Voltaire le mondain

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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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I) Introduction :
A) Forme du texte :  Letexte est un poème forméde décasyllabes. La disposition des rimes est souvent croisée (v.15à20). Des vers 1à4 les rimes sont embrassées et des vers 5à8 les rimes sont plates.
B) Contenu du texte :  Cepoème prendàcontre-pied les croyances, les valeurs religieuses qui fondent l'idée du bonheur sur l'austéritéet le sacrifice. Avec fantaisie et humour et même un certain désir de provocation il trace le portrait de sonépoque (âge de fer) qu'il représente comme l'âge des plaisirs et du luxe (positive). Conséquence : les images de l'âge d'or sont dénigrées, dévalorisées car il célèbre son temps en s'attachantàce qui fait son abondance et en représentant des satisfactions que ne renierait pas un bon vivant. Ainsi le Mondain est hymneàla vie et aux plaisirs.
C) Axes de lecture :  1°L'apologie de l'âge de fer  a)la critique de l'âge d'or  b)l'éloge du luxe, des plaisirs et du progrès  2°Une nouvelle idée du bonheur
PARTIE 1 : L'APOLOGIE DE L'AGE DE FER :
A) La critique de l'âge d'or
 Voltairecommence par uneévocation apparemmentélogieuse de l'âge d'or. Des vers 1à4 il emploi des expressions positives sur cetâge, une anaphore de "et" et un effet de polysyndète (lorsqu'on a une multiplication des liens de coordination) ce qui crée un rythme vif, alerte, dynamique quiénumère les symboles de l'âge d'or. C'est une atmosphère euphorique.  Cependant,dès le 5ème vers, il accorde nettement sa préférenceà"cetâge". Cette préférence est mise en relief par l'opposition entre "qui veut" (v.1) et "moi, je" (v.5) qui est une figure d'insistance sur la première personne car elle est en début de ce vers ce qui la met en valeur.  Lescaractéristiques de l'âge d'or ne sont données que plus loin (v.30à43) et sur un ton de moquerie, de raillerie, de persiflage. Voltaire parle d'état "d'innocence" (v.31) mais il l'associe àune sorte de puérilitécar l'expression "nos bons aïeux" (v.31) connote un ton protecteur et peut-être de l'ironie. Il renvoi aussiàunétat d'austéritéet de dénuement mais Voltaire montre qu'il ne s'agissait aucunement d'austéritéou de sacrifices voulus. On remarque le jeu de questions réponses au vers 33. L'insistance sur les négations souligne des manques naturels qui ne donne donc aucun mériteàl'abstinence. Ex : absence de vin, de mets fins, de métaux précieux, d'étoffes  Voltairese moque de la pseudo-vertu de ceux quiétaient vertueux sans pouvoir faire autrement. Cette vertu (frugalitéet austérité) est pour lui sans mérite puisque inévitable aussi
l'admiration de cetâge d'or est pour lui déplacé(v. 41). Voltaire démythifie l'âge d'or avec ironie et dérision, il détruit l'image idyllique ce ces ancêtres "vertueux".  Deplusàcela s'ajoute une célébration païenne de la nature et du bonheur terrestre.
B) L'éloge de l'âge de fer.
 Onl'observeàtravers l'exclamation du v.21. Ce vers par son lyrisme admiratif annonce une ère de confort, de plaisir et de luxe.  L'évolution de l'énonciation : l'engagement de Voltaire se traduit par l'emploi de nombreux adjectifs et pronoms de la 1ère personne (v.5à13). Le "Moi" est mis en relief ce qui montre que Voltaire parle pour lui. De plus sa volontéde persuasion est telle que la 1ère personne est vite relayée par le "nous" (v.16) qui généralise et inclus les destinataires.  Ensuiteles caractères de cetteépoque donne lieuàplusieursénumérations qui crée un effet d'abondance et de diversité:  C'estuneépoque de luxe : le mot apparaît 2 fois aux vers 9 et 20 t surtout il est renforcépar un champ lexical de l'abondance et de la richesse et emploi des termes au pluriel.  C'estaussi uneépoque de plaisirs : le mot est employé3 fois aux vers 10, 17 et 27. Il est renforcépar un lexique qui mêle plaisirs des sens et les plaisirs esthétiques. Voltaire fait des allusions aux arts et aux travaux.  C'estuneépoque de progrès d'échanges et de nouveautés : le 3ème trait de cetteépoque est son modernisme (répétition de l'adjectif "nouveau" 2 fois aux vers 17 et 27. Lesévocations de pays lointains , la référence aux navires ainsi que l'énumération des ports suggèrent une ouverture du monde au commerce, une intensification deséchanges. Pour lui la diversitéest toujours un facteur positif.
Conclusion : L'éloge de cetâge de fer est enthousiaste : on observe de nombreux procédés d'insistance, des exclamations. C'est unéloge provocateur car il dévalorise unâge mythique. On note l'admiration de Voltaire pour les progrès de sonépoque et surtout il affirme une philosophie de vie opposéeàcelle défendue par la religion.
PARTIE 2 : UNE NOUVELLE CONCEPTION DU BONHEUR :
 IciVoltaireécrit un hymne aux plaisirs du monde terrestre ce quiàl'époqueétait un discours subversif (renverse le système de valeurs de l'époque). Dans ce texte on voit donc apparaître une nouvelle idée du bonheur.  Lebonheur est tout d'abord exprimépar l'expression lyrique du poème. La tonalitégénérale est celle de l'enthousiasme qui se traduit par un rythme vif, dynamique :  Toutd'abord les décasyllabes forment une succession de propositions brèves. De plus ce rythme est très variéàl'intérieur des vers : v.10 binaire, v.11 ternaire, v.12plus neutre. Les coupes sont très variées (ex : V.5 1/9, v.11 4/2/4).  Ensuiteon a desénumérations aux vers 10,11,17,18 et 25 qui créent un phénomène d'accumulation.  Enfinles exclamations des vers 21 et 36 semblentêtre un véritable cri de ravissement et de satisfaction.  Lamodalitéinterrogative (v.29,33,41,43) participe aussiàla vivalitédu texte. Le poète semble parléavec naturel.
 Laconception de ce bonheur : Le bonheur insiste sur l'aspect matériel des plaisirs. C'est un libertinage modéré, vertueux. Voltaire parle d'honnêteté(au 18ème : perfection). Voltaire associe en effet le goût du luxe des plaisirs et une notion morale (honnêteté). Cet aspect est mis en relief au vers 12 ("tout honnête") il généralise cette idée avec l'emploi de l'adjectif indéfini "tout" et présente ainsi une humanitéexemplaire, idéale. Il ne prône pas la débauche, ni le relâchement des mœurs. Il propose unéquilibre entres les plaisirs et la vertu, son modèle serait unépicurisme modéré.
BILAN :  Voltairesitue l'homme dans la perspective de sonépanouissement ici-bas. Pour lui, ce qui est choquantàl'époque, la recherche du bonheur terrestre l'emporte sur l'attente du Salut Eternel. Ce texte est provocateur, insolent, libertin car il contredit la conception du bonheur propreàla religion. Il se moque des dévots et de tous les nostalgiques d'un bonheur ancestral. Il inviteàun libertinage qui ne perd pas de vue la morale (àla différence de ce que propose Sade et Laclos).
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