Cordon entre interactons sociales et modèle de la stivation

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Le modèle de la stivation, qui se veut interactionniste, garde un point d'ancrage affirmé dans les approches socioconstructivistes de l'apprentissage. Ce texte essaie justement de clarifier le link qui existe entre ces modèles.

Publié le : jeudi 4 septembre 2014
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Cordon entre Interactions sociales et modèle
de la Stivation
Le rôle des interactions sociales dans la modélisation de la Stivation, renvoie à une analyse des rapports entre interactants, rapports complexes qui méritent d’être cernés de plus près pour aider à mieux comprendre le modèle de la Stivation.
En sciences sociales le terme d'interaction est souvent utilisé comme une contraction d'interaction sociale. Il est généralement défini comme un échange d'informations, d'affects ou d'énergie entre deux agents au sein d'un système. C'est une action réciproque qui suppose l'entrée en contact de sujets.
Edgard Morin (1977) pense que « les interactions sont des actions réciproques modifiant le comportement ou la nature des éléments, corps, objets, phénomènes en présence ou en influence.» (Edgar Morin, 1977, p. 51).
Par contre pour Edmond Marc et Dominique Pica (2006), le terme ne fait pas l'objet d'une définition unique mais présente au contraire une certaine dispersion sémantique. Tantôt il désigne un processus, tantôt un objet, tantôt un point de vue (notamment dans la perspective interactionniste) pour appréhender des phénomènes relationnels.
Selon les auteurs, l'interaction reste l'objet privilégié de la psychosociologie et de la psychologie sociale et relève de deux ordres : les interactionsverbales ounon verbales(gestes, regards, attitudes...) et peuvent cependant être :
positives: lorsqu’il s’agit de coopération, de participation, d’adaptation, d’intégration, d’émulation, de compétition... ; négatives: quand elles provoquent des conflits, des luttes, des rivalités, de la ségrégation, de la discrimination, des insultes... ; ambivalentes: compétition, concurrence.
Dans un autre registre, Goffman (1961, 1963), sociologue, fut le premier à caractériser
une interaction sociale autrement qu’une simple donnée brute. Il a cherché ainsi à définir les mécanismes qui produisent une interaction sociale et à distinguer celleci des 1 interactions protosociales .
Selon lui, l'interaction sociale se manifesterait par une modification de la coprésence physique, et donc des relations de proximité propres au faceàface : orientation des corps, des visages et des regards qui manifeste un contact attentionnel partagé.
L’analyse de toutes ces considérations fait ressortir toute la complexité des interactions sociales mais montre tout de même l’intérêt qu’elles peuvent susciter pour faire progresser l’apprentissage dans toute sa globalité.
Avec le modèle de la stivation, les interactions verbales et non verbales résultant des activités coopératives et collaboratives dans le champ de la formation professionnelle mettent en place des mécanismes facilitant l’acquisition de compétences professionnelles lors des interactions que les stagiaires vivent hors de la classe. Il est clair que la formation initiale ne peut pas régler les compétences de base de la professionnalisation in extenso.
2 Ces interactions « adidactiques » entre stagiaires pourraient être considérées comme stimulatrices de la motivation et moteur de l’apprentissage. Elles offrent en effet, des modèles plus accessibles et moins angoissants de par la moins grande distance entre l’état actuel et les objectifs possibles à atteindre.
1  Goffman se démarque de la proxémique, c'estàdire de la réduction de l'interaction à la coprésence physique dans un espace. La forme protosociale de l'interaction interpersonnelle se présente lorsque la coprésence implique une simple juxtaposition sans contact visuel, ou attentionnel, coordonné (unfocused interaction).2 Interactions qui se déroulent en dehors de la classe, du lieu de cours
Ces types d’interactions sociales nées de la coopération et de la collaboration dans des activités d’apprentissage en dehors des instances formelles de formation peuvent constituer le ferment d’une collaboration future dans le travail en formation continuée puisque des relations coopératives et collaboratives sont déjà installées. Elles participent en effet au développement du processus de Stivationde trois dialectiques, composé celle del’interaction, de lastimulationet de lamotivation.
Mouhamadou Bamba MBAYE
Concepteur du modèle de la Stivation
Chercheur en psychologie sociale
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