s po cours v - COURS V

De
Publié par

s po cours v - COURS V

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
Lecture(s) : 113
Tags :
Nombre de pages : 4
Voir plus Voir moins
1
COURS V : MONDIALISATION, ENJEUX POLITIQUES ET GEOSTRATEGIQUES
DU MONDE ACTUEL.
INTRODUCTION :
Définitions
La Mondialisation est un phénomène dont nous avons, à tort, l’impression qu’il se déroule ailleurs que
chez nous ou que nous associons essentiellement à la négociation de traités dits de libre-échange.
Mais c’est un phénomène qui a une influence sur notre vie quotidienne (uniformisation des modes de
vie, influence de cultures dominantes etc.)
La mondialisation
a suscité l'un des débats les plus tendus de la dernière décennie, a fait l'objet
d'une quantité innombrable de livres et a été la cause de manifestations importantes en Europe et en
Amérique du Nord. Ses détracteurs soutiennent que ce processus a exploité la population des pays
en développement, a fortement perturbé leur existence sans s'avérer très bénéfique en retour. Ses
défenseurs soulignent la diminution importante de la pauvreté dans les pays qui se sont intégrés à
l'économie mondiale comme la Chine, le Vietnam, l'Inde et l'Ouganda.
Ce qui est surprenant pour un terme aussi usité que la mondialisation,
c'est qu'il ne semble pas
exister de définition précise et largement acceptée
. En effet, le nombre de définitions qu'on lui
confère ne cesse d'augmenter avec le temps avec des connotations culturelles, politiques et autres en
plus de sa référence à l'économie.
Cependant, le sens commun ou principal de la mondialisation économique renvoie au constat suivant
:
au cours des dernières années, une part de plus en plus importante de l'activité économique
mondiale semble ouverte aux habitants de pays différents
(plutôt qu'à ceux d'un même pays).
Cette croissance des activités économiques transfrontalières prend diverses formes.
Historique
Il est essentiel d'admettre que la mondialisation économique n'est pas une tendance
totalement nouvelle
. En effet, elle a été, de manière schématisée, un aspect de l'histoire de
l'humanité depuis des temps immémoriaux, étant donné que des populations largement disséminées
se sont engagées petit à petit dans des relations économiques plus vastes et complexes. À l'époque
moderne, la
mondialisation a connu un début d'essor vers la fin du 19ème siècle
, principalement
entre les pays qui sont industrialisés ou riches de nos jours. Pour bon nombre de ces pays, le volume
des flux commerciaux et des marchés de capitaux par rapport au PIB s'est rapproché ou a dépassé
celui qu'ils ont connu ces dernières années.
Ce pic de mondialisation s'est inversé au cours de la
première moitié du 20ème siècle, une période marquée par un protectionnisme grandissant
, en
raison des conflits nationaux et entre les grandes puissances, de guerres mondiales, de révolutions,
d'idéologies autoritaristes grandissantes et d'une instabilité politique et économique massive.
Ces 50 dernières années ont été une nouvelle fois placées sous le signe d'une intensification
de la mondialisation
. Les relations internationales ont été plus paisibles (en tout cas, par rapport à la
première moitié du siècle), grâce à la création et à la consolidation du système des Nations Unies, un
outil de résolution pacifique des différends politiques entre les états et, à des institutions telles que le
GATT (aujourd'hui l'OMC), qui fournissent aux pays un ensemble de règles leur permettant de gérer
leurs politiques commerciales. Le Cycle d'Uruguay du GATT de 1994 a vu des pays en
développement s'engager davantage, pour la première fois, sur un nombre croissant de questions
multilatérales liées au commerce international.
Le rythme de l'intégration économique internationale s'est accéléré dans les années 80 et 90
alors que tous les gouvernements procédaient à une réduction des barrières politiques
entravant le commerce et les investissements internationaux
. L'ouverture au monde extérieur
s'inscrit dans le cadre d'une tendance plus générale axée sur une dépendance accrue aux marchés et
aux entreprises privées.
2
Les réformes économiques radicales que la Chine a mis en oeuvre depuis la fin des années 70, la
dissolution pacifique du communisme dans le bloc soviétique à la fin des années 80 ainsi que
l'enracinement et la croissance constante du nombre de réformes axées sur les marchés dans une
Inde démocratique au cours des années 90 sont autant
d'exemples frappants qui illustrent cette
tendance.
La mondialisation a également été
encouragée par le progrès technologique
, qui réduit
les coûts de transport et des communications entre les pays. La chute spectaculaire du prix des
télécommunications, du traitement, du stockage et de la diffusion des informations, permet de repérer
et de conclure des opportunités commerciales dans le monde entier, de coordonner les opérations
menées dans des endroits lointains ou de commercialiser en ligne des services qui auparavant
n'étaient pas commercialisables du tout à l'échelle internationale.
I)
LES DIFFERENTS ASPECTS DE LA MONDIALISATION
A) Le développement du commerce international
Le commerce international :
de plus en plus de dépenses liées aux biens et aux services sont
consacrées aux importations en provenance d'autres pays. Et une part croissante de la production
des pays est vendue à l'étranger sous forme d'exportations. Dans les pays riches ou industrialisés, la
part du commerce international dans la production totale (exportations et importations de biens par
rapport au PIB) est passée de 32,3% à 37,9% entre 1990 et 2001. Pour les pays en développement
(pays à faibles et moyens revenus), cette dernière est passée de 33,8 à 48,9% au cours de la même
période. (Source :
Indicateurs du développement mondial pour 2003, de la Banque mondiale.)
B) L’accroissement de l’investissement Direct étranger (IDE)
Au cours de la précédente décennie, les entreprises établies dans un pays ont intensifié les
investissements visant à mettre en place et à gérer des activités dans d'autres. Les deux dernières
décennies ayant vu une tendance vers une plus grande ouverture financière à travers le monde, les
flux mondiaux d'investissements directs étrangers ont plus que doublé
par rapport au produit
intérieur brut. Les échanges ont augmenté dans les années 90, passant de 324 milliards de dollars
américains en 1995 à 1,5 billions de dollars américains en 2000. Toutefois, le taux d'investissement a
varié considérablement ces derniers temps en fonction du contexte économique et politique dominant.
C) L’augmentation du flux de capitaux
Au cours de la dernière décennie, dans bon nombre de pays (et en particulier dans les pays
industrialisés), les épargnants ont diversifié leurs portefeuilles en y ajoutant des
actifs financiers
étrangers
(obligations, titres, prêts), alors que les emprunteurs ont plus souvent préféré des sources
de financement étrangères, en plus de celles de leurs pays. Alors que les flux de ce genre
vers les
pays en développement
ont également fortement augmenté dans les années 90, ils se sont avérés
bien plus volatiles que les flux commerciaux ou d'IDE et ont par ailleurs été concentrés dans moins de
pays « émergents ».
II)
LES EFFETS DE LA MONDIALISATION NEOLIBERALE
A) Caractéristiques de la mondialisation néolibérale
La mondialisation néolibérale ne se caractérise pas tant par le libre commerce qu’elle promeut et dont
les dirigeants de ce monde font la promotion dans le cadre des multiples négociations bilatérales et
multilatérales de traités de libre-échange, que par la
libéralisation des marchés et la libre
circulation des capitaux
. Ces deux derniers phénomènes sont au coeur des changements qui
transforment les modes de régulation de l’économie par les États nationaux
et, par conséquent,
nos conditions de vie et de travail, que nous habitions l’Amérique, l’Europe, l’Asie ou l’Afrique.
Cependant, les conséquences de ce processus néolibéral ne sont pas les mêmes ni pour toutes les
couches sociales confondues ni pour tous les peuples du monde.
La mondialisation néolibérale nous oblige à une réflexion sur la pensée néolibérale et libérale
d’où elle tire ses origines
. La pensée libérale et la pensée néolibérale prennent appui sur la
3
suprématie des
facteurs économiques comme étant garants de l’amélioration des conditions
d’existence
(de vie et de travail) de l’ensemble des populations du globe. Dans cette logique,
l’augmentation constante des biens et des services produits est le gage d’accroissement des
richesses, et la libre concurrence et le marché sont les conditions de réalisation de cette augmentation
des richesses. Dans cette logique économique, la condition de cette augmentation des richesses
repose sur la libre concurrence et le marché. L’individu est perçu d’abord et avant tout comme un
consommateur, libre arbitre de ses choix, responsable de la satisfaction de ses intérêts. Tout le
système économique et politique est organisé dans la poursuite de l’atteinte de cet objectif individuel.
B) Les exclus de la mondialisation
Les différents pays participent à la mondialisation à des degrés divers.
Pour bon nombre des
pays pauvres les moins avancés (PMA), le problème n'est pas que la mondialisation les appauvrit,
mais bien qu'ils sont menacés d'être tenus totalement à l'écart de celle-ci. En 1997, 0,4% de ces pays,
un pourcentage dérisoire, prenaient part au commerce mondial et ce chiffre a baissé de moitié depuis
1980. Leurs taux de croissance étaient également bien inférieurs à ceux des pays en développement
participant davantage à la mondialisation. Au cours des années 90, les pays moins mondialisés ont
enregistré des taux de croissance en moyenne négatifs alors que les pays en développement plus
mondialisés ont vu leur taux de croissance par habitant augmenter de 1% dans les années 60 à 3%
dans les années 70, 4% dans les années 80 et 5% dans les années 90. Le taux d'investissements
privés étrangers dont ils peuvent bénéficier reste négligeable. Loin de condamner ces pays à un
isolement et à une pauvreté continus, il appartient à la communauté internationale de les aider de
toute urgence à mieux s'intégrer à l'économie mondiale, à mettre sur pied les institutions et les
politiques de soutien nécessaires et de continuer à faciliter leur accès aux marchés internationaux.
La mondialisation a donné naissance à un nombre croissant de réglementations et institutions
financières et économiques censées guider le processus. Néanmoins, le sentiment que le cadre de
règles n'est ni achevé ni équilibré est largement répandu. De nombreux pays ne tirent aucun profit de
la mondialisation car ils n'ont pas les capacités économiques, techniques et institutionnelles
nécessaires ni un pouvoir de négociation suffisant pour trouver leur place sur des marchés en cours
de
mondialisation.
Ces questions doivent être prises en compte dans l'examen de la gouvernance internationale.
Comment gérer la mondialisation pour qu'elle favorise l'inclusion? Comment concevoir un
cadre plus puissant et plus cohérent de règles concernant l'ensemble du système multilatéral?
C) Les effets pervers de la mondialisation
Les opposants à la mondialisation en dénoncent un certain nombre d’effets pervers :
- Uniformisation des modes de vie et pensée unique
La « société-monde » considérée comme un immense marché doit reposer sur un certain ordre, pour
ne pas dire un ordre certain, à l’échelle internationale afin d’assurer le fonctionnement optimal du
système économique tel qu’il est conçu par les promoteurs du néolibéralisme. Cet ordre mondial a été
assuré historiquement par la recherche d’un équilibre de forces militaires et politiques et par la mise
en place d’organisations internationales. Depuis le démantèlement de l’Union soviétique, nous
assistons à une reconfiguration de la scène internationale où les États-Unis apparaissent comme le
principal maître d’oeuvre de cet ordre dans lequel s’est renforcée l’hégémonie de la société de
marché. On parle maintenant de l’empire des États-Unis. Il semble de plus en plus difficile de faire
contrepoids aux États-Unis.
-
Déréglementation, marchandisation et affaiblissement des services publics
Les opposants dénoncent la déréglementation et la privatisation, en tout ou en partie, des services
publics qui deviendrait la règle et seraient encouragées par un sous financement public. Ils craignent
que les traités dits de libre-échange recherchent à libérer tous les secteurs des contraintes à leur
marchandisation. Le
secteur de l’éducation
qui, hier encore, était vu par les gouvernements comme
un facteur essentiel au développement des sociétés et un droit pour les populations, devient une
4
dépense publique et une marchandise. Les opposants considèrent que ce changement de paradigme
risque d’en compromettre l’accès à toutes et à tous.
III)
UNE POSSIBLE REGULATION ?
Deux moyens essentiels de régulation : l’altermondialisme et le contre-pouvoir des Etats Nation
A) Des anti aux alter mondialistes
Qui sont ils ?
On retient aujourd'hui de plus en plus l'appellation «
altermondialiste
» pour signifier
que le mouvement ne s'oppose pas à la mondialisation en général, mais à la mondialisation telle
qu'elle existe aujourd'hui. Ce mouvement est présent dans la plupart des pays du monde. Son objet
est clair : il s'oppose de manière explicite à la mondialisation telle qu'elle se développe aujourd'hui par
l'action des firmes transnationales et celle des organisations mondiales comme le F.M.I. ou la Banque
mondiale.
Au nom de quelles valeurs ?
Manifestement, au nom de valeurs universalistes, par exemple protection de la dignité des personnes
(par exemple, dans la lutte contre le travail des enfants), protection de l'environnement pour les
générations futures (dans la lutte contre la déforestation sauvage au Brésil, par exemple) ou lutte
contre les inégalités générées par les stratégies de développement adoptées par les firmes
transnationales. Le mouvement altermondialiste réunit des revendications extrêmement diverses et
fédère donc des actions collectives qui peuvent être très disparates.
Le point commun est la
dénonciation du pouvoir jugé exorbitant des firmes transnationales
: celles-ci, grâce à leur
pouvoir économique, imposent des décisions qui devraient relever, aux dires des altermondialistes, du
domaine politique et du débat démocratique.
Par quelles méthodes d'action ?
Celles-ci sont aussi variées que les revendications. Elles visent toujours
à
rendre les actions
visibles, en particulier au niveau des médias
, de manière à informer le plus de monde possible.
Notons qu'Internet joue un rôle de plus en plus important dans le domaine de la popularisation de ces
luttes (diffusion de l'information sur de très nombreux sites, mais aussi actions collectives via le net :
signature de pétitions, blocage des sites officiels, etc…).
Ce mouvement altermondialiste a-t-il créé du changement social ?
La réponse est évidemment
positive : par exemple, les firmes transnationales ont dû prendre en compte les critiques sur le travail
des enfants (certaines ont même réussi à en faire un argument de vente dans leur publicité) et pour
les enfants en question et leurs familles, cela change évidemment quelque chose. Le mouvement
altermondialiste a également
créé des solidarités transnationales
, si l'on peut dire, et c'est aussi
très nouveau, les mouvements sociaux traditionnels se limitant pratiquement toujours au cadre
national.
B) Le pouvoir des Etats- Nations
Les entreprises transnationales ont encore des bases nationales. 96% des méga corporations qui
agissent sur le marché mondial ont leur siège social dans 8 pays seulement. La propriété de ces
entreprises repose sur une base nationale très claire. Leurs profits qui viennent du monde entier mais
sont rapatriés dans les pays d’origine de l’entreprise. 2% seulement de leurs dirigeants sont des
étrangers. Dans une enquête fait par Fortune auprès de 200 entreprises les plus importantes, ces
dernières reconnaissent que les interventions des États de leur pays leur ont été profitables. Ce
soutien se matérialise par des subventions directes, des sauvetages d’importantes entreprises en
difficultés, par l’utilisation pour leurs besoins des impôts payées par les classes subalternes, par la
dérégulation du marché, par des réformes du code du travail orientées vers la précarisation et la
flexibilité de la main-d’oeuvre...
L’Etat reste donc un instrument indispensable dans le processus d’accumulation du capital. Les États
nations continuent d’être des acteurs cruciaux dans l’économie mondiale. Il n’y a pas de crise totale
de l’État.
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.