Les fondements des Etats-Unis

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Les fondements des Etats-Unis

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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D'OR ET D'ACIER, LES FONDEMENTS DE LA PUISSANCE AMERICAINE  Malgré la guerre civile de 1861, les Etats-Unis jettent les bases de leur puissance au début du XIXe siècle.  I/ LE TERRITOIRE  Avec une superficie de 9,38 millions de kilomètres carrés, les Etats-Unis sont le quatrième plus grand pays du monde.  1/ La mise en valeur de l'espace s'est faite au cours du XIXe siècle  De l'indépendance à 1950, les Etats-Unis ont accueilli environ 50 millions d'immigrants  - Arrivés surtout par Elis Island, ils s’entassent dans les tenements misérables de New York, même si certains migrent vers l’Ouest (exemple : Allemands près des Grands Lacs ou Grandes Plaines) - Les descendants des premiers colons s’aventurent en Californie. - Ce glissement vers l’Ouest du centre de gravité des Etats-Unis est favorisé par les découvertes successives d’or à l’Ouest et la distribution quasi-gratuite des terres du Home Stead Act (1962). On peut noter le déplacement du centre de gravité : Baltimore en 1800, St. Louis en 1980, au sud-ouest de Saint-Louis en 2007.  Cette mise en valeur dépend étroitement des moyens de transport  - Les voies d’eau, les pistes et le chemin de fer ont contribué à l’émergence des centres urbains autour desquels s’organise le territoire. Les compagnies de chemin de fer, qui possèdent 10% du territoire américain autour de leurs 400 000 km de voies (1914), participent au développement de ces terrains. - Des villes-ponts (exemple : Omaha City) s’affirment dans les Grandes Plaines, ainsi que de nouveaux nœuds (exemple : Chicago, Los Angeles). Les axes Est-Ouest se développent au détriment des axes Nord-Sud : la Manufacturing Belt progresse, le Mississippi périclite. - A partir de la Seconde Guerre mondiale, le développement de l’automobile et des tubes (oléoducs ou gazoducs), puis de l’avion, entraîne une nouvelle évolution : les grandes aires métropolitaines du pays sont reliées par des autoroutes (Interstate Highway System, 1956), les voies fluviales sont redynamisées par des innovations, permettant aux marchandises d’être transbordées vers le Canada ou la Nouvelle Orléans par l’aménagement du Mississippi et des Grands Lacs. Aujourd'hui, les métropoles majeures sont dotées d'un hub aéroportuaire.  Les transports jouent ainsi un rôle important dans l'économie des Etats-Unis  - Le réseau est exceptionnel : 320 000 km de chemins de fer, 630 000 km d’autoroutes, 40 000 km de voies navigables autour du Mississippi ou des Grands Lacs et du Saint-Laurent, 260 000 km d’oléoducs, un trafic aérien considérable représentant 45% du trafic mondial, et un trafic maritime important. - Ce réseau souffre cependant de certaines faiblesses : déséquilibres entre l’Ouest et l’Est, difficultés des compagnies aériennes et ferroviaires… Si les compagnies d’Etat peinent à atteindre la rentabilité, les compagnies privées se portent mieux grâce à de nombreuses innovations (exemple : trains compacts, wagons à huche), qui, par leur coût élevé, favorisent la concentration.  Les Américains ont intensifié la mise en valeur de leur espace  - La mise en valeur du territoire reste extensive au XIXe siècle, ère de la bonanza (où les ressources paraissent  inépuisables et où il suffit de les puiser sans compter). - Ce raisonnement connaît bientôt des limites : épuisement des sols et érosion dans le dust bowl du Sud et des Hautes Plaines, faible rendement de l’exploitation d’hydrocarbures, avec un risque d’épuisement. La frontière étant fermée, il faut passer à une mise en valeur plus intensive de l’espace. - L’Etat intervient alors au début du XXème siècle: T. Roosevelt crée, le Bureau of Reclamation pour répartir l’eau à l’Ouest et le Forest Service ; F. Roosevelt encourage le reboisement, diffuse le dry farming … etc. L’Etat restreint les prospections sur les terrains qui lui appartiennent (10% du territoire) pour préserver ceux-ci. Agriculteurs et entreprises adoptent également de nouvelles techniques. - Cependant, le bilan de la mise en valeur intensive est nuancé : dans l’agriculture, si la productivité est élevée, les rendements sont inégaux, d’autant qu’agricultures intensive et extensive coexistent. - exemple: contraste entre l'élevage intensif des feed lots où les bovins sont engraissés avant l'abattage, et les
ranches voisins, où le bétail parcourt les Hauts Plateaux de l'Ouest.  2/ L'espace contribue à la puissance des Etats-Unis  Il fonde l'identité des Américains  - Les édifices anciens étant rares aux Etats-Unis, les sites naturels (parcs nationaux) attirent les touristes et prennent pour l’opinion américaine une valeur inestimable, de telle sorte que Matsushita doit revendre MCA, dont certaines installations se situent à Yosemite Park, célèbre pour ses séquoias géants. - La légende de l’Ouest revêt de l’importance pour les Américains, qui prêtent des vertus à la nature sauvage. - Des personnes tels Henry David Thoreau, pacifiste s’étant retiré dans la Nature pour se rapprocher de Dieu et se réaliser vraiment, ou Frederick Olmstead, qui voulait implanter des espaces « naturels » dans les villes ont ainsi eu une grande influence sur le comportement quotidien des Américains.  Il garantit leur sécurité et contribue à leur expansion mondiale  - Les Etats-Unis, presque insulaires, ont été épargnés par les guerres des XIXe et XXe siècles. - L’ouverture géographique du territoire (interfaces) permet d’autre part au pays de projeter son influence jusqu’aux portes de l’Amérique du Sud et du Moyen-Orient. - La richesse du sol et du sous-sol américain a permis une autosuffisance pendant les guerres mondiales, avec un rationnement limité. Aujourd’hui, l’Etat est soucieux de préserver certaines ressources pour des raisons stratégiques, ayant dû constituer des stocks en prévision d’un éventuel conflit.  Il a soutenu la croissance et l'affirmation économique des Etats-Unis  - Les Etats-Unis sont d’abord de grands producteurs de matières premières. Ils exportent coton et tabac au XIXe siècle, puis céréales, minerais et charbon. - Ces ressources contribuent aussi à l’affirmation de leur industrie manufacturière : la sidérurgie et la métallurgie se développent au Nord, près des gisements de fer et de charbon, d’autant que le cours de ces matières premières est bas au début du XXe siècle, d’où leur compétitivité. - Aujourd’hui, les Etats-Unis doivent cependant importer une bonne part de leurs besoins, notamment en pétrole, mais l’ampleur de leur production intérieure permet d’atténuer leur dépendance.  II/ LES HOMMES  1/ Les Etats-Unis conservent une démographie dynamique   L'évolution de la population américaine est bien connue, grâce aux recensements décennaux exigés par la Constitution  - 3 millions d'Américains en 1770, 106 en 1920, 135 en 1945 et l’on prévoit plus de 300 millions pour 2007. La mortalité (8,5 pour mille en 2001) ne diminuant que peu, la natalité joue un rôle essentiel dans ce dynamisme. Elle -a suivi les mêmes évolutions que celles des autres pays développés depuis 1925 : - de 25 pour mille en 1925, elle baisse au cours des années 1930 - elle remonte ensuite au même niveau en 1957, lors du baby boom - elle entame alors une forte chute, pour de nombreuses raisons : coût élevé de l’enfant, travail des femmes, multiplication des divorces, incertitudes sur l’avenir, comportements individualistes et hédonistes, contraception (pilule du docteur Pincus en 1953, généralisation de l’avortement en 1973, stérilisation volontaire… - La natalité s’est stabilisée à la fin des années 1970 (14,1 pour mille en 2001). Le taux de fécondité des Etats-Unis s'est fortement redressé (2,01 pour mille en 2003, mais 1,4 pour mille au Japon et dans l’Union Européenne) et la population reste relativement jeune, contrairement à la situation européenne.  Cette relative jeunesse constitue un atout décisif pour les Etats-Unis  - Le taux d'accroissement naturel dépasse 0,5% (contre 0,2 au Japon et 0,1 dans l'Union Européenne) - La part des plus âgés dans la population est moins élevée que dans les autres pays de la Triade. - Les conséquences économiques sont considérables :
- Les investissements sont stimulés par la croissances démographique. - Le financement des retraites et du Welfare State pourra être assuré par l’augmentation de la population en âge de travailler. - La population au travail sera plus jeune, donc plus adaptable, et moins coûteuse.  L'immigration contribue au dynamisme démographique  - Entre 1800 et 1880, l'immigration est encouragée; 150 000 Européens du Nord-Est entrent aux Etats-Unis par an. - Entre 1880 et 1914, l'immigration augmente de façon spectaculaire -- 900 000 entrées par an entre 1900 et 1914 en provenance surtout d'Europe du Sud et de l'Est.  cette augmentation entraîne une politique d'immigration sélective et qualitative, à l'origine de nombreux -textes entre 1875 et 1917 ainsi que de lois instituant des quotas (1921, puis 1924) afin de limiter l'immigration et de maintenir la composition du melting pot américain. - ainsi à partir des années 1920, l'immigration diminue, restant à un niveau modeste après 1945. - 1965 est une année tournant: les quotas sont supprimés au profit de critères économiques et politiques; l'immigration augmente (450 000 par an dans les années 1970). La loi Simpson-Rodino (1986) réinstaure des quotas, mais l'immigration clandestine continue. La loi Kennedy-Simpson (1990) libéralise ainsi l'immigration en supprimant certaines restrictions qualitatives. - L'immigration retrouve ensuite des niveaux élevés: - les entrées officielles d'immigrants ont atteint 900 000 par an au cours des années 1990 et le million est dépassé depuis le début des années 2000, sans compter 300 000 à 500 000 clandestins par an. - Les immigrés représentent 11,3% de la population et se concentrent notamment en Californie, sur la côte Nord-Est, en Floride et le long de la frontière mexicaine. - La croissance démographique des Etats-Unis s'explique en partie par leur solde migratoire très positif et la natalité élevée des immigrants.  L'apport économique de l'immigration est plus difficile à apprécier  - Dans le passé, l'immigration a permis aux Etats-Unis de croître rapidement, de mettre en valeur leur territoire et de développer leur industrie et leur agriculture. Les immigrants constituent toujours une part importante de la force de travail: - travailleurs peu qualifiés et bon marché - travailleurs qualifiés, ces derniers étant favorisés dans le cadre du brain drain américain - ces travailleurs sont d'autant plus utiles à l'économie américaine qu'ils ne bénéficient que d'une aide modeste, et représentent ainsi 14% de l'emploi du pays. - Les critiques envers l'immigration sont aujourd'hui nombreuses, les étrangers étant pour 51% issus d'Amérique Latine, et pour 18% d'Asie. Pour G. Borjas, ces critiques ont plusieurs raisons : - ces immigrés sont de moins en moins qualifiés, et ont provoqué une chute des revenus moyens aux Etats-Unis - ils recourent davantage aux programmes d'aide sociaux - inquiétudes envers la taille importante de la communauté hispanique, peu intégrée (argument politique). - L'évolution de l'opinion se traduit dans différents référendums d'initiative populaire:  - l'anglais devient la langue officielle de nombreux Etats (mouvement English only) - l'accès aux soins médicaux et à la scolarisation est supprimée pour les clandestins (proposition 187 adoptée par la Californie en 1994, puis généralisée par la loi de 1996) - l'enseignement bilingue est remis en question. - de plus, les attentats de 2001 ont conduit à un durcissement des conditions d'accueil des immigrés.   2/ La job machine américaine continue à créer des emplois de façon exceptionnelle  Depuis 1950, l'emploi a plus que doublé aux Etats-Unis, montrant l'efficacité du modèle américain.   Le marché du travail américain se caractérise par une souplesse et une flexibilité qui contribuent sans doute à la création d'emplois  •Elles se manifestent d'abord par la mobilité géographique et professionnelle : chaque année, un Américain sur douze change de travail, un sur sept de domicile, soit deux fois plus qu'en Europe, ce qui est favorisé par la communauté de langue, la faiblesse des taxes lors de l'achat ou de vente d'une maison, et la modestie et la courte durée des prestations
versées aux chômeurs.  •À la mobilité des travailleurs s'ajoute une grande liberté des chefs d'entreprise : - La job machine connaît son succès grâce à leur grande liberté d'embaucher et de licencier, de fixer les salaires et les conditions de travail, de déterminer les horaires et de réclamer des heures supplémentaires. - Ne pas exagérer la liberté des employeurs : ils sont encadrés par la loi en matière de non-discrimination et de protection sociale, bornés par les syndicats, avec la règle notamment du dernier arrivé, premier licencié". " - L'Etat et les syndicats participent au dynamisme du marché du travail : - par des aides aux victimes du marché (exemple: Trade Ajustment Assistance, 1962) - par des programmes de formation (exemple: Workforce Investment Act , 1998). - Les syndicats continuent néanmoins d'accepter la baisse des salaires et les licenciements.   Ces actions convergent afin de donner au marché du travail américain ce qui constitue son trait majeur: la flexibilité: - Les travailleurs s'adaptent au rythme de l'activité par leur nombre, leurs horaires, leur rémunération; - Ils évoluent rapidement, éventuellement en changeant d’activité, retrouvent rapidement un emploi. - La rémunération dépend de la productivité, d'où l'écart entre les travailleurs qualifiés et les autres. Ce type de flexibilité, qui passe par le licenciement, n'encourage cependant pas l'identification à l'entreprise ni le souci de se former pour progresser dans celle-ci, comme au Japon.  Le bilan plaide en faveur du modèle américain  •Conséquence de la forte création d'emploi, le chômage est faible: - Le taux de chômage atteint son maximum en 1981 (plus de 8%), il est en 2005 entre 5 et 6%, un peu plus que le Japon, mais très en-dessous du niveau européen. Le chômage de longue durée est beaucoup plus faible qu'ailleurs (10% du total). - Les salariés américains bénéficient de nombreux avantages: salaires relativement élevés, avantages sociaux de la part de leurs entreprises (mais de façon très variable !), distribution d'actions... - La géographie du chômage montre la rapidité des mutations spatiales : - En 1982, le chômage est particulièrement important dans les Grands Lacs et le Vieux Sud. - En 1992, on parle de « dépression en U » : le chômage concerne surtout les Etats sur le littoral de la frontière mexicaine. - En 2002, les différences entre les Etats sont moins marquées, mais les plus touchés sont ceux du Nord-Ouest, avec la crise du transport aérien et de l’aéronautique.  Ce bilan est pourtant contesté : - Les chiffres du chômage semblent sous-estimés, ils ne prennent pas en compte de nombreux chômeurs découragés qui ne s'inscrivent pas pour des avantages modestes. - Les salaires horaires stagnent depuis les années 1970, l'augmentation des rémunérations vient de l'allongement du temps de travail. - 30% des salariés sont des working poors , des travailleurs à temps partiel, aux salaires tronqués. - Le marché du travail américain deviendrait de plus en plus dual : - d'un côté les salariés qualifiés et productifs, dont les rémunérations augmentent au prix d'un engagement forcené, - de l'autre des travailleurs peu qualifiés, immigrés récents, femmes seules ou jeunes non diplômés, dont les rémunérations stagnent, et dont la productivité est faible. - les faibles productivité et rémunération de ces derniers expliquent le miracle de la job machine, et, malgré leur faible efficacité, ils contribuent à la cohésion sociale, à la production économique, et donc à la puissance nationale.   • Reste une inquiétude: le modèle américain n'est-il pas en train de se déliter ? La reprise récente s'est d'abord accompagnée d'une très faible création d'emplois, à peine suffisante pour faire reculer le chômage, due aux gains de productivité et aux délocalisations. Le même phénomène de jobless recovery s'était cependant produit en 1991, puis la croissance avait créé 20 millions d'emplois entre 1992 et 2000, d'où l'espoir que constituent les 2,2 millions de nouveaux emplois créés en 2004.   L'emploi contribue à la puissance, à la cohésion et à la compétitivité des Etats-Unis  
• S'il est un pays où l'expression "force de travail" a un sens, ce sont les Etats-Unis: - Le taux d'emploi est l'un des plus élevés de l'OCDE, il reste notamment considérable au-delà de 65 ans. Le nombre  d'heures travaillées est important et progresse. Le travail à temps partiel n'est pas particulièrement développé aux Etats-Unis (il concerne 17,4% des travailleurs, comme en France). - Le nombre d'heures travaillées s'explique par la faiblesse des retraites et les bas salaires, d'autant que la "préférence  américaine pour le travail" est une valeur fondatrice de la société américaine (éthique prioritaire), liée à celle de l'égalité des chances sur le marché du travail. Ainsi, les heures supplémentaires concernent tous les types de salariés. La productivité du travail américaine étant lune des plus élevées au monde, la qualité du travail s'ajoute à cette quantité. - En 2002, la productivité par heure de travail et par personne occupée est élevée, d’autant que les Américains travaillent plus que la moyenne de leurs partenaires. - Malgré un rattrapage de leurs concurrents dans le secteur manufacturier jusqu’aux années 1980, ils ont connu un spectaculaire rebond ces dernières années.  L'emploi contribue à la compétitivité des Etats-Unis par la maîtrise des coûts salariaux et la productivité élevée: les Etats-Unis connaissent des lourds déficits extérieurs, mais ce ne sont pas les travailleurs américains qui en sont responsables.   III/ LA RICHESSE DES ETATS-UNIS  Les Américains passent pour particulièrement décomplexés face à l'argent, si celui-ci est le fruit de l'effort et qu'il est bien utilisé. Les droits de succession sont relativement élevés, et les dégrèvements fiscaux favorisent les mécénats. De nombreux capitalistes ont d’ailleurs créé leurs fondations : Carnegie, Rockefeller ou Ford, par exemple. La richesse qui s'est ainsi accumulée aux Etats-Unis est un facteur de puissance pour ce pays.   1/ Les Etats-Unis ont accumulé un patrimoine exceptionnel  - Le patrimoine national comprend le territoire, ses ressources et son potentiel, mais aussi les infrastructures, les bâtiments, les usines. Ceux-ci sont le résultat d'un effort d'investissement considérable, les Etats-Unis ayant de plus pu se concentrer sur le renouvellement et la modernisation, le pays ayant été épargné par les guerres. - Le taux d'investissement américain reste aujourd'hui élevé (entre 17 et 22% du PIB). De plus, le prix modeste du capital et la place de l'investissement immatériel est importante: recherche-développement, formation professionnelle...etc.  - Au patrimoine physique, il faut donc ajouter un patrimoine immatériel incalculable: stock de brevets, techniques de pointe, notoriété des grandes marques...etc. Plus que l'industrie, les services fondent aujourd'hui la puissance économique américaine.   2/ Grâce à leur niveau élevé de consommation, les Etats-Unis restent le premier marché mondial  Les Américains sont un peuple riche - En calculant les revenus en "parité pouvoir d'achat", pour contourner les inégalités dues aux variations des prix et des monnaies, les Américains restent parmi les plus riches des peuples. - Cependant, Européens et Japonais les ont rattrapés jusqu'aux années 1990. La tendance s'est en suite inversée: l'écart de richesse s'est maintenu, voire accentué, tandis que les inégalités intérieures se sont creusées. Ainsi, la dépréciation sur le long terme du dollar correspond à un appauvrissement collectif et relatif.   La consommation des ménages absorbe les deux tiers du PIB américain  - Cette consommation est soutenue par une publicité omniprésente, par l'importance du crédit et par un système de distribution concentré et efficace. - Les innovations sont particulièrement nombreuses dans ce secteur : ouverture du premier magasin à prix unique par Woolworth en 1873, -- ouverture du premier libre-service à Memphis en 1916, - ouverture du premier supermarché en 1930, - ouverture du premier centre commercial à Columbus en 1950, - développement des techniques de vente efficaces auxquelles reste associé le nom de Trujillo, le grand enseignant de ces méthodes dans les années d’après-guerre.
 Le marché intérieur américain constitue un atout essentiel de l'économie américaine  Le marché intérieur américain est le premier au monde: - Modérément ouvert sur le monde, il est largement dominé par les entreprises américaines. La croissance américaine et la puissance des entreprises s'appuient beaucoup plus sur ce marché intérieur que sur un "impérialisme économique" . - La richesse du marché intérieur constitue un moyen de pression pour Washington lors des négociations économiques avec ses partenaires. - Le modèle de consommation américain a séduit le monde entier; sa diffusion a été favorisée par des lois et par les médias.  • Si l'unité du marché américain est réelle, elle ne doit pas être exagérée: - Certains impôts ne sont pas uniformisés entre les différents Etats ; - Les législations locales (sociales ou environnementales comme en Californie) sont très variables. - De nombreux Etats ont adopté la préférence aux entrepreneurs locaux en ce qui concerne les achats publics. Les limites à une totale liberté de circulation des biens et des services sont donc réelles.   • L'importance de la consommation n'est pas sans contrepartie: - Elle explique la faiblesse de l'épargne: seulement 3% des revenus des ménages en 2000. - Elle contribue aux déficits et à l'endettement du pays et pourrait ainsi à terme être dangereuse pour la puissance du pays.  D'où une réflexion sur la richesse américaine : - Cette richesse légitime le modèle américain: l'enrichissement est une valeur fondamentale, un droit pour les Américains; la richesse démontre l'efficacité du système américain. - Les fondements de la richesse américaine ont évolué depuis un siècle : - Jusque dans les années 1930, les Etats-Unis bénéficient de l’abondance des leur sol, de leur sous-sol, de la main-d’œuvre immigrée, des capitaux venus d’Europe. Ils optimisent ces atouts par leurs progrès techniques et leur protectionnisme. - Des années 1930 aux années 1970, les réformes et l’ouverture sur le monde entretiennent la richesse des Etats-Unis, qui s’appuient d’ailleurs sur le redressement de leurs alliés, avant d’être concurrencés par ceux-ci . - Dans les années 1980 et 1990, la richesse américaine se réaffirme par des mesures libérales, les opportunités de la « nouvelle économie », la capacité à drainer les richesses du reste du monde, le prestige et la puissance de séduction du pays… - Cette richesse reste cependant mal partagée et, peut-être, illusoire : richesse des uns, pauvreté des autres, richesse privée, pauvreté publique, richesse aujourd'hui, pauvreté demain?...   3/ La richesse américaine se matérialise dans le dollar  Partout dans le monde, le "billet vert" est le symbole de la richesse américaine; il en est surtout le principal fondement.   Il s'affirme au lendemain de la Première Guerre mondiale  - Les accords de Gênes (1922), qui instaurent le Gold Exchange Standard, reconnaissent le rôle central de deux monnaies: livre sterling et dollar. De plus, l'excédent commercial des Etats-Unis sur le reste du monde met en place les conditions du dollar gap. - L'après 1945 conforte la place du dollar: dans le cadre de Bretton Woods : - dollar, seule monnaie convertible en or, - droit de veto de fait au FMI ; - suprématie économique écrasante : 85% des réserves mondiales en or, ¼ des échanges mondiaux, plus grande partie des IDE, richesse et avance technologique. Le dollar gap se creuse, en attendant que les aides et les IDE américains ne contribuent à le combler. - avec le dollar, ils bénéficient du « déficit dans pleurs » (J. Rueff) en finançant leurs achats dans leur propre monnaie. Si les Etats-Unis ont une balance commerciale excédentaire jusqu'en 1971, un déficit apparaît dans la balance des paiements à partir de 1951. Celui-ci est cependant financé par les partenaires des Etats-Unis.   La crise des années 1970 remet en question la prééminence du dollar
 -A partir de 1965, les avoirs officiels en dollars dépassent les réserves en or de la FED du fait des engagements extérieurs. - Nixon finit par renoncer à la convertibilité-or le 15 août 1971 à l’annonce du déficit commercial. - Le monde passe alors aux changes flottants. Le dollar, déprécié de moitié, semble symboliser un relatif déclin   américain.   En réalité, les Etats-Unis conservent tous les avantages du dollar sans les responsabilités que leur imposaient les accords de Bretton Woods  - Les mesures de 1971-1973 et la dépréciation du dollar qui s'en est suivie ont été souhaitées plus que prises sous la contrainte : dispensés de la rigueur de la convertibilité-or, les Etats-Unis peuvent utiliser le dollar pour relancer leur compétitivité, tout en conservant le privilège du déficit sans pleurs. - Ainsi, les Etats-Unis peuvent acheter à bon compte ce dont ils ont besoin. - Ils drainent les matières premières, les cerveaux, les capitaux. - Ils peuvent se moderniser tout en conservant leur niveau de consommation. - Les revenus des placements extérieurs permettent de combler en partie le déficit budgétaire, ainsi l'Etat peut augmenter ses dépenses. - Les FMN sont encouragées à développer leurs activités à l'étranger. - Ainsi, le dollar est LE fondement de la puissance américaine.   Aucune monnaie n'a ébranlé le rôle central du dollar  - Les DTS (Droit de Tirage Spéciaux), créés en 1969, n'ont été qu'un appoint et le mark ou le yen ne sont pas non plus devenus de véritables monnaies internationales, faute de volonté des dirigeants allemands et japonais. - L'euro ne menace pas encore les positions américaines face au dollar qui représente en 2002 : - 48% de la facturation du commerce international (5% pour le yen, 33% pour l’euro), - 98% des transactions de change (10% yen, 64% euro),  - 65% des réserves de change mondiales (4,5% yen, 14,5% euro), - 40% des émissions d’obligations internationales (10% yen, 30% euro). - De nombreux pays choisissent de lier leur monnaie au dollar, notamment en Amérique Latine et en Asie. D'autres ont même adopté le dollar comme monnaie officielle (exemple: Panama, Guatemala). Il existe enfin un dollarisation non officielle, les entreprises et particuliers préférant parfois utiliser cette monnaie pour leur activité courante. - "Le dollar est notre monnaie, mais votre problème." (Connally) : le rôle du dollar est double, il est la monnaie des Etats-Unis, qui le contrôlent, mais aussi la monnaie du monde, qui l'utilise.  IV/ UN CONSENSUS MENACE ?  La société américaine manifeste sa forte homogénéité du temps de l’Impérial America par :   - pays de classes moyennes où les ouvriers se fondent dans la masse des cols blancs (car salaires élevés) - les communautés vivent ensemble dans l’idée de l‘ American way of life - la cohésion sociale passe par la religion, la confiance dans le capitalisme, l’information de masse  1/ La pauvreté persiste dans le pays le plus riche du monde   Le nombre des pauvres a eu tendance à se réduire jusqu’à la fin des années 1970.  - Grâce à la politique du W elfare State le nombre de personnes en dessous de seuil de pauvreté est passé de 22,4% à 11,7% entre 1959 et 1979 mais a remonté depuis 2003 pour représenter 12,3% de la population (environ 37 millions). - la pauvreté est très inégale : - sur le plan sociologique : 1/3 de Noirs, ¼ d’Hispaniques, femmes seules avec leurs enfants, habitants du sud (Mississippi) - sur la plan spatial : - plus élevé dans les Etats de la mégalopole, des Grands Lacs et de la côte Ouest (> à 25 000 $ par an) / moins élevé dans le Vieux Sud (et poids de la pauvreté) - plus élevé dans les banlieues que dans les centres-villes.  
 L’écart se creuse entre les plus riches et les plus pauvres.  - différentes manières de mesurer le phénomène : - salaire horaire : n’a augmenté que pour les travailleurs qualifiés - revenus des ménages les 1% plus riches = 33 (en 1979) ou 88 (en 2000) fois le revenus des 20% plus pauvres - patrimoine est concentré : 1% des plus riches = 1/3 (1945) ou 22% (1976) ou 40% (1990) du patrimoine - l’Amérique est de moins en moins le berceau des classes moyennes, avec le passage d’une société en losange à une société en sablier entre 1950 et 1990 (la classe moyenne se vide) - trois raisons avancées : - la révolution conservatrice et néo-libérale : démantèlement du Welfare State et recul des syndicats. - la mondialisation : concurrence du travail bon marché, restructuration des entreprises entraînant la hausse du chômage frictionnel - surtout le progrès technique pour Paul Krugman (qui considère que les Etats-Unis ne sont pas très ouverts donc que la mondialisation n’explique pas tout) car les travailleurs peu qualifiés perdent de leur valeur sur le marché s’ils ne s’adaptent pas aux nouvelles technologies (introduites via la mondialisation) - mais les économistes-conservateurs affirment que la société américaine continue de s’enrichir dans son ensemble grâce à la baisse des impôts pour les plus riches et à la hausse des revenus pour les plus qualifiés ; autrement dit, les inégalités se creusent par le haut.  2/ De même que celui de la middle classe, le mythe du melting pot est ébranlé  L’origine des Américains est extrêmement diverse.  - les Caucasiens (ou Blanc) = 74% de la population, surtout Anglais et Allemands (WASP) - les Noirs = 12% = 35 millions grâce à un taux de natalité élevé, unité raciale - les Hispaniques = 12% (35 millions), originaux par leur unité culturelle (langue) et religieuse (catholique) - les Asiatiques = 3% mais avec un taux qui augmente rapidement - les Indiens et Esquimaux = 1% condition de vie difficile pour les Indiens (citoyenneté en 1924 et vivent en réserve et ½ vivent sous le seuil de pauvreté  Entre ces groupes de fortes inégalités existent.  - Histoire des Noirs : - les 1 er sont arrivés en 1619, la suppression de l’esclavage n’a pas supprimé leurs problèmes. En 1896, la Cour Suprême légitime la « ségrégation » par son arrêt célèbre « separate but equal ». mais la société noire évolue : -- 1909 : création de la National association for the advancement of colored people (NAACP)  - 1942 se constitue à Chicago le C ongress on racial equality (CORE) symbolique car est animé dans la ville des migration en cours et par les étudiants (élites noires émerge)  - 1954 la Cour suprême déclare inconstitutionnelle la ségrégation dans les écoles  - 1955-1956 : essor du mouvement noir avec Martin Luther King et boycott des compagnies de bus de Montgomery puis en 1963 grande marche sur Washington avec son célèbre discours  - 1964-1965 : lois civiques sont adoptées et mettent fin à la ségrégation émeutes surtout dans les ghettos de Nord animés par les Musulman noirs ou les Blacks Panthers de Malcolm X ou Carmichael.  - la politique à l’égard des minorités prend un nouveau tour dans les années 1960 : l’ affirmative action = discrimination positive - 1965 : l’ executive order 11246 : les dépenses fédérales sont réservées aux entreprises ou écoles qui pratique l’ affirmative action , concernant toutes les minorités et les femmes (en 1967) - 1968 : pratique du busing : des élèves noirs sont emmenés tous les matins dans les écoles de banlieues et les élèves blancs font la route inverse - 1972 : apogée lorsque le congrès amende la loi sur les droits civiques de 1964 et autorise le gouvernement fédéral à agir pour compenser les discriminations passées - la préférence à l’embauche en faveur des minorités ethniques est pratiquée par beaucoup d’entreprises ou universités ; un enseignement espagnol se développe dans les Etats du Sud-Ouest  Cette évolution a sans doute permis à la minorité noire de devenir un véritable groupe de pression.  
- exemples : - action de Jessie Jackson dans le parti démocrate, candidat présidentiel dans les années 1980 - il existe des lobby noirs au Congrès : le black causus dirigé longtemps par Kweisi Mfume - secrétaires d’Etat noirs : Colin Powell, Condolezza Rice et un membre de la cour Suprême - le problème est surtout économique et social : - à 1 ère vue : leur taux chômage est le double de celui des Blancs, 1/3 vivent sous le seuil de pauvreté - mais en fait la communauté noire éclate : - une classe moyenne noire émerge (11% d’entre eux sont managers, membres de professions libérales) - une partie reste dans la misère : familles monoparentales, drogue, absence d’études, chômage… - comment expliquer la situation ? - l’administration a amputé les programmes sociaux : explication la plus fréquente - ou d’après l’économiste noir Sowell dans Race et économie la race n’explique pas tout car le revenu des Noirs américains sont inférieurs de 20% à ceux les Antillais noirs. Le processus d’élévation social a été bloqué pour les Noirs par les mesures sociales et l’ affirmative action  qui les a dispensé de tout effort. Pour éviter cela il faut diminuer le Welfare State (mais thèse iconoclaste ?)   3/ Les différentes communautés américaines peuvent-elles encore vivre ensemble ?  La question se pose d’abord en se qui concerne les communautés ethniques.  - la devise des Etats-Unis e pluribus unum ou la célèbre formule de Zangvill en 1908 du melting pot c’est-à-dire la capacité des Etats-Unis à fondre dans un même creuset des immigrants de toute la planète afin d’en faire un peuple unique peut encore se réaliser d’après Denis Lacorne (car 7 millions d’Américains sur 281 ne se sont pas déclarés d’une origine ethnique précise lors du recensement de 2000) - néanmoins les expressions de pluralisme culturel de Horace en 1916 ou l’ rc en ciel de Jessie Jackson  ou le a kaléidoscope de Barbara Jordan semble plus adaptées car le sentiment d’appartenance à une communauté ethnique reste fort (97,5% se sont affirmé d’une origine raciale unique). Il ne s’agit plus d’une opposition Noirs/Blancs comme le montre les émeutes de Los Angeles de 1992 où les Noirs attaquaient les Coréens. - La discrimination positive est remise en question : 1996 la Californie décide d’y mettre fin après un référendum - Faut-il craindre un véritable éclatement des Etats-Unis ? Le leader noir Farrakhan qui réclame une terre séparé pour les Noirs a réussi à réunir 1 million de partisans en 1995   La coupure ethnique est largement une coupure sociale.  - de plus en plus d’Américains (17% en 2004 contre 1% en 1970) vivent dans des gated communities  des quartiers fermés où on vit entre soi (ethnie, milieu social, âge)  ex : Rancho Bernardino en Californie. Ainsi Robert Reich parle d’une véritable sécession des classes supérieures (« La communauté, c’est d’abord le code postal ») qui, ouvertes à l’extérieur via la mondialisation, se ferment à leur voisinage le plus proche. - la conséquence logique de cette évolution est la remise en cause des politiques de redistribution en faveur des plus défavorisés. Avec les gated communities les gens paient leurs impôts locaux et la redistribution se fait entre eux. De même avec le démantèlement du W elfare State les populations indésirables ont tendance à aller ailleurs.   Bien d’autre clivage divisent les Américains  - celui homme/femme : les 1 er  mouvements féministes apparaissent dans les années 1960 avec le mouvement NOW ( National Organisation of Women) de Betty Freedan. Les résultats sont incontestables sauf en terme de représentation politique. Ce mouvement est contesté aujourd’hui. Les hommes s’organisent ex : mouvement P romise Keepers  - conservateurs/progressistes: conflits sur l’avortement, la peine de mort, la possession d’arme.   4/ Faut-il avoir peur de l’Amérique ?  - Edward Behr dans cette Amérique qui fait peur  dénonce une « nouvelle sensibilité américaine, déconstructionniste, multiculturelles et foncièrement eurocentriste » qui se manifeste par le « politiquement correct » - Lincoln : « Une nation divisée contre elle même ne peut tenir »   L’impression la plus forte que laisse l’Amérique des années 2000 est celle de son invraisemblable diversité, voire de son éclatement.
 - les différents visages de l’Amérique qui existent, expliquent le développement de l’anti- américanisme : - pays cosmopolite ouvert au monde entier/communautés qui se replient sur elle même - animateur de radio : Rush Limbaugh (républicain populiste) ou celui des musulman noirs ou des féministes… - la montée des inégalités remet en question le modèle américain  Et pourtant, elle tient !  la religion joue un rôle primordial parmi ces facteurs de cohésion :  - Paradoxalement les Etats-Unis se sont constitués comme un pays laïc, mais la religion est partout présente (80% des  Américains se réclament d’une religion) car - beaucoup d’immigrés sont venus pour des raisons de persécution religieuse (P ilgrims Fathers en 1620 ou les quakers de William Penn en Pennsylvanie) - la religion est essentielle dans l’identité de l’immigrant - de nombreuses églises millénaristes sont nées ici (adventistes, mormons…) - phénomène du born again des protestants qui renouvellent leur engagement à l’âge adulte (GWB) - la religion imprègne le cadre politique (serment traditionnel du Président sur la Bible)  ce n’est pas le cadre politique qui est religieux mais la société  La cohésion sociale se réalise à 3 niveaux.  - le « rêve américain » (=faire fortune, liberté, sécurité, droit au bonheur) constitue le fondement de la cohésion sociale - chaque Américain est inclu dans un réseau de relation, de fraternité (métiers, Eglise, voisinage, groupe ethnique, associations...). Le « sectionnalisme » contribuent à l’unité de la nation car ces groupent vivent ensemble sans prétendre s’éliminer. - la Constitution à laquelle tout le monde prête serment garantit la liberté des individus.  Les Américains semblent adhérer au patriotisme constitutionnel dont parle Habermas, ainsi s’explique la devise : la multitude des individus constitue un tout car chacun se reconnaît. Mais ce patriotisme est critiqué par le « politiquement correct » qui privilégie les identités communautaires. Néanmoins un « patriotisme de mémoire » s’est créé (ex réaction au 11 septembre) et dépasse les clivages entre communautés. Ce qui fait vivre les Américains ensemble est plus fort que ce qui les sépare.  V/ HARD ET SOFT POWERS.  Joseph Nye, ancien secrétaire à la défense, a mis l’accent sur les deux visages que prend la puissance américaine : - elle peut contraindre par la force, c’est le hard power. - elle peut séduite et attirer, c’est le soft power.   1/ Les Etats-Unis sont devenus une très grande puissance militaire  Les Etats-Unis ont longtemps semblé doués pour le commerce plus que pour les armes : « Mercure plutôt que Mars ».  - Ils ont privilégié le concept de « peuple en armes » : la conscription n’existe qu’en cas de guerre et l’armée professionnelle (qui ne compte que 200 000 soldats en 1914) n’est que le noyau dure autour duquel s’organise la défense du pays. - Mais ils réussissent à constituer rapidement des forces considérables : 2 millions d’hommes en 1918 et ils peuvent combattre sur 3 fronts en 1945 (Pacifique, Méditerranée et Europe occidentale)  La fin de la Seconde Guerre mondiale constitue un tournant pour l’armée américaine.  - lorsque les Etats-Unis entrent dans un conflit nouveau : la guerre froide : - le secrétariat à la défense n’est créé qu’en 1949 - une véritable force militaire permanente se constitue : les dépenses militaires culminent à 13% du PIB en 1953 puis sont à 7% sous Reagan (ils dépensent plus en chiffre absolu que les Soviétiques)
- ils dominent sur les mers, dans les airs (ex blocus de Berlin ou guerre du Vietnam) sans parler de l’espace et de leurs satellites de surveillance et de communication - tout se passe comme si les Etats-Unis , conscients de leur force, l’utilisaient de plus en plus pour atteindre leurs objectifs aucun pays n’a été plus sollicité depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale - pendant la guerre froide : Corée, Vietnam, intervention au Liban (1958 et 1983), en Libye (1986), en Iran (1980)… - depuis la guerre froide : interventions en Somalie (1993-1994), Bosnie (1992-1995), Kosovo (1999), Iraq (1991 et 2003), Afghanistan (2002)  Les Etats-Unis disposent de la première armée mondiale qui doit sa supériorité à plusieurs traits originaux :  - une armée riche : les dépenses militaires représentent 5% du PIB (45% du total mondial) ; elles permettent d’engager du personnel qualifié, de mener de nombreuses opérations et d’acheter un matériel considérable - une armée de professionnels : - l’armée d’active a été réduite et compte 1,4 millions d’homme. - importance frappante des effectifs de la marine et de l’aviation (plus de ½ contre 1/3 pour l’UE). - c’est donc une armée de spécialistes : pilotes, techniciens au sol, mécaniciens, forces spéciales… - une armée de matériel (qu’elle n’hésite pas à utiliser pour épargner les vies humaines : cf. bombardements) - 12 portes avions, 200 navires de combats, 1000 chars blindés. - puissance atomique 5 fois plus élevée en 2015 que celle de toute les autres puissances nucléaires réunies - une armée de hautes technologie.  - innovations : avions de reconnaissance sans pilotes (drone) , missiles anti-missile (les P atriots) , matériel furtif - théorie de la paralysie stratégique du colonel Warden mise en œuvre en Iraq (1992) qui consiste à an éantir les capacités de contrôle et de décision de l’adversaire par des bombardements ciblés. - une armée planétaire : - 5 commandements opérationnels - occupant des bases sur tous les continents avec plus ou moins d’effectifs selon les priorités du haut commandement américain : plus au Proche Orient et moins en Europe occidentale (doctrine Rumsfeld) - une armée tournée vers l’offensive et voulant préserver le territoire américain : - la sécurité du territoire est assurée par la marine et surtout par l’arsenal nucléaire avec le projet IDS « bouclier anti-missile » tandis que les Etats-Unis interdisent toute puissance atomique aux Etats comme la Corée du Nord ou Iran. - la priorité est donnée aux interventions extérieures : la création en 1987 d’un Transport Command fournit les moyens de transport nécessaires (3 divisions déployées n’importent où en moins de 30 jours) - les Etats-Unis se donnent le droit d’intervenir partout dans le monde au nom de leur intérêts et de leur principes (cf.doctrine Powell qui définit 5 critères minimaux pour intervenir) - la nouvelle stratégie entraîne la réorganisation des forces militaires : doctrine de AirLand Battle  Cette armée est-elle efficace ?  - N’est-ce pas une armée de matériels plutôt que de combattants au vu des échecs ? Echecs en Corée (le Nord demeure communiste) puis au Vietnam, Liban, Somalie (fuite par peur de perdre des hommes) ; enfin ils recourent à des sociétés de mercenaires en Croatie (1995) ou Iraq. - cependant ils ont surmonté le syndrome du Vietnam : ils acceptent un sacrifice « important » d’hommes pendant la guerre d’Iraq et les affectifs d’active doivent augmenter. - l’efficacité de leur intervention en Bosnie ou Kosovo (contrairement aux Européens) en font la plus puissante des troupes conventionnelles.  A la puissance militaire stricto sensu il convient d’ajouter les réseaux d’espionnage.  - remarquable réseau d’écoute des communications mondiales : système Echelon développé dans les années 1980. Les informations remontent à la NSA (National Security Agency) - La CIA organise des opérations dans les Etats hostiles (contre Mossadegh en 1953 ou Allende en 1973) - ces services de renseignements ont été critiqués surtout après le 11 septembre d’où le lancement d’une vaste réforme en 2004.  
Les commentaires (1)
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Dieudonne-Angel

bien expliquée et intéressante mais je me demande comment est le résumé ?

dimanche 9 novembre 2014 - 14:23