Rtt effet sur leconomie

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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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La réduction du temps de travail Quels effets sur l’économie française ?
Réduction du temps de travail = RTT, terme utilisédans cet exposé.
1. Introduction
Depuis le 1erjanvier 2002, la loi Aubry II s’appliqueàl’ensemble des entreprises françaises. Vécue souvent par les entreprises voire par les salariés comme un abus de pouvoir du gouvernement en place, les 35 heures sont nées de trois sortes de considération, l’uneéconomique, visantàréduire le chômage et donc àun retour au plein emploi, l’autre sociale, consistantàpromouvoir le progrès social, la troisième correspondant au raisonnement selon lequel la réduction du temps de temps de travailétant inéluctable, il convenait de l’organiser aussitôt.
Mais les 35 heures produiront-elle les effets escomptés sur l’économie française ?
1. les entreprises resteront-elles compétitives ou le deviendront-elles plus alors que le coût du travail se trouve augmentéet qu’elles agissent dans le contexte d’uneéconomie ouverte ?
2. les ménages consommeront-ils plus alors que la RTT se traduit parfois par un gel des revenus ou une baisse de rémunération ?
3. la combinaison de ces deux effets permettra-t-elle une croissance économique avec un niveau de chômage réduit correct ?
Après un rappel historique, Nous analyserons, dans un premier temps, les effets de la RTT sur les entreprises et son impact sur leur compétitivité. Dans un second temps nous nous intéresseronsàson influence sur la consommation des ménages. Enfin, nous ferons un point sur les créations d’emplois et évoquerons difficultés de leur financement.
1.1. Historique de la RTT
Avant de commencer notre analyse, il nous paraît utile de rappeler que la réduction du temps de travail a débutéil y a un siècle et demi et qu’elle est directement liéeà l’évolution industrielle. La révolution industrielle s’est accompagnée d’une forte augmentation de la productivité. Ce progrès aétéutiliséde plusieurs manières : -Pour les entreprises : augmentation de l’investissement productif et du capital. -prix et donc plus de pouvoir baisse des  :Pour les consommateurs d’achat. -Pour les salariés : distribution de revenus et réduction du temps de travail. Nous sommes, en effet, passés de 84 heures hebdomadaires en 1848à 39 heures en 1982.
Cette réduction s’est effectuée en différentesétapes :
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année Durée/semaine durée/j annotations 1848 84 12 pour les ouvriers 1900 70 10 dans l'industrie 1906 60 10 1 jour de repos / semaine 1919 48 8 1936 40 8 2 semaines de congés payés 1968 40 8 horaires dans tous les secteurs 1982 39 5x8 - 1 5ème semaine de congés payés
Depuis, le début des années 1980, la France tente de réduire la durée du travail pour augmenter le nombre des emplois et diminuer le chômage.
1996 : Loi Robien : incitationàla réduction collective du temps de travail par  l’allègement des charges patronales. 1998: Loi Aubry I : Loi d’orientation et d’incitation relativeàla réduction du temps de travail. Baisse de la durée légaleà35 heuresàpartir du 1er janvier 2000 pour les entreprises de + de 20 salariés ou en 2002 pour les autres. 1999: Loi Aubry II : relativeàla réduction négociée du temps de travail.  Référence horaire : 35 heures hebdomadaires et 1600 heures  annuelles.1
Cette réduction du temps de travail s’inscrit donc dans un contexteéconomique et historique. Le travail continue de baisser dans tous les pays développés et en particulier, dans tous ceux de l’Union Européenne. En France, la RTT s’est organisée en concertation avec les partenaires sociaux répondantàune demande de l’ensemble des acteurséconomiques. La particularitédes lois Aubry se distingue par cette absence de concertation. Malgrétout, elle a pu s’imposer grâceàun contexteéconomique favorable dû à une croissance forte etàune inflation faible.
1.2. Présentation des lois Aubry
Si la croissanceéconomique aété entre 1995 et 2002, il faut favorable néanmoins rappeler qu’en 1997, le taux de chômageétait de 12,3 %. C’est dans ce contexte que les lois Aubry ontété élaborées
 dont les objectifs son t : -lutter contre le chômage -améliorer les conditions de travail des salariés par une augmentation du temps libre -Accroître la compétitivitédes entreprises -Soutenir la consommation.
 Les Lois   : - 13 juin 1998 duLa loi Aubry I: annonce la baisse de la durée légale au 1er janvier 2000 et définit les incitations accordées aux entreprises ayant anticipéla réduction. Cette loi tente d’encourager et d’inciteràdes négociations de RTT collectives, sans baisse des salaires.
1Historique rédigé àrapport de Eric Heyer et Xavierpartir d’un article paru sur le monde.fr et du Timbeau – Revue de l’OFCE N°74 / juillet 2000
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Abattement forfaitaire des cotisations sociales sous les conditions de la diminution du temps de travail de 10 % et des embauches ou préservation d’emplois de 6 %.
Loi Aubry du 19 janvier 2000: Les aides ne sont plus conditionnéesàun accroissement des effectifs niàune baisse de 10 % de la durée du travail mais sont subordonnéesà une référence horaire correspondantà 35 heures hebdomadaires ou 1600 heures par an.
La RTT est le résultat d’une politique macro-économique misant sur la création d’emploi comme le montre la relation suivante : Travail (W) = durée du travail (D) x population active au travail (N). La diminution du temps de travail dans l’entreprise doit donc correspondreà une augmentation des effectifs. La création d’emploi permet ainsi d’augmenter la consommation des ménages et plus largement le développement de la demande intérieure. Cette politique pourrait s’apparenterà politique keyn uneésienne bien que l’analyse keynésienne n’envisageàaucun moment que l’on puisse moduler la durée du travail pour favoriser le retour au plein emploi.
Par ce processus l’objectif du gouvernementétait de créer 700 0002 emplois sans nuireàla compétitivitédes entreprises. Dans la partie suivante nous allons donc développer de quelle manière les entreprises ont appliquéet se sont adaptéesàla RTT.
2. Les entreprises et la RTT
Comme nous l’avons souligné, cette loi aétéimposée par l’état et ne relève donc pas d’un choix délibérédes entreprises. L’application de la RTT s’est donc faite en fonction des contraintes propresà d’entre elles, ce qui chacune explique la multitude de cas particuliers.
On peut toutefois distinguer aujourd’hui trois types de comportement d’entreprise : 1. l’entreprise ayant signéun accord de type AUBRY I, 2. celle qui a signél’accord de type AUBRY II, 3. et enfin celles qui sont restéesà39 heures hebdomadaires en ayant recours aux heures supplémentaires
Notre analyse portera sur les grandes entreprises et PME qui d’ores et déjà appliquent la loi. Nous ne prendrons pas en compte les TPE passées aux 35 heures en janvier 2002 par manque de recul. Nous exposerons, comment,àpartir de quatre paramètres, les entreprises se sont adaptées et qu’elles peuvent enêtre les conséquenceséconomiques.
2.1 Les 4 paramètres
Le premier impératif pour la réussite de la RTT réside dans le maintien de la compétitivitédes entreprises et donc de leur coût. En effet, une augmentation du coût du travail entraî hausse des cone uneûts de production et dégrade par conséquent les effets favorables sur l’emploi. La baisse ou le maintien des coûts de production va dépendre de 4 paramètres :
1. Les gains de productivité 2 Les 35 heures en mouvement, chiffres et enjeux – le 13/12/01L’express.fr -
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2. Les aides de l’état 3. La compensation et la modération salariale 4. La requalification du temps du travail.
Les gains de productivité: La mise en place de la RTT a obligéles entreprisesàuneréorganisationleur offrant ainsi la possibilitéde compenser en partie le surcoût engendrépar les 35 heures. - 80,3% des accords de loi Aubry prévoyait une réorganisation dont - 58,9% par une annualisation du temps de travail. - 25,8% par une augmentation de l’amplitude d’ouverture  - 20,2% par une hausse de la durée d’utilisation deséquipements. Total supérieurà100, les accord pouvant intégrer plusieurs modalités3.
La réorganisation du facteur travail (flexibilité, annualisation) a globalement permis d’accroître la productivitéhoraire (progression de 2,4% /an entre 1997 et 2000, contre 0,8% depuis le début des années 90.4et la durée d’utilisation des équipements (évolution de 46h/semaine en 1981à55 h en 2000)5
Cette réorganisation aégalementétérendue possible grâceàl’utilisation des nouvelles technologies qui se sont ainsi imposées au sein de l’entreprise.
Pour un certain nombre d’entreprises, les gains de productivitéinduits ont pu compenser l’augmentation du coût du travail de 10%.
Les aides de l’état : Une partie de la hausse des coûts de l’entreprise peutêtre résorbé lese par aides publiques associéesàcette réduction. Celles ci sont en partie financées par les cotisations supplémentaires et la diminution des dépenses d’indemnisation du chômage.
La compensation et la modération salariale : Deux hypothèses possibles : ·La compensation est intégrale (35h payées 39), le salaire mensuel est inchangé, le salaire horaire augmente ainsi que le coût du travail. L’entreprise négocie alors un gel des salaires sur plusieurs années pour compenser la hausse du coût du travail de 10%. Cette hypothèse ne se traduit généralement pas par des embauches. ·Pas de compensation (35h payées 35), le salaire horaire est inchangé, le salaire mensuel diminue entraînant une diminution du coût du travail qui permet ainsi d’embaucher. C’est un pur partage du travail.
La requalification des horaires de travail : L’entreprise exclut les temps de pause, d’habillage, les jours fériés payés, les jours de formation du temps de travail. La baisse de la durée légale ne se traduit donc pas obligatoirement par une baisse d’un même montant de la durée effective (en général, 2 heures au lieu de 4). Les coûts supportés par les entreprises sont donc moins importants et les effets escomptés sur l’emploi plus faibles.
Le maintien de la compétitivitédépend de la combinaison de ces facteurs. Les entreprises resteront-elles compétitives alors que le coût du travail se trouve augmenté?
2.2. La combinaison des facteurs et les stratégies adoptées 3 Les Enjeux mai 2002 4  sevitaternAléconomiques mars 2002 5 Attac – Fondation Copernic
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Dans un cas idéal, la combinaison de ces différents facteurs permettrait de diminuer le coût du travail, d’embaucher et distribuer de nouveaux revenus (croissance extensive) d’augmenter la consommation, puis la production et donc l’emploi. L’augmentation du résultat des entreprises leur permettrait dans le même temps d’augmenter l’investissement productif, stimulant une nouvelle fois la production et l’emploi.Le cercle vertueux serait en place.
Dans la réalité, deux types d’accord s’opposent :
1. Les accords de type Aubry I : RTT associéeà embauches ou des préservation d’emplois. Les accords intègrent un accroissement de la flexibilité, une limitation des heures supplémentaires avec l’engagement de création ou préservation d’emplois. On assiste iciàun pur partage du travail.
Les aides de l’état et les gains de productivité sont, en g seénéral, révélés insuffisants pour compenser la hausse des coûts. Par conséquent, il n’y a pas eu de compensation salariale. A ce jour, les gains de productivité induits, absorbés par les créations d’emplois, ont généralement eu peu d’effet sur la compétitivitédes entreprises.
2. Les accords de type Aubry II: Possibilité b deénéficier des aides, avec passageà 35 heures hebdomadaires ou 1600 heures annuelles, sans contrepartie d’embauches.
Certaines entreprises en ont profité pour requalifier leurs horaires, soit une réduction réelle de 5,4% du temps de travail (2h) au lieu de 10%. L’augmentation du coût du travail a doncété moins importante et a puêtre compensée par les aides et les gains de productivité induits par la réy a eu une compensation salariale totale mais sansorganisation. Il embauche.
les gains de productivitéontétésuffisants, compenser la hausse du pour coût du travail : maintien des salaires stagnation du pouvoir d’achat stagnation de la consommation (*) peu d’effet sur la compétitivitédes entreprises. Mais pour certaines entreprises, la loi Aubry II a renforcé leur compétitivité. Cette loi a permis une diminution du coût du travail.
Baisse des coûts unitaires Augmentation de la demande Augmentation de la production Augmentation du résultat Augmentation de l’investissement productif (**) ou Distribution de revenus (création d’emplois ou augmentation des salaires).
(*) L’augmentation des profits et de la consommation permet de nouvelles rentrées fiscales. (**) L’investissement productif a repris en 98 : + 8,1 % et s’est maintenu sur les deux années suivantes6.
6 Aerlttina veéconomique – hors série 48 – 2èmetrimestre 2001.
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Cependant, pour les entreprises dont le coût du travail n’a pas diminué, le risque serait de voir les entrepreneurs arbitrer entre le coût du travail et du capital, soit substituer du capital au travail afin de maintenir leur compétitivité. L’impact sur le chômage serait alors moindre.
A l’heure actuelle, nous ne disposons pas de données chiffrées pourévaluer de manière précise les effets de la Aubry II sur la compétitivité des entreprises mais il ressort généralement qu’en augmentant leur productivité, elles ont gagnéen compétitivité.
Ces nouvelles configurations dans l’entreprise se répercutent inévitablement sur le deuxième agentéconomique concerné: les ménages. Ces derniers ont-ils consomméplus alors que la RTT s’est souvent traduite par un gel des revenus ou une baisse de rémunération ?
3. La consommation des ménages
La RTT aété en place dans le  misebut de soutenir la consommation, de rétablir la confiance et donc faire en sorte que la repriseéconomique soit au rendez-vous. La consommation est une des composantes de la demande globale (avec l’investissement et les exportations). Elle représente donc un facteur important de la croissanceéconomique.
Le revenu est un déterminant de la consommation des ménages. (Revenu = Consommation + Epargne) Ainsi, l’analyse keynésienne a montré qu’une distribution de revenus supplémentaires dans l’économie entraîne une augmentation de la consommation des ménages et induit, grâce au jeu du multiplicateur, un effet bénéfique sur l’activité économique. Or, si la RTT a permis de créer de nouveaux emplois et donc de distribuer de nouveaux revenus, il ressort également qu’elle ne s’est pas toujours traduite par une distribution de revenus supplémentaires.
La consommation est fonction des revenus maiségalement des prixet le pouvoir d’achat des salariés peutévoluer non pas en raison des salaires mais grâce au ralentissement ou une diminution de l’inflation. Nous allons doncévaluer les effets de la RTT sur la consommation en fonction des différentes hypothèses développées supra. Les scénarii développés infra s’appuient sur une inflation relativement stable. 
3.1. Les revenus faibles,àforte PMC
Les 35 heures payées 35 ·les salariés nouvellement embauchés pour une durée de 35 heures payées 35 ont pu influencer légèrement l’augmentation du taux de consommation. ·En revanche, les salariéposte ont vu leur pouvoir d’achat diminus en é et on peut alors supposer un effet négatif sur le taux de consommation.
Les 35 heures payées 39 ·un gel de leurs salaires a pu les inciteràaugmenter leurépargne de précaution et ainsi diminuer leur capacité àconsommer. ·Leur propension moyenneà (PMC) reste inchang consommerée mais il dispose d’un temps libre supplémentaire, leur pouvoir d’achat reste identique et une partie de leur revenu est dépensée
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dans les loisirs (jardinage, sport, bricolage,…) ce qui a pu légèrement stimuler la consommation. Nous n’avons malheureusement pas pu trouver de chiffres pouvant conforter cette hypothèse et il est peut-être trop tôt pour connaître les effets réels de cette nouvelle situation.
3.2. Les revenusélevés,àfaible PMC
Les 35 heures payées 35 Nous pouvons supposer que malgréune baisse de leur pouvoir d’achat, l’effet de cliquet va jouer et que leur taux de consommation sera maintenu.
Les 35 heures payées 39 Le constat est le mêrevenus faibles mais leur taux deme que pour les consommation augmentera de façon plus conséquente.
Ces constats nous incitent, dans un premier temps,àpenser que la réduction du temps de travail n’a pas eu d’effets significatifs sur la consommation des ménages. Cependant nous mettons un bémol sur le secteur des loisirs qui semblent bénéficier de l’effet RTT. La Fnac a vu ses ventes progresser de 25% en 2000. Côté bricolage, les dépenses n'ont jamaisétési fortes. Castorama enregistre une hausse de 6% de la fréquentation de ses magasins le vendredi soir Selon un sondage IFOP, 22% des Français ont poséun jour de RTT pour profiter des soldes d'été...7
Dans« le temps libres contre la société»,Daniel Mothé, sociologue au CNRS, développe cette thèse : «La RTT profite aux catégories professionnelles moyenne et supépeuvent utiliser ces heures libres dans larieures, qui consommation. Mais pour les bas revenus ? En ville notamment, les journées récupérés sont alors passées devant la télé…ou au bistrot. » Il ressortégalement que le temps libérépar la RTT est en premier lieu consacré àla famille, puis au repos. Au troisième rang, la maison (bricolage et jardinage). Les autres loisirs viennent en quatrième position. Le secteur du tourisme a certainement aussi profitéde la RTT, mais de façon très segmentéet autour des week-ends et des courtse : pour les cadres, séjours.8
Enfin nous devons tenir compte de la variable psychologique. Dans le contexte de croissance de ces dernières années, la morosité, freinàla consommation n’érendez-vous et cela peut expliquer les raisonstait pas au pour lesquelles la consommation des français est restée relativement stable.
La relance par la consommation permet decréer des emploiset inversement les créations d’emploi soutiennent la consommation et donc la croissance. Après avoir abordéla RTT sous l’angle des entreprises et du maintien de leur compétitivitéet des mébiais de la consommation, quels sont lesnages par le effets sur les créations d’emplois et qu’en est-il du financement ?
4.Du projetà la réalité, qu’en est-il des créations  demplois et du financemen t ?
75 L’express avec Guillaume Grallet, ? par Julie Joly du 31/01/2002 – Qui veut encore travailler Maud Aigrain, Catherine Delorme et Jean-Christophe Lemoine 88 L'utilisation du temps libéré, selon Dominique Méda, sociologue: «Un succès pour les cadres et les mères» Par François WENZ-DUMAS – Libération du 12 mars 2002
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4.1 les créations d’emplois
L’objectif premier de la RTT concernait la création d’emplois. Il est aujourd’hui extrêmement difficile d’en mesurer l’impact et ce pour différentes raisons. ·La diversitédes sources et donc desévaluations différentes. (Ministère de l’emploi, Ministère de l’économie, Insee, rapport Pisani-Ferry, OFCE) ·d’application de la RTT n’est pas achevLe processus é: aujourd’hui selon une enquête du ministère de l’emploi 1 820 000 entreprises sont passé 000 salari 800es aux 35 heures soit 8és concernés ; il reste 1 350 000 entreprises devant appliquer la RTT (7400 000 salariés).9 
·L’effet d’aubaine dû à croissance cr lala croissance :éant des emplois dès que celle ci atteint 1,5 % par an, combien de créations d’emplois sont réellement dues au processus de la RTT ?
· part, est ce la r D’autreéduction du temps de travail accompagnée d’une baisse des charges (Lois Aubry) qui aétécréatrice d’emplois ou la baisse des charges sur les bas salaires décidée par le gouvernement Juppéen 1995?
Cependant sur 1,5 million emplois créés ces 5 dernières années, on estime que 280 000 seraient dû àla RTT.10
Les chiffres sont donc beaucoup moins importants que ceux espérés par le ministère de l’emploi ; Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer. ·La « réduction ré» souvent 2 heures au lieu de 4.duite ·La compensation salariale : dans 9 cas sur 10 la rémunération a étémaintenue11, les 35 heures n’ont donc pasétéun partage du travail. ·Les gains de productivitéinduits par la réorganisation ont minimisé le nombre d’ emplois créés. ·L’insuffisance de l’offre. Dans certains secteurs d’activité, on se heurte àun déficit de la demande par rapportàl’offre, d’ou une difficultépour les entreprises : 50% des entreprises industrielles ont du malàrecruter, 12 taux qui monteà82% dans le secteur du bâtiment.
Nous pouvons donc en conclure que si la RTT a eu un impact sur l’emploi, il a été beaucoup plus modeste que prévu et reste coûteux pour les finances publiques.
4.2 Le financement
Le gouvernement avait prévu que le financement de la RTT serait assurépar des fonds d’origines diverses, gérés par le Forec (fonds chargéde financer les allègements de charges), créépour financer la RTT et prévu d’être alimentéde la manière suivante : -par les recettes fiscales du tabac et de l’alcoolàhauteur de 64% -par une contribution sociale sur les bénéfices des entreprises les plus riches pour 6% (CSB) -par lesécotaxes pour 5,3% -par d’autres sources pour 13,4% 9Revue de l’OFCE – juillet 2000 10Ministère de l'économie, des finances et de l'industrie 11Rapport du commissariat géné; « RTT : les enseignements de l’observation »ral au plan 12Analyse de la banque de France reprise dans « l’express.fr du 22/03/2002
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- par l’apport des cotisations supplémentaires et la diminution des dépenses d’indemnisation du chômage.
Le problème rencontréest que les dépenses ontétésupérieures aux recettes. Il a donc fallu trouver d’autres sources pour combler le déficit du Forec. Le gouvernement a alors ponctionné les diff dansérents régimes de la Sécurité sociale la faisant plonger dans le rouge (d’un solde positif de 8,1 milliards FF, elle sera déficitaire de 7 milliards FF en 2001). De fait le déficit du Forec aétépris en charge essentiellement par la Sécurité sociale mais aussi par les ménages, par les entreprises et par l’Etat. Le financement des 35 heures coûterait chaque année environ 15 milliards d’euros, la question est donc de savoir,àterme, dans quelle proportion chacun des trois acteurs sera impactés . Nous pensons que cette mauvaiseévaluation pourrait avoir des effets négatifs sur la croissance car l’Etat, s’il veut assurer la pérennité de la RTT devra trouver de nouvelles sources de financement.
Quand l’Etat ponctionne les entreprises par le biais de la CSB, elles ne peuvent pas redistribuer des revenus supplémentaires ni investir dans leur appareil de production, ce qui a un impact négatif sur la croissance. Quand l’Etat ponctionne les ménages par le biais de taxes ou d’impôts supplémentaires, leur pouvoir d’achat est diminué, ce qui a un impact négatif sur la croissance.
Le projet de la RTT prévoyait que les créations d’emplois devait s’autofinancer par la réorganisation du travail, les gains de productivité, la modération salariales cumulés et les aides de l’Etat. La réalitéest tout autre. Les créations d’emplois annoncées sont beaucoup plus faibles que prévues avec un financement beaucoup tropélevé. Dans le contexte de croissance actuelle, la RTT s’avèreêtre une mesure coûteuse et l’on peut se poser la question de savoir quel auraitétél’impact sur la croissance et l’emploi si l’Etat s’étaitéconomisé la dépense de 15 Md. d’euros par an.
5. Conclusion
En conclusion, nous estimons que la RTT, imposée par l’Etat a bénéficiéd’un contexte de croissance favorable. -Les entreprises ont pu gagner en productivitégrâceàla réorganisation souvent accompagnée par plus de flexibilité ainsi compenser la et hausse du coût du travail. -Le pouvoir d’achat des salariés a continuéde stagner dans la grande majorité cas (progression de 1,34 % par an, en moyenne, entre des 1997 et 2001)13, mais pour ceux quiétaient au chômage et qui ont retrouvéun emploi, leur pouvoir d’achat a progressésensiblement.
La RTT a favoriséune croissance extensive. le pouvoir d’achat de l’ensemble des salariés a progressé, cependant lorsque les salaires progressent faiblement 13Lesédu 15 mars 2002 – « les salaires sous l’influence croischos.fr ée de la croissance et des 35 heures ».
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la croissance ne peut décoller, puisque la principale composante de la demande,àsavoir la consommation des salariés, est considérablement freinée.
Ceséléments nous amènentà penser que si la RTT peutêtre considérée comme un progrès sociale, elle n’a eu que très peu d’impact sur la croissance et qu’elle laisse un certains nombres de points en suspens.
-la co-existence de plusieurs Smic qui diffèrent selon la date de passage aux 35 heures et selon la date d’embauche du salarié, et provoque, par conséquent, des inégalités de salaires. -la pérennité du processus de la RTT compte tenu des interrogations que posent son financement. -la difficultéRTT pour les PME et TPE.d’application de la -Le creusement des inégalités entre entreprises mais aussi entre les salariés.
ANNEXE
Bibliographie et webographie
Rapport de Eric Heyer et Xavier Timbeau – Revue de l’OFCE N°74 / juillet  2000.
Rapport du commissariat général au plan – commission présidée par Henri Rouilleault. « RTT : les enseignements de l’observation »
Alternativeséconomiques - mars 2002
Alternativeéconomique – hors série 48 – 2èmetrimestre 2001. « Une croissance solide » Denis Clerc – P. 18
Les Enjeux mai 2002 – Les français travaillent-ils assez ? Lionel Steimann avec Catherine Bernard – P. 50
L’express du 31/01/2002 – Qui veut encore travailler ? par Julie Joly avec Guillaume Grallet, Maud Aigrain, Catherine Delorme et Jean-Christophe Lemoine
10
Libération du 12 mars 2002. L'utilisation du temps libéré, selon Dominique Méda, sociologue: «Un succèpour les cadres et les ms ères» Par François WENZ-DUMAS –
Challenges L’Express.fr Les Echos.fr La Tribune.fr Libération.fr Le Monde.fr Agoranet.org Attac.org Fondation Copernic
Site du Ministère de l'économie, des finances et de l'industrie Site du Ministère de l’Emploi
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