Analyse Demain dès l'Aube

De
Publié par

Analyse Demain dès l’aube Demain, dès l’aube Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, (A) Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m’attends. (B) J’irai par la forêt, j’irai par la montagne. (A) Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps. (B) Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées, (A) Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit, (B) Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées, (A) Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit. (B) Je ne regarderai ni l’or du soir qui tombe, (A) Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur, (B) Et quand j’arriverai, je mettrai sur ta tombe (A) Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur. (B) Victor Hugo, Les Contemplations, 1856 Analyse d’un poème La forme Ce poème est composé de trois quatrains. Un quatrain est une strophe composée de quatre vers. Les rimes et le rythme Les rimes. La rime est la répétition d’un même son en fin de vers. Dans ce poème, nous avons des rimes croisées (ABAB). Le rythme Le rythme se définit par la répétition d’accentuation à l’intérieur du vers. Le premier vers, par sa gradation rythmique, (2+2+8), figure la mise en route imminente du poète. 2 2 8 Demain,/ dès l’aube,/ à l’heure où blanchit la campagne,/ Le second met en valeur l’adresse, (4+2+6), à l’interlocutrice qu’il rend ainsi présente. 4 2 6 Je partirai./ Vois-tu,/ je sais que tu m’attends.
Publié le : lundi 23 septembre 2013
Lecture(s) : 14 584
Nombre de pages : 5
Voir plus Voir moins
AnalyseDemain ds l’ aube
Demain,ds l’ aube
Demain, ds l’ aube,  l’ heure oblanchitla campagne, (A) Je partirai. Vois- sais que tu m’ attu, jetends. (B) J’ irai par irai par la mont j’la fort,agne. (A) Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps. (B)
Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées, (A) Sans rien voir au dehors,sans entendre aucun bruit, (B) Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées, (A) Triste, etle jour pour moi sera comme la nuit. (B) Je ne regarderai ni l’ or du soir quitombe, (A) Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur, (B) Et quand j’ arriverai, je mettrai sur tatombe(A) Un bouquet de houx vert et de bruyère enfleur.(B) Victor Hugo, Les Contemplations, 1856
Analyse d’ un pomeLa forme Ce poème est composé de trois quatrains. Un quatrain est une strophe composée de quatre vers. Les rimes et le rythme Les rimes. La rime est la rptition d’ un mme son en fin de vers. Dans ce poème, nous avons des rimes croisées (ABAB). Le rythme Le rythme se dfinit par la rptition d’ accentuation  l’ intrieur du vers.
Le premier vers, par sa gradation rythmique, (2+2+8), figure la mise en route imminente du poète. 2 2 8 Demain, / ds l’ aube, /  l’ heure o blanchit la campagne, /Le second met en valeur l’ adresse, (4+2+6),  l’ interlocutrice qu’ il rend ainsi prsente.4 2 6 Je partirai./ Vois- sais que tu m’ attends. / jetu, /Le  l’ hmistiche, construittroisime, coup sur un paralllisme, indique la résolution du pèlerin.
6 6 J’ irai par la fort, / j’ irai par la montagne.La régularité du vers 4, (3+3+3+3) redouble cette détermination et donne de la solennité à la démarche. 3333 Je ne puis/ demeurer/ loin de toi/ plus longtemps. Mesure Le vers se définit comme un énoncé à la mesure identifiable. Dans ce poème, Victor hugo utilise des Alexandrins (vers de 12 syllabes). 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 Je/ mar/che/rai/ les/ yeux/ fi/xés /sur/ mes/ pen/sées/
Analyse du lexique et des images De plus, dans le dernier vers, il choisit de déposer sur sa tombe une bruyère. Cette plante est associée à la passion amoureuse, ainsi qu'à la persistance.(E)noitacilpxLa bruyère est ainsi fréquemment déposée dans les cimetières, car sa robustesse lui permet de rester fleurie et verte très longtemps. Le choix de l'auteur est donc adapté à la situation et semble traduire l'amour éternel qu'il voue à sa fille, ainsi que la persistance de ses sentiments malgré l'éloignement. Cet éloignement est à la fois géographique (car l'auteur vit au Havre tandis que la tombe de sa fille est à Villequier) et spirituel (lui est vivant, elle, est morte). En déposant du « houx vert » sur sa tombe, l'auteur parait utiliser sa symbolique : la douleur mais aussi la force et l'éternité. En outre, la bruyère exprime aussi la solitude.(Explication)Ces symboles semblent manifester les sentiments tenaces de l'auteur pour sa fille. Mais il indique tout de même, furtivement, la solitude qu'il ressent, le manque, la perte de l'être aimé. Le choix du « houx vert », plante résistante mais douloureuse, insinue un amour toujours présent, mais qui blesse vivement l'auteur.ion)icatxElp( douleur que ressent La Victor Hugo, concerne à la fois l'absence de sa fille et l'amour qu'il ne peut plus lui transmettre (au-delà de son recueillement sur sa tombe), et par extension, l'amour qu'elle ne peut plus lui donner.
Enumération: Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées, (A) Triste
Le rejet :Mot ou groupe de mots d’ une phrase commence dans un vers et rejete au dbut du vers suivant.
« Les mains croisées, / Triste, », met en relief le mot « triste » et renforce la douleur et cette ambiance mélancolique.
Une comparaison « le jour pour moi // sera comme la nuit. », qui montre : l'assombrissement de son esprit. Une synecdoque « Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur », présente une synecdoque (l'auteur utilise « les voiles » pour signifier « les bateaux »).
1) Dans la première strophe, étudiez le rythme, les temps, les pronoms. A ce stade du poème, à quel type de rendez-vous le lecteur peut-il s’ attendre.(6 points)
A) La situation des personnages, leur relation
Le rythme prfigure la dtermination de l’ auteur de partir sur la route pour rejoindre une personne aimée. L’ alternance dufutur et v3) et du (v2présent2 et 4) rend sensible la fébrilité,  (v1, l’ exaltation avant le dpart.(3 points) La disposition des pronoms (v2jetu tu… je…… , je… toi et 4 J’ … (v3 balancement),: double: tension vers l’ interlocutrice)souligne le dsir de retrouver l’ autre.(2 points) A ce stade du poème, lelecteur peut s’ attendre  un rendez-vous amoureux. De plus, ces mots grammaticaux qui sont des pronoms de présence, marquent la réalité de cette femme, et semble induire, d'une certaine manière qu'elle est vivante. Cependant, elle ne l'est pas. Et c'est par l'expression de sentiments encore forts que l'auteur la maintient vivante dans sa mémoire, malgré les quatre années qui le sépare de la mort de Léopoldine. (1 point) 2) Quelle est la révélation contenue dans les vers 11 et 12, pour qui ignorait la biog auteurraphie de l’? A quelle double lecture le poème se prête-t-il successivement? Qu’ y a-t-il de poignant ? (3 points) B) La douleur de l'éloignement, de la perte
Ce n’ est qu’ au vers 11 et 12 que le lecteur comprend vritablement qu’ il ne s’ agit pas d’un rendez-vous amoureux maisd’ un plerinage sur une tombe.
La connaissance de la vie de l’ auteur invite alors  une deuxime lecture o les signes prennent un autre sens :l’ ardeur de la premire strophe n’ est pas due au dsir amoureux, mais  l’ motion paternelle, le recueillement de la seconde strophe et l’ indiffrence au paysage extrieur (v9 et 10) s’ expliquent par la douleur du deuil.
Ce cheminement du poème est poignant, car les connotations amoureuses restent malgré tout prsentes  l’ esprit du lecteurpome en est d’ autant plus mouvant. chagrin du : le
Sa douleur se manifeste par la peine qui suit un décès.(Citation/ Justification par la forme)En effet, on observe que l'auteur utilise des phrases courtes dans la première strophe, qui grandissent au fur et à mesure de l'avancement du poème. (Explication) semble Cela traduire à la fois la course haletante où l'auteur se « réjouit » de s'approcher de son lieu
d'arrivée et à la fois de la montée de sa douleur qui est ravivée à proximité du lieu de la mort de sa fille. (Citation/ Justification par la forme) En outre, dans la deuxième strophe, on remarque une certaine énumération de sentiments ou d'attitudes tristes telles que : « Seul,
inconnu, le dos courbé, les mains croisées, / Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit. ». De plus, le rejet : « les mains croisées, / Triste, », met en relief le mot « triste » et renforce la douleur et cette ambiance mélancolique. Enfin, le choix du « houx vert », plante résistante mais douloureuse, insinue un amour toujours présent, mais qui blesse vivement l'auteur. (Explication)que ressent Victor Hugo, concerne à la fois l'absence de sa fille et La douleur l'amour qu'il ne peut plus lui transmettre (au-delà de son recueillement sur sa tombe), et par extension, l'amour qu'elle ne peut plus lui donner.
D’ autre part cette ambigut suggre l’ quivalence de tous les deuils (fille, amie, amante… ) et permet au poète de ne pas exprimer directement sa douleur: il ne s’ agit pas d’ une lgie, l’ motion surgit d’ autant plus forte qu’ elle est associe  la discrtion.
Une comparaison : « le jour pour moi // sera comme la nuit. », qui montre l'assombrissement de son esprit. Ceci contribue à créer une atmosphère peu chaleureuse, et plutôt sombre, lourde et triste. L'utilisation du lexique : « seul ; inconnu ; courbé ; croisées ; tombe ; bruyère », renforce l'ambiance triste du poème. En outre, l'expression : « le dos courbé », peut être interprétée comme le fait de subir une peine tellement lourde, qu'elle le fait plier. De la même façon, une autre interprétation peut convenir : la douleur comme un fardeau qui le suit partout et l'épuise. Enfin, l'utilisation de pronoms personnels exclusivement masculins singuliers dans la deuxième strophe, manifestent une douleur qui lui est propre, qu'il ne partage avec personne d'autre.(Explication)Sa douleur si prégnante, l'attriste au point qu'il parait désappointé, englué dans ses pensées, en n'ayant plus goût à rien. Le lecteur ressent cette tristesse et cette douleur, à travers les mots qu'emploie l'auteur et qui créent une atmosphère sombre et mélancolique.
Elégie : Poème lyrique exprimant une plainte douloureuse, des sentiments mélancoliques. Par extension, tout œuvre poétique dont le thème est la plainte  . Mais l'auteur semble prendre, tout de même, du recul face à la situation et laisser une petite place à l'avenir, même dissimulée. Justification par la forme) (Citation/ En effet, le vers : « Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur », présente une synecdoque (l'auteur utilise « les voiles » pour signifier « les bateaux »).(Explication)Ce procédé stylistique donne à la fois un sentiment d'éloignement (dans le paysage, ou avec Léopoldine), mais peut aussi illustrer l'ouverture sur l'extérieur, le voyage, la liberté. De plus, les derniers termes du poème : « en fleur », rappellent le renouveau, le printemps et la vie. On peut penser que ce voyage est un recueillement annuel, qui peu à peu laisse place au présent et à l'avenir nouveau.
Les commentaires (1)
Écrire un nouveau message

17/1000 caractères maximum.

veronique.tazoumbait

Très bonne analyse.

mercredi 2 décembre 2015 - 13:22