Note d'orientation sur le handicap et le développement

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Note d'orientation sur le handicap et le développement

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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COMMISSION EUROPÉENNE DE 124 JUILLET 2004
Note d’orientation sur le handicap et le développ
à l'intention des services et des délégations de l'Union européenne
La présente note fournit aux services et délégations de l'UE des orientations sur la manière de traiter efficacement les questions de handicap dans le cadre de la coopération au développement. Elle s'appuie sur des informations fournies par le Forum européen des personnes handicapées (FEPH) et l'International Disability and Development Consortium (IDDC).
Publié par la Commission européenne en français, anglais, espagnol et portugais.
L'utilisation du texte, en tout ou en partie, est autorisée moyennant mention de la source.
© Commission européenne, 2004 ISBN 92-894-7644-3
Conception/production: Mostra Communication
© Photos: Christian blind mission: pages 2, 14 Christian blind mission/argum/einberger: pages 3, 5, 6, 7, 8, 15 Panos: cover, pages 11, 12, 13,
Imprimé en Belgique, juillet 2004
Table des matières p.2 2003 - Année européenne des personnes handicapées p.2 Contexte p.3 Approches adoptées à l'égard des questions de handicap p.4 Points essentiels p.4 Exclusion, marginalisation et vulnérabilité p.4 Ressources de base – nourriture, soins de santé, enseignement p.7 VIH et sida p.7 Emploi p.7 Exploitation p.8 Pauvreté p.8 Inaccessibilité des services p.8 Processus politiques p.8 Difficultés propres aux femmes atteintes d'un handicap
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La voie à suivre – principes de travail à l'intention des services et des délégations de l'Union européenne  Comprendre l'ampleur et l'impact des questions de handicap dans le contexte du pays et reconnaître la diversité des personnes handicapées  Défendre et soutenir une approche du handicap axée sur les droits humains plutôt qu'une démarche médicale ou caritative  Adopter une approche double  Évaluer, dans le cadre des études d'évaluation à mi-parcours, dans quelle mesure les programmes par pays sont parvenus à intégrer les personnes handicapées  S'assurer que les projets financés par l'Union européenne intègrent pleinement les personnes handicapées et leurs familles  Reconnaître la place des femmes et des enfants dans les programmes  Intégrer les personnes handicapées au monde du travail  Garantir l'accessibilité des services de l'Union européenne aux handicapés Faciliter et soutenir le processus de renforcement des capacités des organisations représentatives des handicapés Faciliter la communication entre les organisations de handicapés, le gouvernement et les autres acteurs du secteur
Pour de plus amples informations
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née européenne nnes handicapées
ropéenne des personnes handicapées, marque égale-iversaire de la déclaration des Nations unies sur les apées, ainsi que des Règles adoptées par les Nations isation des chances des handicapés. Cette année offre uropéennes une occasion unique de se pencher sur les trés par les personnes handicapées dans l'exercice de élégations de l'Union européenne sont encouragées à y  de prêter une attention particulière à la question des apées au travail et de s assurer, de façon active, que les ' es d'un handicap, ainsi que leurs familles, sont intégrées oute égalité aux actions menées par l'Union européenne ys en développement, conformément aux principes de ns la présente note d'orientation. Les actions menées n dans le cadre de l'année européenne des personnes prendront notamment un soutien aux ONG européennes  questions relatives au handicap en collaboration avec t de pays en développement.
Contexte Selon l'OMS, il y a, dans toute population, environ 10 % de personnes handicapées, qui représentent par ailleurs 20 % des populations les plus pauvres du monde (statistiques de la Banque mondiale). Le handicap est à la fois une cause et une conséquence de la pauvreté, à tel point que, selon les Nations unies, 82 % des personnes handicapées vivent sous le seuil de pauvreté - taux qui tend à augmenter dans les pays dévastés par les guerres civiles ou les catastrophes naturelles. Dans le monde entier, les handicapés sont en butte à la discrimination et, bien souvent, exclus de la vie politique, économique et sociale de leur collectivité. Cette exclusion est la cause principale des taux élevés de pauvreté enregistrés chez les personnes handicapées dans les pays les plus pauvres. Pour les handicapés vivant dans les pays en développement, faire partie des populations les plus exclues peut avoir des conséquences graves, influant sur l'espérance de vie.
Approches adoptées à l'égard des questions de handicap On a longtemps abordé les questions de handicap par le biais médical ou caritatif, en partant souvent de l'idée que le handicap est un problème individuel (biomédical ou fonctionnel). On a ainsi vu des organisations créées pour les handicapés (et non composées des personnes handi-capées elles-mêmes) fournir des services reposant sur un système ségrégatif, sans reconnaissance ou presque des droits des personnes handicapées à agir en qualité de citoyens égaux. Ces dernières décennies, dans le monde entier, les organisations de personnes handicapées ont développé deux approches des questions de handicap, axées, l'une sur les droits humains, l'autre sur l'environnement social. Ces approches se fondent toutes deux sur un modèle social du handicap. Elles mettent l'accent sur les droits des personnes handicapées et sur la nécessité de changer la société, afin qu'elle intègre tous les individus. Dans le cadre de ces modèles, c'est la façon dont la société s'organise pour exclure les personnes atteintes de déficiences qui est perçue comme handicapante, et non la déficience elle-même . De plus en plus, les organisations de personnes handicapées se regroupent afin de se battre, sur cette base, pour leurs droits. Jusqu'ici, les gouvernements ont rarement pris en compte les besoins des handicapés dans l'élaboration de leur politique de coopération au déve-loppement, ni réalisé les efforts nécessaires pour consulter leurs représentants. Les donateurs, les organismes d'aide et les principales ONG se consacrant à la coopération au développement ne tiennent généralement pas compte des besoins des personnes handicapées dans leurs programmes ou projets. Bien souvent, ils n'ont pas ou ne pratiquent pas de politique d'égalité de traitement des personnes handicapées, les excluant de ce fait de leurs activités. Le secteur de la coopération au développement exclut donc dans une large mesure les personnes atteintes d'un handicap. Toutefois, progressivement, gouvernements et institutions internationales adoptent l'approche des questions de handicap axée sur les droits humains et l'environnement social, telle qu'elle a été formulée dans le Programme mondial d'action (1982), les Règles pour l'égalisation des chances des handicapés (Nations unies, 1993), la Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF, 2001), ainsi que dans les orientations intégrées à la politique de l'UE. L'Union européenne adhère à l'engagement pris en faveur de la réduction de la pauvreté dans le cadre des Objectifs du Millénaire pour le développement. Cet objectif ne peut être atteint sans prendre en compte les besoins des personnes handicapées. Celles-ci ne sont pourtant pas encore suffisamment intégrées dans les actions internationales de développement financées par l'UE. Or, sans cette intégration, il sera impossible de réaliser les principaux objectifs internationaux de développement, comme l enseignement primaire universel. Sans recon-' naissance des intérêts des personnes handicapées, l'objectif de réduction de la pauvreté dans les pays en développement ne sera pas atteint et les droits des handicapés, ainsi que leur participation dans la société, ne seront pas favorisés. Pour parvenir à une réduction durable de la pauvreté, il faut que les questions de handicap soient traitées par des personnes sensibilisées à ces problèmes et jouant un rôle actif dans les actions de développement financées par l'UE.
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Points essentiels
Exclusion, marginalisation et vulnérabilité Les personnes handicapées sont en butte à la discrimination depuis leur naissance, ou à partir du moment où elles sont atteintes d'un handicap. La naissance d'un enfant handicapé est souvent considérée comme un drame. Nécessitant plus d'attention, il n'est pas toujours considéré comme ayant la capacité, à l'avenir, de subvenir à ses besoins, et encore moins à celle de la génération qui le précède – ce qui constitue un facteur essentiel dans les communautés vivant déjà dans une situation de pauvreté chronique. Même lorsque l'on s'en occupe et qu'on les protège, les enfants handicapés sont souvent exclus des activités quotidiennes de la famille et de la collectivité. Leur voix n'est pas entendue. Les facteurs culturels, l'ignorance, les superstitions et les peurs font que le handicap est souvent perçu de façon très négative. On y voit parfois une malédiction ou une punition de Dieu; les handicapés sont considérés comme appartenant à une sous-humanité incapable de prendre part aux activités de la société. Les familles d'enfants handicapés éprouvent souvent à leur égard un mélange d'inquiétude et de honte. Il n'est pas rare que ces enfants soient cachés et ne bénéficient d'aucune possibilité de se développer. Or, lorsque les personnes handicapées ne sont pas visibles dans une société, il est encore plus difficile de défendre leurs droits. Un grand nombre de personnes handicapées développent un syndrome de dépendance, un complexe d'infériorité, une tendance à la résignation et des sentiments d'isolement et d'exclusion vis-à-vis de la société où ils sont nés et où ils vivent. Toutefois, il est évident que, dans bien des cas, les problèmes rencontrés par les personnes atteintes d'un handicap ne sont pas uniquement le produit d'une culture ou de préjugés. Cultures et préjugés à l'égard des questions de handicap varient d'un pays à l'autre, de même qu'entre environnements urbains et environnements ruraux.
Ressources de base – nourriture, soins de santé, enseignement Lorsque les ressources sont limitées, il peut sembler irresponsable, sur un plan économique, d'en donner une part égale à un enfant handicapé, dont on estime peu probable qu'il puisse jamais subvenir aux besoins de la famille. C'est une décision désespérée qui, dans les situations d'extrême pauvreté, peut sembler rationnelle. Les handicapés sont souvent les derniers servis lorsque les ressources, quelles qu'elles soient (nourriture, eau potable, terrain), sont restreintes, ce qui provoque des problèmes de santé - phénomène qui s'aggrave dans les situations d'urgence. Les organisations humanitaires et d'aide aux réfugiés ont rarement une approche appropriée des besoins des personnes handicapées. Pourtant, il a récemment été démontré, notamment grâce au travail réalisé par Handicap International en ex-Yougoslavie (financé principalement par l'Union européenne), qu'il est possible de traiter efficacement les questions de handicap, même dans des situations difficiles.
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Soins de santé Les handicapés ont les mêmes besoins que les personnes valides en matière de services sanitaires de base. C'est une réalité souvent niée. Il n'est pas rare que les centres de soins soient inaccessibles aux handicapés et/ou éloignés (en particulier dans les zones rurales) et que les personnes handicapées soient confrontées à des problèmes de discrimination de la part du personnel de santé. Ainsi, les femmes atteintes d'un handicap se plaignent souvent de se voir refuser l'accès aux services de santé génésique par les médecins. L'information relative aux soins de santé est rarement présentée de façon accessible, tandis que les actions d'éducation à la santé ne s'adressent pas aux handicapés. Certaines personnes atteintes d'un handicap ont besoin d'une aide médicale spécifique. Dans les zones sortant d'un conflit notamment (comme en Bosnie, au Kosovo, au Rwanda ou en Sierra Leone), l'accès à une aide psychologique dispensée par des professionnels peut s'avérer nécessaire. Pour une pleine participation des personnes handicapées, il est indispensable de répondre à ces besoins. Enseignement Le développement de l'enseignement primaire universel est impossible sans l intégration des enfants atteints d'un handicap. Selon l'UNICEF, ' 98 % des enfants handicapés ne reçoivent aucun enseignement officiel. Même lorsque l'établissement scolaire leur est accessible, nombre d'enfants handicapés en demeurent exclus. En effet, il n est pas rare que ' les parents craignent que leur enfant ne parvienne pas à s'adapter ou que la révélation de l'existence d'un enfant handicapé ne jette l'opprobre sur toute la famille et ne compromette les perspectives de mariage des autres membres de la fratrie. Ces familles estiment parfois qu'il ne vaut pas la peine d'investir dans un enfant handicapé. Parmi ceux qui suivent un enseignement, nombreux sont les enfants qui sont moins bien traités que les autres, de qui l'on attend peu et qui attendent peu d'eux-mêmes et qui ne reçoivent pas le soutien dont ils ont besoin pour pouvoir participer pleinement en classe. Souvent, les exigences sont moins grandes à l'égard des enfants handicapés, qui, de ce fait, apprennent moins de choses que leurs frères et sœurs valides, même dans un cadre informel. Dès le départ, ils sont exclus des activités quotidiennes que les personnes valides tiennent pour acquises. Toutefois, la difficulté d'accès à l'enseignement ne se résume pas à un problème d'obstacle culturel à surmonter. Il faut également prendre en compte d'autres aspects, tels que le comportement des enseignants, l'accès aux établissements scolaires, les transports et l'accès à du matériel et à un équipement orthopédique. Pour développer un enseignement intégrant efficacement les handicapés, il est nécessaire d'investir dans le développement d'un environnement accessible à tous. Il faut pour cela dispenser aux enseignants une formation appropriée, élaborer des programmes d'études et fournir aux enfants handicapés l'aide dont ils ont besoin. Il est également nécessaire de développer des programmes éducatifs spéciaux, dans lesquels les enfants atteints d'un handicap bénéficient d'une attention particulière et adaptée.
  
 
 
rement vulnérables au VIH et également des conséquences de leur famille, alors que, bien utre, elles ont un accès insuf-et aux traitements. En effet, il ée de façon accessible aux spécifiques. L'analphabétisme eule une infime minorité dans nstate également un manque s sourds et les malentendants sous une forme accessible aux ellectuelles ou des difficultés
 en général, et des femmes t souvent réprouvée. C'est par e contente de supposer que les , autre raison pour laquelle ils nt le VIH et le sida.
iscrimination, au manque de n soi, ont peu d'opportunités nt pratiquement inexistantes de handicapés en sont réduits seule façon d'échapper à une és ne sont pas intégrés dès auté risquent de continuer à valeur et leurs droits, en tant
us faibles que les travailleurs  qualification ont rarement la la discrimination qui s'exerce énomènes d'exploitation sont s personnes présentant des es de la parole ou de l'ouïe. Il ent, que la mendicité soit pour e que le travail (ce qui peut
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ituation de pauvreté chronique dans laquelle se andicapées, ainsi que leur difficulté à en sortir. Si mille devient handicapé, c'est toute la famille qui er encore plus profondément dans la misère. En s qui excluent les personnes handicapées et les art à la vie de la collectivité, on œuvrerait pour la  dans toute la communauté. A l'inverse, sans pés, leur communauté ne pourra pas parvenir à la pauvreté.
services type social ou comportemental, les personnes ntées à des obstacles tenant à l'environnement i limitent leur accès aux services et aux t les empêchent de prendre une part égale dans . La plupart des routes, des habitations et des ment les transports – ne sont pas adaptés aux mobilité réduite. Rien n est fait ou presque pour ' ès des services publics aux handicapés. Les éficiences sensorielles sont totalement exclues ervices publics ne la présentent pas sous une  le braille, le langage des signes ou des textes
es apées sont souvent exclues des processus ment du droit fondamental de participer aux ' t l'inaccessibilité de l'information ou des c es t la cause de cette exclusion. Il faut que les apés et leurs familles soient consultées sur les s qui les concernent, afin qu'elles puissent faire s des autorités.
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