Trois familles en Inde

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Trois familles en Inde

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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2006 2007
Trois familles en Inde C’est dans l’intimité des gens que se perçoivent sans doute les mutations profondes qui bousculent les repères de la civilisation indienne. À travers les témoignages des membres Un documentaire de Roland Cros (2007),de trois familles (des agriculteurs près de Pondichéry, une coproduit par famille musulmane dans une ville industrielle du nord et des le SCÉRÉNCNDP et Indiens plus aisés d’un quartier résidentiel de Bombay) se France 5. dessine un portrait très contrasté de l’Inde d’aujourd’hui. 52 min
E np a r t e n a r i a ta v e c
FRANCE 5 DIFFUSION EN AOÛT 2007
Les réalités d’un payscontinent Géographie, éducation civique, collège
Construit à partir d’entretiens d’Indiens filmés dans leur cadre de vie, le film propose le portrait croisé de trois familles qu’opposent leurs origines sociales, leurs conditions de vie et de travail et aussi parfois leurs religions. L’une, hindoue d’obédience jaïn et issue d’une haute caste, vit dans un quartier résidentiel de Bombay où elle tient un commerce de détail prospère. Formée de Tamouls de la caste des intouchables, l’autre appartient à la paysannerie moyenne du sudest de l’Inde. La troisième, de confession musulmane, habite dans un quartier populaire d’une grande ville du nord. Si, au delà de leurs différences, ces trois familles partagent la façon de définir leur identité, à la fois par la caste et la religion, les témoignages montrent que les traditions, tel le mariage arrangé, ne sont pas vécues de la même manière selon les milieux, les sexes ou les générations. À l’heure du « villageglobal »,le film suggère ainsi les limites des mutations indiennes dans le champ des mentalités.
RédactionOlivier Dautresme, professeur d’histoire et de géographie Crédit photoRoland Cros / France 5 ÉditionÉmilie Nicot et Anne Peeters MaquetteAnnik Guéry
Ce dossier est en ligne sur le site deTélédoc. www.cndp.fr/tice/teledoc/
L’Inde, une mosaïque culturelle >Souligner la force de l’identité communautaire en Inde, fondée sur la religion et la caste. Le rôle de la religion.On insistera sur le rôle de la religion, qui est à la fois facteur d’unité et de diversité. Par delà la diversité des confessions, on dégagera l’importance que tous accordent à la reli gion («Vous savez, la statue de Ganesh est par tout!»), y compris l’Indien communiste. On relèvera également ce qui, à l’image, manifeste l’impor tance de la religion, en l’occurrence hindoue (les vaches sacrées arpentant les rues). Qu’attendent ces Indiens des rites? On distinguera l’attitude du musulman marxiste, pour qui l’islam procure «un sentiment de réconfort», de celle des hindous, dans une relation d’échange avec leurs divinités: « Sivous voulez avoir du succès, vous devez juste prier pour Ganesh et vous l’obtiendrez», explique le commerçant, justifiant par là la réputation des jaïns pour le sens des affaires et leur effective sur représentation dans les milieux économiques et politiques. De son côté, l’agriculteur justifie la fête de Pongal en ces termes: «On prie les dieux pour que la nouvelle saison soit bonne.» La diversité religieuse.On relèvera les symboles, rites et objets de culte qui caractérisent les diffé rentes religions. Après avoir rappelé la domination de l’hindouisme (religion de plus de 70% de la population indienne), on rapprochera l’hindouisme de la famille rurale du jaïnisme de la famille mar chande, qui en est une variante, et qui compte environ huit millions de fidèles. On expliquera le geste des jaïns qui portent un tissu pardessus leur bouche et leur nez afin d’éviter le risque de tuer, en les respirant, des insectes minuscules. On éclairera ce geste par le credo fondamental des jaïns, la non violence, qui a inspiré Gandhi. On distinguera le tilak, marque ocre portée par le commerçant lorsqu’il se rend au temple en signe de dévotion, et lebindi, point rouge porté par de nombreuses femmes hin doues et dont le sens religieux est atténué. Aux gestes de prière et au décor bariolé des temples et autels hindous (mains jointes, flammes, statues colorées), on opposera le rituel dépouillé des musul mans, qui se déchaussent avant de se prosterner dans la salle de prière de la mosquée. La casteconstitue un autre pilier de la vie sociale en Inde. On définira le système des castes, dominé par quatre grandes castes, ou varnas (parmi les quelles les brahmanes), doublé de milliers de jatis, groupes endogames et linguistiques, et qui sont l’héritage de la division de la société en fonction des origines géographiques et des métiers. On
confrontera les propos de l’agriculteur et du jeune commerçant de Bombay pour interroger l’affai blissement du système. À partir du témoignage de l’agriculteur, issu des dalit (intouchables), situés même hors castes, on définira la manière dont les dalit étaient, du temps de son père, encore exclus de la société, voués aux tâches subalternes, consi dérés comme impurs et donc intouchables. Si cette séparation des personnes a été abolie en 1948, au lendemain de l’indépendance, on relèvera dans ses propos les signes de son atténuation («Maintenant il y a l’égalité. Mais, au fond de leur cœur, il y a encore cette idée de ne pas toucher»). On opposera l’attachement encore très fort aujourd’hui des mem bres de la famille de Bombay à leur haute caste, celle des katchi. Des identités multiples.On opposera la scène inaugurale de l’hymne national, drapeau indien flottant au vent sur la pellicule, ainsi que le portrait de Nehru et d’Indira Gandhi chez les paysans, qui manifestent la force du sentiment national, aux limites de cette identité révélées par les entre tiens. Cette identité nationale estelle, en effet, clairement revendiquée par les personnes interro gées? Tandis que l’un des membres de la famille de Bombay affirme sa double appartenance nationale et religieuse (indienne et jaïne), un autre ajoute l’identité de caste («nous sommes jaïns katchis»). De son côté, la femme de la famille rurale avoue: « Moi,je ne connais que le Tamil Nadu, je ne connais pas l’Inde», et son mari d’exposer son attachement aux traditions de sa région.
Le poids des traditions >Distinguer les attitudes face aux traditions selon les milieux sociaux, les sexes, les générations et les convictions. L’importance des traditions.On soulignera d’a bord l’importance des traditions dans la vie quoti dienne en distinguant par exemple, dans les soins apportés au bébé de la famille aisée de Bombay e (18 min),les éléments traditionnels (massage avec du lait d’amande fait à la main, emmaillote ment) et les éléments de modernité occidentale (couches jetables, jouet musical). En comparant la manière de se présenter qu’ont le père de la e famille de Bombay et la mère de la famille rurale (4 e et 9min), que tout oppose par ailleurs, on met tra au jour un point commun: l’usage des photo graphies familiales encadrées qui inscrivent chacun dans une lignée. Les mariages arrangés.On soulèvera la question e e des mariages arrangés (30 40min), qui consti
tuent la norme en Inde. Après avoir défini leurcommerciaux »introduite par des géants de la dis L’Inde en chiffres logique communautaire, au croisement de la castetribution comme l’américain Walmart et à laquelle Population (2005): 1,080 et de la religion, on dégagera, derrière le consenle jeune diplômé veut s’adapter (réduction du per milliards d’habitants sus, la diversité des attitudes des personnes intersonnel, codesbarres, selfservice, chariots, cais Natalité :24 ‰ rogées. Quels sont les éléments qui distinguentses enregistreuses). On relèvera l’origine et le implicitement à leurs yeux le mariage arrangé ducontexte de cette mutation en évoquant la notion Mortalité :9 ‰ mariage forcé? À l’exception de la femme de l’ademondialisationou deglobalisation. Fécondité :3,1 enfants par griculteur, les uns et les autres prennent soin deLa modernisation agricole et ses limites.À partir femme préciser que les familles se connaissaient et que lesde la séquence sur la petite exploitation agricole de e futurs ont été présentés et consultés. Dans lala région de Pondichéry (7min sq.), qui mélange:Prév. population 2025 famille aisée de Bombay, cependant, on distincultures vivrières (riz, lentilles) et commerciales1,363 milliards d’habitants guera la défense laconique de la coutume chez les(canne à sucre), on repérera les techniques moder Espérance de vie: femmes, parents («Il faut ajuster [sousentendu: la caste etnes (pompe pour l’irrigation, tracteur, multiplica 64 ans; hommes, 62 ans la religion], sinon y a pas d’issue») de celle dution des variétés de riz). On évoquera ainsi les Taux d’urbanisation jeune couple, qui semble avoir besoin de se justiformes mais aussi les limites de la «révolution (2002) :28 % fier longuement en invoquant l’argument des modesverte »dans une liste qu’on n’hésitera pas à com de vie. On réfléchira à la cause possible de cepléter (persistance de la traction animale, imporRNB/habitant (2003): malaise chez un jeune couple pris entre deux modètance du travail familial, mais aussi dégradation:500 dollars (France les, celui du mariage arrangé et celui du mariagede l’environnement avec le pompage excessif ou24 800) d’amour. À l’inverse, on remarquera la plus grandel’abus des pesticides, inégalités régionales et pro IDH (2003): 0,602, ouverture de l’agriculteur que l’on cherchera àblème non résolu de la sousalimentation qui toue 127 rang(sur 175 États expliquer par son origine (il est «intouchable »et cheencore 200 millions d’Indiens). classés) aurait, pour ses enfants, tout intérêt à un mariageDes champs à l’usine.À partir de la séquence sur Répartition du PIB: e avec un membre d’une caste différente).l’usine mécanique (22min sq.), on dégagera les agriculture, 22% ; La place des femmes dans la société indienne.À causes,les formes et les enjeux de l’essor industriel industries, 27% ;services, partir de l’ensemble du documentaire, on repéreraindien, fortement lié aux petites entreprises. Qu’est 51 %. d’abord la répartition des rôles dans chacune desce qui explique la localisation de cette usine dans trois familles. Qui parle des questions domestiques?la région? Qu’estce qui, dans le film, tend à accréRépartition des emplois Qui parle des affaires? Pourquoi? Que cela nousditer cette idée d’une maind’œuvre bon marché(2004) :% ;agriculture, 50 apprendil sur la répartition des tâches? On relèveraet réputée docile? Que produit l’usine dans laquelle% ;industrie, 21services, dans le commentaire d’abord (le déficit de fillestravaillent les deux frères? Pour quelle entreprise29 % en Inde, estimé à 30 millions), dans le récit de lacette usine travailletelle? À qui les biens sontils Taux de pauvreté (2004): femme de l’agriculteur ensuite (le rejet par le pèredestinés ?On fera ici le lien avec les processus de 25 % de son premier enfant, une fille, qui plus estla mondialisation et d’émergence d’une classe Taux de chômage (2003): « noire »,couleur de peau renvoyant à l’impureté),moyenne indienne. On complétera cette analyse 9,5 % la force et la cruauté d’un préjugé qu’explique enen évoquant avec les élèves d’autres secteurs éco partie la tradition de la dot. On distinguera la posinomiques performants tels que l’informatique, leCroissance économique en tion de la femme musulmane, qui porte à contreservice (callcenters) ou l’industrie pharmaceutique2006 :+9,2 % cœur laburqa(à distinguer du simple voile,hijabon opposera le déclin d’industries texti) auxquels Prévision de croissance en que lui impose sa communauté, tout en étantles qui touche par exemple la ville de Kanpur. 2007 :+10 % bénévole dans une association de défense des fem 1 euro = 54 roupies mes.Les mutations économiques >Repérer les formes de modernisation économiques de l’Inde. Pour en savoir plus De la boutique au supermarché.On comparera e les techniques commerciales de la boutique actuelleVARMA Pavan K.,Le Défi indien. Pourquoi leXXI e de la famille de Bombay (2min) avec celles prosiècle sera le siècle de l’Inde, Actes Sud, coll. «Babel», e jetées par l’un des fils (47min). On opposera ainsi2007. La déconstruction, par un ancien diplomate, de l’univers du magasin traditionnel (maind’œuvrespiritualiste »par exemquelques mythes (sur l’Inde « nombreuse, guichets multipliés, confection artiple) et un éclairage sur les mentalités indiennes à sanale des emballages) à la «culture des centresl’heure de la globalisation.
Inde, entre richesse et pauvreté Fiche de travail
Effectué en classe de cinquième, l’exercice proposé ici amènera les élèves à observer et classer les indices concernant les condi tions de vie de chacune des trois familles indiennes du film. Il les invitera égale ment à faire le lien avec la manière qu’a chacune d’envisager l’avenir, entre assurance, espoir et résignation. Il permettra en conclusion d’éclairer la notion de développement, qui prend en compte non seulement le niveau de vie mais aussi le niveau d’éducation et l’état de santé.
[Réponses suggérées]
Questions 1.Complétez le tableau cidessous. 2.En vous aidant des informations que vous aurez rassemblées, rédigez un paragraphe décrivant les conditions de vie de l’une des familles au choix, ainsi que ses rêves et ses projets. 3.À partir du tableau, quels liens peuton établir entre richesse matérielle, nombre d’enfants et niveau d’éducation? Famille de BombayFamille de KanpurFamille de la région de Pondichéry Milieu social
Type d’habitat
Type et taille du logement
Équipement domestique
Mobilier et usten siles
Structure familiale (nombre d’enfants, taille du foyer)
Accès à l’éducation
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