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Publié le : mardi 5 juillet 2011
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Université Toulouse le Mirail
Département de Sociologie - Institut Raymond Ledrut
Thèse Nouveau Régime
pour le Doctorat de Sociologie


Les options fondamentales de la finance moderne
Domestication sociologique d’un produit financier
David Martin




Composition du jury :
Michel CALLON, Professeur, École Nationale Supérieure des Mines de Paris, CSI-CNRS
Franck COCHOY, Professeur, Université Toulouse II, CERTOP-CNRS (directeur de la thèse)
André ORLEAN, Directeur de Recherche au CNRS, PSE (CNRS-EHESS-ENPC-ENS) (rapporteur)
Gilbert de TERSSAC, Directeur de Recherche au CNRS, Université Toulouse II, CERTOP-CNRS
François VATIN, Professeur, Université Paris X-Nanterre, IDHE-CNRS (rapporteur)

Centre d’Étude et de Recherche Travail Organisation Pouvoir
UMR CNRS 5044 — Université Toulouse Mirail
Maison de la Recherche 5, allées Antonio Machado, 31058 Toulouse Cedex 1
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Remerciements
C’est bien au-delà des motifs liés à la consécration d’un usage que mes premiers
remerciements méritent d’être adressés à Franck Cochoy, le directeur de cette thèse.
L’option aléatoire qu’il a acceptée de prendre en nous acceptant moi et mon sujet de
thèse démontrèrent dès le départ toute son ouverture d’esprit et sa confiance. Car de ces
deux entités peu familières il n’a pu un moment apprécier que le caractère ésotérique et
aventureux, et disons, le rendement aléatoire. Je tiens donc à remercier aussi bien sa
patience que son impatience, elles m’auront mené au bout de cette thèse. Je tiens à
saluer le soutien sans faille qu’il m’a apporté dans les angles parfois originaux que
j’essayais de soumettre et sa capacité remarquable à s’acculturer et à s’enthousiasmer
pour un objet nouveau. Enfin, qui mieux que lui aurait pu m’accompagner dans un
projet de « lecture » du monde social et d’exhibition de la part littéraire de l’action qui
se niche dans certains dispositifs réputés techniques, souvent méprisés par le sociologue
malgré tout le tribut que le social leur doit ? Sur le fond, c’est là certainement un aspect
majeur de l’héritage intellectuel que je lui devrai à jamais.
Je suis donc tout à fait reconnaissant vis-à-vis de Catherine Paradeise qui a su
m’orienter avec bonheur vers un cadre propice à la réalisation de mon projet de thèse.
Elle m’avait déjà encouragé et accompagné, à l’occasion d’un DEA à l’ENS-Cachan,
dans la phase exploratoire de mes enquêtes sur la finance de marché. Je la remercie
également pour le souci régulier et bienveillant qu’elle a témoigné à l’égard de
l’avancement de ce travail tout au long de ces (longues) années.
Je remercie bien entendu toutes les personnes qui m’ont gentiment accueillies
dans leurs salles de marché, leurs sociétés de bourses, leurs entreprises, leurs bureaux de
recherche ou même leurs foyers et dont je respecterai l’anonymat. J’adresse néanmoins
un merci plus explicite à Nicolas O., Guillaume M. et à JT pour la confiance toute
particulière, la disponibilité pratique, amicale et même intellectuelle dont ils ont fait
preuve à mon égard, chaque fois que je les ai sollicités.
Je remercie tous les membres du CERTOP pour le cadre agréable et stimulant de
travail que j’ai pu trouver à leurs côtés. Les ingénieurs, Claire Thébault et Michel
Escarboutel, assurent avec une efficacité et une disponibilité bienveillante un travail
dont j’ai pu bénéficier et qui mérite ici d’être salué ; Marie-Noëlle Rozelet a apporté une
compétence et un sourire nouveau qui ont relayé à merveille la fonction secrétariale
autrefois dévolue à l’inénarrable Monique Gauthier dont la bonne humeur improbable
hante encore le laboratoire et nécessairement un peu cette thèse ; bienvenue à Anne
Razous dont le sérieux et la douceur enrichissent déjà et encore cette joyeuse équipe
dirigée par le sens aigu de la gouvernance de notre directeur, Daniel Filâtre. Enfin, à
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tel-00158032, version 1 - 27 Jun 2007tout seigneur tout honneur : les conditions de ce cadre spécialement favorable, tant au
niveau humain qu’au niveau matériel, ainsi que mon intégration au CERTOP, je les dois
au précédent directeur Gilbert de Terssac. Je le remercie pour l’exemple qu’il donne
chaque jour aux générations successives de doctorants en matière de passion comme de
professionnalisme. Le jour où je lui présentai mon sujet de thèse, il me dit assez
rapidement : « je pressens que l’écrit va tenir une place importante dans ce travail ». Je
pensais qu’il surestimait vraisemblablement cet aspect. La réponse est dans la thèse.
Burton Malkiel ne nous contredirait pas : ce n’est décidément pas au vieux singe qu’on
apprend à faire la finance… et encore moins la sociologie.
Je remercie enfin l’ensemble des doctorants d’hier et d’aujourd’hui pour
l’ambiance vive, solidaire et stimulante qu’ils contribuent chacun à apporter. Une
explicitation détaillée s’impose. Une brillante chercheuse fut autrefois doctorante au
CERTOP, pardon à elle et à tous ses fans, dont je suis, de la ranger encore parmi mes
partenaires de galère tout au long de ces années : Sandrine Barrey, madame la docteur-e,
merci pour ton exigence intellectuelle et méthodologique, pour ton punch, ton sens de
l’initiative et pour ton soutien sans faille. Tout naturellement, c’est la joyeuse et
pugnace équipe du séminaire ELICO que je pense à remercier dans l’élan : ma thèse a
finalement « commencé à commencer » à vos côtés : Xavier Albanel (et son brio
nonchalant), Jérôme Denis (et sa sagacité joyeuse), Thierry Escala (toujours prompt aux
débats les plus albatrossiens), Aurélie Lachèze (exigeante, mais excellente partenaire de
bureau et de piquenique au demeurant), Milka Metso (d’un sobre acuité), Olivier Mora
(d’une imprévisible pertinence), Ingrid Voléry (relectrice et intellectuelle de choix), vos
voix alertes résonnaient dans ma tête à de nombreux instants où je produisais ce travail.
Spéciale mention à David Pontille, que j’ai arraché à l’ordre alphabétique de la liste
précédente pour distinguer l’exemple nouveau qu’il aura été pour moi dans la manière
de faire de la recherche et de débattre… pour le reste ses marques sont « in-scrites »
dans le développement. Hamath Dia, quant à lui, aura été plus qu’un collègue et ami, il
a été un collocataire : son exemplarité aussi dans sa capacité à mener de front les
exigences les plus diverses de la galère doctorale m’auront servi souvent de cap et de
motivation. Aïssatou Faye, je lui dois des discussions des plus stimulantes dans les
premières années de cette thèse, merci à elle pour sa contribution insoupçonnée — par
elle ! Michel Catlla, il m’a égaré dans les méandres de l’action publique au travail,
maltraité dans mon usage galvaudé des « dispositifs », mis en garde contre l’effet de
centralisation du regard sur l’objet, bref toutes ces bonnes influences je les lui pardonne
seulement parce qu’il y aura eu aussi les happy hours aux Carmes, les sad ultimate
hours de l’achèvement de ce monstre. Martin Giraudeau, quant à lui aura été un
stimulant décisif dans la relance finale de mon travail, l’évidence avec laquelle il m’a
accompagné au cœur de questions qui me travaillaient m’a réjoui et instruit à des
moments importants. Aurélie Tricoire, pour sa part, aura aussi été un exemple d’amitié
et de professionnalisme précoce assez remarquable, merci aussi à elle pour ses
relectures. Merci à Jean-Pascal Gond, pour son dynamisme et son sens du travail
collectif.
Pour clôturer le chapitre « collègues toulousains », je tiens à remercier l’ensemble
des participants du séminaire TRAME, et parmi ceux que je n’ai pas cités : le
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dynamique Sébastien Dalgalarrondo et la stimulante et bienveillante Michèle Lalanne.
Je tiens enfin à signaler, un peu arbitrairement, et pardon à ceux que j’oublie, deux
autres figures incontournables de ce laboratoire qui me reviennent avec le cortège infini
de souvenirs : Jean-Yves Nevers pour son érudition et son humeur, disons
« sagaçantes », m’auront proposé de beaux moments de réflexion — je ne m’étends pas
par orgueil, je sais qu’il les a oubliés… De façon beaucoup moins ponctuelle, la vivacité
intellectuelle et l’amitié de Jens Thöemmes auront accompagné toutes les étapes de ce
travail.
Un paragraphe est certainement trop court pour remercier l’ensemble des
membres de l’Association d’Études Sociales de la Finance. C’est pourtant
indéniablement l’audace collective de ce groupe de chercheurs qui m’a permis
d’avancer, et mon provincialisme forcené m’aura trop souvent privé de leurs lumières.
Je cite un peu en vrac, mais je les remercie sincèrement : d’abord, Fabian Muniesa, et le
mettre en début de liste renvoie à beaucoup plus qu’au simple fait qu’il fut notre
premier Président ; Olivier Godechot, pour ses propositions précoces et ses productions
riches et incontournables ; Vincent lépinay pour son originalité incomparable et sa
passion pour la conditionnalité ; les charmantes économistes : Marie Brière, Valérie
Revest et Yamina Tadjeddine, pour leurs remarques toujours constructives et décisives ;
Sabine Montagne pour sa confiance encourageante dans la piste historique ; François
Sarfati pour son regard sain et salutaire sur les choses ; Emiliano Grossman, Thibaut
Kleiner et Jean-Pierre Hassoun parce que leur personnalité et leurs interventions ont
aussi marqué mon expérience au sein de ce groupe ; enfin, et bien au-delà du cadre de
ce collectif, j’ai beaucoup apprécié de pouvoir bénéficier d’un contact intellectuel avec
Alexandra Bidet, pour sa finesse et son intensivité : ma troisième partie doit beaucoup à
nos échanges, que cela l’encourage à la lire ! Pardon à tous les autres, il est toujours
délicat d’entamer une liste.
Je remercie enfin l’ensemble des participants aux différents colloques et
séminaires auxquels j’ai participé et qui m’ont fait l’honneur d’une lecture attentive et
d’une restitution instructive : je pense notamment à Marie-France Garcia, Jean-Claude
Thoenig et Catherine Grandclément — à qui je ne désespère pas de montrer un jour que
la finance moderne a un caractère paradigmatique de l’activité marchande… euh, disons
quand j’en serai convaincu.
Enfin, parmi mes anciens collègues et néanmoins amis, je tiens à remercier Yann
Barrot, Faouzi Elmestari, Tayeb Elmestari, Yves Bouvier et Juan José Torreiro : des
intellectuels de choix. À leur contact des convictions décisives ont été forgées, ma thèse
leur doit tellement. J’ajoute maladroitement Nathalie Fourcade à cette liste, bien
entendu sa place est à jamais bien plus spéciale dans mon cœur.
Enfin, je vais passer aux phases de remerciement encore plus personnelles :
j’entends par là tous ceux qui m’ont manqué pendant que je me dédiais à ce travail.
Ceux qui y ont mis la patte d’abord : Aurélien et Fabrice pour quelques scans. David,
Peggy, Carlos, Cédric, Blandine, Luc, Agniezscka, Greg, Emma, Manu, Floflo,
Mohamed, Jérôme, Martial, Djeloul, Cruz, Ben, Séb, Bruce, François, Aslam, Marina,
Elsa et les autres je pense à vous.
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tel-00158032, version 1 - 27 Jun 2007Pierre, pour tes nombreuses relectures, je te remercie. Bien sûr, mon docteur
préféré y est pour beaucoup plus dans la réalisation de ce travail.
Je remercie tous mes autres amis qui me pardonneront ma relative absence. Me
revoilà !
Je remercie enfin toute ma famille : la mamie, les taties, les tontons, les cousins,
los primos, tíos y tías. Une pensée spéciale pour Thomas, le poète, Sophie, la filleule
adorée, mes deux lumières, Guilhem et Alice, leurs admirables parents Karine et
Nicolas.
Enfin Maman, Papa, c’est finalement à vous que mon dernier cri du cœur
s’adresse : s’il n’y avait eu qu’un mot, il aurait été pour vous.

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Sommaire
Introduction générale 5
PREMIERE PARTIE ANAMNESES D’UN « INSTRUMENT
UNIVERSEL » : L’OPTION 39
Introduction à la première partie : une sociologie historique et comparée de la
finance conditionnelle 41
1. Un corpus historique 42
2. Questionner la mémoire sur les options 43
3. Un travail d’anamnèse à caractère sociologique 48
Chapitre 1. Première leçon antique sur l’option financière : de la dérivabilité à
Babylone 53
1. Le matériau à charge de l’existence d’une dérive vieille comme l’histoire 55
2. La reconnaissance de l’option 60
3. Les limites de la ressemblance 65
4. De la monnaie et de la finance à Babylone 73
5. De la divination à Babylone : la double concurrence des dieux aux
fondements de la finance conditionnelle 79
Chapitre 2. Leçon de chrématistique conditionnelle ou la règle des arrhes en Grèce
antique 87
1. Une société contre la finance ? 88
2. Les traces d’un antique stratagème spéculatif à base d’option 92
3. L’autre de la spéculation : divination et règles des arrhes 101
4. Du ciel à l’huile : la marchandisation enchantée 109
1
tel-00158032, version 1 - 27 Jun 20075. Bilan programmatique de l’anamnèse antique 116
Chapitre 3. Les premières options modernes : une spéculation « confuse » 122
ème1. Les options congénitales du capitalisme financier (Amsterdam, 17 siècle)
125
2. D’une modernité à l’autre 131
3. Marchandisation et confusion morale 139
4. L’option financière et la régulation étatique 149
5. L’option financière et la communauté morale de marché 164
6. Les risques comme construit politique : la finance comme religion collective
182
DEUXIEME PARTIE LES PRODUITS DERIVES MODERNES UNE
CONSISTANCE SCRIPTURALE ET UNE STRUCTURE
MYCELIENNE 189
Introduction à la deuxième partie : tableau symptomatique d’une transformation
fondamentale de la finance dérivée 191
Chapitre 4 Les dérives scripturales au fondement de la fluidité financière 215
1. Tentatives de dé-scription d’une option financière 218
1.1. À la recherche d’une trace option sur un marché d’options cotées 219
1.2. e de traces d’options sur les marchés de gré à gré 223
2. L’in-scription du produit 230
2.1. L’inscription comptable du produit financier 231
2.2. Le travail d’in-scription : « chaîne d’écritures » et « polygraphie » 234
2.3. La vie scripturale des produits : une inscription dynamique et indexée 245
3. La pré-scription du produit 252
3.1. L’envers pré-scriptif de l’inscription du produit 252
3.2. Un moment pré-scriptif pur ? 258
4. La circonscription du produit ? 273
2
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4.1. De la prescription à l’inscription : la « performativité » en question 273
4.2. Le difficile enfermement scriptural du produit 282
5. Conclusion : écriture, hétérarchie et religion 289
Chapitre 5 Les dérives mycéliennes au fondement de la mondialisation financière
295
1. La liquéfaction d’une option financière : une première petite histoire de
mondialisation 300
1.1. Liquidité et négociabilité : le modèle de Chicago 301
1.2. Produit, marché et captation 305
1.3. Dérive des marchés et arrimages d’acteurs (1977-1987) 311
1.4. L’invention permanente d’une nécessité (1987-2000) 319
1.5. Qualification concomitante des investisseurs et du produit 333
2. La normalisation comptable du produit dérivé une deuxième chronique de
mondialisation 341
2.1. Quand le produit doit rendre des comptes au monde 342
2.2. Un travailleur de la re-mondialisation du produit dérivé : l’IASB 348
2.3. Des mécanismes de « régulation croisée » renouvelée 355
2.4. L’apprentissage des jeux institutionnels par les destinataires 356
3. Conclusion 359
TROISIEME PARTIE UNE FABRIQUE DE LA FINANCE LA
THEORIE FINANCIERE MODERNE 363
Introduction à la Troisième Partie 365
Chapitre 6. Aux fondements de la finance moderne 371
Préambule : la capitalisation des idées 371
1. Un premier pilier de la finance moderne : la « théorie du portefeuille »
(Markowitz) 381
1.1. « L’intuition la plus célèbre de l’histoire de la finance moderne » 381
1.2. Une double rationalisation de l’investissement 383
1.3. La diversification des expertises du marché 390
1.4. Crises et post-crises : le marché parle au marché 395
3
tel-00158032, version 1 - 27 Jun 20071.5. Une finance ou deux à construire 400
2. Un deuxième pilier : le modèle d’équilibre du marché des actifs financiers
(Sharpe) 404
2.1. Un nouvel équilibre pour la finance de marché 406
2.2. Les abstractions instituantes de la finance 413
2.3. Et la révolution incrémentale continue 419
2.4. Les prises opérationnelles sur l’universalisme de l’équilibre général 426
Chapitre 7. Une option fondamentale : la genèse d’une spéculation sur la volatilité
437
1. De la spéculation confuse à la spéculation infuse La marche aléatoire 438
1.1. La longue marche 439
1.2. La marche victorieuse sur le marché (Fama, 1970, et les autres) 443
1.3. Faire du hasard nécessité 449
2. De la spéculation infuse à la spéculation profuse 452
2.1. L’option très prisée : un édifice sur trois pilliers 453
2.2. La juste valeur de l’option 456
2.3. Quelques apories de la performativité 461
2.4. Les apories de la spéculation infuse 465
3. De la spéculation profuse à la spéculation… confuse 468
3.1. Le nouveau moment académique 469
3.2. moment marchand : 474
Conclusion Générale 481
Bibliographie générale 493
4
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