Une economie mondiale bouleversee par la premiere guerre mondiale Cours Asselain

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Une economie mondiale bouleversee par la premiere guerre mondiale Cours Asselain

Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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A Une économie mondiale bouleversée par la première guerre mondiale
a) Les bouleversements de la période 1914-18
α
) Les conséquences immédiates de la guerre
-
Dès le début de la guerre, on peut parler de rupture des mécanismes qui caractérisaient le
développement. L'argent disponible se raréfie, les déposants font des retraits, les titres se
vendent et les bourses vivent au ralenti. Il y a moins de dépôts donc moins de crédits et donc
les entreprises ne peuvent que difficilement faire appel aux capitaux banquiers et aux
actionnaires. La guerre crée un climat d'inquiétude et il y a une perte de confiance dans le
système financier. Il faut donc passer à une économie de guerre et réorganiser la production
industrielle. Les entreprises sont orientées vers l'armement et encouragées à l'innovation.
Les industries de luxe cessent d'être porteuses et les entreprises manquent de main-d'oeuvre
d'où l'entrée des femmes dans les usines.
Les femmes jouent un rôle nouveau dans
l'économie.
-
On assiste
à la désorganisation puis à la réorganisation de tous les secteurs économiques, la
guerre bouleverse tous les systèmes de production. Il y a
également une désorganisation
monétaire et commence à se poser le problème du financement de la guerre. Les budgets
sont multipliés par 6 entre 1914 et 1919 et il faut donc trouver de nouvelles ressources. On
peut augmenter les impôts ce qui est le cas en Grande-Bretagne ou en France où est crée
l'impôt sur le revenu et l'impôt sur les profits de guerre en 1916. Les pays en guerre se
lancent dans une politique d'emprunt aux banques étrangères et aux populations. S'amorcent
alors de nouveaux transferts de capitaux et naît une dépendance des Etats vis-à-vis des
organismes d'émission.
-
Tous les gouvernements suspendent la convertibilité des billets en or, et sont tentés
d'émettre de nouveaux billets en augmentant la masse fiduciaire sans augmenter l'encaisse-
or. S'annonce dès lors une dépréciation de la monnaie papier avec le risque d'aboutir à une
situation d'inflation, un phénomène nouveau qui posera beaucoup de questions dans l'après-
guerre.
-
La guerre c'est aussi des morts et des blessés, c'est un drame humain et démographique dont
on peut faire le bilan : 8 millions de morts essentiellement militaires qui ont combattu dans
des conditions effroyables. La France, par exemple, a perdu 1,4 millions d'hommes ce qui
représente 10% des actifs. Sur 10 français de 20 ans, 2 sont morts, 4 sont blessés et 4 sont
indemnes au sortir de la guerre. Un grand nombre de ces morts et de ces blessés viennent du
monde rural. De plus, un très grand nombre d'officiers sont morts étant essentiellement des
jeunes sortant des grandes écoles. Les morts annoncent un déficit des naissances à venir. La
France voir son élite dirigeante décimée : 50% des étudiants des grandes écoles sont morts
ce qui annonce une perte de dynamisme à venir, car moins de jeunes veut dire moins
d'enfants. Les difficultés démographiques sont incontestables dans d'autres pays comme en
Allemagne ou 1,8 millions d'hommes sont morts représentant également 10% des actifs.
-
La guerre provoque une désorganisation des échanges et des transports : par exemple en
France, par l'économie de guerre, on encourage les axes de transport vers le Nord et l'Est. La
guerre provoque une modification des échanges internationaux : les échanges avec les USA
augmentent ainsi que le coût du fret et des assurances.
-
On voit aussi une confirmation du rôle joué par l'Etat qui passe des commandes aux
entreprises, gère l'approvisionnement des soldats, les importations et les exportations. L'Etat
oriente également la production, fixe les prix, et rationne l'alimentation. L'Etat fait en France
appel à des industriels comme Citroën ou Schneider. On est loin d'un capitalisme libéral.
β
) Les problèmes qui se posent à la fin de la guerre
-
De nombreux problèmes se posent à la fin de la guerre. Tout d'abord la nécessité de repasser
à une économie de paix. Comment organiser ce passage de l'économie de guerre à
l'économie de paix en intégrant une main-d'oeuvre masculine qui revient du front ? Toutes
les économies affrontent ces difficultés mais également des difficultés liées au déséquilibre
entre l'offre et la demande.
La demande de nombreux biens non-produits augmente. On
abouti donc à une situation de pénurie et de hausse des prix : c'est l'annonce de profondes
difficultés sociales par l'inquiétude des salariés devant la hausse des prix et par le
mécontentement des anciens combattants d'où des agitations et des grèves. Entre mai 1919
et mai 1920 elles sont très importantes en France.
-
En effet, on espérait à la fin de la guerre connaître un monde meilleur mais en fait les
difficultés s'accumulent. Des difficultés internationales d’abord par l’absence de règles
notamment sur le système monétaire. L'Europe sort très affaiblie de la première guerre
mondiale, les pays doivent affronter des problèmes de dette. Les USA s'affirment comme
une nouvelle puissance. La hiérarchie des Etats est remise en cause : après la guerre les
capitaux vont des USA vers l'Europe en non le contraire.
b) Les tentatives de solutions néo-libérales dans les pays capitalistes.
α
) Les solutions internationales
-
Il y a des solutions apportées au niveau national et au niveau international. Au niveau
international le problème majeur est l'absence de système monétaire. Tous les experts de
l'époque constatent qu'il est impossible de revenir au système d'étalon-or d'avant 1914. En
effet, l'inflation se développe et modifie tous les rapports entre les grandes monnaies. La £
valait par exemple 25 F tout au long du 19
ème
et elle en vaut 125 F après la guerre. De plus,
de nombreux états sont crées et ils ne possèdent pas de réserves d'or et ne peuvent donc pas
définir leur monnaie par une parité avec l'or. En avril-mai 1922 se tient à Gênes une
conférence monétaire internationale pour essayer de définir un système. Il y est donné un
système théoriquement transitoire avec d'une part les monnaies qui peuvent assurer une
encaisse-or appelées devises-clé et d'autre part les monnaies qui ne le peuvent pas et qui
seront donc définies par rapport à une encaisse de devises-clés en attendant qu'ils se
constituent une encaisse-or. Ce système n'est pas sain car il entraîne des rivalités entres les
monnaies. De plus, il risque d'encourager l'inflation. Deux pays ne participent pas : l'URSS
et les USA.
-
L'absence américaine est embêtante car d'une part c'est le principal créancier de l'Europe et
de plus, les USA sont les seuls à pouvoir régler le gros problème de l'après-guerre qui est le
problème des réparations allemandes. En effet, le traité de Versailles stipule que
l'Allemagne est responsable de la guerre et qu'elle doit donc payer des réparations. La
France compte beaucoup sur ces réparations pour sa relance. Malheureusement, l'Allemagne
ne peut pas les payer, et le seul pays qui pourrait l'aider à rembourser, les USA, n'est pas
présent. En outre, ceci risque de crée des tensions internationales. Cet isolationnisme
américain annonce d'autres problèmes car additionné au protectionnisme, très peu d'or sort
des USA vers l'Europe ce qui ne permet pas aux pays sortant de la guerre et nouvellement
crées d'augmenter leur encaisse-or. Le système de Gênes est donc très fragile et donc très
critiqué.
β
) Au Royaume-Uni
-
Le Royaume-Uni se précipite pour revenir à une parité-or. Il veut revenir le plus vite
possible à une stabilité de la monnaie et doit donc lutter contre l'inflation en menant une
politique de déflation. C'est une politique qui vise à rétablir l'équilibre entre l'offre et la
demande par une compression de la demande ce qui provoque la mise en place d'une
politique impopulaire
et demande de grands sacrifices à la population. On augmente les
impôts, on baisse les salaires, on restreint les crédits à la consommation et on réduit la
croissance de la masse monétaire.
-
Ces mesures sont bien sur très mal reçues par une population qui sort de la guerre en pensant
vivre dans un monde meilleur. Cette solution, appelée solution néo-libérale peut donc être à
l'origine de grèves. Keynes, économiste britannique, critique cette solution choisie par le
gouvernement britannique car c'est pour lui une solution douloureuse et inutile et qui freine
de plus les investissements. C'est rendre pour lui les entreprises britanniques peu
compétitives, ce qui va entraîner une baisse des exportations
et donc la perte de marchés
mondiaux. C'est l'annonce pour lui de crises dans les entreprises et donc de l'augmentation
du chômage et par la même d'agitations sociales. En effet, en 1926, une grève de grande
ampleur lancée par les mineurs se transformera en grève générale.
δ
) En France
-
En France, la droite arrive au pouvoir avec le bloc national et gouverne entre 1919 et 1924.
Ce gouvernement pense pouvoir faire payer l'Allemagne qui ne le fait pas. Il pratique donc
une politique de facilité budgétaire et laisse filer les déficits. En 1923, la France occupe la
Ruhr pour essayer de se faire payer, mais cela n'aboutit qu'à une situation de blocage. En
1924, le cartel des gauches arrive au pouvoir avec Briand. Avec Stresemann, ministre des
affaires étrangères allemand il va tenter de rapprocher les deux pays en partie à cause des
pressions internationales qui voudraient que la France soit moins dure avec l'Allemagne et
qui considèrent l'appauvrissement de cette dernière comme une erreur. Les USA sortent
alors de leur isolement et proposent un plan pour la dette de l'Allemagne en 1924 : le plan
Dawes.
-
La France ne pourra donc pas se redresser avec les capitaux allemands et la facilité
budgétaire est
abandonnée. Il faut retrouver une stabilité budgétaire
et donc mettre en place
une politique de déflation. Le F au sortir de la guerre n'est pas une monnaie attractive et il
perd donc de sa valeur. Les commerçants augmentent donc les prix pour compenser cette
perte de valeur ce qui aboutit à une situation d'inflation. Il faut donc redonner une confiance
dans le F car la France souhaite retrouver sa puissance financière. La seule solution est de
mettre en place une politique de rigueur.
-
En 1926, Poincaré obtient les pleins pouvoirs économiques et a pour objectif de réduire les
déficits et les dépenses de l'Etat. Une politique de déflation est mise en place et une
réduction de la masse monétaire opérée. De nouveaux impôts sont crées : d'abord le
monopole d'Etat sur le tabac et les allumettes puis la loterie nationale. Cette politique rassure
les capitalistes qui peuvent faire revenir leurs capitaux en France et faire rentrer les avoirs.
En 1928 le F (F Poincaré) est stabilisé à une valeur fixée à un cinquième du franc-or. De
plus, le gouvernement décide la bankroute : il décide de ne plus reconnaître une partie de ses
dettes extérieures.
-
Ces décisions ne sont pas populaires, la situation est difficile, mais elles permettent une
reprise économique. Parmi les plus mécontents, on trouve les rentiers.
La reprise stimule la
production et les bénéfices pour les entreprises, mais les productions sont essentiellement
tournées vers l'exportation. Il faut trouver des débouchés à l'extérieur ce qui provoque des
rivalités commerciales.
La France redevient un lieu de placement de capitaux à monnaie
solide, mais au prix de sacrifices très importants. La consommation de masse n'est pas
encore installée.
λ
) L'Allemagne
-
L'Allemagne née du traité de Versailles est amputée et divisée par le couloir polonais. Elle
est considérée comme responsable de la guerre et est écrasée par les vainqueurs, par une
limitation de son armée et une occupation militaire. Les vainqueurs poussent à la mise en
place d'un nouveau régime : le 6 février 1919 une assemblée constituante se réuni à Weimar
et met en place en constitution républicaine dans laquelle le chef d'Etat à un pouvoir étendu,
gouvernant avec un chancelier et deux chambres : le Reichstag et le Reichsrat. Cette
république a de nombreux adversaires qui considèrent qu'elle s'est crée sur la défaite : l'état-
major, les junkers, les cadres civils, les grands industriels et les spartakistes.
-
Les mécontentements s'expliquent par une accumulation de crises : la défaite, de nombreux
coups d'Etat ratés, crise monétaire, crise sociale et économique.
Au lendemain de la guerre,
l'Allemagne est touchée
par une inflation spectaculaire : entre 1910 et 1920 on passe de 23
à 92 milliards de Mk en billets. L'Allemagne en plus doit commencer à payer les réparations
: 5 milliards de Mk-or, ce qui creuse le déficit du budget et pousse le gouvernement à
émettre du papier monnaie et conduit donc à une dépréciation du Mk. En février 1929, le
Mk vaut 9% de sa valeur nominale, la dépréciation s'accélère : en janvier 1922 le Mk-or
vaut 46 Mk-papier, en janvier 1923 il en vaut 4280, en juillet 2 384 000, et en décembre
1923 un trillion.
-
Dans la Ruhr, l'occupation française provoque la grève des mineurs et donc un
ralentissement de la production. Par contre, le milieu de l'industrie lourde voit dans
l'inflation un moyen de se débarrasser de ses dettes. De plus, les exportations allemandes
peuvent profiter de la dépréciation de la monnaie. Toutes les classes moyennes sont
fortement touchées
par la crise et principalement ceux dont le salaire est mensuel.
Les
ouvriers payés toutes les semaines sont un peu moins affectés.
-
La situation est donc très inquiétante ce qui pousse les dirigeants à trouver des solutions de
stabilisation. C'est en 1924, à partir de l'arrivée de Stresemann, que la situation s’améliore. Il
permet le soutien des USA, des solutions sont envisagées pour stabiliser la monnaie et
engager une politique de paiements des réparations. Luther, ministre des finances et Schacht
président de la Reichbank décident de créer une nouvelle monnaie de transition, le
RentenMk dont l'émission est confiée à la Rentenbank au capital de 2400 milliards de
RentenMk représentés par une hypothèque portant à moitié sur l'agriculture et à moitié sur le
commerce. Il faut peu à peu faire disparaître l'ancien Mk et on échange 1 RentenMk contre
1000 milliards d’anciens Mk. On met donc en place une monnaie qui n'est pas très
abondante
ce qui a des conséquences pour la population : la quantité de monnaie est petite
donc la consommation aussi.
Mais pour permettre d'éviter un retour à l'inflation et de
trouver une stabilité monétaire on restreint le crédit, on augmente les impôts et on baisse le
montant des allocations : on met en place un politique de rigueur. On baisse également le
nombre de fonctionnaires et on limite le nombre des opérations d'escompte ce qui oblige les
industriels à rapatrier leur capitaux à l'étranger pour faire face à leur paiements immédiats.
Le 30 août 1924, la monnaie de transition est remplacée par le ReichMk et la Reichbank
retrouve le privilège de l'émission, 1 ReichMk vaut 1 trillion de Mk papier, c'est donc une
forme de bankroute ce qui achève de ruiner les petits épargnants. Le ReichMk est fixé à 358
mg d’or. Ce doit être une monnaie stable et doit permettre à l'économie allemande de
repartir et entre 1925 et 1929 l'économie redémarre et la croissance se confirme.
-
Cette croissance est facilitée par l'afflux de capitaux des USA qui arrivent sous forme de
prêts aux entreprises privées ou sous forme d'investissements dans les entreprises
industrielles et par le plan Dawes. Mais cela crée une nouvelle situation de dépendance, le
gouvernement donne donc le sort de l'Allemagne aux intérêts américains.
-
La reprise permet un retour au calme politique : on observe un déclin des extrêmes : en 1924
le parti national-socialiste n'a que 3% des voix et le parti communiste 9%. Des sacrifices
énormes ont été consentis part la population allemande mais la prospérité revient plus
rapidement qu'au Royaume-Uni, le chômage diminue, et les exportations stimulent
l'économie. Pour un indice 100 en 1913 pour le commerce international, on a 117 pour
l'Allemagne et 103 pour le Royaume-Uni en 1929.
μ
) Les USA
-
Les USA retrouvent rapidement la prospérité entre 1922 et 1929 après une période de
tension entre 1918 et 1920 qui met fin à l'ère Wilson. On y voit une hostilité des
républicains face à la politique extérieure et intérieure de Wilson et on voit de la part de
l'opinion publique une volonté de ne pas s'associer à la SDN qui risquerait d'entraîner les
USA dans un nouveau conflit en Europe. Dès novembre 1918, les républicains sont
majoritaires au congrès et ils font obstacle aux projets de traités de Wilson et à la SDN. La
commission aux affaires étrangères demande à Wilson d'accepter des amendements aux
traités mais celui-ci refuse et donc le congrès ne ratifie pas les traités.
-
De plus, même s’il y a un boom économique, les conditions sociales sont très dures et un
mécontentement se développe en 1919 avec l'éclatement de grèves
dans la sidérurgie et le
charbonnage. On observe une poussée syndicaliste entre 1914 et 1920 : la FAT passe de 2 à
4 millions d'adhérents dans cette période. Le gouvernement de Wilson doit affronter ces
difficultés au moment ou se prépare l'élection présidentielle de 1920 : les républicains font
campagne autour de Harding avec un programme libéral de désengagement de l'Etat. Ce
programme triomphe avec l'élection de Harding contre Cox.
-
La prospérité revient avec l'arrivée au pouvoir des républicains et les productions de pétrole,
d'acier et d'électricité doublent entre 1918 et 1929. La production automobile explose
également : en 1914 400 000 automobiles sont produites par an contre 5 millions en 1929.
On assiste à une concentration des entreprises et à une généralisation de l'organisation
rationnelle du travail : les USA rentrent dans la production et la consommation de masse.
De plus, 30% de la production sont assurés par 10 grandes firmes. Le soutien des banques
est très important notamment par les Big Five et on voit ici l'annonce des futures
multinationales. Le marché intérieur absorbe 95% des productions et est soutenu par le
développement du crédit et par la publicité. Le héros est le self-made man, des hommes
comme Ford, Carnegie, Rockefeller ou bien encore Mellon, Dupont de Nemours ou
Fareston.
-
Harding est remplacé en 1924 par Coolidge jusqu'en 1928 puis arrive Hoover un autre
républicain qui pratique le libéralisme et qui abroge par exemple la législation contre les
trusts et encourage le protectionnisme : les tarifs douaniers sont de 38% en 1922 (tarifs
Fordner et McCumber). Cependant la société américaine fascinée par cette prospérité et qui
rêve de devenir riche est loin de l'être : en 1929, 60% des américains gagnent moins des
2000$ par an qui sont le minimum vital. Il y a de plus de grosses différences de salaires
entre les ouvriers : un ouvrier qualifié gagne environ 10$ par jour, un maçon new-yorkais
entre 15 et 17$ par jour et un ouvrier de filature de coton 2$ par jour.
Les revenus du capital
augmentent plus vite que les revenus du travail et les farmers profitent peu de la prospérité
générale. De plus, les prix agricoles augmentent plus lentement que les prix industriels. Il y
a un optimisme ambiant qui fait croire que la pauvreté a disparu.
-
En outre la société américaine en 1920 une vision essentiellement tournée vers la défense de
l'américanisme : se met en place une politique de limitation de l'immigration et de
valorisation des WASP. En 1921, la loi des quotas fixe à 3% du nombre d'immigrants de
chaque Etat vivant aux USA le nombre des immigrants de cet Etat qui peuvent arriver
chaque année. En 1924, la loi est modifiée et la barre baissée à 2% en prenant comme
référence le recensement de 1890. On veut donc favoriser le melting-pot. S'ajoute à ceci une
réaction de la tradition puritaine très forte qui s'impose pour maintenir les cohésions et la
santé morale de la société américaine. On adopte en 1920 le 18
ème
amendement qui inaugure
la prohibition en interdisant la fabrication, la vente et la consommation d'alcool. Cet
amendement sera abrogé en 1933 par le 21
ème
amendement. Cela mène à la prolifération du
gangstérisme, des mafias
et des débits clandestins. Se développe aussi le fondamentalisme
qui est une interprétation à la lettre des écritures chez les baptistes et les méthodistes : il
gagne d'abord le Sud puis s'étend à l'Ouest. Il y a un retour à la tradition puritaine qui
s'oppose au modernisme du Nord-Est. On voit également le retour du Ku Klux Klan contre
tous les étrangers et tout ce qui menace l'américanisme. C'est un symbole de l'intolérance et
ce retour au nationalisme s'opère bizarrement en pleine prospérité peut-être parce que la
société américaine est en pleine mutation.
-
Cette prospérité qui fascine a en même temps des limites. Les USA deviennent la première
puissance mondiale mais cette puissance est encore très repliée sur elle même et ne peut pas
vraiment stimuler les économies voisines.
Le retour à la prospérité entre 1922 et 1924 est en
décalage avec l'Europe où il aura lieu entre 1928 et 1932.
c) Le commerce international.
-
Il est le reflet d'une situation économique internationale. On peut observer deux phases entre
1914 et 1929 : d'abord entre 1914 et 1921 une phase de difficultés et entre 1922 et 1929 une
phase de reprise.
α
) Entre 1914 et 1921 : les difficultés
-
La guerre ne permet pas au commerce international de marchandises et de services
d'augmenter dans cette période : il stagne entre 42 et 44 milliards de £-or en valeur mais le
volume n'augmente pas vraiment. Une hausse des prix est sans doute responsable de cette
relative hausse de la valeur. Beaucoup de balances commerciales sont déficitaires ce qui
pose des problèmes au niveau des paiements et les états ne peuvent résoudre ces problèmes
que par la liquidation de leurs avoirs étrangers. Les USA sont le seul pays avec une balance
commerciale excédentaire : à partir de 1915 ils exportent pour 3,4 milliards de $ et pour 5
milliards en 1918. La puissance des USA se confirme et leur permet de détenir une part
importante du stock d'or.
-
Pendant la guerre certains courants d'échanges déclinent comme celui des importations entre
l'Europe Centrale et Orientale et celui entre l'Europe Centrale et Occidentale. On assiste
également à un effondrement des exportations des USA vers l'Allemagne et l'Autriche-
Hongrie. On note cependant un développement des échanges entre les USA, le Royaume-
Uni et la France et un développement des échanges entre les USA et l'Amérique Latine. La
guerre modifie les règles des échanges et les autorités interviennent dans le commerce
extérieur. Au Royaume-Uni, en 1914, le gouvernement reçoit l'autorisation du parlement
d'intervenir dans la production et le commerce. En 1914 également, le gouvernement obtient
le contrôle des transports ferroviaires et maritimes. En 1916, le gouvernement britannique
est le principal importateur de sucre et de pomme de terre mondial. De plus, la guerre
confirme le protectionnisme.
-
La période 1918-1921 confirme la nouvelle hiérarchie commerciale mise en place pendant la
guerre avec un nouveau rôle des USA. La France continue de protéger son économie alors
que le Royaume-Uni persévère dans le libre-échange malgré des difficultés économiques de
reconversion.
β
) Entre 1922 et 1929 : la reprise
-
C'est surtout à partir de 1924 qu'il y a une nette reprise des échanges commerciaux. En 1927
la base de 1913 est dépassée et la structure géographique du commerce international est
presque la même que celle qui se dessinait pendant la guerre. L'Amérique du Nord gagne
beaucoup pendant que l'Europe conserve la part la plus importante du commerce mondial
avec la moitié des importations mondiales et 40% des exportations. Il n'y a pas de grandes
différences avec la structure de 1913 et les produits primaires représentent toujours la plus
grande partie des produits échangés avec 62% des échanges (principalement des denrées
alimentaires et des produits bruts agricoles puis des matières énergétiques et les minerais).
Les produits manufacturés représentent 38% des échanges avec principalement des produits
textiles puis des machines.
-
Ce commerce international reste aux mains de quelques pays mais avec un déclin relatif du
Royaume-Uni, de l'Allemagne et de la France. Les pays industriels importent pour la plupart
des produits primaires. En 1928-1929, les trois pôles d'échange sont l'Amérique du Nord,
l'Europe Continentale et l'Europe non-Continentale qui réalisent 75% des échanges
commerciaux. Les balances commerciales restent déficitaires mais les revenus invisibles
sont moins importants en part, le commerce est marqué par le multilatéralisme. Cependant,
la Russie qui a basculé dans le soviétisme ne participe pas au réseau d’échange. Par contre,
il y a une valorisation des échanges entre métropole et colonies : dans les années 20
l'économie coloniale se développe mais reste en marge des marchés concurrentiels. Les
USA vendent leurs produits à l'Europe et inversement avec éventuellement des matières
premières des colonies avec des régimes de faveur.
-
Même si le commerce international se porte mieux entre 1922 et 1929, le poids des dettes de
nombreux pays freine les échanges comme le fait le protectionnisme. Cette période n'est pas
une période de grand dynamisme mais est le reflet de difficultés.
Les commentaires (1)
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ghizlane

merci evadoc !!!!!!

lundi 10 janvier 2011 - 11:54