SEPTEMBRE 2008

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SEPTEMBRE 2008

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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 13, rue du Montparnasse 75278 Paris Cedex 06 Tél. 01 45 49 82 00 http://www.editions-fayard.fr 
SEPTEMBRE 2008
     LITTÉRATURE FRANÇAISE  Jacques Attali,Du Cristal à la fumée Philippe Beaussant, de l’Académie française,Où en étais-je ? Régine Deforges,Un temps de merde et de lilas Max Gallo, de l’Académie française,La Chambre ardente Max Gallo, de l’Académie française,« Moi j’écris pour agir » Vie de Voltaire Alain Gerber, Frankie, le Sultan des Pâmoisons Julien Green,Mon Amérique Gilles Perrault,Check point Charlie Yann Queffélec,Barbaque(TP)    POLICIERS Jean-Bernard Pouy,La Récup’ Joseph Incardona,Remington Eric Miles Williamson,Noir Béton    DOCUMENTS Jean Bothorel,Chers imposteurs Noam Chomsky, David Barsamian,L’Ivresse de la force Michèle Cotta,Cahiers secrets de la VeRépublique (1977-1986) Martin Even,Le rêve américain est de retour Kishore Mahbubani,Le Défi Asiatique François-Georges Maugarlone,Histoire personnelle de la VelbupeuqiéR  Jérôme Monod,Le Déchirement, Lettres d’Algérie et du Maroc 1953-1958 Edgar Morin,Mon chemin Selim Rauer,Freddie Mercury Bernard-Elie Torgemen,Histoire vraies et extraordinaires de l’inconscient    ESSAIS Georges Balandier,Fenêtres sur un nouvel âge (2006-2007) Alain Cotta,Le Corporatisme, stade ultime du capitalisme Michael Lucey,famille, Balzac et les formes sociales de la sexualitéLes Ratés de la  Michel Meyer,Principia rhetorica Shlomo Sand,Comment le peuple juif fut inventé  Aliocha Wald Lasowski (dir.), Pensées pour le nouveau siècle 1
IHTSOIRE 
   Daniel Blatman,Les Marches de la mort Jacques-Olivier Boudon,Le Roi Jérôme Pierre Lefranc, Geneviève Moll,Gouverner selon de Gaulle Jean-Marie Mayeur,Gambetta    MUSIQUE Françoise Ferrand (dir.),Guide de la musique de la Renaissance    SCIENCES Jean-Jacques Kupiec,L’Origine de l’individu Luc Passera,Le Monde extraordinaire des fourmis    RELIGION ET SPIRITUALITÉ Joseph Ratzinger,Discours fondateurs   MILLE ET UNE NUITS   PETITE COLLECTION Sébastien Bailly,Le Meilleur de l’humour noir Emily Brontë,Devoirs de Bruxelles (Inédit) Collège de ’Pataphysique,Le Cercle des pataphysiciens Sénèque,L’Art d’apaiser la colère    FICTION Ernesto Che Guevara,Journal du Congo    ESSAIS Jean-Michel Quatrepoint,La Crise ne tombe pas du ciel(TP)   PAUVERT François Buot,Nancy Cunard   RETROUVEZ LE SOMMAIRE DE NOS PUBLICATIONS D’OCTOBRE À LA FIN DE CE PROGRAMME
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  LITTÉRATURE FRANÇAISE      Jacques Attali,Du Cristal à la fumée,théâtre  Attachée de Presse : Caroline Gutmann  Polytechnicien, énarque, ancien conseiller spécial du président de la République pendant onze ans, créateur et premier président de la BIRD, Jacques Attali a brillé comme auteur dans de nombreux genres différents : histoire (1492), essais (La Figure de Fraser,Les juifs, le monde et l’argent), mémoires (Verbatim), romans (Le premier jour après moi,La Vie éternelle,Au-delà de nulle part,La Femme du menteur,Nouv’Elles), et enfin théâtre (Les Portes du ciel). Il a publié récemmentLa Confrérie des Éveillés,Karl Marx, ou l’esprit du monde,C’était François Mitterrand,Une brève histoire de l’avenir,Amours etGandhi ou L’éveil des humiliés.  Cette pièce, qui sera représentée à Paris au Théâtre du Rond-Point en septembre, avant de l’être en Israël, raconte au plus près de la réalité historique la réunion secrète qui s’est tenue au matin du 12 novembre 1938 à Berlin entre les principaux dirigeants nazis : Goering, n°2 du régime, Goebbels, en charge de la Propagande, Himmler, patron des SS et de la Gestapo, Daluege, Heydrich, Frick, ministre de l’Intérieur, Funk, ministre de l’Économie, Gürtner, ministre de la Justice, Kehrl, bras droit de Göring, Krosigk, ministre des Finances, Wörmannn, en charge des Affaires étrangères, enfin Hilgard, directeur général d’Allianz et président de la Fédération des compagnies d’assurances allemandes. C’est de cette réunion, qui débute par une sordide discussion sur l’impossibilité pour les nazis d’accepter l’indemnisation des victimes juives de la Nuit de Cristal du 9 novembre par les compagnies d’assurance, qu’est sortie la décision de la « solution finale », bien avant la conférence de Wannsee à laquelle on impute d’ordinaire cette décision. La pièce est inspirée par le verbatim partiel de cette réunion, découvert par Risk International dans le cadre du projet « Living Heirs », et par les témoignages laissés avant leur mort par les participants.  
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Philippe Beaussant, de l’Académie française,Où en étais-je ?, roman  Attachée de Presse : Suzanne Jamet  Philippe Beaussant est spécialiste de la musique française baroque et de l’art de la scène desXVIIe etXVIIIe siècles. Il est le fondateur du Centre de musique baroque de Versailles. Il a été couronné, pour l'ensemble de son œuvre, par le Grand Prix de la Langue Française. Romancier, il a publié chez Gallimard,Le Biographe (1978),L’Archéologue (1979),Héloïse(1993) et, en 2000,Le Roi-Soleil se lève aussi.Il est aussi l'auteur deClaudio Monteverdi (2003),Le Rendez-vous de Venise (2003),La Malscène et de (2005)Passages : De la Renaissance au baroque(2006), chez Fayard.  « Quand je lève les yeux au-dessus de ma feuille de papier, par la fenêtre au-dessus de ma table de travail, je vois tout. Il ne se passe d’ailleurs pas grand chose sur la place de mon village. Mais enfin, les gens qui passent, le voisin est sur son tracteur, les amoureux sur le banc de l’abribus, cela me distrait. Où en étais-je ? Il arrive que ce que j’écrivais et ce que j’entrevois se mêlent et vous allez voir que cela peut me mener loin. Autant vous l’avouer tout de suite : si je travaille à ce roman c’est parce qu’un jour ce que je voyais et ce que j’écrivais se sont mélangés jusqu’à ce que je ne puisse plus m’en dépêtrer moi-même. Je ne sais plus ce que j’ai inventé. Peut-être rien. Peut-être tout. Je ne sais pas. Allons, au travail… Où en étais-je ? Mais allez donc savoir comment cela finira. Quelquefois j’ai peur. »   Régine Deforges,Un temps de merde et de lilas, récit  Attachées de Presse : Caroline Gutmann & Marie Lafitte  Romancière, elle a été éditeur et membre du jury Femina. L’essentiel de son œuvre, publié chez Fayard, comprend notamment la fameuse série inaugurée parLa Bicyclette bleue et dont le dixième et dernier volume,Et quand viendra la fin du voyage, est paru avec succès en février 2007.  Les étudiants de Mai 68 ne sont pas les seuls cette année-là à avoir affaire à la police de M. Marcellin, ministre de l’Intérieur. Régine Deforges, qui vient de créer une petite maison d’édition, L’Or du temps, voit saisir l’édition duCon d’Irène, érotique dû à la plume anonyme d’Aragon, et est convoquée par le chef de la Mondaine, le commissaire Ottavioli – première e comparution qu’en suivirent d’autres pour outrage aux bonnes mœurs devant laXVII Chambre, notamment pour avoir publiéLourdes, lentes,de Hardellet. Sur fond barricadesque et lacrymogène, entre diverses incursions à Censier, à l’hôtel de Massa où le délire logorrhéique du gauchisme le plus déjanté se donne libre cours, ce beau récit nous vaut de superbes pages sur les déambulations nocturnes de Régine dans Paris, qu’elle affectionne, notamment jusque dans les bars à filles de la rue Frochot ou dans les appartements où veulent l’attirer érotomanes et partouzards, et une galerie de personnages entrés depuis lors dans l’histoire littéraire ou mondaine, voire dans l’histoire tout court, de Marguerite Duras au général Giap, de Sonia Rykiel à Roger Vaillant, de Maria Schneider à Hervé Guibert, d’André Pieyre de Mandragues à Romain Gary, de Jean Castel à Jean-Jacques Pauvert et à François Mitterrand… On craignait de regretter la Régine des sagas historiques. Pas du tout : quand elle dit « je », c’est la jeune rebelle passionnée duCahier voléqui redonne de la voix.  
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  Max Gallo, de l’Académie française,La Chambre ardente,roman  Attachée de Presse : Suzanne Jamet  Écrivain prolifique, Max Gallo a publié notamment des biographies de Robespierre, Jules Vallès, Garibaldi, et de nombreux romans dont, chez Fayard, les dix volumes deLa Machinerie humaine(250 000 exemplaires), deux séries romanesques consacrées àNapoléon à etDe Gaulle,une biographie de Victor Hugo, uneHistoire du monde de la Révolution française à nos jours en 212 épisodes, ainsi que d’autres grandes séries romanesques :Les Patriotes,Les Chrétiens, L’Empire, pour la France Morts, La Croix de l’Occident etLes RomainsIl a publié, chez Fayard en 2007,. Fier d’être français, L’Âme de la Franceet un roman intituléLes Fanatiques.  Et si le Versailles de LouisXIV cachait derrière ses splendeurs « un abîme de crimes » ? Le Roi-Soleil lui-même a institué une « Chambre ardente » chargée d’enquêter et de juger. Mais peut-on poursuivre la favorite du roi, la Marquise de Montespan, soupçonnée d’avoir empoisonné des rivales et usé de philtres et de poudres pour retenir le Roi et ranimer ses ardeurs ? Max Gallo raconte cette Affaire des poisons, mène l’enquête. Il nous conduit dans les bas-fonds du Grand siècle, là où l’on célèbre des messes noires et prépare des « poudres de succession » qui facilitent les héritages. « Il y a des modes de crimes comme d’habits », écrit Saint Simon. Du temps de LouisXIV, « ce n’étaient qu’empoisonnements ».  
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  Max Gallo, de l’Académie française,« Moi j’écris pour agir » Vie de Voltaire  Attachée de Presse : Suzanne Jamet  Max Gallo a publié notamment des biographies de Robespierre, Jules Vallès, Garibaldi, et de nombreux romans dont, chez Fayard, les dix volumes deLa Machinerie humaine(250 000 exemplaires). est par ailleurs l’auteur de deux séries Il romanesques consacrées àNapoléon à etDe Gaulle,d’une biographie de Victor Hugo, d’uneHistoire du monde de la Révolution française à nos jours en 212 épisodes, ainsi que d’autres grandes séries romanesques :Les Patriotes,Les Chrétiens,L’Empire, Morts pour la France, La Croix de l’Occident etLes Romains. Il a publié récemmentFier d’être français, L’Âme de la Franceet un roman intituléLes Fanatiques.  La statue et la gloire de Voltaire cachent l'homme de chair. C'est celui-là que Max Gallo ranime. Et de sa naissance à sa mort à 84 ans, à une décennie de la Révolution, on voit surgir un homme décidé à forger son destin jour après jour, mot après mot — milliers de vers, dizaines de tragédies, des essais, des contes, des pamphlets, des études historiques, et près de quarante mille lettres. Cette oeuvre, cette vie reflètent tout leXVIIIesiècle, celui des Lumières, du parti philosophique, de la lutte pour la tolérance, l'abolition de la torture. Voltaire veut être le visage majeur de ce temps décisif. « Moi, j'écris pour agir », dit-il. « Il faut dans cette vie combattre jusqu'au dernier moment ». Mais tout cela, immense, n'est rien encore. Max Gallo dévoile les autres faces de Voltaire : ambition, habileté, prudence, goût de la richesse. Voici un philosophe manieur d'argent. Impitoyable et méprisant. Grincheux et souffreteux, mais épris à la passion de la « sublime Émilie » du Châtelet. Homme contradictoire. Courtisan et courageux. Roué de coups parce que roturier et jeté à deux reprises à la Bastille, mais ne cédant pas. Plaçant la liberté au-dessus de tout. Désireux « d'écraser l'infâme » Église, mais écrivant que « si Dieu n'existait pas, il faudrait l'inventer ». Voyant « les hommes tels qu'ils sont, des insectes se dévorant les uns les autres, sur un petit atome de boue », mais ajoutant « Où est l'amitié est la patrie » Voltaire, éblouissant de vie, notre contemporain nécessaire.  
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  Alain Gerber, Frankie, le Sultan des Pâmoisons,roman  Attachée de Presse : Marie Lafitte  Quotidiennement, surFrance Musique, Alain Gerber, écrivain et spécialiste incontesté de jazz, réinvente la vie d’un musicien. En 2001, aux éditions Fayard, il inaugure la publication de ces biographies, avecLouie. poursuit notamment avec IlChet en 2003,Charlie etLady Day, 2005, enPaul Desmond et le côté féminin du monde, en 2006 etMiles 2007. Parallèlement, il a en reçu le Grand prix du roman de la Ville de Paris pour l'ensemble de son oeuvre.  Chez les Sinatra, l’ambition est une affaire de famille. La mère, déjà, refusait de mêler son fils au menu fretin d’Hoboken, minable ville portuaire sans charme et sans avenir. Il lui fallait New York, la Grande Pomme, Park Avenue… Et à force de magouilles politiques et d’amitiés douteuses, elle a fini par l’avoir. Pour Frankie, le fils maigre et fragile, c’est une autre paire de manches. Il s’est mis dans la tête de devenir chanteur. Et même, le plus grand des chanteurs. Mais sans voix ni oreille, le jeune homme n’a pour lui que sa confiance. Il n’y peut rien. L’objectif des Sinatra est inscrit dans leurs gênes : grimper, se hisser le plus haut possible, quel qu’en soit le prix. C’est cette ascension opiniâtre que retrace Alain Gerber dansLe Sultan des Pâmoisons, poursuivant ainsi sa série de biographies romancées consacrées aux grands noms du jazz. Il trouve avec Sinatra un sujet idéal : un homme pour qui la vie relevait d’un savant dosage entre la réalité et la fiction. Car sa vie, Sinatra l’écrivait d’abord et la vivait ensuite, ne faisant que construire fidèlement, dans le réel, la légende dont il avait si soigneusement tracé les plans dans son esprit. Sinatra modèle de lui-même, voilà ce que raconte Gerber. Ou plutôt ce qu’il fait raconter : par la mère, tout d’abord, qui nous narre les débuts du rejeton avec un sens de la formule et un bagou irrésistibles ; par Bunny Berigan ensuite, batteur virtuose et très conscient de l’être, qui reprend le flambeau de la narration au moment où Frankie, à force de travail et de perfectionnisme, entre enfin dans la cour des grands ; par Ava Gardner enfin, celle qui fut non seulement l’amour de sa vie mais aussi le témoin privilégié de son triomphe et de sa chute, de ses bringues effroyables, de ses relations périlleuses avec la Mafia et les hommes politiques. Marylin, J.F.K., Hoover, Garland, les rencontres sont nombreuses dans ce roman. L’audace de Gerber, en revanche, est unique. D’un trait de plume, il rafraîchit l’Histoire (quitte à ouvrir des portes trop longtemps laissées closes) ; d’une révélation à l’autre, il écorne ces destins de papier glacé. Une chose est sûre, il respecte plus la vérité que les légendes.  
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Julien Green,Mon Amérique  Attachée de Presse : Caroline Gutmann  Américain né à Paris en 1900, Julien Green est mort, également à Paris, en 1998. Il est certainement l’un des plus grands écrivains duXXe dont témoigne une œuvre siècle, abondante : romans, pièces de théâtre, études autobiographiques et historiques, Journal.  « Une des phrases les plus singulières que j’aie jamais lues est assurément une phrase d’Aristote qui dit que les arbres dorment. Quelques-uns des chênes de Savannah doivent rêver au temps où la ville n’était pas et où les aigles couleur de bronze venaient se poser sur leurs bras étendus ; et sans doute rêvent-ils aussi à la forêt vierge toute proche et dont l’heure reviendra quand la ville ne sera plus. Ces grands personnages prophétiques donnent à Savannah une gravité particulière ; ce n’est pas qu’ils la menacent, mais ils l’avertissent avec bonté que nos petites cités humaines disparaîtront enfin, avec le temps, et que le végétal reprendra ses droits. L’arbre, un jour, placera le pied sur la hache et brisera la scie dans ses racines. » « Quand un Américain jette son chapeau en l’air et se met à crier pour une raison ou l’autre, vous pouvez être sûr qu’il cache au plus profond de lui-même quelque chose que ces cris et cette gesticulation n’expriment pas, mais dissimuleraient plutôt. » « La France et l’Amérique sont dans la situation d’excellents amis qui s’écrivent trop peu. Dans les circonstances actuelles, c’est à la France à écrire ; elle doit à l’Amérique une de ces lettres copieuses et bavardes comme on aime tant à en lire chez nous. Sans doute, l’amitié subsiste si la lettre n’arrive pas, mais est-ce tout à fait la même chose ? » Ces trois brefs extraits donneront, mieux que de banals superlatifs, une idée de ce riche et somptueux recueil d’écrits de Julien Green sur sa patrie d’origine. Les textes paysagers n’ont rien à envier au Chateaubriand de la découverte du Nouveau Monde. Ceux du temps de guerre révèlent un acteur et un observateur lucide face à la propagande allemande, à l’affaissement de la France, mais aussi sa foi propre dans l’engagement et la victoire des forces de la liberté. Maintes pages sur la jeunesse à l’université de Virginie, sur divers écrivains comme Poe, Hawthorne, atteignent au sublime. Ce volume est tout le contraire de ce que d’aucuns confectionnent à partir de fonds de tiroirs d’écrivains disparus. C’est une révélation qui nous restitue un très grand écrivain au faîte de son art.    Gilles Perrault,Check point Charlie, roman  Attachée de Presse : Suzanne Jamet  Journaliste, écrivain, Gilles Perrault, dont l’œuvre se trouve désormais pour l’essentiel rassemblée chez Fayard, a notamment publiéLe Secret du Roi volumes) ainsi qu’une (3 trilogie de courts romans annoncée parLe Garçon aux yeux gris, prix Simenon 2001, suivi de L’Homme au bout du rouleauet close parLa Jeune Femme triste.  AprèsLes Jardins de l’ObservatoireetGo !, Gilles Perrault aborde ici la part la plus romanesque de son autobiographie, puisqu’il y est essentiellement question d’espions et d’espionnage alors que fait rage la guerre froide entre l’Est et l’Ouest, le point de passage entre les deux camps étant, à Berlin, le fameux Checkpoint Charlie où sont échangés agents et transfuges. Avec un art consommé du suspense, Gilles Perrault torsade trois histoires distinctes mais simultanées.
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Par-delà les multiples rebondissements de ce récit se dégage une réflexion aussi peu orthodoxe que pertinente : d’abord, qu’une guerre « froide » comme celle qui sévit de 1945 à 1989 vaut à l’évident mille fois mieux qu’une guerre « chaude » : moins de morts. Mais pour qu’il y ait guerre froide plutôt que guerre chaude, l’histoire a montré qu’un certain équilibre de la terreur devait exister entre belligérants potentiels. L’arme nucléaire a joué là un rôle essentiel. Mais on oublie qu’un des facteurs méconnus de cet équilibre a été et reste l’espionnage qui permet de connaître les intentions, les arsenaux, les innovations technologiques de l’adversaire avant qu’il ne soit trop tard. C’est sur cette toile de fond historique que s’inscrivent les extraordinaires affaires que nous conte, dans le style éblouissant qui est le sien, Gilles Perrault dans ce livre digne de John Le Carré.   Yann Queffélec,Barbaque(TP), roman  Attachée de Presse : Suzanne Jamet  Yann Queffélec est écrivain. Il entame sa carrière en publiant, à trente-deux ans, une biographie de Béla Bartók. En 1985, il reçoit le prix Goncourt pour son romanLes Noces barbareslail G(.) amdr Yann Queffélec est notamment l'auteur deLa Femme sous l'horizon 1988), (Julliard,Le Maître des chimères (Julliard, 1990),Disparue dans la nuit (Grasset, 1994),Et la force d'aimer 1996), (Grasset,Happy birthday Sarah 1998), (Grasset,Osmose (Laffont, 2000), Boris après l'amour 2002), (Fayard,Moi et toi 2004), (Fayard,La Dégustation (Fayard, 2005),Les Affamés (Fayard, 2004),L'Amante (Fayard, 2006),Mineure (Blanche, 2006), L'Amour est fou(Fayard, 2006) etLe Plus heureux des hommes(Fayard, 2007). Il a récemment publié, avec Mireille Dumas,Passions criminelles.  Rémus et Mino habitent au trentième étage d’une tour à Romainville. Lui, quarante ans, travaille à l’Office central de lutte contre les atteintes à la santé publique. Il fait partie du groupe 5 qui n’a pas d’existence officielle, organisme chargé aussi d’anticiper à Paris les actions terroristes et de protéger discrètement les zones à risques. C’est à son fils que Rémus raconte parfois ce qu’il fait, pour l’aider à trouver le sommeil. Il lui dit qu’il enquête, instruit des affaires qui ne sont jamais jugées, jamais évoquées par la presse, tout le monde a peur. Il lui dit qu’il arrête les méchants. Il lui dit que la réglementation est une escroquerie sur la nourriture. Il lui dit qu’il travaille en ce moment à l’affaire Euroviande, le plus grand réseau de viandes conditionnées en Europe. Et aussi le plus grand trafic depuis qu’Euroviande s’est implanté en Lorraine. On ignore qu’Euroviande rachète à bas prix les élevages de porcs malades, gave les animaux d’antibiotiques, et, tels quels, en fait du corned-beef où se retrouvent les ganglions infectés, le pus des ganglions, les abcès, leurs peaux mortes.« Et tout est comme ça, Mino, tout est comme ça ! » Ce soir-là, Rémus annonce au gamin qu’il va s’absenter quelques jours. Il va foutre un beau merdier chez les méchants. Il lui dit qu’il n’a pas besoin d’avoir peur : quand il part en mission, Rémus est injoignable. À son retour, Mino a disparu. L’appartement est rempli de morceaux de viande en putréfaction. Le téléphone vibre, une voix fait au bout du fil : « Tout est comme ça. »
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   POLICIERS     Jean-Bernard Pouy,La Récup’, roman « Fayard noir »  Attachée de Presse : Marie Lafitte  J.B. Pouy est l'auteur d'une cinquantaine de romans et d’une centaine de nouvelles, dontPlein tarif(1997),Chasse à l’homme(2000) etNus(2007).  Antoine, vingt-cinq ans, artisan, spécialiste des clefs et mécanismes anciens de fermeture, surnommé « Loulou » (à cause de LouisXVI), s’est rangé des voitures en devenant restaurateur de serrures historiques pour les Musées et autres collectionneurs. Rangé… Enfin, presque. Pour se payer le tour de façonnage ultramoderne dont il rêvait et dont, maintenant, il a urgemment besoin, Loulou accepte une petite « mission » dont il s’acquitte avec dextérité. Non seulement on ne lui paye pas le montant promis, mais en plus, comme il la ramène, on lui casse la gueule. Déçu, choqué, il met un long moment à réagir et à s’en remettre. Et puis, il décide de récupérer sa dette. Il en a marre d’être pris pour un imbécile et pour un lâche. Sans s’en rendre compte, il va remonter une filière, une autre, une nationale, puis une internationale, et grâce à son astuce, sans s’en apercevoir, par naïveté et un peu par innocence, met en danger des réseaux aux multiples ramifications. Perplexe, l’adversaire ne croira jamais que le type qui lui pourrit la vie n’est qu’un petit malfrat en quête d’un remboursement minable. Ce n’est qu’au niveau de l’État qu’on lui expliquera qu’il faut qu’il s’arrête. La plus grande puissance sur le marché va devoir, sans trop y croire, lui rembourser cette somme dérisoire, pour, simplement, ne pas être déstabilisée. Alors, Antoine, tout à coup, ça va lui donner des idées.  
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Joseph Incardona,Remington, roman « Fayard noir »  Attachée de Presse : Marie Lafitte  Écrivain suisse né en 1969, Joseph Incardona a vécu entre la France et l'Italie et vit à présent à Genève. Il a beaucoup voyagé et pratiqué de nombreux métiers : footballeur semi-pro, figurant pour la télévision, pigiste, restaurateur de bateaux, représentant en détecteurs de faux billets, cuisinier… Professeur de sociologie de l'art, Joseph Incardona est rattaché au Musée d’Ethnographie de Genève en tant que médiateur culturel. Depuis 2003, il anime des ateliers d'écriture créative (Université Bordeaux III, Écoles « Prépart » à Genève et Paris). C'est un de ces ateliers qui lui a donné l'idée de son roman : de nombreuses femmes fréquentent les ateliers d'écriture dans le but avoué de devenir des auteurs, si possible à succès, et sont prêtes à tout pour le devenir.  Matteo Greco, 28 ans, est chômeur à mi-temps dans une ville de province. Déprimé par son boulot de surveillant, la violence de la rue, ses difficultés financières et sociales, il veut déjouer la fatalité en devenant champion de boxe ou écrivain à succès. Ce jeune homme timide et introverti fait la rencontre d’Elsa, un soir qu’il fréquente son atelier d’écriture. Cette jeune femme extravertie, instable, orgueilleuse, tout l’inverse de lui, l’entraîne dans une passion perverse qu’il prend pour l’amour. Bientôt, elle lui demande de relire un de ses manuscrits. Il accepte, et, par dépit amoureux et volonté de se montrer supérieur, récrit le livre, qui paraît quelques mois plus tard sans qu’il en ait du tout été averti. «Remington». C’est par une vielle machine à écrire portative que tout a commencé. C’est par un fusil de même marque que tout se terminera, décide Matteo, qui se met en quête d’Elsa pour la tuer.   Eric Miles Williamson,Noir Béton, roman Traduit de l’anglais par Christophe Mercier « Fayard Noir »  Attachée de Presse : Dominique Fusco  Eric Miles Williamson est l’auteur deGris-Oaklan(Gallimard, 2003), un roman noir d’une exceptionnelle tenue sur l’envers du rêve californien : ghettos délabrés, crises industrielles, pauvreté, violence. AvecTwo-Upl’exploration sociale de la noirceur du rêve américain, du côté de, il poursuit ses ouvriers, les laissés pour compte d’un monde qu’ils bâtissent mais auquel ils n’ont jamais accès. Un Métropolis moderne.  Les ouvriers du bâtiment à San Francisco : leur boulot, les dangers, la course à la thune et leur passion, le mot n'est pas trop fort, pour le béton. Le quotidien d’un chantier : le pouvoir des syndicats, le travail au noir, la puissance des contremaîtres et des inspecteurs de travaux publics, avec, en contrepoint permanent, l’alcool, la cigarette et la came. Ces hommes, ce sont des damnés d’une terre sans lumière sous un ciel gris de poussière de ciment. Le style, l’intrigue, les échappées, les personnages de Williamson ouvrent un pan du rideau noir qui cache la réalité du prolétariat américain. Une réalité parfois sordide, parfois assassine, confinant pourtant à une véritable poésie.
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