Thème : La gestion de la trésorerie de l'Etat

De
Publié par

Thème : La gestion de la trésorerie de l'Etat

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
Lecture(s) : 1 897
Nombre de pages : 14
Voir plus Voir moins
               
 
   
« La gestion de la trésorerie de lEtat sappuie sur un outil moderne et transparent à savoir le Plan de trésorerie dont la mise en œuvre est combinée avec la prudence du gestionnaire, le flair du Comptable public et la capacité dasseoir la judicieuse anticipation »    
X ème COLLOQUE INTERNATIONAL DES SERVICES DU TRESOR
   Thème : La gestion de la trésorerie de lEtat     Beyrouth (LIBAN), 14 au 17 octobre 2003                 
 
   Mesdames et Messieurs les Directeurs Généraux,    Honorables invités, en vos titres et qualités,   Cest un honneur pour ma modeste personne et pour mon pays la Côte dIvoire davoir à présenter la communication qui suivra, sur le thème de la gestion de la trésorerie de lEtat, dans le cadre des échanges dexpériences au cours du présent Colloque.   RÉSUMÉ  Avec la survenue de la crise politico-militaire que traverse la Côte dIvoire depuis le 19 septembre 2002, la gestion de la trésorerie de lEtat sest davantage complexifiée à cause de la mauvaise tenue des ressources publiques, exacerbée par la suppression des avances statutaires de la Banque Centrale des Etats de lAfrique de lOuest et le gel des concours extérieurs.  Pour faire face à cette situation préoccupante et remplir, autant que faire se peut, les engagements intérieurs et extérieurs de lEtat, le Trésor public a dû recourir essentiellement au financement des marchés monétaire et financier par lémission de bons du Trésor et demprunts obligataires. Lensemble de la trésorerie de lEtat a été géré en sadossant à un plan de trésorerie rigoureusement établi et intelligemment exécuté à leffet de contourner ses limites que le progiciel ASTER devrait permettre de corriger.                   
 
 
 Introduction  Bien que le budget de lEtat soit voté en équilibre réel en recettes et en dépenses, lexécution des opérations budgétaires donne de constater un décalage fréquent entre les rythmes dencaissement de la ressource publique et de réalisation des dépenses de lEtat et partant, entre les flux de recettes et de dépenses.  La trésorerie publique, définie aux termes de larticle 74 de la Directive n° 6/97/CM/UEMOA portant règlement sur la comptabilité publique comme « tous les mouvements de numéraires, de comptes de dépôts et de comptes courants ainsi que des comptes de créances et dettes à court terme » étant la résultante de la réalisation des prévisions budgétaires de recettes, à lévidence, ces décalages ont une incidence directe sur la liquidité immédiate détenue par le Trésor Public. Doù lapparition de tensions de trésorerie dont la profondeur ou non, est proportionnelle à lenvergure du décalage constaté et de la réalisation immédiate dune dépense.  De ce qui précède, découle tout naturellement lintérêt de la problématique de la gestion de la trésorerie de lEtat par le Trésor Public qui plus est, dans un environnement socio-politique et économique fortement marqué par des turbulences de toutes natures et singulièrement caractérisé depuis le 1 er  janvier 2003 par la suppression des avances statutaires de la BCEAO et le gel des appuis budgétaires consécutif au déclenchement de la guerre.  Pour le Trésor Public de la Côte dIvoire, pays en voie développement, quelle gestion de trésorerie compatible avec ses engagements tant intérieurs quextérieurs dont le volume et lacuité contrastent malheureusement avec la rareté des ressources publiques disponibles ? En somme, comment faire beaucoup avec peu ?  En effet, la gestion de la trésorerie de lEtat sappréhende aujourdhui bien au-delà de simples mécanismes de collecte, de maniement et daffectation des deniers publics. En plus du défi quil représente tant les besoins de financement sont énormes, il sagit ni plus ni moins dun enjeu véritable de développement parce que la gestion de la ressource publique pose incidemment la question récurrente du financement du développement.  Pour sinscrire dans la voie de la réussite, il est donc impérieux de disposer dun outil adéquat, dorganes idoines et de méthodes de mise en œuvre appropriées.  1.  Aperçu de la nomenclature des ressources et dépenses de lEtat  La gestion de la trésorerie de lEtat est adossée à lexécution du budget, arrêté en équilibre réel en recettes et en dépenses.  Quelles sont de manière succincte, les différentes natures de recettes et de dépenses ?  1.1   les natures de recettes  La trésorerie de lEtat est le produit de lencaissement :  des recettes dorigine fiscale (fiscalité intérieure et de porte) ;  des recettes non fiscales ;  des ressources demprunt ;
 
  des dons et prêts,  des appuis budgétaires.  En somme, la trésorerie de lEtat provient de deux sources dont lune intérieure et lautre extérieure.  1.2   Les natures de dépenses      Comme les ressources, les engagements de lEtat sont soit intérieurs soit extérieurs.   Au titre des dépenses intérieures , lon peut citer :  dune part les dépenses de dette publique intérieure (échéances / arriérés) ;  et dautre part les dépenses hors dette publique (dépenses de personnel, de fonctionnement et dinvestissement, etc.).  Au titre des dépenses extérieures , lon retiendra quil sagit du service courant de la dette extérieure auquel viennent sajouter les arriérés de paiements accumulés.  En cette période de crise, il sagit pour le Trésor Public de faire face à des dépenses incontournables (salaires), obligatoires (dette publique), exceptionnelles  (efforts de guerre et paix) et enfin urgentes (maintien du fonctionnement minimal de lEtat).  Quel outil de gestion permet de gérer lensemble des contraintes ci-dessus ?  2.  Outil de gestion de la trésorerie de lEtat  2.1   Nature et fonctions de loutil de gestion  Le principal outil de gestion de la trésorerie de lEtat est le Plan de Trésorerie . Ce véritable tableau de bord en la matière répond aux fonctions ci-après énumérées :  Le plan de trésorerie est un outil de gestion prévisionnelle de la trésorerie  A ce titre, son élaboration et sa mise en œuvre permettent :   dune part, de planifier la gestion de la trésorerie pour éviter le pilotage à vue, surtout avec la perte de la marge de manœuvre offerte antérieurement par les concours monétaires directes de la BCEAO ;  et dautre part, danticiper avec promptitude, des tensions probables de trésorerie et denclencher les actions de nature à corriger les distorsions et les dysfonctionnements éventuels relevés.  Le plan de trésorerie est un outil de gestion rationnelle de la trésorerie  En effet, de par sa confection, les transferts de lEtat et partant du Trésor (ACCT) vers les postes comptables sont justifiés par des besoins réels de trésorerie. Le Plan de Trésorerie consacre donc la rupture davec les approvisionnements quasi automatiques qui ont pour conséquence, de constituer de la trésorerie oisive dans certains postes comptables et de ne pas favoriser une réelle circulation du flux.   Le plan de trésorerie est un instrument de rationalisation de la gestion budgétaire
 
 
 
Lexécution du budget est naturellement caractérisée par un décalage entre les entrées de recettes (trésorerie disponible) et les dépenses à honorer.  La confection du Plan de Trésorerie doit donc être un exercice naturel et quotidien aidant à adosser les dépenses à effectuer à la trésorerie effectivement mobilisée.  Une telle approche, marquée par le réalisme et la prudence, a pour avantage indéniable déviter les engagements et ordonnancements tous azimuts, sources daccumulation darriérés de paiement, de pression de trésorerie et, in fine, de déficit budgétaire et dentrevoir, le cas échéant, des réajustements budgétaires. Le budget demeure encore aujourdhui, le seul véritable instrument de gestion du développement économique.   Le plan de trésorerie est un outil de contrôle et dévaluation A cet égard, il est un moyen, par le rapprochement quil permet détablir entre les prévisions (de recettes et de dépenses) et les réalisations, pour jauger la sincérité du budget élaboré et adopté et pour déceler, au regard des états dexécution antérieurs, les moins-values ou les contre-performances enregistrées afin de prendre des mesures ou actions correctives (collectif budgétaire, ...).   Le plan de trésorerie est un puissant vecteur de raffermissement du réseau du Trésor Public  Lexigence de lélaboration dun plan de trésorerie par chaque Chef de poste comptable, et de la mise en place de comités de trésorerie à léchelon déconcentré ou décentralisé ont pour finalité entre autres, de réactiver le rôle de Chef de circonscription financière des Trésoriers Régionaux et Départementaux, indispensables courroies de transmission ou relais des instructions de la Direction Générale. En tant quoutil de rationalisation de la répartition des ressources disponibles, le plan de trésorerie est, sans conteste, un instrument de solidarité et dunité daction, vertus inhérentes aux principes mêmes de lunité de trésorerie et de caisse.  2.2   Méthodes délaboration de loutil de gestion Le plan de trésorerie de lEtat est conçu par le Trésor public, en référence au budget de lEtat préparé par la Direction Générale du Budget et des Finances, adopté par le Conseil des Ministres et voté par lAutorité parlementaire.
  Ce budget est lui-même la traduction du cadrage macroéconomique élaboré par la Direction Générale de lEconomie (Direction de la Conjoncture et de la Prévision Economiques).  De manière pratique, comment le plan de trésorerie est-il conçu par le Trésor Public ?  2.2.1   La programmation des recettes    En matière de recettes fiscales , la programmation est faite sur la base de la mensualisation du niveau global arrêté pour lannée. Toutefois, il sagit  exclusivement des recettes cash cest-à-dire, les versements en espèces et les encaissements de chèques et autres effets sur le compte central du Trésor dans les écritures de la BCEAO, épine dorsale du Plan de Trésorerie.
 
 
  En matière de recettes non fiscales , la programmation est fonction,  soit des conventions ou protocoles daccord signés par lEtat avec les tiers (Licence de téléphonie cellulaire, versements des entreprises …),  soit des projections de recettes en rapport avec lexécution du programme de privatisation ou de versements de divers revenus (Produits de privatisation, revenu du pétrole, …),  soit enfin du lancement demprunt sur le marché financier et monétaire.   Pour les recettes non fiscales hors base budget, elles ne font pas systématiquement lobjet de prévision parce quil sagit pour lessentiel de simples opérations de trésorerie ayant leurs contreparties en dépenses (les reversements CECP, les crédits en compensation de lACCD, …).   
 Quant aux ressources extérieures (appuis budgétaires), leur programmation découle des dates communiquées par les différents bailleurs pour leur  mobilisation.  Il convient de noter que les dons et prêts (projets) ne figurent pas dans le plan de trésorerie parce quil sagit de recettes affectées (part bailleurs) dont les contreparties figurent en dépenses à égal montant.  Cest le total de ces ressources, dont linscription est sujette à révision en fonction des aléas, qui permet dhonorer lensemble des dépenses de lEtat.  2.2.2   La programmation des dépenses  La méthodologie utilisée varie selon quil sagit de dépenses de dette publique ou de dépenses hors dette publique. Cependant, la programmation initiale est mise à jour presque quotidiennement, pour tenir compte de lévolution de la situation de trésorerie.   En ce qui concerne les dépenses de dette publique , les prévisions inscrites au plan de trésorerie procèdent :  dune part , des tombées déchéances relatives au service dû de la dette publique (intérieure et extérieure) pour les montants totaux budgétisés. Les données y afférentes sont fournies par la Direction de la Dette Publique.  et dautre part , des engagements pris par le Gouvernement dans le cadre du programme économique et financier, sous forme de plans  dapurement darriérés intérieurs et extérieurs arrêtés daccord parties avec le Fonds Monétaire International.   Relativement aux dépenses hors dette publique, les programmations sont tirées des mensualisations de dépenses de lannée, fournies par la Direction Générale du Budget et des Finances (Dépenses de personnel, pensions, dépenses en capital, etc.).
 
Il convient, toutefois de noter que linscription dans le plan de trésorerie des dépenses tient naturellement compte du volume des ressources prévisionnelles et partant du solde de trésorerie prévisionnel. Lorsque celui-ci est négatif, il est corrigé par un ajustement à la baisse des dépenses jugées non incontournables. Au total, chaque fin de mois, les recettes et les dépenses qui nont pu être exécutées, font lobjet dune re-programmation sur la période de lannée restant à courir pour être conforme aux grandes masses arrêtées par la loi de finances.  2.3   Suivi–exécution de loutil de gestion  La mise en œuvre et le suivi de lexécution du plan de trésorerie se traduisent par linscription en regard des prévisions de recettes et de dépenses, des encaissements effectués de même que les décaissements réalisés.  2.3.1   Suivi-exécution des prévisions de recettes   Les encaissements sont tirés de lexploitation au jour le jour des relevés bancaires de la Recette Générale des Finances (Comptable Général centralisateur de  lensemble des ressources de lEtat) et de lAgence Comptable Central du Trésor (Gestionnaire de lintégralité de la trésorerie de lEtat). Ces traitements permettent de connaître journellement le niveau des recettes cash (fiscales et non fiscales) ayant émargé le compte central de lEtat dans les livres de la BCEAO.  2.3.2   Suivi-exécution des prévisions de dépenses  Les informations statistiques relatives aux règlements effectués émanent des débits du compte central du Trésor à la BCEAO. Toutefois, du fait des possibles décalages entre la mise à disposition de fonds et les paiements effectifs, des ajustements sont faits au vu des états statistiques produits quotidiennement par les Comptables payeurs.  3.  Organes de gestion de la trésorerie de lEtat  La gestion optimale de la trésorerie, commande de disposer dorganes idoines de suivi-évaluation. Ceux-ci existent tant au niveau central quà léchelon décentralisé et déconcentré.  3.1   Organes de gestion au niveau central  Afin de gérer de façon dynamique la trésorerie de lEtat en période de crise, trois organes ont été mis en place. Il sagit du Comité Technique, du Comité de Trésorerie et de la Réunion Interne de Trésorerie.   Le Comité Technique est lorgane chargé de préparer les séances hebdomadaires du comité statutaire de trésorerie. Composé, en sus de la BCEAO de représentants des Directions Générales du Ministère dEtat, Ministère de lEconomie et des Finances, il se réunit tous les mardis à partir de 10 heures dans les locaux de lAgence Principale de la BCEAO à Abidjan.  Ces séances de travail ont pour objet de valider lensemble des données chiffrées fournies par les Administrations financières, en les comparant avec celles de la BCEAO. Lharmonisation des données permet au Directeur Général du Trésor de disposer en temps réel du niveau des avoirs de lEtat.
 
 
 
  Le Comité de Trésorerie, institué par arrêté n° 67/DGTCPT/CE en date du 21 mai 2001, se réunit tous les mercredis à partir de 15 heures, également dans les locaux de lAgence Principale de la BCEAO. Il rassemble, outre le Directeur National de la BCEAO qui en assure la présidence, les personnalités ci-après :   le représentant du Premier Ministre ;  le Directeur Général du Trésor et de la Comptabilité Publique ;  le Directeur Général de lEconomie ;  le Directeur Général du Budget et des Finances ;  le Directeur Général des Impôts ;  le Directeur Général des Douanes.  La Direction Générale du Trésor et de la Comptabilité Publique assure le secrétariat des séances techniques et des réunions du Comité de trésorerie, par le biais du Comité Technique de Coordination Statistique et de Contrôle Interne, structure mise en place en interne par  le Directeur Général du Trésor et de la Comptabilité Publique.  Le Comité de trésorerie, de manière hebdomadaire, examine la situation de trésorerie de lEtat sur présentation des réalisations et des perspectives tant en recettes quen dépenses. Cet examen est consécutif à lexposé de :   la situation des encaissements journaliers de recettes fiscales et non fiscales ;  la situation journalière des dépenses payées ;  la situation des recettes prévisionnelles (par semaine et mois) ;  la situation des dépenses prévisionnelles (par jour, semaine et mois) ;  létat journalier des valeurs déposées aux guichets de la BCEAO.  La Réunion Interne de Trésorerie a lieu tous les jeudis sous la présidence du Directeur Général du Trésor et de la Comptabilité Publique au sein même du Trésor Public. Elle regroupe tous les Comptables Généraux en charge du recouvrement des recettes et du Paiement des dépenses de lEtat.  Le Directeur de la Comptabilité Parapublique (EPN, Collectivités Territoriales, Communes) et le Trésorier Principal dAbidjan, en charge des Institutions y sont conviés de même que les Trésoriers Régionaux dAbidjan.   Lobjet de cette réunion est dexaminer la situation de trésorerie et de procéder aux arbitrages quant à laffectation des ressources disponibles.  3.2   Organes de gestion à léchelon déconcentré et décentralisé A linstar du niveau central, obligation a été faite aux Trésoriers Régionaux et Départementaux, en leur qualité de chefs de circonscription financière, de tenir des
 
 
comités locaux de trésorerie, en liaison avec les différents Ordonnateurs du budget de lEtat.  Dans le même ordre didées, les Agents Comptables auprès des Etablissements Public Nationaux ont été astreints à produire mensuellement des plans de trésorerie et dorganiser des réunions de trésorerie au sein de ces démembrements de lEtat. Il en va de même pour les Trésoriers municipaux, les Payeurs à lEtranger, de Districts et des Départements.  La finalité de cet exercice est de fiabiliser les besoins de financement exprimés par les Comptables Publics et partant de rationaliser lallocation de la ressource publique.  4.  Gestion opérationnelle de la trésorerie de lEtat  4.1   Mécanismes et stratégies de gestion de la trésorerie  La stratégie adoptée est diversifiée et fonction tant de la nature de la dette à honorer que de la situation à gérer.   Pour les dépenses hors dette publique, notamment les dépenses de personnel, des provisions sont constituées par ponction progressive sur la trésorerie à partir de la deuxième quinzaine du mois, afin de sécuriser le règlement des salaires et accessoires. Dans le pire des cas, ces accessoires sont réglés par glissement sur la première semaine du mois suivant.   Pour les dépenses liées à leffort de guerre et de paix, du fait de leur caractère urgent et imprévu, elles font lobjet davances de trésorerie autorisées et régularisées in fine, par la Direction Générale du Budget et des Finances.    Pour les autres dépenses intérieures, le respect du principe de lantériorité permet de réduire en priorité, les arriérés en attendant le rythme de croisière des engagements et ordonnancements du budget, voté avec retard du fait de la situation de guerre.   Ici, il convient de rappeler que malgré la guerre, la bonne gouvernance financière et la transparence ont entouré les opérations de recette et de dépense liées à la crise. Ainsi deux Comptables Publics ont été nommés par le Ministre dEtat, Ministre de l Economie et des Finances auprès des Ministères de la Défense et de la Solidarité et Action humanitaire, pour recueillir lensemble des ressources et effectuer les dépenses. Ils produisent des rapports mensuels aux Autorités et des comptes-rendus hebdomadaires au grand public à travers une émission télévisée.   Pour les dépenses de dette publique, plusieurs stratégies sont combinées à savoir :   linscription prioritaire en règlement des débits doffice (FMI, BCEAO, etc.) ;  lexploitation de la marge de manœuvre offerte par les délais de grâce  (45 jours pour la Banque Mondiale, etc.) ;  le recours avant terme à des règlements partiels  en fonction de la trésorerie disponible lorsque léchéance à régler est importante. Ces anticipations mesurées permettent de se prémunir des chocs éventuels pouvant découler de
 
 
   
la mauvaise tenue des recettes du fait dévènements divers (grèves, troubles socio-politiques, etc.) ;  le primat accordé au règlement des échéances  : afin déviter daccumuler de nouveaux arriérés des paiements, la trésorerie est affectée en priorité au règlement des tombées déchéances. Toutefois, les arriérés dont le non-apurement pourrait compromettre le suivi du programme ou leffet de levier attendu au titre des décaissements extérieurs, sont pris en compte.  Par ailleurs, le Trésor Public recourt aux moyens de financement ci-après énumérés :   louverture de compte-séquestre alimenté soit par des obligations cautionnées (cas de lemprunt obligataire 2002-2005), soit par des versements comptants (cas des bons du Trésor , juin-septembre 2003).  Dans les deux cas, les fonds ou le produit des obligations cautionnées consignés entre des mains autres que celles du Trésor, permettent de sécuriser les remboursements à léchéance, sans mettre en péril la trésorerie disponible.   Le recours aux marchés monétaire et financier par lémission de titres publics (Bons du Trésor et Emprunt obligataire). Ces appels publics à lépargne permettent de capter une partie de la trésorerie disponible tant dans la zone UEMOA quen dehors de celle-ci et de la mettre à la disposition du Trésor Public. A titre dexemple, en juin 2002, lemprunt obligataire 2002-2004 lancé par le Trésor Public, a permis de collecter 64,0 milliards contre 30,0 milliards attendus. De même, en juin 2003, lémission de bons du Trésor avec échéance en septembre, a rapporté au plus fort de la crise, 16,3 milliards pour un appel de 5,0 milliards .  Ces ballons dessai ont permis de tester avec succès, la qualité de la signature de lémetteur (Trésor Public ivoirien) et partant de la Côte dIvoire.   La sollicitation de crédit-spot auprès des banques primaires sous forme de simples facilités de trésorerie négociées et remboursables sur un court terme. Cet endettement permet demployer une partie de la trésorerie des banques réputées très liquides.   Linvitation expresse des Comptables Publics détenteurs de trésorerie oisive, à niveler celle-ci sur le compte central du Trésor, suite à lexploitation des relevés de comptes appuyés des certificats de concordance bancaire. 4.2   Limites opérationnelles de la gestion de la trésorerie  La gestion de la trésorerie de lEtat comporte deux limites opérationnelles qui se situent tant au niveau du règlement des dépenses que du recouvrement des recettes.
4.2.1   Au titre des dépenses  En ce qui concerne le paiement des dépenses à léchelon déconcentré, il convient de noter quil sagit de délégations de crédits transférées par le Payeur Général du Trésor (PGT) aux Trésoriers Régionaux et Départementaux.  Ces transferts saccompagnent de la passation à léchelon central (PGT) décritures comptables de règlement. Ainsi, les paiements véritables effectués par les Trésoriers 
   
Régionaux et Départementaux, quils concernent les arriérés ou la dette flottante, nimpactent en rien le niveau des restes à payer du Trésor, évalués au regard des critères quantitatifs dans le suivi du programme. Dans le même ordre didées, les restes à payer sur crédits délégués, entre les mains des Trésoriers Régionaux et Départementaux, ne sont pas pris en compte dans larrêté global.  4.2.2   Au titre des recettes  Au titre du recouvrement des recettes, le plan de trésorerie de lEtat a pour clé de voûte le compte central du Trésor dans les écritures de la BCEAO. Ce faisant, il ne prend en compte que les seuls encaissements et décaissements qui laffectent. Ainsi, la partie des recettes fiscales et non fiscales recouvrées sur le réseau direct du  Trésor et directement employées par les Comptables Publics pour le règlement des dépenses à léchelon déconcentré, nest pas prise en compte dans les réalisations de recettes de plan de trésorerie ; doù lintroduction dun biais dans lappréciation des recettes globales, toute chose qui a conduit à lélaboration dun tableau de passage des recettes cash aux recettes du Tableau de Opérations Financières de lEtat (TOFE), élaboré à partir des données de la balance comptable.  Les recettes cash , issues du compte central du Trésor à la BCEAO, sont constituées de tous les dépôts de lEtat à la BCEAO et effectivement encaissées. Les dépôts de lEtat à la BCEAO incluent les transferts aux communes et les obligations cautionnées qui ont fait lobjet de compensation et descompte mais pas les recettes affectées comme le FDFP et la SGS.  Pour faire ressortir les écarts entre les recettes du TOFE et les recettes cash, il convient de les ramener à un niveau comparable.  Ainsi, en partant des recettes figurant sur le compte central du Trésor à la BCEAO, il convient :   dy retrancher les transferts aux communes : les transferts constituent des subventions allouées aux communes. Elles sont incluses dans les dépôts effectués sur le compte central à la BCEAO et font ensuite lobjet de reversement aux communes destinataires, par le biais dapprovisionnements effectués par le Trésor et retracés en dépenses ;  dy retrancher les OC escomptées et compensées : ces recettes ne sont pas comprises dans les recettes TOFE de lannée en cours ;   dy ajouter les recettes affectées : Les recettes affectées ne sont pas incluses dans les dépôts à la Banque centrale car, faisant déjà lobjet daffectation aux différentes structures destinataires, dès leur encaissement par les postes comptables ;  dy ajouter les recettes SGS : ces recettes qui sont intégrées au TOFE ne sont pas dans les recettes cash ;   dy ajouter les lettres de changes et les traites dobligations cautionnées recueillies par la DGD et transmises à lACCT : ces recettes ne sont pas matérialisées sur le compte central à la BCEAO car nétant pas liquides.    
Les commentaires (1)
Écrire un nouveau message

17/1000 caractères maximum.

kodina86

je veux une définition de la gestion de trésorerie

mercredi 26 juin 2013 - 11:34
rounson

pour moi: "c'est l'ensemble des moyens mis en œuvre pour assurer une disponibilités de liquidités dans le réseau, les paiements à court terme tout en en écartant toute forme de tensions de trésorerie

mardi 9 septembre 2014 - 13:28