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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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MARS 2006
FOCUS EDITORIAL
par Michèle Audrit
LE CARNET D’ÉPARGNE OU LA BOURSE ? T r dm e ea n lr d ca s h c à ét su l afl é iin c taé o l ne e cticoeoùrsnl.seaUjcanrregsousjnaelstaesicsasonensdpceeersépsdleietxàieolsnabauiunenxetémacioonnnstorcémolimeesmoliùemlueitnsejsdaodct.kcuponomtp.lfaClceeéutrmaisietsnalticeèronetnsddieedtéloraéunspolauervscecelôlre--des profanes. Dans son article de couverture, Frédé- tés, entraient en Bourse pour attirer l’argent frais afin ric Wauters décrypte le vocabulaire utilisé dans ce d’assurer leur croissance, promettaient monts et mer-domaine en impliquant le lecteur dans la succession veilles à ceux qui y plaçaient leurs économies. Cer-de Tante Rosa. Une généreuse vieille dame qui, en tains investisseurs, accros du clavier et de la banque plus de laisser de confortables avoirs à son neveu en ligne, en avaient quasi fait un métier, se muant en Pascal, a eu la sagesse de lui léguer d’indispensables day traders , achetant un jour et vendant le lendemain conseils. Que faire pour faire fructifier ce pactole ? en dégageant de belles plus-values. Puis la bulle a Le conserver sur un carnet d’épargne ou l’investir en éclaté entraînant avec elle la plupart des dot.com et Bourse ? ces investisseurs qui s’étaient pris au jeu de la spécu-Le Belge a une réputation de fourmi. En août 2005, lation irréfléchie. 160 milliards dormaient sur les comptes épargne de Cette période est aujourd’hui révolue, l’investis-nos compatriotes, soit 16.000 par habitant ! Eh oui, seur est redevenu raisonnable et cherche à gérer au vous avez bien lu. Il s’avère pourtant que le carnet mieux son portefeuille. Suivant son tempérament, il d’épargne, investissement on ne peut plus sûr, ne rap- optera pour un profil défensif (une gestion en bon pè-porte plus grand-chose aujourd’hui. Dès lors, que re de famille, aux intérêts modestes mais où l’on est faire ? Opter pour l’immobilier ou d’autres formules assuré de ne pas perdre le moindre cent), neutre ou de placements comme les sicav, les obligations, les offensif (comportement plus risqué, avec des rende-bons d’Etat, les assurances,... ? ments plus attractifs, mais où il arrive aussi qu’on La Bourse constitue un moyen intéressant de gon- perde de l’argent...). fler son bas de laine, mais il convient néanmoins de En conclusion, si investir en Bourse reste une acti-rester prudent car l’opération n’est pas sans risque. vité passionnante, ce n’est pas un jeu. Mieux vaut La belle période d’avant-2000 et la bulle Internet ont bien s’informer avant de s’y lancer.
Trends à l’école Trends à l’école est une initiative de Trends-Tendances, rue de la Fusée, 50, bte 9, 1130 Bruxelles. Direction et Rédaction en chef Amid Faljaoui Rédactrice en chef adjointe Michèle Audrit Coordination Jean-Marc Damry Mise en page Marc Deby, Geert Deceuninck, Benoit Haesen Content manager Christophe Charlot
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Ont collaboré à ce numéro Jean-Marc Damry, Pascale Haine, Lut Vandevelde, Frédéric Wauters. Documentation : Anne-Lise Castiaux Photo de couverture : Corbis Photographe : Corbis, Photo News Editeur : Dirk Vandekerkhove Editeur responsable : Wim Criel Aucune partie du présent ouvrage ne peut être reproduite et/ou rendue publique sous forme imprimée, photocopiée, microfil-mée ou sous quelque autre forme que ce soit, sans l’autorisa-tion écrite préalable de l’éditeur. Website : www.trends.be/fr/trendsalecole Trends à l’école est une publication de Roularta Media Group S.A., Meiboomlaan, 33, 8800 Roulers.
SOMMAIRE MARS 2006 Trends à l’école 4 Investir en Bourse, ce n’est pas sorcier Actions, sicav, bons d’Etat, obligations, warrants, op-tions... Ces termes utilisés sur les marchés financiers peu-vent laisser le profane sans voix. Il est pourtant utile de sa-voir de quoi on parle si l’on veut investir dans autre chose que son carnet d’épargne qui ne rapporte plus guère aujour-d’hui. Dans cette tour de Babel, accompagnons Pascal, dont la défunte tante Rosa lui a légué quelques biens immobiliers et son «portefeuille», mais aussi quelques précieux conseils. 11 Cocooner les bons éléments Les employeurs l’admettent volontiers : les travailleurs sont leur capital le plus précieux. Des travailleurs motivés au bon profil et au bon poste contribuent sensiblement à la réalisation des objectifs de l’entreprise. Reste que dans un environnement de plus en plus concurrentiel, la tâche n’est pas évidente pour les directeurs des ressources humaines. 12 Preuves à l’appui «Les Experts» font un malheur sur les écrans et nous fa-miliarisent de près ou de loin à des moyens de preuve ac-ceptés au niveau pénal : balistique, empreintes, analyses en laboratoire, autopsies... Ce n’est toutefois pas avec ce genre de moyens qu’on va prouver la propriété d’un immeuble, la validité d’un contrat commercial ou de mariage, la recon-naissance de dette ou le droit d’un travailleur non respecté. 15 1 milliard pour la Wallonie Jadis une des plus prospères du monde, la Région wal-lonne est aujourd’hui tombée bien bas. A-t-elle touché le fond ? Impossible de le dire. En tous cas, le gouvernement wallon compte beaucoup sur l’effet salutaire de son «plan Marshall», un plan dont le nom n’a pas été choisi au ha-sard...
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Investir en Bourse, ce n’est pas compliqué, mais il convient de rester prudent. 12 En droit civil, la meilleure preuve reste l’écrit.
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SOMMAIRE FOCUS
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Grâce au plan Marshall, Elio Di Rupo veut redonner du tonus à la Wallonie. 15
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FOCUS EN COUVERTURE
FAIRE FRUCTIFIER SON PATRIMOINE Investir en Bourse :
Actions, sicav, bons d’Etat, obligations, warrants, options... Ces termes utilisés sur les marchés financiers peuvent laisser le profane sans voix. Il est pourtant utile de savoir de quoi on parle si l’on veut investir dans autre chose que son carnet d’épargne qui ne rapporte plus guère aujourd’hui. Dans cette tour de Babel, accompagnons Pascal, dont la défunte tante Rosa lui a légué quelques biens immobiliers et son «portefeuille», mais surtout quelques précieux conseils.
rrivé chez lui, Pascal ouvre l’enveloppe. Dedans, la A tions, options, warrants,... Quel charabia ! Apparem-fameuse liste : actions, bons d’Etat, sicav, obliga-ment, tout cela vaut pas mal d’argent. Pascal se rappelle quelques conversations avec sa tante. Tu sais, Pascal, les « intérêts sur les comptes d’épargne sont tellement bas, qu’il ne vaut même pas la peine d’y placer son argent. Outre la propriété des murs d’un hôtel et quelques appartements qui m’assurent un confortable complément à ma pension, j’ai décidé d’investir en Bourse ! Au début, ce n’est pas facile, mais une fois qu’on est bien informé, c’est très intéressant et très amusant, mais il faut toutefois rester prudent.» Agrafée à l’inventaire du portefeuille, Pascal trouve une lettre de sa tante Rosa : «Mon petit Pascal, je suis sûre que tu te sens un petit peu désemparé en ce moment. J’espère que cette petite lettre te permettra d’y voir plus clair. Tu dis-poses à présent d’un portefeuille contenant plusieurs titres , qu’on appelle aussi valeurs mobilières : actions, obliga-tions, sicav, etc. Voici quelques explications qui t’aideront à comprendre de quoi il retourne. Les actions Commençons par les actions. Si demain tu voulais créer ton entreprise, tu devrais réaliser certains investissements : acheter des machines, te procurer les fournitures néces-saires, engager du personnel, etc. Tout cela coûte de l’ar-gent, et il faut bien que celui-ci vienne de quelque part. Soit tu as un petit bas de laine (quelques économies) et tu consacres cet argent à ton activité, soit tu dois emprunter. Laissons un moment l’emprunt de côté. Si l’argent est à toi et que tu décides de créer une société, cet argent deviendra le capital de la société. Il s’agit du montant que tu as mis à sa disposition. Cet argent appartient désormais à la société, recevra plusieurs actions qui symbolisent sa participation mais tu possèdes un document qui prouve que tu es le pro- dans le capital de la société. priétaire de cette société. Tu peux aussi arriver à convaincre Si la société que tu gères société dégage des bénéfices, elle un ami ou tes parents d’investir avec toi. La société aura peut soit les réinvestir dans son activité, soit les distribuer aux alors plusieurs propriétaires que l’on appelle les action-actionnaires. La partie des bénéfices qui est redistribuée aux naires . En guise de titre de propriété, chaque investisseur actionnaires s’appelle le dividende . Chaque actionnaire, en 4 TRENDS À L’ÉCOLE MARS 2006
ce n’est pas sorcier...
fonction du nombre d’actions qu’il détient, aura droit à une partie des dividendes. Si la société réinvestit judicieusement la partie de ses bénéfices qu’elle ne distribue pas, elle grandi-ra, et sa valeur augmentera petit à petit : c’est ce qu’on appel-le la plus-value . Un actionnaire peut facilement calculer le rendement de son placement, qui sera exprimé en ■ ■ ■
SICAV ou pas SICAV ? Société d’investissement à capital variable : drôle de nom. Quelle réalité se cache derrière cette appellation mystérieuse ? ourse n’est pas à la portée de toutes les... I bnoveusrtsiers,ejnusBtement.Laconstitutiondun«bon»porte-feuille d’investissements est complexe et nécessite une somme conséquente : on parle en général de 50.000. La plupart des gestionnaires de patrimoine, les organismes spécialisés qui s’occupent de gérer la fortune d’investis-seurs aisés, considèrent d’ailleurs que leurs clients doivent disposer de plus de 75.000 à 100.000 à investir. Pour-quoi ? Tout d’abord, il y a les coûts de transaction : chaque opération sur les marchés financiers donne lieu au prélève-ment d’une commission par les brokers , et souvent aussi d’une taxe. Cela revient vite à une trentaine d’euros par opération. Autrement dit, acheter puis revendre les actions d’une société déterminée coûte plus de 60 à l’investis-seur, sans compter les frais comptés par la banque pour la gestion du compte titres. Il donc faut que le montant investi dans une seule action soit suffisamment important pour que ce coût puisse être couvert. Ensuite, il y a le problème du risque . Investir en Bourse est une opération risquée : si le cours l’action que j’ai ache-tée baisse, je perdrai de l’argent. Parfois beaucoup d’argent. Heureusement, les spécialistes de la finance ont découvert qu’en diversifiant un portefeuille, c’est-à-dire en achetant suffisamment d’actions et d’obligations différentes, il est possible de réduire le risque encouru par l’investisseur. Le problème, c’est que les petits investisseurs ne dispo-sent pas d’un bas de laine conséquent. C’est la raison pour laquelle le secteur financier a créé les sicav. Une sicav est une société anonyme d’un genre un peu particulier. Ses ac-tionnaires sont les petits épargnants qui souhaitent investir en Bourse mais ne disposent pas des capitaux ou des connaissances pour se lancer seuls dans l’aventure. L’ar-gent récolté auprès des investisseurs est ensuite intégrale-ment investi selon une stratégie qui figure dans les statuts de la société. La gestion de la sicav est assurée par une banque ou un organisme financier, donc par des investis-seurs professionnels. Le degré de risque et le rendement d’une sicav dépen-dront du type de sicav. Il en existe une très grande variété, avec autant de stratégies différentes de placement : sur un seul marché, sur plusieurs marchés, sur un seul secteur, sur quelques secteurs, uniquement en actions, uniquement en obligations, ou encore un mélange des deux. Certaines ga-rantissent un certain rendement à l’échéance, d’autres pro-mettent de récupérer au moins l’investissement initial, d’autres ne promettent rien. Le choix est énorme. A chaque investisseur de «faire son marché» en fonction du rende-ment qu’il attend et du risque qu’il est prêt à prendre... F.W. MARS 2006 TRENDS À L’ÉCOLE 5
FOCUS EN COUVERTURE L’analyste : le Monsieur Météo des marchés... C ommelemétéorologue,lanalys-ces«oLnetsliensvfeosntidssseduerpseinnssitiotnu,tiloesnngeelss-,bdiaennceplqauciéseepdeosusrinper.o»fiterdelaten-te financier se base sur une série d’observations pour tenter de pré- tionnaires de fonds et les sociétés Cela ne veut pas pour autant dire voir l’avenir. Il cherche à déterminer d’assurance, poursuit Emmanuel que les analystes financiers ne s’in-comment les valeurs qu’il surveille Lefèvre. Ils baseront leurs décisions téressent pas au travail de leurs vont évoluer. Ses sources d’informa- d’investissement sur les recomman- concurrents, au contraire. «En tant tion ? Les cours de la Bourse (passés dations des analystes primaires. A qu’analystes secondaires, nous et présents), les comptes annuels des notre niveau, l’objectif est que ces sommes nous-mêmes clients de cer-sociétés, la lecture assidue de jour- analyses génèrent du volume , au- tains de nos concurrents, ajoute Em-naux et de revues ainsi que de nom- trement dit amènent nos clients à ef- manuel Lefèvre. Nous avons ainsi breuses entrevues avec accès à leurs analyses les responsables finan- et pouvons dès lors ciers des entreprises qu’il comparer leurs scrute. «Il existe deux études aux nôtres, vé-sortes d’analystes finan- rifier nos hypothèses ciers, explique Emma- et les confronter aux nuel Lefèvre, chez Fortis leurs.» Banque : le primaire et le L’analyste finan-secondaire. Leurs rôles cier tente donc de sont complémentaires.» prévoir les évolutions L’analyste primaire futures, sur base du suit de cinq à dix socié- passé, des prévisions tés. Il étudie en profon- des entreprises elles-deur leurs comptes an- mêmes et de la situa-nuels et leurs perspec- tion économique. tives d’évolution, et Comme pour le mé-construit des modèles téorologiste, il s’agit pour estimer la valeur de d’un travail scienti-ces sociétés. Il compare L’ANALYSTE FINANCIER fique minutieux, Il tente de prévoir les évolutions futures, sur base du passé, des prévisions ecnosuuristedecletatcetivoanleeutrpraéu-des entreprises elles-mêmes et de la situation économique. smisatisednaénasnlmeqoiunelssuunbe-pare ses recommanda-part d’incertitude. «Il tions : acheter, vendre ou n’y a jamais de cer-conserver. fectuer des opérations d’achat ou de titude sur les marchés. Il est pos-L’analyste secondaire, lui, s’oc- vente, sur lesquelles nous prélevons sible qu’un élément important n’ait cupe d’une quarantaine de valeurs, une commission. Evidemment, il pas été incorporé dans l’analyse ou réparties sur un ou deux secteurs . faut pour cela que nos conseils qu’un événement imprévu vienne Un secteur est constitué d’un en- soient d’excellente qualité, qu’ils tout remettre en cause. Ainsi, après semble d’entreprises ayant le même apportent une réelle valeur ajoutée. de longues discussions avec le ma-type d’activité. Par exemple, Carre- Il est hors de question, par exemple, nagement d’Agfa, nous étions cer-four, Delhaize et Colruyt font partie de proposer l’achat de telle ou telle tains que l’entreprise allait se redres-du même secteur : le commerce de valeur parce que nos concurrents ont ser. Le management avait pris les détail. Mais il y a bien entendu aussi émis un avis en ce sens. Il faut avoir mesures nécessaires, et tout pointait bien d’autres secteurs (pharmacie, le courage de prendre des risques : vers une reprise de l’activité. Nous télécoms,...). L’analyste secondaire lorsqu’un analyste repère une op- avions émis une recommandation compare les sociétés d’un même portunité, une action dont le cours d’achat. Nos concurrents étaient secteur entre elles, étudie les pers- est nettement inférieur à ce qu’il es- d’ailleurs, eux aussi, parvenus aux pectives économiques, et essaie de time être sa valeur ou son potentiel mêmes conclusions. Mais hélas, le dégager des tendances pour le futur. d’évolution, il doit réagir rapide- chiffre d’affaires a été beaucoup Pour son travail, il utilise souvent le ment. Nous essayons aussi de suivre moins élevé que prévu, et la crois-résultat des recherches des analystes des thèmes , par exemple la crois- sance attendue ne s’est pas matéria-primaires. sance du secteur bancaire en Europe lisée. C’est bien la preuve qu’on ne Les recommandations des ana- centrale. C’est ainsi que nous avons peut jamais tout prévoir... » lystes financiers sont communi- recommandé les titres KBC à Un peu comme lorsqu’il pleut quées aux clients importants de la l’achat : cette entreprise a en effet pendant votre pique-nique alors que banque, aux investisseurs institu- beaucoup investi dans cette partie de la météo annonçait du soleil... tionnels et à la presse. l’Europe, et nous pensons qu’elle est F.WA l’image du météorologiste, l’analyste financier réalise un travail scientifique minutieux mais dans lequel subsiste néanmoins une part d’incertitude. 6 TRENDS À L’ÉCOLE MARS 2006
■ ■ ■ pourcentage : il lui suffit d’addi-tionner le dividende et la plus-value et de diviser cette somme par son investis-sement initial. Mais chaque actionnaire de ta socié-té prend un risque : si tu gères mal la société, elle ne fera pas de bénéfices. Si les choses tournent mal, elle peut mê-me faire faillite . Dans ce cas, tes ac-tionnaires ne récupèreront pas leur in-vestissement. C’est à cause de ce risque de perdre de l’argent que les actions sont parfois appelées capital à risque . Si tu veux convaincre tes investisseurs de te faire confiance, le rendement que tu leur proposes doit donc être supé-rieur à celui d’un livret d’épargne. La différence entre le rendement et le taux d’intérêt s’appelle la prime de risque . Il s’agit-là du supplément que les ac-tionnaires exigeront en contrepartie du risque qu’ils prennent en confiant leur argent à la société. Les actions et la Bourse Tout ce que je t’ai expliqué, eh bien ça se passe exactement de la même ma-nière pour les actions que tu as dans ton portefeuille. Ces actions représentent ta part dans le capital de plusieurs sociétés et te donnent droit chaque année à une partie des dividendes qu’elles distri-buent. Comme ces sociétés sont très grandes, elles ont des milliers, parfois des dizaines de milliers d’actionnaires. Bien sûr, ils ne se connaissent pas entre eux — c’est pour cela qu’en Belgique on appelle ces sociétés des sociétés anonymes — mais ils ont tous décidé d’apporter un peu d’argent à la même société parce qu’ils pensent qu’ils pour-ront en retirer un bénéfice. L’avantage d’une action, c’est que si demain un actionnaire décide, pour une raison qui lui appartient, qu’il ne veut plus être actionnaire de la société, il peut revendre les actions qu’il possède. INVESTIR EN BOURSE Tout ce qu’il doit faire, c’est trouver un C’est parfois un coup de dés. Il convient de rester prudent. Ce n’est pas un jeu. acheteur. C’est à cela que servent les Bourses : elles permettent aux gens qui souhaitent vendre des actions de trouver des acheteurs et vi- d’une entreprise ( voir encadrés ). ce-versa. La seule condition : se mettre d’accord sur un prix. Tu imagines bien que les investisseurs ne se rendent pas Chaque jour, des milliers d’acheteurs et de vendeurs échan- eux-mêmes à la Bourse avec leur petit portefeuille sous le gent des actions de la même société. Ce sont les prix aux- bras ! Ils feront en réalité appel à des opérateurs spécialisés quels se concluent leurs transactions qui déterminent le qui s’occuperont à leur demande d’acheter et de vendre cours des actions, qu’on appelle aussi la cote . Le cours leurs titres. On les appelle courtiers ou brokers en anglais. d’une action, c’est le prix auquel les acheteurs sont d’accord d’acheter et les vendeurs prêts à vendre. Mais comment Les obligations font-ils pour estimer ce que vaut la société dont ils échan- Imagine maintenant que ta petite société doit réaliser de gent les actions ? Et comment mettre la main sur cette infor- nouveaux investissements. Si les actionnaires sont prêts à mation ? Je te suggère de jeter un œil aux deux petits articles investir plus d’argent, la société réalisera une augmenta-que je joins à cette lettre. Ils t’expliqueront qui sont les ana-tion de capital et émettra de nouvelles actions. Sinon elle lystes financiers et ce qu’ils font pour déterminer la valeur pourra emprunter cet argent à la banque ou aux ac-■ ■ ■ La grande différence entre les actions et les obligations, c’est le risque que prennent les investisseurs.
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FOCUS EN COUVERTURE
A quoi tient la valeur d’une entreprise... ma oulangeries installées dans la même rue. I Leugrisnleozcaduexuxonbtlamêmesurfaceetlamêmedisposition.lqeufailditèélee.tlSaacbcouuelial,ngMeorinesiceourntiXnsueersatcàobnéstnréufiitciuenredceliceentttèe-Les exploitants disposent des mêmes machines, se fournis- bonne réputation et ses revenus futurs sont donc assurés. sent chez les mêmes grossistes, emploient le même Par contre, Monsieur Y, à cause de son attitude négligente, nombre de personnes et fabriquent les mêmes produits. n’a pas pu se construire une clientèle : les revenus de son Le boulanger X est très soucieux de la qualité de son activité sont moins importants et ses perspectives d’avenir pain et de ses croissants. Pour rien au monde il ne vendrait sont donc plus incertaines. un pain trop sec ou un croissant trop cuit. Il surveille Lorsque nous cherchons à savoir quelle boulangerie chaque étape de la préparation et de la présentation de ses «vaut le plus d’argent», notre premier réflexe est donc de produits. Il est toujours bien habillé et aimable avec les comparer le potentiel des deux établissements. Et com-clients. ment y arrivons-nous ? En nous basant sur ce que nous sa-Le boulanger Y, lui, se rase quand il y pense. Il porte en vons du comportement passé des deux boulangers. C’est permanence un vieux tablier taché. Il essaie toujours exactement ce que font les analystes financiers. Bien sûr, d’écouler jusqu’au dernier de ses pains, même s’ils sont un leur travail est beaucoup plus long et plus complexe, mais peu rassis. Il laisse ses ouvriers s’occuper seuls de la pré- le principe qu’ils suivent est exactement le même : la va-paration et de la cuisson. Il sourit rarement à ses clients et, leur d’une entreprise dépend de ses revenus futurs. Le tra-quand il est fatigué, ce qui lui arrive souvent, il leur répond vail de l’analyste financier consiste donc à estimer avec le de façon peu courtoise ou impolie. plus de certitude possible les revenus futurs de la société Si les deux commerces étaient à remettre lequel, à votre, qu’il étudie. Il se basera ensuite sur ces estimations pour avis se vendrait au prix le plus élevé ? déterminer la valeur des actions de cette entreprise. La plupart d’entre vous désigneront sans hésiter la bou-langerie X. Pourquoi ? Posez la question autour de vous, la Les «modèles» d’analyse réponse sera toujours quelque chose comme : «Parce que Notre analyste financier se trouve donc confronté à deux le boulanger X est aimable avec ses clients.» Quel est le questions cruciales : comment estimer les revenus qu’aura rapport entre l’amabilité de Monsieur X et la valeur de son l’entreprise dans le futur ? Et comment utiliser ces revenus commerce ? C’est simple. A force de mettre l’accent sur la futurs pour déterminer ce que vaut l’entreprise
■ ■ ■ tionnaires. Dans ce cas, il s’agit d’un prêt que la so- gations est moins élevé que celui des actions. Mais comme ciété devra rembourser et sur lequel elle paie un intérêt . Cet il reste quand même un risque que la société fasse faillite et emprunt fera l’objet d’un contrat où sera mentionné le mon- ne puisse pas rembourser, les obligations rapportent plus tant emprunté, la date de remboursement et le taux d’inté- qu’un simple livret d’épargne. Il y a une prime de risque . rêt. Les entreprises ne sont pas seules à émettre des obligations. Les grosses sociétés dont les actions s’échangent en C’est aussi un des moyens préférés des Etats pour emprun-Bourse ne sont pas obligées de passer par un banquier ou ter de l’argent. Les Etats ne peuvent pas faire faillite, leur d’emprunter à une seule personne. Elles peuvent directe- prime de risque est donc en général moins élevée que celle ment s’adresser aux marchés pour faire leur emprunt. Le des entreprises. mécanisme ressemble un peu à celui des actions : la société Voilà, je crois que je t’ai assez ennuyé. J’espère que tu émet des titres qui représentent une partie du montant qu’el- comprends mieux à présent ce que sont les actions et les le souhaite emprunter. Ces titres s’appellent des obliga-obligations. Bonne chance pour tes premiers pas en tions . Chaque obligation mentionne le montant emprunté, Bourse ! Tante Rosa. » appelé principal , nominal ou valeur faciale , ainsi que le taux d’intérêt et la date de remboursement, qu’on appelle Et les autres valeurs mobilières ? échéance . Les investisseurs qui achètent des obligations re- Pascal se sent déjà moins désemparé. Mais le portefeuille cevront chaque année un intérêt et, s’ils gardent le titre jus- de Tante Rosa contient d’autres valeurs mobilières. Il déci-qu’à l’ échéance , ils recevront également le remboursement de de faire quelques recherches sur Internet, histoire d’en du montant nominal. Comme pour les actions, les obliga-savoir plus. Voici le résultat de ses investigations. taires peuvent décider de revendre les obligations qu’ils dé-Bons d’Etat. C’est ainsi qu’on appelle, en Belgique, les tiennent à d’autres investisseurs grâce aux marchés bour- obligations émises par l’Etat belge. siers. Les obligations sont cotées en Bourse et leur cote est Options . Une option est un contrat entre deux exprimée en pourcentage de la valeur nominale. personnes : l’acheteur et l’émetteur. Ce contrat est vendu à En fait, la grande différence entre les actions et les obli- l’acheteur par l’émetteur. L’acheteur peut s’il le souhaite le gations, c’est le risque que prennent les investisseurs. Une revendre à un autre investisseur. L’option donne à celui qui obligation, je te l’ai dit, est un emprunt : donc, la société est la détient le droit d’acheter (option call ) ou de vendre (op-obligée de rembourser les détenteurs des obligations qu’el- tion put ), à un moment déterminé, une action, une obliga-le émet quand la date d’échéance arrive. Ce n’est pas le cas tion, une devise, un indice ou une matière première, à un avec les actions. C’est pour cela que le rendement des obli- prix convenu (le prix d’exercice ), à l’émetteur.
Si la société réinvestit judicieusement la partie de ses bénéfices qu’elle ne distribue pas, elle grandira, et sa valeur augmentera petit à petit : c’est ce qu’on appelle la plus-value.
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aujourd’hui ? Répondre à la seconde question est à la fois suffit pas encore. Généralement, l’analyste prend aussi en simple et compliqué. C’est ce qu’on appelle le problème de compte tout ce qui pourrait influencer la demande pour les la valeur actualisée : quelle est la valeur, aujourd’hui, produits de la société, comme les prévisions économiques d’une somme à recevoir dans le futur ? pour les pays où la société est active, l’évolution des prix, Posons le problème autrement : si quelqu’un m’a pro- l’existence de produits ou services similaires ou l’appari-mis de me donner 100 dans un an, mais que je préfèrerais tion de nouveaux produits ou concurrents, la stratégie me-être payé aujourd’hui, quelle somme devrait-il débourser née par les concurrents, etc. Il se base aussi sur tout ce qui pour que notre situation à tous les deux soit exactement la pourrait influencer les coûts de production, à savoir l’évolu-même ? C’est cette somme qu’on appelle la valeur actuali- tion du prix des matières premières, du coût de la main-sée de 100 dans un an. Comment la déterminer ? Le prin- d’œuvre, du financement, les politiques menées par les gros cipe est assez simple : c’est la somme que je devrais placer fournisseurs, le prix du transport, etc. Il tient également aujourd’hui en banque pour que, dans un an, grâce aux in- compte de l’évolution du secteur (la stratégie des concur-térêts, je puisse retirer exactement 100 de mon compte rents, leurs résultats passés et prévisions pour le futur,...)... en banque. Ainsi, au taux de 2 %, je devrais placer 98,04 Toutes ces informations permettent à l’analyste de se aujourd’hui pour récupérer 100 dans un an ( 98,04 + forger son idée des perspectives de l’entreprise et d’établir 1,96 d’intérêts). La valeur actualisée dépend donc du ses prévisions de revenus. Les prévisions de revenus qu’il taux d’intérêt utilisé pour le calcul, appelé taux d’actuali-prépare et la méthode d’actualisation qu’il a déterminée sation . Le calcul de la valeur actualisée des revenus futurs permettent à l’analyste de construire un modèle d’évalua-de l’entreprise est bien entendu plus compliqué que notre tion. Ce modèle lui permet d’estimer la valeur de l’entre-petit exemple, puisqu’il s’étend sur plusieurs années. Mais prise et la façon dont elle va évoluer. Il pourra ensuite com-la difficulté principale reste la même : déterminer le taux parer la valeur qu’il a déterminée au cours de l’action de d’actualisation le plus réaliste. l’entreprise et préparer ses recommandations. Si par Arriver à prévoir les revenus d’une entreprise dans le fu- exemple la valeur estimée par l’analyste est supérieure au tur est une autre affaire. Première piste : les comptes an- cours de l’action, il peut la recommander à l’achat. En ef-nuels de l’entreprise. En étudiant les résultats des années fet, à long terme, les cours boursiers ont tendance à s’ajus-précédentes, l’analyste peut se faire une idée de la structure ter pour refléter la valeur de la société. Dans notre des revenus et des coûts de l’entreprise. La plupart des so- exemple, ils risquent donc d’évoluer à la hausse. Le client ciétés cotées fournissent également leurs prévisions à inter- qui aura acheté des actions pourra alors les revendre en fai-valles réguliers — généralement par trimestre. Mais cela ne sant un bénéfice. F.WPendant la période d’ exercice , le détenteur peut choisir d’exécuter le contrat de l’option, c’est-à-dire vendre ou acheter à l’émetteur la valeur sous-jacente. Mais il n’y est pas obligé. D’où le nom d’option. Les options sont utilisées soit dans un but de spéculation , soit dans un but de couverture . Leur intérêt pour le spécula-teur est que les options sont moins chères que les valeurs sur lesquelles elles portent. Par contre, leur valeur évolue de façon parallèle mais en multipliant l’effet des variations de cours. Avec le même montant, un spéculateur peut donc augmenter fortement son bénéfice (ou sa perte). Celui qui décide de se couvrir va, lui, utiliser les options pour neutraliser un risque. Imaginons une entreprise qui sait qu’elle va recevoir dans deux mois une forte somme en dollars qu’elle devra changer en euros. Elle ne veut pas ris-quer de perdre de l’argent à cause d’une baisse du dollar en dessous de 1,20. Pour se couvrir, elle peut acheter des op-tions put au cours de 1,20 pour la même date d’échéance. Si à l’échéance le cours du dollar est passé en dessous de 1,20, l’entreprise exercera son option. Sinon, elle la lais-sera s’éteindre. C’est un peu comme si l’entreprise avait acheté une assurance contre la baisse du dollar. Les warrants . Un warrant est une option représentée par un titre négociable en Bourse. Il s’agit généralement d’une option d’achat (call), mais il existe aussi des warrants put. En voici un petit exemple : la Commerzbank a émis des warrants call sur les actions de la société Google. Chaque warrant porte sur 100 actions. Le prix d’exercice est de $ 300 par action et la date d’exercice est le 17 mars 2006. A cette date, le détenteur du warrant pourra choisir d’ache-ter 100 actions Google à la Commerzbank au prix de $ 300. Si au moment de l’exercice, les actions Google va-■ ■ ■
LA BOURSE Elle permet aux gens qui souhaitent vendre des actions de trouver des acheteurs et vice-versa. MARS 2006 TRENDS À L’ÉCOLE 9
FOCUS EN COUVERTURE
Comment se portent les marchés ? Quelques indices... Quel est le point commun entre Sherlock Holmes et un investisseur ? semble de titres considérés comme Tous deux cherchent à résoudre une énigme et se servent d’indices. représentatifs d’un marché. En clair, les analystes considèrent que l’évolu-Mais les indices qui intéressent les investisseurs sont assez tion du cours des actions faisant par-différents de ceux que recherche le détective... tie de l’indice donne une bonne idée du climat général sur le marché que erlock H pour S ohbjectifdeolmdéecsosuversitrfliexsécou-lpriidxédeeqsuaectlioennsseévmobllueedreesflièntevedsotinsc-linLdiicnedriecperédsuentme.archédesactions pables d’un meurtre ou d’un cambrio- seurs se font de l’avenir. Pour un in- belges est le BEL 20. Il est calculé sur lage. L’investisseur, lui, cherche à se vestisseur, il est donc crucial de base du cours de vingt actions de ré-forger une idée de la façon dont les connaître le «climat» du marché qui férence (19 depuis la fusion Suez-autres investisseurs envisagent le fu- l’intéresse. Electrabel) cotées à Bruxelles. A côté tur. Pourquoi ? Parce que la valeur Dans son travail d’investigation, de cela, il existe des indices qui ne d’une entreprise dépend de ses reve- l’investisseur dispose d’un genre par- sont pas spécifiques à une seule Bour-nus futurs. Chaque jour, des millions ticulier d’indices : les indices bour-se, mais à un pays, une zone géogra-de transactions s’effectuent sur les siers . Il s’agit d’outils statistiques qui phique ou un secteur. Par exemple, le marchés financiers et la façon dont le mesurent l’évolution du prix d’un en- S&P500, qui reprend le cours de 500 actions différentes, mesure le climat sur les Bourses américaines. Le FT-SE EuroFirst 300 s’intéresse aux Bourses européennes, et le MSCI est une mesure au niveau mondial. Alors, comment se portent les mar -chés boursiers ce matin ? Pour le sa-voir, il suffit d’ouvrir un journal et de rechercher les indices boursiers. Elé-mentaire, mon cher Watson ! F.W.
Les indices boursiers les plus connus BEL 20 (Euronext Bruxelles) CAC 40 (Euronext Paris) AEX (Euronext Amsterdam) DAX (Bourse de Francfort) FTSE100 (Bourse de Londres) Dow Jones (Bourse de New York) Nasdaq Composite (NASDAQ, une autre Bourse américaine) Nikkei (Bourse de Tokyo)
■ ■ ■ lent plus cher, par exemple $ 367, il exercera son prudent. Avant de commencer à «jouer en Bourse» avec ce droit car il pourra revendre les actions achetées avec un bé- que lui a légué sa tante, il décide de s’inscrire gratuitement néfice. Si les actions Google valent moins de $ 300, il ne au Concours Investisseurs organisé par Cash , le supplément l’exercera pas. au magazine Trends-Tendances , qui se déroule du 27 mars Les sicav . Tante Rosa ne possédait pas beaucoup de parts au 2 juin 2006. Il pourra ainsi jouer «pour du beurre» pen-de sicav (société d’investissement à capital variable). Et pour dant quelques semaines et en apprendre plus sur la gestion cause : la somme dont elle disposait était suffisante pour lui de son portefeuille. Et puis, si ça marche bien pour lui, peut-permettre d’investir directement en Bourse. Pourquoi ? La être gagnera-t-il une Mitsubishi Grandis, 2.500 ou l’un réponse se trouve dans l’encadré «sicav ou pas sicav ?». des nombreux autres prix. Notre ami Pascal va à présent pouvoir s’essayer à faire fructifier son petit portefeuille. Mais c’est un investisseur Frédéric Wauters Les options sont utilisées soit dans un but de spéculation, soit dans un but de couverture.
10 TRENDS À L’ÉCOLE MARS 2006
RESSOURCES HUMAINES FOCUS
THE RIGHT MAN AT THE RIGHT PLACE Cocooner les bons éléments Les employeurs l’admettent volontiers : les travailleurs sont leur capital le plus précieux. Des travailleurs motivés au bon profil et au bon poste contribuent sensiblement à la réalisation des objectifs de l’entreprise. Reste que dans un environnement de plus en plus concurrentiel, la tâche n’est pas évidente pour les directeurs des ressources humaines. L eCVeittlêtarleepttrréepadréacsociogmnepuasgenmeemnet.ntLfaosrélmeectnitolnespraec--mier obstacle à franchir avant l’entretien d’embauche qui do compagne très souvent d’une panoplie de tests : intelligen-ce, personnalité, collégialité. Depuis peu, des centres d’évaluation ( assessment centers ) jugent les capacités de commandement des candidats, leur flexibilité, leur gestion ain ue LA GESTION DES COMPÉTENCES EST dustrnetselsetednecsecéomnfoltits,leurvisionstratégiqueseimqent UN CONCEPT RELATIVEMENT RÉCENT lseeupreinchelingtainsidepliuosnennelplleu.sLseusrcdreitsèfraecsteduerrsedcerupterson-Il convient de confronter les objectifs de l’entreprise aux compétences et nalité. Soulignons aussi le rôle grandissant des sociétés perspectives du personnel. De cette confrontation et de la combinaison d’intérim dans le processus de regroupement. idéale des compétences dépendront la réussite de l’entreprise. Le s L a e l s a j ir e e u n n’ e e s s c t o p n a n s a l i a s s s e e n u t l e m m al o l ti e v a m ti a o rc n hé du travail : leurs La valeur ambitions salariales sont souvent exagérées par rapport à lreaunrtsdreesspavoannstaabgileitséesxettriallséngeausxonqtupiapsesuuvffeinstaamcmcreonîttraeulceourus-d’un travailleur revenus. Ces derniers sont de plus fiscalement intéressants pdoeusrolceisétdé,euauxtrpeasrtaievsanetnagperséseennncaet:ucreh.èqUunees-arsespuaras,ncvaeoigtruoreus-peut-elle être mesurée ? tpmreaevonatui,llufenaseitn aa e sus w su sr a iag pn e a cr b ete ihe n o e ds fi ep t si s taaslvoisanantttiavogenen,sudseéxrcteèrnsafleoétrgicaneucrxal.paRtcétiatcécehdmee--D egseséttiuodnedsersérceesnstoeusrocnetsrhéuvémléaiqnueeslveaslaebnlteregpérnisèeresnatvpelcusundee ment des travailleurs à leur entreprise par le biais de ser-bénéfices que celles dont la gestion est faible. Mais comment vices divers : accueil d’enfants, nettoyage du linge, courses, mesurer l’efficacité d’une gestion du personnel ? Le rendement fitness, etc. Les «plans cafétéria» sont une approche moins de l’investissement dans les ressources humaines est-il mesu-paternaliste mais ils offrent au travailleur le choix à la carte rable ? L’idée sous-jacente à cette mesure est de réunir non seu-entre une série d’avantages : plus de salaire, plus de congé lement des indicateurs financiers pour mesurer le rendement ou plus d’assurances.... Et ne parlons pas de la participation d’une entreprise mais aussi des informations sur sa capacité dans le capital de l’entreprise par l’octroi d’actions (stock-d’innovation, la satisfaction des clients, le service et sur l’effica-option) qui associe par ailleurs les travailleurs à la croissan-cité du personnel. ce. Le secret d’une bonne motivation ne réside toutefois pas uniquement dans un bon salaire. Une carrière intéressante phénomène est pourtant cause d’absentéisme, d’une dimi-et variée, la formation et la participation dans la prise de dé- nution de productivité et de situations conflictuelles. De cision constituent autant de facteurs qui contribuent à moti- plus en plus d’entreprises développent des programmes qui ver le personnel. Un directeur du personnel doit ainsi veiller visent à améliorer la qualité de vie en leur sein. Même le aux sensibilités, attentes et besoins de son effectif pour réa- gouvernement prend depuis quelques années au sérieux les liser des améliorations ou des réformes d’organisation du signaux de stress. Il a ainsi introduit une loi sur le bien-être travail. au travail (1996) et sur la prévention du stress au travail (1999). Une loi contre la violence et le harcèlement au tra-Eviter le stress vail est venue récemment s’ajouter à la prévention du stress La concurrence internationale a rendu les entreprises sur le lieu du travail. plus vulnérables. Les licenciements et l’augmentation de la La gestion du capital humain est donc essentielle pour productivité créent des tensions. Le développement de nou- l’entreprise, c’est sans doute la raison pour laquelle les velles technologies et l’insécurité d’emploi peuvent mena- DRH (directeurs des ressources humaines) font à présent cer le bien-être au travail. Les collègues, le manque de sou- leur entrée dans les comités de direction, voire accèdent au tien de la direction, le déséquilibre entre vie privée et pro- poste le plus élevé de la hiérarchie. fessionnelle, etc., constituent d’autres facteurs de stress. Ce Lut Vandevelde
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