, des boulevards de Courcelles, des Batignolles, de Clichy, de Rochechouart, de la Chapelle, de la Villette, de Belleville, de Ménilmontant, de Charonne, de Picpus, de Reuilly et de Bercy. » Jacques H ILLAIRET , Connaissance du vieux Paris , © Payot-Rivages, 1993. Après avoir repéré sur le plan actuel les lieux vestiges, observer par comparaison l’évolution de l’espace urbain : agrandissement, disparition des bâtiments (couvent des Jacobins, Temple, Tuileries…), réalisations postérieures à la Révolution, en prenant appui sur l’animation infographique qui ouvre la séquence.
4 Galilée : Les fêtes de la Révolution française © CNDP 1999
Ø Quelques événements révolutionnaires à Paris (1789–1794) Histoire, cycle III • L’objectif est de structurer une approche chronologique de la Révolution en prélevant des informations concernant les événements et en les mettant en ordre. Construire avec les élèves une frise chronologique couvrant les cinq premières années de la Révolution. Mettre en valeur les principaux événements et les grandes réformes de chaque législature, Constituante, Législative, Convention. Indiquer également les différents types de gouvernement de la France : monarchie absolue, monarchie constitutionnelle, république avec régime d’assemblée, dictature du Comité de salut public.
Ø Les fêtes de la Révolution à Paris Histoire, cycle III • La tradition des grandes fêtes publiques n’est pas née avec la Révolution. L’Ancien Régime conviait régulièrement le peuple au partage de réjouissances. Même les banquets patriotiques s’appuient sur un usage établi mais ils en renouvellent la forme, plus spontanée, et surtout ils mêlent au caractère festif une dimension de débat politique. Pendant la période révolutionnaire, les fêtes organisées par le pouvoir visent à la mobilisation autour des valeurs fondatrices de la Nation : la fête de la Fédération consacre l’union. La fête en l’honneur de la Constitution affirme la force de la loi après son acceptation par Louis XVI. Deux mois après le massacre du Champ-de-Mars, elle avalise symboliquement les travaux de la Constituante qui se sépare le 30 septembre 1791 en promulguant la fin de la Révolution. La fête de la liberté, en avril 1792, est placée sous l’égide de la devise « Liberté, Égalité, Fraternité ». La plus particulière de ces fêtes est certainement celle de l’Être suprême au cours de laquelle Robespierre décline les bases du catéchisme révolutionnaire. Explication par la représentation les deux fêtes développées dans la séquence  : la fête du 14 juillet 1790 et celle du 8 juin 1794.  En revenant sur certaines séquences en utilisant le ralenti et la pause, choisir avec les élèves une représentation d’époque de chacun de ces événements. Donner pour consigne de schématiser chacune de ces scènes en indiquant les lieux, personnages et signes essentiels. On amènera les élèves à s’interroger sur la symbolique que traduisent les dispositifs révolutionnaires : arc de triomphe, autel de la patrie, tribune royale, cassolettes d’encens pour la fête de la Fédération, colonne surmontée d’un génie de la liberté, temple, char de la République, sainte montagne dont le sommet est orné de symboles révolutionnaires (bonnet phrygien, arbre de la liberté) pour celle de l’Être suprême… Comparaison des deux fêtes.  Ce point permettra d’apprendre à questionner des documents en prenant appui sur les questions de référence. Une grille comparative peut être élaborée en utilisant la technique du double questionnement. Qui sont les héros de la fête ? Pourquoi avoir organisé ces fêtes ? Quand ont eu lieu ces événements ? Pourquoi ces fêtes ont-elles été représentées (intention et message de l’artiste) ? Qui les a représentées ? 5 Galilée : Les fêtes de la Révolution française © CNDP 1999
Quand ont-elles été représentées (témoignage différé) ? Où se situent ces scènes ? Où sont déposés ces documents (BN, musée Carnavalet…) ? Que représente chaque document ? Qu’est-ce que ce document (tableau, estampe, gravure…) ? Les points de convergence dénotent la solennité d’une fête fraternelle et l’affirmation des références à la Rome antique. Cependant, l’aspect grandiose de la fête de la Fédération s’appuie sur l’organisation géométrique et la représentation massive du défilé des 60 000 fédérés de la garde nationale, tandis que la fête de l’Être suprême crée un décor foisonnant de nouveaux symboles, élaborés au cours des cinq années de révolution. En juillet 1790, la foule connaît sa partition : serment et Te Deum . En 94, Robespierre, grand pontife révolutionnaire, révèle au peuple son nouveau credo : « Je crois à la nouvelle République française, une et indivisible, à ses lois et aux droits sacrés de l’homme, que le peuple a reçus de la Montagne sacrée de la convention qui les a créés. Les droits sacrés de l’homme et les lois avaient beaucoup souffert entre les mains des traîtres ; mais ceux-ci sont tombés sous la faux de la guillotine… ». Points de vue d’experts sur ces mêmes événements : leur portée . Trois personnes donnent à ces deux fêtes révolutionnaires un éclairage modérateur. Jean-Marc Céri, historien et directeur du musée Carnavalet ; Alexandre Gady qui appartient à une société de recherches et d’études, la commission du vieux Paris ; Gérard Fromanger, peintre. Lequel des trois énonce les informations ci-dessous ? – Les citoyens n’étaient pas vraiment égaux. Les riches dits actifs avaient le droit d’élire leurs députés alors que les citoyens pauvres ne votaient pas. – Le roi n’a pas prêté serment sur l’autel de la patrie mais depuis son trône. – La veille du 14 juillet 1790, Talleyrand a du apprendre à célébrer la messe. – Vue comme un immense tableau du peintre David, la fête de l’Être suprême offrait un intérêt artistique. – Il ne faut pas exagérer la participation des aristocrates à la fête de la Fédération.
Ø Des journées révolutionnaires du peuple parisien Histoire, cycle III Établir un schéma de relations de cause à effet pour comprendre la fusillade  du Champ-de-Mars du 17 juillet 1791. Il s’agit de mettre en évidence la rupture qui se produit au lendemain de la fuite à Varennes et se matérialise au lendemain du 17 juillet 1791 par le fossé entre modérés du nouveau club des Feuillants et députés patriotes du club des Jacobins, mais aussi plus globalement entre le peuple de Paris et l’Assemblée. donner la liste des sept événements suivants et demander qu’elle soit réorganisée dans le schéma qui représente la suite des événements. 1. La peuple demande la déchéance du roi. 2. La fusillade du Champ-de-Mars. 3. Échec de l’union entre le peuple et l’Assemblée : méfiance.
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4. L’Assemblée demande au maire d’arrêter la manifestation. Bailly proclame la loi martiale. 5. Une pétition demandant la proclamation de la République est portée sur le Champ-de-Mars. 6. Les députés de l’Assemblée décident que le roi ne peut pas être jugé : il est inviolable. 7. Trahison royale : fuite de Louis XVI. Schéma obtenu : 7 ; 1 ; 6 ; 5 ; 4 ; 2 ; 3. Apprendre un chant révolutionnaire à portée didactique. La Révolution a produit un grand nombre de chansons. Les fêtes commémoratives du bicentenaire ont repris ce fonds culturel et mis à disposition du public de nombreux florilèges. On citera, à titre d’exemple, le travail de J. Lalouette et C. Lefevre Vive le son, vive le son, (Fuzeau, 1988). Si le chantier de la fête de la Fédération avait produit la première version du Ça ira,  les journées parisiennes d’août 1792 ont quant à elles, inventé vraisemblablement La Carmagnole. On peut expliquer et mémoriser le point de vue populaire au cours de ces journées en retenant les couplets 1, 3 et 4. La Carmagnole, 1792. Couplet 1 Madame Veto avait promis De faire égorger tout Paris (bis) Mais son coup a manqué, Grâce à nos canonniers. Dansons la Carmagnole Vive le son, vive le son Dansons la Carmagnole Vive le son du canon. Couplet 3 Couplet 4 Son mari, se croyant vainqueur, Les Suisses avaient tous promis Connaissait peu notre valeur. Qu’ils feraient feu sur nos amis. Va Louis, si gras, si lourd, Mais comme ils ont sauté ! Du Temple dans la tour. Comme ils ont tous dansé ! Dansons, etc. Dansons, etc.
Ø Les hommes de la Révolution Biographie des acteurs phares de la Révolution . Retrouver dans la séquence les personnages cités ainsi que leurs actions. En entreprenant une recherche documentaire, on pourra rédiger de brèves notices biographiques en retenant l’essentiel. Aux personnages clés qui sont proposés dans la séquence : Lafayette, Talleyrand, Louis XVI, Bailly, Robespierre, David, on jugera de l’opportunité d’adjoindre Danton et d’éventuels acteurs locaux.
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C ARTE D IDENTITÉ COLLÈGE
Discipline, classe et programmes concernés en priorité Histoire, 4 e . Les grandes phases de la période révolutionnaire en France, de 1789 à 1815.
Autre discipline ou classes possibles Histoire, 2 de . Les expériences politiques en France de 1789 à 1815.
Objectifs de l’émission Approcher la fête révolutionnaire. Évoquer un lieu symbolique du Paris de la Révolution.
Principaux thèmes abordés Le Champ-de-Mars. Les événements révolutionnaire de 1789 à 1794. La fête de la Fédération du 14 juillet 1790. La fusillade du 17 juillet 1791. La fête de l’Être suprême (juin 1794). La Terreur.
Représentations préalables à prendre en compte Dans l’esprit de nombreux élèves, la Révolution française se résume à la prise de la Bastille – qu’ils ne savent pas forcément dater avec précision –, voire à la décapitation du roi Louis XVI. L’exemple du Champ-de-Mars fournit donc l’occasion de souligner le foisonnement événementiel d’une période fort courte de notre histoire et de commencer à cerner la complexité d’une révolution qui a pour une grande part contribué à faire entrer la France dans la modernité. Cette même révolution dont l’empreinte se découvre dans l’espace à la fois concret et symbolique d’une ville : Paris.
Vocabulaire prérequis Amphithéâtre, arc de triomphe, autel, Assemblée constituante, évêque, mythe, aristocrate, monarque, pétition, République.
Vocabulaire à expliquer Cadet gentilhomme, officier, terrassier, apothéose, Te deum , citoyen passif, citoyen actif, déchéance (du roi), loi martiale, incorruptible, humaniste, piètre politique.
Vocabulaire à mettre en place Peuple de Paris, culte patriotique, fédération, garde nationale, cocarde, fête révolutionnaire, guillotine, Terreur, vertu, Être suprême.
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En classe
S UGGESTIONS PÉDAGOGIQUES COLLÈGE
Ø Activité : le Champ-de-Mars dans l’histoire e Histoire, 4 • Distribuer un plan de Paris actuel comportant les lieux évoqués par le module (École militaire, tour Montparnasse, tour Eiffel, pont d’Iéna, Bastille, Tuileries, Champ-de-Mars). Après avoir vu le document, les élèves élaborent une légende qui doit faire apparaître les différentes époques de construction et d’aménagement des édifices cités (avant 1789/époque révolutionnaire/ XIX e siècle/ XX e siècle) ; utiliser des couleurs. Qu’est-ce qu’un champ de Mars ? Faire appel aux réminiscences des élèves : que représente Mars dans la mythologie romaine ? Quel est son équivalent dans la mythologie grecque. À partir de la séquence consacrée à l’entretien avec le colonel Bernède, définir la fonction d’un champ de Mars (la présence de l’école militaire à proximité doit aider à la définition). Bâtir une chronologie  sur laquelle figureront les principaux événements qui eurent pour théâtre le Champ-de-Mars (sous la Révolution : fête de la Fédération ; fusillade du 17 juillet 1791 ; fête de l’Être suprême. Au XIX e siècle : un espace à l’usage des expositions ; édification de la tour Eiffel entre 1886 et 1889.) Expliquer et justifier le propos de la chanson qui clôt le module : « Y’a pas d’Paris sans tour Eiffel ».
Ø Démarche : de la réconciliation nationale, la fête de la Fédération (14 juillet 1790). Histoire, 4 e L’étude de la fête de la Fédération s’avère d’une grande richesse : la démarche proposée s’attache à mettre en valeur quelques dimensions saillantes de l’événement susceptibles d’éclairer la nature et les enjeux de la Révolution à ses débuts. Une date symbolique : le 14 juillet. Faire relever que la fête de la Fédération se situe un an jour pour jour après un épisode mythique de l’épopée révolutionnaire : la prise de la Bastille. Que symbolisait la Bastille ? Sa réputation de symbole de l’arbitraire royal était-elle justifiée ?
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Quels événements paraissent plus décisifs dans le renversement de l’Ancien Régime ? Que recouvre l’expression « peuple de Paris » ? Jusqu’en juillet 1790, quel chemin a été parcouru sur la voie des réformes ? Dresser un bilan succinct. • Un lieu emblématique : le Champ-de-Mars. Décrire l’aménagement du Champ-de-Mars avant 1789, puis en 1790. Pourquoi le site semble-t-il approprié pour mettre en scène l’unité des Français ? • La fête de la Fédération. Qu’appelle-t-on une fédération à l’époque de la Révolution ? La première fédération voit le jour à Étoile, près de Valence, le 29 novembre 1789. Les fédérations se multiplient dans la première moitié de 1790. – Une fête nationale. Quel sens donne-t-on au mot « nation » à partir de 1789 ? Montrer l’importance qu’on y attache : dans la devise trinitaire du début de la Révolution, le terme figure en première place « La Nation, la Loi, le Roi ». La cocarde tricolore est l’emblème de la Nation ; rappeler la signification des trois couleurs ; en relever les occurrences, notamment dans les extraits du film de Robert Enrico. Pourquoi la fête se déroule-t-elle à Paris ? De quelle manière les départements sont-ils représentés ? – La Fayette au sommet de sa popularité. Quel a été son parcours jusqu’à l’éclatement de la Révolution (noter son engagement au côté des insurgés lors de la guerre d’Indépendance américaine) ? Quelle est sa fonction à la date du 14 juillet 1790 (il est commandant en chef de la garde nationale, milice patriotique dont le recrutement s’effectue progressivement parmi les citoyens actifs) ? Étudier la séquence où La Fayette prononce le serment d’être fidèle à la Nation, à la Loi et au Roi : quelle est son attitude ? Où pose-t-il la pointe de son épée ? Comment réagit la foule ? Quelle impression retire-t-on finalement de cette scène ? – Le roi à la fête. Étudier l’extrait du film de Robert Enrico où l’on voit Louis XVI assis à la tribune avec la reine et le dauphin. Quelle est l’attitude du roi ? Quelle est sa mise ? Comparer avec les cérémonies d’avant 1789. Remarquer la réaction de Marie-Antoinette lorsque son fils applaudit. Dans la formule du serment, quelle est la place du roi ? En quoi est-ce révélateur du pouvoir qui est le sien à cette date ? Le professeur fera enfin remarquer que la distance que le roi semble établir entre la fête et lui-même s’accroît lorsqu’il se contente de prêter serment depuis son trône au lieu de le faire depuis l’Autel de la patrie, laissant dès lors tout le triomphe à La Fayette. • Une unanimité en trompe l’œil. – La fête de tout le peuple ? Il est incontestable que la première fête de la Fédération fut un succès : l’enthousiasme populaire n’est pas feint. Évoquons les préparatifs : étudier les gravures qui représentent les travaux d’aménagement du Champ-de-Mars ; relever le nombre assez impressionnant de volontaires et en analyser la composition sociale. Au moment de la fête, où le peuple est-il placé ? Remarquer que dans la mise en scène du culte rendu à la Nation, le peuple de l’amphithéâtre est bien davantage spectateur qu’acteur. Ceux qui défilent et que la fête met à l’honneur 10 Galilée : Les fêtes de la Révolution française © CNDP 1999
sont les gardes nationaux, autrement dit des citoyens actifs. Le dispositif festif nuance donc le discours unanimiste des dirigeants et traduit assez bien la nature discriminatoire de la citoyenneté de 1789. – Fête et religion. L’Autel de la patrie : rappeler la fonction d’un autel. Dans quelle mesure peut-on parler d’une religion patriotique ? La messe : qui préside à sa célébration ? Dire quelques mots de ce personnage fort controversé qu’est Talleyrand, alors évêque d’Autun. En quoi l’épisode de la messe est-il cocasse ?. Le professeur ajoutera que c’est Talleyrand qui proposa en octobre 1789 la nationalisation des biens du clergé. Relever impérativement que la fête de la Fédération se tient deux jours seulement après l’adoption de la Constitution civile du clergé, qui entraîne une fracture profonde entre clergé assermenté et clergé réfractaire et ajoute donc un facteur non négligeable de division entre les Français. • Pour conclure, les élèves tentent de déceler à travers les différentes étapes de la fête de la Fédération les caractères de la nouvelle France issue de la Révolution de 1789. En quoi cette fête se veut-elle une célébration de la Nation tout entière ? En quoi n’y parvient-elle que difficilement ?
Ø Pistes : le Champ-de-Mars sous la Terreur Histoire, 4 e • La cérémonie expiatoire du « crime du 17 juillet ». Le 12 novembre 1793 le couperet de la guillotine, montée au Champ-de-Mars, tranche la tête de Bailly. – La guillotine. D’où tire-t-elle son nom ? Qui l’a inventée ? Le docteur Guillotin, député de Paris à la Constituante, avait proposé dans un mémoire à l’Assemblée un dispositif destiné à atténuer les souffrances des condamnés à mort qui jusqu’à la fin de l’Ancien Régime étaient soumis à la potence . L’amélioration de la machine revient au docteur Antoine-Louis ce qui explique son surnom, Louison , le premier d’une longue série : le rasoir national, le raccourcissement patriotique, la petite chatière, la cravate à Capet , etc. En quoi représentait-elle un « progrès » par rapport aux façons d’exécuter les condamnés à mort sous l’Ancien Régime ? – Qui était Bailly ? Pourquoi l’exécute-t-on sur le Champ-de-Mars ? C’est l’occasion de faire retour sur l’événement du 17 juillet 1791. À l’origine du rassemblement de la foule pétitionnaire au Champ-de-Mars : la fuite manquée du roi et son arrestation à Varennes en juin 1791. La Constituante maintient le roi sur son trône, décision contre laquelle protestent notamment le club des Cordeliers et le Cercle social, partisans de la déchéance de Louis XVI. Une pétition demandant l’instauration de la République est déposée sur l’Autel de la Patrie au Champ-de-Mars : le 17 juillet 1791, une foule vient la signer malgré la décision de Bailly, maire de Paris, d’interdire toute manifestation. La séquence du film de Robert Enrico consacrée à l’épisode permet de montrer la confusion qui s’ensuit, illustrée par une fusillade qui fit plusieurs dizaines de morts. Les nouveaux maîtres du pouvoir après juin 1793 entendent bien faire payer à Bailly sa responsabilité dans le déclenchement de la fusillade.
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