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Publié le : jeudi 21 juillet 2011
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Comment gagner en Bourse
à l’aide de l’analyse technique
Alors que notre
marché recourt
encore à l’analyse
fondamentale, sous
d’autres cieux,
les traders ne jurent
que par l’analyse
technique.
Elle fait appel
à la «psychologie»
du marché qui
ressort des
graphiques
d’évolution des
cours.
Elle n’est pas
réservée aux
professionnels mais
exige un
investissement
en temps pour en
retirer les
enseignements.
C
ontrairement à
l’analyse fonda-
mentale, qui part
de la réalité éco-
nomique et de
l’étude des principaux indi-
cateurs des sociétés (chiffre
d’affaires, part de marché,
portefeuille de produits, ré-
sultats, fonds propres, en-
dettement...) pour aboutir
à son évaluation approxima-
tive, l’analyse technique em-
prunte une autre voie, celle
de la statistique. Cet outil,
prisé sur les places financières
développées se base sur l’ob-
solutions informatiques et le
conseil aux investisseurs.
L’avertissement est ainsi
donné : si la méthode est uni-
verselle et, mieux encore, si
elle n’est pas exclusive aux
professionnels, il faut inves-
tir en temps pour com-
prendre ses tenants et abou-
tissants. Car ses configura-
tions sont multiples : il faut
identifier les «fanions», «bi-
seaux», «têtes et épaules»,
«drapeaux», «gaps» et autres
tendances «haussières», «bais-
sières» ou «horizontales».
Idem pour les indicateurs
techniques, avec des appel-
lations aussi mystérieuses que
les «bandes de Bollinger», le
«RSI»,
le «MACD»,
les
«moyennes mobiles», le «mo-
mentum» ou encore les «stoc-
kastiques».
Appliquée au marché
marocain, elle annonce un
risque de retour du Masi à
la zone de 10 250 points
L’analyse technique dispo-
se en effet d’une batterie de
quelque deux cents indica-
teurs techniques qui vous
permettront d’étayer votre ju-
gement sur la valeur, mais les
experts recommandent de se
concentrer sur un nombre ré-
duit, qui ne se démode pas,
mais qu’il faut parfaitement
maîtriser. Avantage, aujour-
d’hui, il est relativement fa-
cile pour un particulier bour-
sicoteur d’accéder aussi bien
à la connaissance de la mé-
thode que de télécharger
l’outil en tapant «analyse
technique» sur les moteurs de
recherche de Net. Pour le
reste, il faudra s’armer d’un
peu de patience et constituer
servation des graphiques.
«Et
rien que les graphiques»
, insis-
te Gérard Sagnier, chef du
département analyse tech-
nique chez Crédit Agricole
Asset Management (France)
et auteur d’un livre sur l’ana-
lyse technique (voir interview
en page suivante). C’est une
approche, nous dira-t-il, qui
s’appuie sur la répétition du
comportement humain pour
identifier le moment oppor-
tun pour acheter ou vendre.
Selon lui,
«l'appât du gain et
la peur de la perte constitueront
toujours l'expression de toute la
psychologie du marché.»
La
méthode est universelle en ce
sens qu’on peut l’utiliser
pour analyser n’importe quel
graphique, qu’il concerne les
actions, les indices boursiers,
les matières premières, etc.,
et sur n’importe quel mar-
ché, qu’il soit local ou inter-
national. Puisque - et c’est sa
principale caractéristique -
elle est plutôt liée aux émo-
tions des investisseurs.
«Emo-
tions,d’accord,mais qui néces-
sitent une palette d’indicateurs
pour les décrypter correctement
et pouvoir en tirer le meilleur»
,
avance Mostafa Chakroune,
day trader pour son propre
compte, adepte de l’analyse
technique et patron de TPS
Fin une entreprise qui
cherche à promouvoir l’usa-
ge de cette méthode au Ma-
roc à travers la formation, les
49
La Vie éco
Vendredi 6 avril 2007
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votre
argent
... / ...
Selon Mostafa Chakroune, le Masi (aujourd’hui à 11 500 points) s’acheminera vers un
record de 12 000 points, avant d’entamer sa phase de correction.
Source : TPS Fin / Waldata
L’analyse technique
dispose de quelque
200 indicateurs
techniques qui
permettent de juger
la valeur, mais les
experts
recommandent de se
concentrer sur un
nombre réduit à
maîtriser.
50
La Vie éco
Vendredi 6 avril
2007
sière»
. De ce fait,
«le risque se-
rait alors, peut-être, d'un retour
vers la zone 10 250 points.»
Au-
trement dit, une baisse de
8,7% par rapport au cours du
vendredi 30 mars.
Ceci pour le marché dans
sa globalité. Maintenant,
pour les valeurs cotées, Gé-
rard Sagnier estime par
exemple que Managem a un
potentiel haussier sur zone
son propre modèle d’indica-
teurs.
En attendant, force est de
constater que le marché ma-
rocain est peu habitué à cet-
te méthode. En ce sens que
ses analystes recourent es-
sentiellement à l’analyse fon-
damentale qui fait, il est vrai,
davantage appel à la raison.
«
Mais les choses commencent à
changer»,
avance, très en-
thousiaste, Mostafa Cha-
kroune, avec une demande
grandissante de la part des
professionnels du marché et
de quelques investisseurs par-
ticuliers, fortunés pour la
plupart. C’est ce qui explique
d’ailleurs l’organisation, ces
vendredi 6 et samedi 7 avril,
d’un workshop et d’un sé-
minaire spécialisé, auxquels
La Vie éco
est associé.
Pour Gérard Sagnier,
l'indice marocain, le
Masi, actuellement à
11 500 points,
«reste,
certes,dans une configu-
ration très haussière,
mais il se pourrait qu'une
consolidation à court ter-
me puisse
se mettre en
place»
. Faisant appel à l’ana-
lyse technique, il conclut que
«le principal indicateur mathé-
mathique, le RSI
(1)
, ne suit pas
la même tendance et pourrait
construire une divergence bais-
de 620 dirhams, et Diac
Salaf de 260 dirhams. Dans
le même sens, La Samir dis-
pose également d’un po-
tentiel haussier à 1 150 di-
rhams, au même titre qu’IB
Maroc.com, mais sur
une de zone 325 di-
rhams. Le reste des
principales valeurs
lui paraissent
«évoluer
dans des configura-
tions de neutralité et
stabilité,
voire de
risque de correction baissiè-
re...».
Pour sa part, Mostafa
Chakroune pense que le
marché devra tester une ré-
sistance (borne supérieure)
de 11 700 points. S’il la dé-
passe, il cherchera à at-
teindre le seuil psycholo-
gique de 12 000 points. Au-
trement, il s’affaiblira et ce
sera dans ce cas un signe de
retournement de tendance
qui mettra fin au cycle haus-
sier (voir graphique en page
49) entamé il
y a
sept ans
en 2000
OUADIE DRISSI EL BOUZAÏDI
* Le RSI (Relative Strenght Index)
ou Indicateur de force relative permet
de déterminer la force interne d’une
valeur dans le temps. Il met en
évidence des zones de surachat et de
survente, calcule le rapport entre la
moyenne des hausses et la moyenne des
baisses sur les jours de la période
concernée.
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argent
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Gérard Sagnier
(*)
: «Il faut commencer par créer
sa méthode personnelle de trading»
La Vie éco :
Question incontour-
nable : Comment faire pour ga-
gner en Bourse ?
Gérard Sagnier :
Pour gagner en
Bourse, il faut d’abord créer une
méthode personnelle basée sur
une observation technique et vi-
suelle des marchés. Il faut ensuite
comprendre l'aspect fondamental
des fortes tendances pour le long
terme et adapter les outils choi-
sis à sa personnalité et à son
propre goût du risque. Il faut en-
fin respecter les deux grandes lois
du trading et du money manage-
ment, à savoir «couper les pertes
au plus tôt» et «laisser courir les
gains».
Vous parlez d’analyse technique,
c’est quoi au juste ?
L'analyse technique, c'est
d'abord la recherche de
configurations spécifiques du
comportement du plus grand
nombre des opérateurs,
permettant de prévoir les prises
de positions
à venir du marché.
Elle est basée sur la répétition du
comportement humain : l'appât
du gain, la peur de la perte
constitueront toujours
l'expression de toute la
psychologie du marché.
L'analyse technique, c'est aussi
la gestion du visuel. Autrement
dit, avec la seule lecture du
visuel, on peut anticiper l'avenir.
Sans ouvrir un débat
contradictoire, c'est l'anti-
fondamental : on ne doit
regarder que le visuel, les
graphes et uniquement les
graphes : l'analyse technique est
universelle quels que soient les
graphiques
que l'on étudie.
Quels sont les avantages de cet-
te méthode par rapport à l’analy-
se fondamentale ?
Elle apporte un grand plus au
fondamental : elle est un apport
supplémentaire dans le processus
de décision de gestion ; elle
améliore le timing.
Par contre, l'analyse technique
est spécialisée dans le court
terme : une vision au-delà de
6 ou 9 mois ne paraîtrait pas
réaliste. De plus, l'analyse
technique se confond souvent
dans le trading court terme : elle
donne un point d'intervention
avec un immédiat point
d'invalidation «STOP» ; elle
donne aussi un point de sortie
(cible choisie).
En quoi consiste votre métier
d’analyste technique. Comment se
déroule votre journée-type ?
Le métier consiste à renseigner
quotidiennement tous les
gestionnaires et décisionnaires
des évolutions techniques
des
différents indices et titres.
L'information est rapidemment
donnée quand un signal d'achat
ou de vente se déclenche. Un
bon nombre de documents et
graphiques sont envoyés pour
illustrer les explications. De plus,
une gestion suivie
et contrôlée
applique l'ensemble des signaux
donnés et tente ainsi de mesurer
la valeur ajoutée de l'analyse
technique.
Est-ce que tout le monde peut
faire de l'analyse technique ?
En principe, tout le monde peut
faire de l'analyse technique.
Ce n'est pas une question de
particulier ou de
professionnel.
Il faut un état d'esprit un peu
abstrait, qui arrive à interpréter
la lecture d'un graphique, en
sachant observer la psychologie
collective qui se cache derrière.
De plus, il faut investir dans la
connaissance des différentes
écoles, approches, méthodes. Il
faut savoir passer énormément
de temps à l'étude du maximum
de graphiques.
Quels conseils donneriez-vous
aux particuliers pour tirer plei-
nement profit de l'analyse tech-
nique ?
Ils doivent se doter d’un
excellent logiciel d’analyse
technique qui leur mâchera le
travail et calculera tous les
indicateurs importants. Ils
doivent aussi consacrer
beaucoup de temps à
l’observation et à la construction
d’une méthode claire et simple
basée sur leur propre
psychologie et sur leur degré
d’aversion au risque.
Le marché marocain privilégie
l'analyse fondamentale par rapport
à l'analyse technique. A quoi at-
tribuez-vous cela ?
Le marché marocain est
jeune.
Néanmoins, les règles de base de
l'analyse techique et du trading
s'appliquent à n'importe quel
marché. La décision est
VISUELLE. Donc, quelle que soit
la nature du graphique
étudié
(titre, indice, monnaie, taux…),
la décision restera toujours la
même ; l'analyse est universelle.
Seulement, il arrive d'exiger un
fichier historique de cours assez
long pour pouvoir appliquer le
principe de l'histoire qui se
répète parce que le
comportement humain est
toujours identique. Peut-être le
marché marocain manque-t-il
encore un peu d'historique.
(*) Auteur d’un livre
intitulé «Apprendre à
anticiper les
retournements de
tendance sur les
actions», paru chez
Edouard
Valys.
Gérard Sagnier est
responsable du
département analyse technique au sein du
Crédit Agricole Asset Management
(France), où il s’est spécialisé dans les
retournements de tendance.
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