Présentation de l'établissement

De
Publié par

Présentation de l'établissement

Publié le : lundi 11 juillet 2011
Lecture(s) : 119
Nombre de pages : 6
Voir plus Voir moins
B.A.Bar avec des enfants en Institut Médico-Educatif
Jacqueline Chevalier – IME de Tréguier – ADAPEI Côtes d’Armor
Présentation de l’établissement
Je travaille dans un institut médico éducatif de l’ADAPEI, cet établissement accueille des
enfants déficients intellectuels âgés de 6 à 20 ans. Cet établissement accueille en semi-internat
85 jeunes dont 15 en internat ; les jeunes viennent des différentes zones des Côtes d’Armor.
Les enfants sont orientés dans notre établissement par CDES (Commission Départementale
d’Education Spéciale) qui a d’ailleurs récemment changé de nom. Les enfants arrivent du
SESSAD (Service d’Education Spécialisée et de Soins à Domicile), d’hôpital de jour, d’école
ou de leur foyer. Je travaille depuis de nombreuses années auprès d’enfants déficients
intellectuels, j’ai également été institutrice pendant 10 ans.
Je suis éducatrice référente du groupe des plus jeunes enfants. Ces enfants sont âgés de 6 à 10
ans et c’est le plus souvent leur première prise en charge globale.
Suite à une journée de présentation de l’outil par Mr Barissat, j’ai pensé qu’il serait
intéressant et certainement enrichissant d’exploiter et de découvrir cette nouvelle technologie.
En effet, la communication fait partie de notre projet de groupe et elle est au centre de nos
préoccupations.
présentation du groupe d’enfants
Les enfants du groupe présentent des déficiences moyennes ou profondes auxquelles
s’associent des troubles majeurs du comportement : hyperactivité, opposition, agressivité,
difficultés à respecter les règles….
C’est un groupe d’enfants très dynamiques, leurs pathologies sont diverses :
-
un enfant souffre du syndrome X fragile
-
un autre du syndrome de Bourneville
-
une fillette est trisomique
-
une autre est probablement atteinte du syndrome d’Angelman
-
un autre enfant a une atteinte du cervelet
-
pour le dernier la pathologie est inconnue
ce qui donne à ce groupe une grande hétérogénéité. Ces enfants ont besoin d’un
accompagnement très individualisé et d’une vigilance constante. Ils sont accueillis sur le
groupe de 9 heures à 16h30 et participent selon leur besoin à des activités extérieures au
groupe telles que le poney, le sport, le scolaire, la musique…
Un projet de groupe a été élaboré qui comporte trois objectifs principaux :
-
l’autonomie
-
la socialisation
-
la communication
Sur ce groupe, seul deux enfants ont accès au langage (ce sont les deux plus jeunes). Leur
langage n’est pas toujours intelligible. Certains des quatre autres enfants disent quelques mots
ou vocalisent. La communication avec ces enfants est très limitée. Certains d’entre eux
trouvent les moyens de se faire comprendre pour certaines de leur demande, un enfant utilise
des gestes qui sont parfois repérés mais qui ne peuvent être compris que par les personnes
familières.
Début du projet
Dans un premier temps, au cours de la présentation de Ba-Bar, nous avons immédiatement
pensé à attribuer l’outil à un jeune garçon du groupe qui a un très grand désir de communiquer
mais qui possède peu de moyens adaptés pour le faire. En effet, Baptiste ne dit que quelques
mots :
papa, maman, l’est où, garde, nicolas,…
Il les dit difficilement et pas de façon intelligible. Il essaie de se faire comprendre par gestes,
mais les codes qu’il met en place ne sont pas toujours compréhensibles. Dans son grand désir
de communiquer, Baptiste interpelle physiquement de façon assez violente, il tire sur le bras,
nous tourne la tête, prend la tête entre les mains, ses gestes peuvent s’avérer intrusifs mal
supportés par son entourage voire inacceptables.
C’est pourquoi l’emploi du Babar nous semblait parfaitement convenir à Baptiste pour l’aider
à trouver un moyen adapté pour communiquer avec l’autre ; un moyen où Baptiste pourrait
utiliser un intermédiaire pour se faire comprendre.
Lorsque nous avons commencé à utiliser Babar avec Baptiste, nous avons rencontré la famille
pour l’informer et lui expliquer le fonctionnement de l’appareil.
Baptiste vit dans une famille d’accueil et voit son père un week-end sur deux.
La famille a semblé intéressée et nous a fourni les photos dont on avait besoin. Depuis ce jour,
elle n’a pas manifesté le désir d’avoir d’autres informations.
Quelques parents ont vu l’outil et je leur ai donné quelques informations sur la manière dont
on travaille avec.
Très rapidement, lorsque nous avons commencé à utiliser Babar avec Baptiste, nous avons
constaté que bien que Babar soit plus spécifiquement attribué à Baptiste tout le groupe
pouvait en bénéficier et chaque enfant pourrait y trouver une aide adaptée compte tenu de ses
difficultés. Il était tout à fait souhaitable et indispensable que chacun puisse l’utiliser, les
enfants montraient leur intérêt et leur désir de se servir de Babar, une utilisation individuelle
aurait provoqué jalousie et frustration qui n’auraient pas aidé à la mise en place du projet.
L’emploi collectif du Babar s’est avéré très enrichissant, chaque enfant apportant à l’autre ses
compétences. Nous avons senti une adhésion de la plupart des enfants.
Nous avons reçu le matériel mi-mai, nous avons été un peu arrêtés par l’absence du code-
barre. Nous avons donc débuté l’expérience fin mai, nous sommes donc encore en période de
découverte puisque compte tenu des vacances d’été (5 semaines), l’expérience est conduite
depuis trois mois.
Les différentes utilisations de Babar
Très vite, nous nous sommes aperçus du grand nombre de possibilités que nous offrait Babar
dans l’aide à la communication.
Nous utilisons la photo depuis quelques années, l’appareil photo numérique est un précieux
allié sur ce groupe et de nombreux supports ont été créés pour améliorer, développer ou faire
émerger la communication. Notre établissement est très investi dans les projets qui touchent à
la communication. Nous avons un programme qui a été mis en place afin de faciliter la
communication avec les familles : via internet des photos sont envoyées dans un album, les
parents peuvent les regarder avec leur enfant et les commenter. Bien sûr, ce programme
impose de posséder un ordinateur et une connexion internet. Sur le groupe des petits, cinq
enfants sur six participent à ce programme.
Nous avons mis en place un cahier de liaison imagé que nous pensons encoder dès que Babar
nous sera devenu plus familier (je dis nous c’est à dire les enfants et les encadrants) et aussi
qu’il sera notre propriété car jusqu’à maintenant nous n’avons pas envoyé de Babar dans les
familles.
Nous avons donc pu facilement encoder du matériel existant et fabriquer d’autres supports.
Les utilisations sont très variées et nous n’en avons encore exploité qu’une infime partie ; les
idées d’utilisation nous arrivent au fur et à mesure des activités proposées.
Les utilisations
Comme je l’ai expliqué précédemment, nous utilisons Babar avec l’ensemble du groupe, bien
que Baptiste et certains enfants du groupe nous fassent comprendre qu’il appartient à Baptiste.
Seule une fillette est totalement indifférente à Babar, une autre est intéressée par sa présence
mais ne l’utilise pas encore, quatre enfants savent le faire fonctionner et sont très intéressés.
Les enfants se sont très vite adaptés à Babar. C’est un outil ludique et peu fragile.
C’est avec les enfants que nous encodons les supports de travail, certains enfants prêtent leur
voix pour l’enregistrement, c’est à cet instant une aide à travailler l’articulation, la hauteur de
la voix, l’écoute.
Depuis peu de temps, Baptiste qui dit quelques mots a pu enregistrer sa voix et la réécouter. Il
était très heureux, le retour vocal lui a permis de se réécouter plusieurs fois.
Nous utilisons Babar en situation d’apprentissage
-
lors de l’atelier langage
-
connaissance du schéma corporel
-
découverte du monde
-
parfois en atelier pré-scolaire
Babar est également utilisé de manière moins formelle, dans des situations de vie
quotidienne :
-
la lecture du menu
-
le trombinoscope
-
le tableau de communication
-
la fiche d’hygiène corporelle
Actuellement, nous avons utilisé Babar surtout pour encoder des mots séparés ou des phrases
complètes. J’ai préparé des supports pouvant formaliser une phrase. Par exemple :
Je vais
avec Paul
avec trois codes barres.
L’enfant pourra choisir le support qui correspondra à son désir ou à son besoin ou simplement
à son emploi du temps.
L’atelier langage consiste à enrichir le vocabulaire de l’enfant, à lui faire produire des sons, à
corriger son articulation. Nous encodons pour cet atelier des lotos, l’imagier, des photos ayant
attrait à leur quotidien.
Babar permet la connaissance du schéma corporel : Babar est un outil supplémentaire à ce
travail après l’expression corporelle, il nous sert à vérifier les connaissances, à apprendre
d’autres mots concernant les différentes parties du corps. Nous avons reproduit la silhouette,
grandeur nature, d’un enfant sur un grand panneau et avons encodé les différentes parties du
corps. Chaque semaine, nous enrichissons notre panneau qui reste à la disposition des enfants
et qui peuvent le faire parler quand ils le veulent. Nous avons également encodé un petit
personnage que nous utilisons simultanément.
La connaissance du monde. Nous abordons un thème chaque quinzaine afin d’attiser la
curiosité des enfants et de leur proposer une ouverture sur le monde qui les entoure. Nous
utilisons Babar pour encoder les mots importants que nous souhaiterions que les enfants
retiennent.
L’atelier préscolaire. Nous travaillons sur la découverte de l’écrit. Nous avons encodé le
prénom de chaque enfant. Quatre d’entre eux reconnaissent globalement leur prénom, avec
l’aide de Babar le visuel prend du sens quand ils entendent leur prénom en passant l’outil sur
l’écrit. Chacun essaie de dire le prénom de l’autre. Nous encodons régulièrement les prénoms
car ils sont très présents sur le lieu de vie (casier, porte-manteau, cahier, emploi du temps…).
Nous avons également commencé la découverte des voyelles.
Pour ces différents ateliers, il permet une auto-correction, l’enfant passe Babar sur le mot, la
partie du corps, la photo qu’on lui demande de désigner. S’il s’est trompé, il entend lui-même
ce qui est plus ludique et moins sanctionnant.
Chaque matin, nous regardons le menu et cherchons les images correspondant aux divers
plats. Si elles sont déjà encodées, on les lit ou on les encode, le menu parlant est ensuite
affiché.
Le trombinoscope est utile pour la connaissance des différents membres de l’équipe
pluridisciplinaire qui en prend en charge l’enfant. On peut écouter plusieurs fois le prénom de
la personne avec laquelle l’enfant va partir. Dans le cas d’une nouvelle arrivée, il est utile
pour les présentations.
Dans le cadre des activités liées à la vie quotidienne, nous avons mis en place une fiche qui
détaille les différentes étapes de la toilette. Cette fiche est placée dans la salle de bain.
Actuellement, nous accompagnons les enfants pour son utilisation pour qu’ils suivent les
étapes : je vais aux toilettes, je me lave les mains, je me les essuie, je me brosse les dents, je
me coiffe, je me mets du parfum. Nous pensons qu’avec le temps quelques enfants pourront
effectuer et contrôler seul les différents moments de la toilette.
Récemment, Baptiste nous a surpris. Après le repas, nous l’encouragions à utiliser Babar car il
semblait vouloir nous dire quelque chose et il est allé vers le tableau de communication et a
fait parler l’image « je me brosse les dents ». C’était en effet, le moment de le faire. Il était
ravi, il était parvenu à exprimer ce qu’il allait faire, d’une manière calme.
Nous avons également sur le groupe en grand panneau de communication comportant des
images ayant attrait aux activités quotidiennes que les enfants peuvent choisir selon leurs
besoins : j’ai soif, j’ai faim, j’ai mal ou à des objets qu’ils pourraient désirer.
Le Babar est à la disposition des enfants. Pour l’instant, ils ne l’utilisent pas spontanément. Il
faut les solliciter. Avec le temps, l’outil deviendra sans doute plus familier, il ne faut pas
oublier que nous l’utilisons uniquement que depuis trois mois.
Babar est un outil intéressant car il permet une approche différente des activités mises en
place pour développer ou améliorer la communication. C’est une aide supplémentaire aux
autres ressources que nous utilisons. Il permet une grande variété d’exercices.
Les enfants apprécient cet outil. Ils ont envie de l’utiliser et y prêtent un intérêt manifeste. Ils
sont attentifs et réceptifs aux sons qu’ils vont produire.
Sur ce groupe d’enfants où les progrès sont assez lents, l’utilisation spontanée de Babar
demandera du temps. Chacun se l’appropriera à son rythme. Pour Baptiste, il pourra être une
aide appréciable à ce grand désir de communiquer et pourra peut-être éviter bien des
frustrations.
Cependant, la communication spontanée gestuelle ne pourra pas être remplacée. Babar sera un
outil qui permettra à Baptiste ou à d’autres enfants, de posséder une aide supplémentaire pour
exprimer des besoins, des sentiments, des demandes ou pour raconter des évènements.
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.