Les instruments de la puissance Américaine

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Les instruments de la puissance Américaine

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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THEME 3: Les instruments de la puissance américaine (états-unienne)
aujourd’hui
Emmanuel Todd, Après l’empire : au cours du XXe siècle, les US ont utilisé tous les
instruments de la puissance : hard power et soft power.
Les US se sont imposés comme super puis hyperpuissance grâce au soft power. D’ailleurs
leur victoire durant la guerre froide est au moins autant due à l’utilisation du soft power que
du hard.
Or, selon Todd, les US utilisent depuis la fin de la guerre froide de plus en plus le hard :
unilatéralisme militaire (Irak), diplomatique (Kyoto), économique (Doha)
Ce choix du hard power n’est-il pas une preuve du déclin de l’empire américain et de la
péremption des instruments de la puissance américaine ?
I.
Les US ont bâti leur puissance avec des instruments solides et variés
II.
Le choix du hard plus que du soft aujourd’hui semble révéler le déclin de la
puissance US
III.
Mais les US restent les seuls capables d’imposer leurs choix au niveau planétaire
I.
Les US ont bâti leur puissance avec des instruments solides et variés
A.les instruments du hard power
B.Les instruments du soft power
C.La capacité à utiliser ces instruments
A.
Les outils du hard
Militaire :
Les US représentent 45 % des dépenses militaires mondiales et 2 fois les dépenses des autres
alliés de l’OTAN.
Economique :
Les US sont la première puissance productive (industrielle et agricole)
Le dollar : « notre monnaie mais votre problème » (Conally)
Potentiel de recherche :
Les US consacrent 3% de leur PIB à la recherche et obtiennent environ la moitié des prix
Nobel
B.
Les outils du soft
La langue :
L’anglais est une langue parlée par 400 millions de personnes et est la première langue
apprise au monde
Ex :AXA, entreprise française, a récemment imposé l’anglais comme langue interne.
Industries culturelles :
Le cinéma (Hollywood), diffusion de la « american way of life » (pour ceux qui ne l’avaient
pas encore compris)
L’information :
Les US sont à la tête des principaux réseaux d’information au monde (CNN…)
C.
Les américains ont la capacité à utiliser ces instruments
Le territoire :
Le territoire américain est immense et varié, et apporte une grande quantité de ressources
Par exemple : 50 millions d’hectares sont « gelés » pour répondre à une éventuelle hausse des
besoins du marché intérieur et mondial
La population :
Dynamique et jeune, la population américaine a un fort taux d’adoption des avancées
technologiques (taux de fécondité 2,1).
Idéologie de la réussite
Esprit pionnier issu du Far West, sentiment d’être les plus forts… etc.
II.
Le choix du hard plus que du soft aujourd’hui semble révéler le déclin de la
puissance US
A.Les US utilisent de plus en plus les instruments d’un apprenti sorcier
B. Ce qui camoufle mal la rouille de leur boîte à outils
C. Ce qui fait douter de la main de celui qui utilise les instruments
A.Les US utilisent de plus en plus les instruments d’un apprenti sorcier
Unilatéralisme tous azimuts
Les US pratiquent de plus en plus l’unilatéralisme (guerre en Irak par exemple).
Bush définit autoritairement un axe du mal en janvier 2002 ( Iran, Irak, Corée du Nord) et
déclare que « you’re either with us or against us »
3 grandes contradictions :
- contradictoire avec l’interdépendance économique des US
- Contraire au maintien d’alliances solides
- Contraire au système démocratique intérieur (cf : Patriot Act, Guantanamo : contre
les droits civils…). Patriot Act : voté 45 jours après les attentats, loi qui étend le devoir
de surveillance des autorités, durcit les règles bancaires et celles de l’immigration, et
autorise l’écoute téléphonique et la surveillance des transactions bancaires.
L’unilatéralisme de plus en plus utilisé contre les faibles
Thèse de Todd : les US doivent s’affirmer d’un point de vue militaire. Le fait qu’ils ne
s’attaquent plus qu’aux faibles depuis la chute de l’empire soviétique (Irak, Afghanistan) est
un signe de déclin.
B. Ce qui camoufle mal la rouille de leur boîte à outils
Déficits et endettement
Dette totale
de l’économie américaine :
20 000 milliards de $
en 2004 (200% de leur PIB).
C’est le total des dettes de tous les agents économiques (Etat, ménages, entreprises).
Dette fédérale
(dette de l’état) :
7500 milliards de $
en 2004 (65% de leur PIB)
Endettement extérieur net
:
3000 milliards de $
en 2004. Cet endettement, qui équivaut au
double de celui du total des pays du Sud,
est obtenu en soustrayant de tous les avoirs
américains à l’étranger tous les avoirs de l’extérieur aux US.
Ces déficits sont révélateurs du déclin
Interprétation de Todd
Ces déficits révèlent un déclin productif, particulièrement dans les industries
manufacturières : le nombre d’emplois est redescendu à celui des années 60, et le secondaire
est remplacé par une économie tertiaire virtuelle.
Dualisme social
Surtout, on constate aux US un dualisme social stable sinon croissant : le nombre de pauvres
tourne toujours entre 35 et 40 millions, et la criminalisation augmente (ils n’ont pas de Sarko).
Clinton : « à quoi bon vouloir faire l’ordre en Irak alors qu’on n’y arrive pas à Central Park ».
ET…
-Les US, depuis Bretton Woods, envoient des crédits à de nombreux pays en reconstruction et
en développement, ce qui constitue une aide à reconstruire leurs futurs ennemis (europe).
-L’utilisation du $ comme monnaie de réserve oblige les US à subir un dollar dévalorisé
C. Ce qui fait douter de la main de celui qui utilise les instruments
Thèse de Paul Kennedy
(1988) The rise and fall of great powers, : Les US sont victimes (comme l’URSS à l’époque)
d’une surextension impériale, et du poids trop important d’une R et D trop sophistiquée. En
effet, les US, depuis 45, font un effort de défense énorme, ce qui contribue à l’improductivité
de l’industrie (leur RD représente 2,8% du PIB, mais leur RD réduite au domaine civil n’en
représente qui 1,7%). D’ailleurs, le président Eisenhower, en sortant, dénonce le poids du
complexe militaro-industriel sur le gouvernement.et la société aux US.Lien :thèse de
Galbraight : le complexe militaro-industriel n’est pas si productif, car il est assuré d’obtenir
des crédits gouvernementaux, ce qui ne favorise pas la compétitivité.
Thèse de Stieglitz
Le capitalisme perd la tête. C’est une dénonciation de la financiarisation de l’économie et du
problème du court-termisme (si les 2B veulent qu’on développe, qu’ils se prononcent).
Thèse de Huntington
Qui sommes nous ? Huntington remarque que la mexicanisation est nuisible au modèle
américain, car c’est l’arrivée d’une communauté qui ne peut pas jouer le rôle fédérateur et
intégrateur d’autres ethnies qu’ont joué les WASPs, ce qui ne permettra pas d’utiliser au
mieux le multiculturalisme. (Les latinos représentent 13% de la pop, ils viennent de dépasser
la communauté afro-américaine).
III.
Mais les US restent les seuls capables d’imposer leurs choix au niveau planétaire
A.
Les US savent retailler leurs instruments
B.
Les US sont forts de leurs faiblesses
C.
Ces outils sont entre des mains fortes de la faiblesse des autres
A.
Les US savent retailler leurs instruments
Le hard militaire
Il a été retaillé : - mise en place du bouclier anti-missile de bush, malgré les protestations
internationales
- Redéploiement des troupes américaines : en Asie Pacifique, en Amérique
Latine et au Moyen Orient, au détriment de l’Europe occidentale.
Les US savent donc réadapter leur stratégie militaire en fonction de la situation géopolitique
internationale.
Le hard économique
L’utilisation des NTIC, qui sont un des principaux outils de soutien de la croissance des US,
montre une volonté d’actualisation de leur stratégie économique.
De même, la mise en place des différents plans de relance économique aux US montre le
caractère pragmatique de la politique américaine.
Le soft
On assiste de plus en plus à une privatisation du soft power aux US. En témoigne
l’importance accrue des grandes fondations de capitalistes : fonds G. Soros, fondation Bill &
Melinda Gates.
B.
Les US sont forts de leurs faiblesses
Des performances économiques
L’évolution de leur part dans le l’économie mondiale est certes en train de diminuer mais, au
regard de la mondialisation des échanges, et de l’émergence de nouvelles économies, le seul
fait de maintenir leur part dans le commerce mondial est une performance.
L’avantage de la désindustrialisation
Quoi qu’en dise notre cher ami Todd, les US sont forts de leur désindustrialisation, qui est le
fruit de gains de productivité ciblés sur les NTIC, sur les stratégies d’externalisation et de
délocalisation.
L’avantage de la dette
En réalité, la demande américaine et l’endettement sauve de la déflation à la fois leur propre
économie et l’économie mondiale. Et, après tout, l’endettement des US témoigne d’une
confiance en l’avenir, qui soutient la consommation et l’investissement des entreprises, deux
des principaux moteurs de la réussite des
US.
C.
Ces outils sont entre des mains fortes de la faiblesse des autres
Si les US conservent leur rôle militaire, c’est parce qu’on le leur demande
Il y a au bout du compte un consensus mondial sur le rôle des US. D’ailleurs, on conteste en
général l’administration Bush, et non les US eux-mêmes. De plus, on n’arrête pas de faire
appel à eux dans les conflits (Yougoslavie dans les années 90, Darfour : quand ils
n’interviennent pas, on le leur reproche).
La capacité d’attraction américaine
La capacité d’attraction des US demeure intacte, même chez leurs adversaires : attraction
géopolitique, par exemple, face à la division entre vieille et nouvelle Europe à propos du
conflit en Irak.
Ex : ralliement de Lula (Brésil) à l’utilisation des OGM, alors qu’il tient depuis toujours une
diatribe anticapitaliste.
En France, le système de justice introduit récemment un plaider coupable, principe d’origine
américaine.
L’unilatéralisme forcé
Les US expliquent leur choix de l’unilatéralisme par l’absence de puissance extérieure
pouvant faire l’équilibre, c’est le problème de l’unipolarité :
- Le Japon s’autolimite sur les domaines diplomatique et militaire
- La Russie est économiquement faible
- La Chine n’en est toujours pas au statut de superpuissance politique
- l’Europe est politiquement divisée
Ex : Ils appliquent l’unilatéralisme militaire parce que les autres alliés de l’OTAN
refusent
d’accorder autant de crédits à leur armée.
Conclusion
Si les US sont toujours la première puissance du monde avec des instruments rouillés et
pas
si mal utilisés, pourquoi
cette interrogation sur un éventuel déclin ?
Premièrement, il y a de réelles faiblesses dans la puissance américaine, mais pas au point de
leur faire perdre la place d’hyperpuissance.
Deuxièmement, on a tort de faire une mise en perspective historique, et de comparer les US
d’aujourd’hui à ceux de 45, qui bénéficiaient d’une situation exceptionnelle.
Enfin, les partenaires rivaux des US prennent leurs désirs pour des réalités, et les français par
exemple se gargarisent de thèses déclinistes.
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