Le dernier verrou : en finir avec le Conseil National des Universités

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La guerre des cerveaux a commencé, et c’est dans l’enseignement supérieur qu’elle se déroule en priorité. Depuis la création du classemement de Shangai, l’excel- lence universitaire est mesurable. Aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Suisse, elle est même facilement vérifiable et ne doit rien au hasard : dans ces trois pays, les universités sont dynamiques, bien gérées, les profes- seurs correctement payés, les étudiants sont écoutés et traités en adultes responsables.
Mais, objectera-t-on, ces universités de rêve sont pri- vées, élitistes et réservées aux « riches »... Clichés, nous dit François Garçon : ces établissements, très différents de nos « grandes écoles » qu’ils ringardisent, sont principa- lement publics et, quand ils ne sont pas gratuits, innovent en matière de droits d’admission. La qualité universitaire tient aussi à la rigueur dans les recrutements, à l’évaluation des professeurs et à la gouvernance encadrée des établissements. Or, de l’« excellence » de l’enseignement supérieur dépend l’avenir d’un pays. L’enjeu est donc vital.
Cette enquête comparative totalement inédite consti- tue un guide précieux et très informé des universités occidentales. Elle nous éclaire aussi sur les tares françaises à corriger d’urgence : au lieu de fantasmer sur le modèle américain, inexportable, notre pays devrait s’inspirer d’autres exemples européens... A moins de vouloir sortir définitivement de la course.
Enseignant-chercheur à l’université Paris-I- Panthéon-Sorbonne, François Garçon est déjà l’au- teur d’un ouvrage remarqué : Le Modèle suisse (Perrin).
Préface de Jean-Charles Pomerol, président de l’université Pierre-et-Marie-Curie-Paris-VI.
Publié le : samedi 1 juin 2013
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Nombre de pages : 211
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François Garçon
LE DERNIER VERROU
En!nir avec le Conseil National des Universités
Préface de Philippe Gillet
!e Media Faculty
DU MÊME AUTEUR
De Blum à Pétain, Cinéma et société française, 1936-1944, Le Cerf, 1984, préfaceMarc Ferro, réédition Corlet, 2008.
Gaumont, un siècle de cinéma, Gallimard Découvertes, 1994.
La guerre du Paci!que, Casterman, 1997.
La distribution cinématographique en France, 1907-1957, CNRS Editions, 2006.
Enquête sur le Cauchemar de Darwin, Flammarion, 2006.
Le modèle Suisse, Pourquoi ils s’ en sortent beaucoup mieux que les autres, Perrin,2008, réédition augmentée, Tempus, 2011.
Enquête sur la formation des élites, Perrin, 2011, préface Jean-Charles Pomerol.
Etude sur le recrutement dans le secteur de la production audiovisuelle, rapportpour la Commission Paritaire Nationale pour l’ Emploi et la Formation del’Audiovisuel, Talent Sphère, 2012.
Bilan et perspectives de l’ enseignement supérieur suisse, Presses Polytechniqueset Universitaires Romandes, à paraître.
"e Media Faculty 201218 rue du Faubourg du Temple - 75011 ParISBN 978-2-9542093
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Pour Daniel Sabatier
Préface
Le dernier verrou 9
J’avais dit lors d’un débat en mars 2012 que les grandesuniversités se distinguent, entre autres, par la qualité desgens qu’elles recrutent et par la qualité des gens qu’ ellespromeuvent. J’avais aussi rajouté que le Conseil Nationaldes Universités (CNU) était voué à disparaitre car il estimpensablequaujourdhuiencorelesuniversitéssous-traitentà un organe extérieur ces deux actes essentiels qui font leurrenommée et forgent leur recherche et leur enseignement.Je n’ai pas changé d’avis et l’ouvrage de François Garçon meconforte dans cette conviction. Beaucoup de ce qu il raconte,je l’ai vécu. Ce livre montre à quel point le CN U est désuet,hors du temps, loin des réalités de l’ Université d’aujourd’hui.Ce CNU, aucun universitaire étranger ne nous l’ envie. Je suisconvaincu que beaucoup d’ universitaires français pensentcela aussi. Il est devenu incompréhensible et, surtout, ilpointe des incohérences, des ambiguïtés, une certaineschizophrénie du système universitaire français qui n’ a pasencore achevé sa mue vers un système en adéquation avec unMonde où l’Université n’est plus l’apanage de quelques pays,où les Universités se sont substituées à l’ Université.
10 Préface
Comment défendre la liberté académique, le jugementpar les pairs ? Comment laisser vivre la di#érence entreuniversités, entre écoles de pensées ? Comment faire pourque chaque personne qui travaille au sein d’ une université sereconnaisse en elle, la fasse vivre, si le destin des personneset de l’institution n’est pas maitrisé localement ? La libertéacadémique est mieux préservé l’ autonomie que pare parun dispositif où l’Etat est totalement prescripteur, où lesdécisions sont prises en dehors des établissements. Décisionlocale mais néanmoins collégiale ne veut pas dire mauvaisedécision. Bien sûr tout n’ est pas parfait dans le jugement localmais ses défauts ne sont guère di#érents de ceux du CN U.Les universités autonomes corrigeront plus vite leurs défautsque ne peut le faire le CNU, car leur avenir dépend de leurcapacité à recruter des enseignants-chercheurs dynamiques,créatifs et entreprenants.Il est toujours intéressant de voir ce que des gensextérieurs au système universitaire français perçoiventde celui-ci, de ses règles, explicites ou tacites. Nous,universitaires, mettons au-dessus de tout le jugement par lespairs.Nousavonsraison,c’ estfondamentaletilfautàtoutprixle préserver. Mais attention ce jugement n’ est pas infailliblemême s’il est collectif, national et fait par des membres élussur des listes syndicales. Parfois même, un jugement pris parune personne peut s’avérer mille fois plus adapté que celuid un collectif mal informé. Comment l’ appartenance à tel outel syndicat garantit-elle des capacités à juger d’ un dossierde recherche ? Comment des gens qui n’ ont jamais mis lespieds dans l’université d’un pair dont il juge l’enseignementpeuvent-ils comprendre le positionnement de son travaildans la stratégie globale de l’ établissement ?
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