Exercice 2 : correction

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Exercice 2 : correction La notion de citoyenneté a émergé dans l’Antiquité, dans deux espaces différents. Le premier a été le monde grec, plus particulièrement la cité d’Athènes qui a vu s’épanouir un régime démocratique aux Ve et IVe siècles av JC. Athènes est alors la cité la plus florissante de Grèce, grâce au prestige qu’elle a tiré de ses victoires contre les Perses.
Publié le : jeudi 24 décembre 2015
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Exercice2: correction
La notion de citoyenneté a émergé dans l’Antiquité, dans deux espaces différents. Le premier a été le monde grec, plus particulièrement la cité d’Athènes qui a vu s’épanouir un régime démocratique aux Ve et IVe siècles av JC. Athènes est alors la cité la plus florissante de Grèce, grâce au prestige qu’elle a tiré de ses victoires contre les Perses. La notion de citoyenneté se retrouve aussi, mais sous une forme différente, à Rome. Petite république fondée en Italie au VIIIe siècle av JC, Rome devient à partir du Ie siècle la capitale d’un gigantesque empire, qui connaît son apogée au IIIe siècle. Quelles sont les différences entre ces deux conceptions de la citoyenneté ? Pour cela, nous aborderons les modalités d’accès à la citoyenneté, puis les pouvoirs et les privilèges attachés au statut de citoyen.
Les modalités d’accès à la citoyenneté ne sont pas les mêmes à Athènes et à Rome. A Athènes, après les réformes de Périclès au milieu du Ve siècle av JC, un citoyen est un homme adulte et de condition libre, né de père citoyen et de mère athénienne, et inscrit sur les registres du dème. Il s’agit d’une citoyenneté fermée, réservée de façon héréditaire. Les métèques ne peuvent ainsi jamais devenir citoyens. Au contraire, à Rome, la citoyenneté est ouverte. On peut devenir citoyen romain en étant un chef de famille libre issu de parents romains, après avoir été vétéran dans l’armée romaine, après avoir été affranchi par un citoyen romain, ou sur faveur de l’empereur. Mais la citoyenneté romaine s’étend aussi au fur et à mesure du temps : après l’édit de Caracalla en 212, tous les hommes libres de l’empire deviennent des citoyens romains. Mais les citoyens romains et athéniens ont également des droits très différents. A Athènes au Ve et IVe siècles av JC, les citoyens disposent de droits politiques étendus. Assemblés en ecclésia, ils votent les lois, décident de la paix et de la guerre, et votent l’ostracisme. Ils peuvent aussi être tirés au sort pour faire partie de la Boulè, la commission qui prépare les lois, et de l’Héliée, le tribunal, ou être élus comme magistrats, même si ce sont les plus riches qui ont tendance à monopoliser cette dernière fonction. Les citoyens athéniens sont donc amenés à s’occuper directement des questions politiques de la cité. Ils bénéficient aussi d’un certain nombre de privilèges : distribution de nourriture lors de la fête des Panathénées, misthos pour pouvoir assister aux séances de l’Ecclésia, théâtre offert aux citoyens les plus pauvres lors des fêtes de Dionysos …Au contraire, un citoyen romain ne dispose pas de beaucoup de droits politiques sous l’empire, car l’empereur possède l’essentiel du pouvoir. Il dispose toutefois de certains droits civiques : on ne peut par exemple pas le soumettre à des châtiments physiques lors d’un interrogatoire. Il profite aussi de distributions gratuites de nourriture et d’argent, et peut profiter des jeux du cirque. C’est ce que l’historien Paul Veyne résume par la formule « du pain et des jeux ». Dans ce cas, la citoyenneté est plus un statut honorifique qu’un statut permettant de s’exprimer politiquement.
La citoyenneté est donc radicalement opposée à Athènes et à Rome : à Athènes, il s’agit d’une citoyenneté fermée, mais dans laquelle le citoyen possède des pouvoirs étendus. A Rome, la citoyenneté est ouverte, mais le citoyen n’exerce pas vraiment de pouvoir politique. La notion de citoyenneté qui semble la plus se rapprocher de notre système actuelle est la citoyenneté grecque, mais nous pouvons toutefois observer des différences importantes : notre citoyenneté est plus ouverte que chez les Athéniens, et compte tenu de la taille de l’Etat, c’est le système de la démocratie indirecte qui a été retenu, ce qui pose un certain nombre d’autres problèmes quand à la représentation des citoyens.
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