Pouvoir et societe en Chine

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Pouvoir et societe en Chine

Publié le : mardi 5 juillet 2011
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29/11/2006.
Pouvoir et société en Chine.
Alors que le cadre institutionnel du système politique chinois reste fondé sur les mêmes
principes qu’en 1949, le fonctionnement du système change profondément, essentiellement du
fait des bouleversements économiques et sociaux survenus en Chine depuis 1979. Malgré la
libéralisation économique et la dépolitisation de la société chinoise, comment peut-on
expliquer l’emprise encore importante du PCC sur la société chinoise ?
I-
Les nouveaux mécanismes de légitimation de la direction du PC : un
nouveau rapport à la société ?
A-
Ouverture progressive des rangs du PC aux nouvelles élites du pays
Renouvellement des cadres du parti encouragé et souhaité par le parti. Augmentation des
effectifs (66 millions de membres en 2002 contre 35 en 1977)+élévation du niveau d’étude
des membres du parti+diversification des origines sociales (les ouvriers et les paysans ne
représentent plus que 45% des effectifs contre 64% en 1981 Cependant
la proportion
d’entrepreneurs privés reste faible)+vieillissement malgré des campagnes de recrutement
adressées aux jeunes (peut-être parce que le PC n’est plus un passage obligé pour qui veut
réussir socialement en Chine). Ce renouvellement est la traduction d’une volonté de la
direction du parti de s’adapter à la nouvelle société chinoise (et de l’inclure), aux nouvelles
classes moyennes, aux nouvelles élites, etc. Une des conséquence de cette ouverture : des
divisions politiques fortes.
B-
Des élections à la base de la société : une amorce de démocratie ?
Depuis les années 1980, dans les villages, puis dans certains quartiers urbains. Si ces élections
ne sont pas pluralistes, elles permettent surtout à la campagne d’intéresser la population aux
affaires politiques. Plusieurs cas. Ex : Des villages où le seul candidat est le membre du
parti… Ou, dans de plus en plus de villages, le représentant élu n’est pas le responsable du
parti désigné par l’échelon administratif supérieur, mais un chef de village librement choisi
qui doit du coup constamment négocié avec le secrétaire local du PCC. Certains villages n’ont
même plus de comités du PC.
C-
L’instauration
d’un
« Etat
de
droit
socialiste »(Jiang
Zemin,
1997) :
l’apprentissage de la justice ?
La priorité est donnée à une réforme juridique. La réforme a été essentiellement législative et
réglementaire –avec beaucoup de lois d’inspiration occidentales, surtout dans le domaine
commercial. Cette réforme a permis de former un personnel de justice, spécialisé, plus
compétent. Le nombre de procès a augmenté. Et de laisser aux gens la possibilités de se
formuler des revendications. Mais les tribunaux sont toujours sous la tutelle politique du PC +
problème lié à la vénalité de la justice et au protectionnisme judiciaire local.
II-
Des mécanismes de contrôle sélectifs mais efficaces : vers une société
chinoise plus autonome ?
A-
L’explosion des organisations sociales autonome : un contre-pouvoir ?
La plupart restent encore dépendantes du pouvoir (ex : l’association chinoise pour la
planification des naissances ou
la fédération des femmes qui s’apparentent plus à des
organisations de masse propre aux régimes totalitaires) mais un nombre grandissant d’entre
elles n’entretiennent aucun lien avec lui (surtout dans des secteurs jugés moins sensibles,
comme l’éducation ou l’environnement). + dans institutions à but non lucratifs qui regroupent
des écoles, des hôpitaux et des centres communautaires. Palliant souvent un déficit de
présence et de moyens de l’Etat, elles acquièrent progressivement du pouvoir, de l’influence
sur la société chinoise et une réelle capacité de négociation.
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B-
Un relatif et apparent relâchement de l’emprise du pouvoir sur les médias
Très très relatif : les médias ont le droit dans la mesure que leur laisse le PC de jouer un rôle
d’informateur critique. Mais des réformistes comme Hu Jintao souhaitent voir les médias se
transformer en instrument de contrôle de l’action gouvernementale. Ils restent dans les faits
l’objet d’une répression rapide et efficace. Il en va de même pour tous les secteurs culturels
vis-à-vis desquels le pouvoir oscille constamment.
C-
Mais une société qui reste très encadrée et pour partie encore réprimée
La répression des dissidents continuent mais se concentrent sur certains cas, souvent les plus
visibles et contre les formes de dissidences les plus construites, organisée et ramifiée. Ex :
juin 1998 : brutal démantèlement du Parti démocratique de Chine. Il en va de même pour les
dissidents qui s’expriment publiquement sur internet (le PC veille activement à la non-mise en
place d’un réseau d’opposant au régime sur internet. De même les groupes religieux (en
concurrence pour le contrôle de la population) sont violemment réprimés (les Tibétains,
certains catholiques en lien avec Rome, la secte Falungong en 1999), même si la liberté de
culte est davantage respectée (explosion des pratiques). Enfin les libertés publiques de la
Constitution de 1982 ne sont pas toutes respectées. Ex : association, publication, parole
III-
De nouvelles formes de gestion des relations avec la société
A-
La prise de conscience du PCC : la société chinoise est une réalité plurielle aux
intérêts pluriels.
Cette pluralisation est source de conflits que le pouvoir s’efforce de contenir pour ne pas
alimenter les tensions entre le pouvoir et la société. La montée des problèmes sociaux,
notamment liés au démantèlement des entreprises publiques déficitaires et à la grande
migration des ruraux vers les centres urbains, multiplié les conflits à gérer et le risque de
conflits social. Donc nécessité de réponses nouvelles.
B-
Face aux conflits, les solutions bureaucratiques restent les plus nombreuses
Très utilisées encore dans la mesure où elles laissent au PC la position de choix dans le
rapport de force et la possibilité de recourir à des moyens de coercition « efficace », l’armée,
la police si l’ordre social leur semble menacé. Ex dans les conflits liés au travail souvent mené
par des ouvriers non payés ou par les nouveaux chômeurs (
xiagang
) : si l’entreprise est
corrompue, le PC prend ses distances et négocie avec les plaignants ; si l’entreprise est
instable économiquement, le gouvernement local prend dans ses caisses pour calmer les
revendications des manifestants ; s’il n’y arrive pas il faut appel à ses supérieurs
hiérarchiques. Mais d’une manière générale, c’est le principe de subsidiarité qui prime,
l’objectif étant la solution la plus locale, la plus rapide, la plus efficace pour éviter toute
contagion. Les conflits sociaux dans les campagnes sont souvent réglés de façon beaucoup
plus violentes.
C-
Le balbutiement des réponses judiciaires
De nouveaux recours contre le pouvoir (l’administration par exemple) existent depuis 1989
pour les Chinois qui devraient, par ex., pouvoir faire abroger par des tribunaux les règlements
locaux qu’ils estimeraient illégaux. Ces recours sont en augmentation régulière, mais restent
très faibles (peur, corruption connue de tous, procédures lentes et coûteuse…). Toutefois cette
possibilité relativement oblige aussi certaines administrations à plus de transparence et de
justice.
CC : La question de la démocratisation est au coeur des interrogations sur la Chine, mais elle suppose un
renversement du moteur du pays, l’Etat et le Parti qui ne font qu’un. Si l’augmentation du niveau de vie,
la libéralisation économique, l’existence d’associations autonome, de tribunaux naissants laissent penser
que les Chinois ont de plus en plus les moyens pour faire pression sur le PCC, celui-ci demeure
suffisamment répressif et inquiétant pour limiter l’expression d’une contestation qui serait dangereuse
pour sa survie.
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