NOVEMBRE ET DÉCEMBRE 2005

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NOVEMBRE ET DÉCEMBRE 2005

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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NOVEMBRE ET DÉCEMBRE 2005
 DOCUMENTSJacques ATTALI,Cétait François MitterrandAttachée de presse : Caroline Gutmann Polytechnicien, énarque, ancien conseiller spécial du président de la République François Mitterrand pendant onze ans, créateur et premier président de la BIRD, Jacques Attali a brillé comme auteur dans de nombreux genres différents : histoire (1492), essais (de Fraser, Les juifs, le monde etLa Figure largent), mémoires (Verbatim), romans (Lepremier jour après moi, La Vie éternelle, Au-delà de nulle part, La Femme du menteur, NouvElles), et enfin théâtre (Les Portesdu ciel). Il sest déjà essayé avec grand succès à la biographie dansUn homme dinfluence, consacré au banquier G. Warburg, etBlaise Pascal ou le génie français. Il a publié récemmentLa Confrérie des ÉveillésetKarl Marx ou lesprit du monde. Dix ans après la mort du quatrième président de la VeRépublique, ce récit est nourri par de nombreuses révélations sur son action. « On trouvera ici lhistoire de notre aventure commune, depuis notre rencontre en 1966, jusquà la fin de son second mandat. » En réponse aux questions que chacun se pose à son égard : qui était-il ? A-t-il menti aux Français sur son passé ? Aimait-il largent ? Quels étaient ses rapports avec ses proches ? A-t-il utilisé lÉtat à son service personnel ? Comment prenait-il ses décisions ? Sest-il trompé sur la réunification allemande ? A-t-il laissé une France en meilleur état quà son arrivée ? Était-il un homme de gauche ? Sur toutes ces questions et tant dautres encore, le moment est venu de faire connaître des faits souvent considérables et encore ignorés. Ils éclaireront cette période si essentielle de notre histoire.
Jean-Pierre FILIU,Mitterrand et la PalestineAttaché de presse : Laurent Payet Docteur en histoire et arabisant de formation, Jean-Pierre Filiu a été délégué de la Fédération Internationale des Droits de lHomme au Liban et a publié de nombreux articles sur la question proche-orientale. Devenu diplomate, il a travaillé notamment en Jordanie, en Syrie et aux États-Unis, ainsi quau cabinet du ministre Pierre Joxe et du Premier ministre Lionel Jospin. Lamitié de François Mitterrand pour Israël, son peuple et son histoire, est ancienne et connue. Il va développer tout au long de sa carrière cette amitié exigeante au nom de la justice et des valeurs partagées. Ce livre raconte comment un tel ami dIsraël découvre en 1972 la misère des camps de réfugiés de Gaza et rencontre Yasser Arafat dès 1974, bien longtemps avant la première entrevue entre un ministre français et le chef de lOLP, qui na alors aucune représentation officielle à Paris. Jean-Pierre Filiu décrit limpact du conflit libanais sur une des hautes figures du socialisme international, sa vaine tentative pour prévenir la tuerie de Tall el-Zaatar en 1976, et, peu après ce carnage, sa première déclaration en faveur dun État palestinien. Ce livre scrute le choix des mots utilisés par un homme pénétré de leur force dans lHistoire et transcrit aussi lindignation montante dune conscience européenne. Indignation, en 1983, face à l« hallali » de la Syrie et de ses alliés contre « ces gens qui courent après une patrie, que lon chasse dun endroit à un autre et que lon tue ». Indignation, en 1989, suscitée par « cette répression continue où lhomme devient un gibier » en Cisjordanie. Ce livre éclaire enfin la ténacité dun défenseur résolu de la reconnaissance mutuelle entre Israël et lOLP. Défenseur engagé dès 1980, qui a tenu bon treize ans durant, jusquà voir sa conviction devenir réalité dans un hôtel parisien. Voici comment un ami indéfectible dIsraël, devenu chef dÉtat, a par trois fois sauvé  physiquement et politiquement  le symbole de la Palestine. Luce JANIN-DEVILLARS,Ces morts qui vivent en nousAttachée de presse : Dominique Fusco Luce Janin-Devillars est psychanalyste et consultante en entreprise. Elle a déjà publiéChanger sa vie(Pocket, 2003), et a participé à la rédaction de deux ouvrages collectifs,Les Sources de la honte de Brouwer, 1994), et (DescléeLa Lutte des places. Insertion et désinsertion(Epi, 1995). Oui, les fantômes existent, et ils ne hantent pas forcément les couloirs des vieux châteaux. Ils nous habitent. Ce sont nos morts « non enterrés », parents, proches, amis ; tous ceux qui nous ont quitté et dont nous navons pu faire le deuil. Ce deuil, cest le travail de symbolisation de la perte et du chagrin. Cest digérer,
métaboliser cet im-pensable, au vrai sens du terme, cette déchirure infligée dans le cours de notre temps par la disparition dune personne aimée. Quand le deuil est insuffisant, incomplet ou absent, celui ou celle qui a disparu de notre réalité quotidienne avec la mort se meut en pensées obsédantes, souvenirs, images, hallucinations parfois qui reviennent nous tourmenter nous, vivants, comme si nous étions la proie dun sortilège. Le comportement est obéré, parasité, et de nombreux troubles physiques et psychiques peuvent apparaître. Ce livre sen fait lécho. Comment se représenter la mort et en parler, comment lapprivoiser en la réintégrant dans le mouvement même de la vie, comment ne pas être envahi par les ombres du passé ? Cest ce dont témoignent ceux qui ont accepté que leur histoire figure dans ce livre. Jean-François KAHN,Quand la France séveilleraAttachée de presse : Caroline Gutmann Créateur et président du conseil de surveillance de l'hebdomadaireMarianne, Jean-François Kahn est lauteur de nombreux ouvrages, notammentLe Camp de la guerre (Fayard, 2004). Il est un jugement sur lequel la gauche et la droite se mettraient ces temps-ci volontiers daccord : la France va tout droit à la catastrophe. Tout cela nest que balivernes, tranche Jean-François Kahn : ce nest pas la France qui tombe, mais ceux qui jugent opportun de le prétendre pour masquer leur propre effondrement, à savoir les médias et les politiques. Et cest contre eux que ce court pamphlet est dirigé. Nous déplorons leffritement régulier des titres de la presse nationale et régionale ? Mais comment sen étonner quand le divorce avec lopinion atteint de telles extrémités : 85% des médias avaient fait campagne pour le oui au dernier référendum alors que 55% des électeurs ont voté non (et cest un partisan du oui qui le rappelle). Ce décalage donne la mesure de la perte de crédibilité, de la rupture désormais consommée entre le peuple et les élites médiatiques. Divorce avec les politiques aussi, deuxième cible de Jean-François Kahn. La gauche libérale et la droite néolibérale sont particulièrement visées bien sûr, puisque ce sont elles qui dominent la presse « bien-pensante », mais au-delà, ce sont la plupart des courants traditionnels de la gauche et de la droite. Seul le centre échappe au jeu de massacre. La critique est acérée, la pointe particulièrement sèche lorsquil est question de Nicolas Sarkozy et des siens Quand la France séveillera et fera valoir quelle en a assez, il est fort à parier que les élites en question seront les premières victimes du raz-de-marée, tant elles apparaîtront pour ce quelles sont : les principaux obstacles sur la voie du renouveau démocratique.
Roger SUE,La Société contre elle-mêmeAttaché de presse : Caroline Gutmann Roger Sue est professeur à la faculté des sciences humaines et sociales de luniversité de Paris V-Sorbonne et directeur du département des sciences de léducation. Ses principales publications sont :La Société civile face au pouvoir (Presses de Sciences Po, 2003), Richesse des hommes. Vers La léconomie quaternaire(Odile Jacob, 1997). On assiste aujourdhui au cur de nos sociétés modernes à un étonnant paradoxe, quil convient déclairer, et si possible de contribuer à dénouer : le fait que, dans lactualité, une bonne nouvelle se transforme systématiquement en une mauvaise, en accréditant par là lidée de déclin, de décadence et de décomposition sociale, exigeant durgence un traitement de choc. Est-il encore temps de réagir, et comment ? Nombre de grands dossiers actuels, comme la mutation du travail, la nature du développement économique, la recomposition du lien social ou la question démocratique, peuvent être revisités sous cet angle. Ainsi, la transformation annoncée de sociétés essentiellement fondées sur le travail en des sociétés plus libres, plus diverses, plus développées et toujours plus riches devrait, à juste titre, passer pour une bonne nouvelle. Or nous avons réussi lexploit den faire le grand mal du monde industrialisé avec son cortège de chômage, de précarité et de misère. De même, un développement économique plus centré sur le capital humain, la formation, la santé, le lien social, et finalement sur lindividu et son bien-être, est riche de promesses. Or cest tout le contraire qui se produit : la santé et la formation ne sont pas les ressorts dune nouvelle croissance mais des charges budgétaires insupportables quil convient de réduire au plus vite pour ne pas pénaliser les entreprises « productives ». Comment en est-on arrivé là ? Comment a-t-on réussi à transformer des solutions en problèmes ? Pour y répondre, lauteur propose un nouveau regard sur les causes de ce paradoxe, qui mêle retard culturel, absence de recul et de perspective historique, conservatisme politique et défense des privilèges des élites, que le discours de la peur ou la politique du pire semblent trop bien servir. Contre lintérêt de la société elle-même.
 LITTÉRATURE FRANÇAISEMaurice DENUZIÈRE,Un Chien de saison, roman (réédition) Attachée de presse : Suzanne Jamet Ancien grand reporter au journalLe Monde, Maurice Denuzière connaît un immense succès de librairie avecLouisiane(1977), roman historique, suivi deFausse rivière (1979) et Bagatelle puis avec la série (1981),Helvétie. Il est notamment lauteur chez Fayard deLe Cornac (2000),Amélie ou la concordance des temps (2001) et de la sérieBahamas (deux tomes parus). Le jour où un célibataire tranquille et discret accepte de prendre en pension, pour trois semaines, le chien de son meilleur ami, sa vie est bouleversée. Néron, boxer bringé, espiègle mais fidèle et tendre, devient vite, avec ses quarante kilos de muscle et de malice canine, un compagnon envahissant. Ceux qui ont connu ou vivent au quotidien la complicité très particulière que lon peut établir avec son chien apprécieront ce roman humoristique, empreint dune grande tendresse. Maurice Denuzière y peint aussi la solitude du cur et la fragilité des sentiments. Un chien de saisona fait lobjet dun téléfilm réalisé en 1980 par Roland-Bernard, avec Bernard Le Coq, Évelyne Dandry, Pierre Destailles et Max Amyl dans les principaux rôles. Jean DIWO,La Chevauchée du flamand,roman Attachée de presse : Suzanne Jamet Jean Diwo est le créateur deTélé 7 jours. Il a connu, chez Fayard, un vrai succès avecLes Demoiselles des Lumières(2004). Le roman commence par le voyage initiatique en Italie du jeune Flamand Pierre-Paul Rubens. La bourse plate mais le cur à létrier, il chevauche jusquà Venise, Florence et Rome, mange en vendant les portraits des gens de rencontre, découvre Titien, copie les maîtres et devient le peintre officiel de la cour du duc de Mantoue où défilent les grands noms de lart, des lettres et des sciences. Cest le grand Rubens, déjà riche et célèbre, qui revient sept ans plus tard à Anvers. Il achète une maison, le Wapper, se marie à une blonde bourgeoise, Isabelle Brant, dont les portraits assureront limmortalité. Et il organise un atelier singulier. À certains moment y travaillent près de cent élèves et artistes confirmés dont les maîtres Breughel de Velours, Snyders, et même Van Dyck et Jordaens. De la maison du Wapper qui,
au fil des ans, deviendra une « distillerie de chefs-duvre », sortent les tableaux commandés par lÉglise et les riches amateurs. La vie de Rubens va prendre un brusque tournant quand linfante Isabelle, qui gouverne les Pays-Bas au nom du roi dEspagne, le nomme peintre officiel de sa cour à Bruxelles et lui confie des missions de renseignements que sa qualité de peintre doit faciliter. Durant dix années, Rubens accumule ainsi les voyages, mais cest à Paris quil réalise la pièce maîtresse de son uvre : une suite de tableaux hauts de quatre mètres que lui commande la reine mère Marie de Médicis pour décorer son nouveau palais du Luxembourg. Entre Anvers et Paris, la réalisation de cette commande royale de 60 000 livres dure quatre ans. Elle est à elle seule un véritable roman illustré par les rivalités et les turpitudes de la cour de France. Édité par Maurice LEVER, «Je jure au marquis de Sade, mon amant, de nêtre jamais quà lui» Attachée de presse : Caroline Gutmann Rien daussi sulfureux na jamais été publié sur la liaison du marquis de Sade avec sa jeune belle-sur, Anne-Prospère de Launay, âgée de dix-sept ans et chanoinesse bénédictine. Après vingt années de patientes recherches, Maurice Lever a découvert enfin les lettres échangées entre les deux amants, enfouies jusquici dans les archives de la famille Lesquen, descendants du marquis de Sade par les femmes. Liaison passionnée, scandaleuse, orageuse, où se jouent les aspirations du marquis à la rédemption par lamour. Espoir brisé par sa propre infidélité, que la jeune femme ne pourra pardonner, et qui entraînera la rupture définitive. Abandonné à ses propres démons, lauteur deJustine verra dautre issue ne que dans la mort. Sa tentative de suicide demeure à ce jour la plus obsédante énigme de cette âme en déshérence. Outre cette correspondance, paraissent ici pour la première fois six lettres du marquis à sa femme, révélant ses aspirations à la pureté, ainsi quun ardent désir de rachat. La stupéfaction une fois passée, il reste une poignante émotion devant ce cri arraché à la souffrance : « Oh ! puisquon me rend le chemin de la vertu si difficile, puisquon ne me loffre quavec des épines, il faudra donc que je reste dans le vice ! » Admirablement présentés, mis en situation, commentés par Maurice Lever, directeur de recherche émérite au CNRS, auteur de nombreux ouvrages remarquables, dont une magistrale biographie du marquis de Sade (Fayard), ces inédits éclairent dun jour inattendu lun des épisodes les plus mystérieux et les plus controversés de sa vie.
Pierre MIQUEL, La liberté guidait leurs pas tome 4,Le Clairon de la Meuse, roman Attaché de presse : Laurent Payet AprèsLes Enfants de la Patrie, etLa Poudrière dOrient, suites romanesques sur la Première Guerre mondiale, parues chez Fayard en 2002 et 2004, Pierre Miquel achève son épopée des poilus par quatre volumes entièrement consacrés à 1918, lannée décisive. Les Allemands savent depuis le 8 août quils ne peuvent plus gagner la guerre. Ils sacharnent toutefois jusquau 11 novembre. Un quart dheure avant la fin, sur la Meuse en Lorraine, des poilus trouvent encore la mort. Jules et Michel rentreront-ils ? Jusquau dernier moment les épouses et les fiancées attendent larmistice qui ne vient pas. Serge MOATI et Yves LAURENT,Capitaines des ténèbres, roman Attachée de presse : Suzanne Jamet Serge Moati est lauteur de nombreux documentaires et depuis 1999, il produit et animeRipostessur France 5. Il a publiéVilla Jasmin chez Fayard. Il est co-auteur, avec Yves Laurent, du scénario deCapitaines des ténèbres, qui sera diffusé vers la fin de lannée 2005. Yves Laurent est scénariste de télévision. Entre autres uvres pour le petit écran, il a écritLes Complices, une adaptation du roman de Simenon, réalisée par Serge Moati. 1898. Depuis vingt ans, la France, lAngleterre et, dans une moindre mesure, lAllemagne se livrent à une course de vitesse effrénée pour sassurer la meilleure part dans la conquête du continent africain. Une expédition est envoyée vers lAfrique Centrale pour planter le drapeau tricolore sur les rives du lac Tchad. Les temps nétant pas favorables pour les troupes coloniales, on a rogné sur les crédits et la mission est largement sous-financée. Cela ne décourage pas le chef de mission Paul Voulet et son adjoint, Julien Chanoine, deux jeunes capitaines, tous deux avides de gloire et de lavancement qui va avec. A lété 1898, les six officiers et les deux sous-officiers de la mission, sembarquent pour lAfrique. Sur place, pour former leur colonne, ils nauront quune poignée de tirailleurs réguliers et quelques spahis. Il faudra recruter plusieurs centaines dirréguliers, ces mercenaires qui se nourrissent et se paient sur la bête à mesure quils avancent vers des territoires nouveaux. Plus de mille porteurs accompagnent la mission, sans compter les centaines de femmes, les « moussos », qui suivent leurs hommes. Et tout ce monde-là doit traverser la moitié de lAfrique, senfoncer dans des territoires hostiles, chercher sa route sans carte !
Les pillages, les incendies de villages, les massacres se multiplient au passage de la colonne Voulet-Chanoine. Et la rumeur de ses exactions finit par atteindre les autorités militaires, et jusquau ministre lui-même. Une colonne est dépêchée à sa poursuite pour arrêter ses chefs ce sera le drame. Sonia RYKIEL,LEnvers à lendroit, poésie Attachée de presse : Suzanne Jamet Sonia Rykiel, créatrice de mode, a jeté lancre au cur de Saint-Germain-des-Prés, mais sa maison de couture a essaimé aux quatre coins du monde. Auteur deEt je la voudrais nue (Grasset, 1979), elle fut lobjet dune livre par Carmen Castillo et Évelyne Pisier,Quand elle na pas de rouge, elle met du noir(Fayard, 2001). Dans ce livre plus proche du recueil de poèmes en prose que de lautobiographie, Sonia Rykiel égrène ses intuitions de créatrice et des bribes de rencontres avec des artistes célèbres, de Fellini au sculpteur César, dAndy Warhol à Barbara. Rien à voir avec un album people du genre « les plus belles femmes que jai habillées » ; mais une exploration raffinée des ressorts et mystères de la création, quelle soit de mode ou de mots. Frédérick TRISTAN,Le Dernier des hommes, roman (réédition) Attachée de presse : Suzanne Jamet Frédérick Tristan a obtenu le Prix Goncourt en 1983 avec Les Egaréset le Grand Prix de Littérature de la société des Gens de Lettres pour lensemble de son uvre en 2000. Dans la Russie de Gorbatchev, Akaki est secrétaire à la section 23 du département 15 de lagence dÉtat pour la planification des horaires de lindustrie légère. Sa vie est rythmée par son train de sept heure sept, son travail dans la capitale et ses soirées avec sa mère, Nanouchka. Un matin, cependant, pris dun malaise, il descend du train à larrêt intermédiaire, dans la ville de Sminck. Dès ce moment, même sil lignore encore, cen est définitivement fini de la routine. Ayant laissé le train repartir sans lui, Akaki est trop timide pour demander les horaires du suivant. Et puis il ny a plus personne dans la gare. Le seul être vivant à la ronde est un chien jaune qui lui vole sa chaussure. À sa poursuite le long de lavenue Karl-Marx, Akaki est alors entraîné malgré lui dans une noce au cours de laquelle il fait la connaissance dun violoniste, dément ou mythomane, qui lui conte par le menu les aventures de Boshbaya, danseuse étoile par procuration, signataire de tableaux peints par dautres, agent secret de la Russie soviétique sur Sunset Boulevard et désormais
directrice de lasile local. Akaki voudrait retrouver sa chaussure, mais lintarissable artiste le retient pour lui présenter lhéroïne de son récit extravagant. Boshbaya en personne conduit alors le petit fonctionnaire à travers la ville, dont les frontières avec linstitution psychiatrique quelle dirige semblent souvent très perméables. Akaki échappera-t-il à ce monde insensé ? Encore faudrait-il quil le veuille...
 LITTÉRATURE ÉTRANGÈREElizabeth GASKELL,Nord et Sud,roman Traduit de langlais par Françoise du Sorbier Attachée de presse : Dominique Fusco Fille dun pasteur unitarien, Elizabeth Gaskell (1810-1865), devenue très tôt orpheline de mère, a été élevée par sa tante dans un village du Cheshire. Mariée à un pasteur unitarien, elle mène à Manchester la vie active des femmes de pasteur et écrit des nouvelles pour son plaisir. Très éprouvée par la mort de lun de ses enfants, elle sombre dans la mélancolie et son mari la pousse à écrire pour se distraire. Son premier roman,Mary Barton(1848), remporte un grand succès. Demblée, Elizabeth Gaskell entre sur la scène littéraire. Dickens lui demande de collaborer à son hebdomadaire,Household Words, où elle publie Cranford, son roman le plus connu, un tableau de la vie provinciale plein de finesse et dhumour, estNorth and South(1854-55). Elle se lie damitié avec George Eliot, avec qui elle entretient une correspondance, avec Charlotte Brontë, dont elle écrira la biographie après sa disparition, et avec Florence Nightingale. Elle écrit aussiRuth(1853),Sylvias Lovers(1863) etWives and Daughters. Dans toute son uvre Elizabeth Gaskell se distingue par une conscience sociale très vive qui la porte à peindre avec sympathie la condition des opprimés de son temps, par un humour en demi-teinte et une connaissance intime de la vie provinciale et des milieux industriels. Lhéroïne de ce roman, Margaret Hale, fille de pasteur, regagne le foyer familial dans un village du sud de lAngleterre, après avoir passé neuf ans à Londres chez sa tante. Peu après son retour, la famille va devoir sinstaller dans une ville industrielle du nord, Milton. Là, Margaret va découvrir le monde industriel avec ses grèves, sa violence et sa dureté. Elle va aussi avoir des rapports conflictuels avec le patron des filatures locales et se lier damitié avec certains de ses ouvriers. Elle finira par se marier avec lindustriel. Le roman donne une image contrastée de la vie en Angleterre au milieu du XIXe : siècle il juxtapose la peinture dune ville industrielle, du sud rural et de Londres. Les deux personnages principaux, très fouillés, doivent tous deux renoncer à leurs préjugés et faire un chemin difficile lun vers lautre sans autres armes que leur intelligence et leur bonne foi. Si lintrigue accorde la part belle aux affrontements sociaux, Elizabeth Gaskell ne néglige pas pour autant la dimension individuelle, et elle pose la question de lintégration de la vie publique et de la vie privée, dans un contexte culturel en pleine mutation. Cette fresque extrêmement vivante aborde un certain nombre de problèmes encore dactualité aujourdhui. Ce regard du siècle dernier interroge le nôtre avec une acuité qui ne peut manquer dintéresser le lecteur moderne.
POLICIERSBrigitte AUBERT,Rigor mortis, nouvelles « Fayard noir » Attaché de presse : Laurent Payet Brigitte Aubert est née en 1956. Elle a été remarquée dès son premier livre,Les Quatre Fils du docteur March. Elle a publié ensuiteLa Rose de fer ou La Mort des bois, grand prix de la littérature policière (1996). Le noir est sa couleur : avecRequiem Caraïbeset Transfixions, elle décrira une faune particulièrement dépravée. Elle est aussi lauteur de deux romans dhorreur pure et est traduite en quinze langues. Cest un recueil de 12 nouvelles, publiées entre 1984 et 2004. Elles correspondent aux divers aspects dune uvre qui a frappé la critique par sa diversité (un « Fregoli du polar »). Meurtres à larme blanche, flots de sang, violences en tous genres, Brigitte Aubert navigue du côté des cauchemars contemporains. Multipliant les fausses pistes, elle bouscule et égare le lecteur avec un art qui doit plus à ses hallucinations quà ses expériences. Rigor mortis, la nouvelle qui donne son titre à lanthologie, est exemplaire. Après sa chute, déroutante, on y revient avec le sentiment davoir été floué mais si superbement ! James CRUMLEY,Folie noire,roman Traduit de langlais (Etats-Unis) par Patrice Carrer « Fayard noir » Attaché de presse : Laurent Payet James Crumley est né en 1939 dans une famille pauvre du Texas. Il sinstalle en 1966 à Missoula dans le Montana où il enseigne la littérature. Son premier roman,Un pas pour marquer la cadence, paraît trois ans plus tard. Depuis, entre western et roman noir, il a écrit une série de livres magnifiques commeLa Danse de lourset Le Canard siffleur, où paraît alternativement un duo inoubliable, deux enquêteurs déjantés, rescapés des derniers rêves américains, alcoolos et dragueurs, Milo et Sughrue. C. W. Sughrue est détective privé dans une petite ville du Montana. Bien quayant dépassé la cinquantaine, il reste vert et, entre deux cuites, soulève de la fonte et brutalise ses punching-balls. DansFolie douceil effectue une enquête pour le compte de son ami psychiatre et ex-chirurgien, le Dr MacKinderick, rencontré lors dune précédente affaire.
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