Industrialisation et développement économique accélérés en Afrique

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Ce livre examine les enjeux économiques de l'industrialisation du continent africain et décrit les défis que les Communautés économiques régionales de l'Union africaine doivent affronter pour enclencher une industrialisation et un développement économique accélérés. Non seulement l'industrie crée la richesse, elle est constituée principalement de technologies, et à ce titre, elle est le secteur pourvoyeur et propagateur de la technologie et de la modernité dans toute l'économie. L'industrie est source de productivité économique.
Publié le : dimanche 15 février 2015
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EAN13 : 9782336370590
Nombre de pages : 260
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Etudes africaines
Louis S
Industrialisation et développement économique accélérés en Afrique
Création de bases industrielles régionales
INDUSTRIALISATIONET DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE
ACCELERES EN AFRIQUE
CollectionÉtudes africaines
dirigée par Denis Pryen et son équipe
Forte de plus de mille titres publiés à ce jour, la collection « Études africaines » fait peau neuve. Elle présentera toujours les essais généraux qui ont fait son succès, mais se déclinera désormais également par séries thématiques : droit, économie, politique, sociologie, etc.
AMBOULOU (Hygin Didace),Le droit des marchés financiers dans l’espace OHADA, 2015. LAMINE SYLLA (Mamadou),Pour mieux amarrer l’Afrique noire à l’économie mondialisée,2015. PODA (Baimanai Angelain),La mise sur le marché et la distribution du médicament en Afrique noire francophone, Réflexions à partir des exemples du Burkina Faso et du Sénégal, 2015. MAKALA NZENGU (Patrick),Le conseil agricole rural de gestion et développement à la base en RDC,2015. PASCAL Lionel,République CentrAfricaine : Douanes et corruption, causes de la déliquescence du pays,2015. WINTER (Philip),Une cause sacrée, Le diaglogue intercongolais, 2000-2003, 2015. KOUNGOU (Léon),Culture stratégique et concept de défense au Cameroun, 2015. EBALE (Raymond),La relation ACP (Afrique - Caraïbes - Pacifique) / UE (Union européenne) : la fin de l'illusion ?,Quel avenir à l'échéance 2020 ?,2015.LOADA (Augustin) et WHEATLEY (Jonathan) (dir.),Transitions démocratiques en Afrique de l’Ouest. Processus constitutionnels, société civile et institutions démocratiques, 2014. SIAD (Arnaud),: un consensus en Relations Internationales L’intervention en Libye ?, 2014. KOUASSI (Yao-Edmond),Colonisations et société civile en Afrique, 2014. YOUGBARÉ (Sébastien), Attachement et délinquance des mineurs : déterminants psychosociaux au Burkina Faso, 2014. ANIGNIKIN (Sylvain Coovi),Les origines du mouvement national au Dahomey. 1900-1939, 2014. BONKENA BOKOMBOLA (Papy),Routes rurales et développement socio-économique de la région de Mayombé (Ouest-RDC), 2014. MAKENGO NKUTU (Alphonse),L’essentiel de droit public. Le cas de la République démocratique du Congo, 2014. VILLASANTE CERVELLO (Mariella),Le passé colonial et les héritages actuels en Mauritanie. État des lieux de recherches nouvelles en histoire et en anthropologie sociale, 2014.
Louis SANGARE
Industrialisation et développement économique accélérés en Afrique
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Création de bases industrielles régionales
L’HARMATTAN
© L’HARMATTAN, 2015 5-7, rue de l’École-Polytechnique ; 75005 Pariswww.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-05584-8 EAN : 9782343055848
PREAMBULE
Après l’analyse des raisons profondes de la stagnation des économies Africaines : étroitesse des marchés, structures économiques disjointes, ce livre traite le problème de développement industriel sous deux aspects différents. L’industrialisation, dans une première partie, est analysée sous l’aspect des politiques industrielles. Les politiques sont d’ordre soit géné-ral, soit sectoriel. Les politiques ayant trait à la croissance économique : l’importance du marché intérieur, libre circulation des personnes, des biens et des services, la politique de concurrence, la priorité aux indus-tries d’exportation opposée à celle des industries axées sur le marché intérieur, les politiques relatives à la transformation des matières pre-mières dans le pays, le rôle des investissements directs, etc., constituent des politiques industrielles à caractère général. Dans les économies nationales, les politiques nationales énergé-tiques, de transport, de formation et de technologie visent à déterminer les stratégies sectorielles appropriées dans ces domaines. D’autre part, l’industrialisation, dans une deuxième partie, est per-çue comme un processus cumulatif embrassant tous les secteurs de l’économie. Cette industrialisation privilégie la valorisation des res-sources naturelles, minières, forestières, agricoles, etc., Les projets industriels ne sont pas appréciés au coup par coup, mais dans la perspective globale des relations intersectorielles et interindus-trielles. L’industrie doit contribuer à moderniser et à améliorer la pro-ductivité de l’agriculture et des autres secteurs clefs. Ces industries se développent en filières, c’est-a-dire par des activités industrielles arti-culées, intégrées les unes aux autres en termes de marchés, de techno-logies et de capitaux. Des groupes d’industries se forment, représentant des grappes d’industries. L’examen des relations entre ces multiples filières révèle l’existence des complexes d’industries. Nous pouvons analyser les effets de plusieurs types de liaisons : les liaisons en aval, les liaisons en amont, les effets de concentration en amont et les effets de concentration en aval.
Les différentes unités industrielles sont inter- liées entre elles par leurs inputs et leurs outputs, ce qui fait apparaitre des sous-secteurs de biens intermédiaires et de biens d’équipement destinés à une consom-mation interindustrielle. Nous voyons émerger des filières d’entrainement, sidérurgie, industries d’aluminium, industries pétro-chimiques et chimiques. Les effets de ces industries motrices sont : 1) accroissement des flux d’échanges (achats et ventes) ; 2) diffusion des gains de productivité et d’innovations ; et 3) augmentation des flux d’investissements. Cette deuxième partie recouvre une importance spéciale à cause des effets d’entrainement résultant des relations interindustrielles et intersectorielles que ce type d’industrialisation crée dans l’économie nationale ou régionale pour déclencher la croissance et le développe-ment économiques. Par exemple, les produits industriels tels que le ciment, le fer de construction, les structures d’acier peuvent provoquer le boom dans le secteur de construction et des travaux publics. L’agriculture pourrait tripler sa production s’il existe une production locale suffisante d’engrais et de pesticides, d’appareils et de matériels d’irrigation et si un sous-secteur agro-alimentaire est développé paral-lèlement, etc. Contrairement à la politique industrielle des pays développés, nous n’allons pas nous tabler sur une industrialisation liée purement et sim-plement aux politiques industrielles, mais, nous allons tenter de connec-ter ces deux approches en vue d’élaborer un modèle d’industrialisation cohérent faisant partie du système productif dont la robustesse et le dy-namisme puissent tirer ces pays de leur état arriéré. L’adoption des poli-tiques industrielles, même très libérales, n’a provoqué aucune industrialisation bénéfique dans les économies Africaines. Dans une première partie donc, nous analyserons les politiques in-dustrielles telles qu’elles se référent à ces pays. Nous évaluerons les objectifs et les résultats disparates qui ont été atteints. Nous montre-rons les blocages de ces politiques : étroitesse de marchés nationaux, structures industrielles disjointes, importation des produits intermé-diaires de l’extérieur, etc. Nous étudierons aussi d’autres effets secondaires : L’impact déri-soire de la libéralisation du commerce sur les économies Africaines et du régionalisme ouvert à l’intérieur des marchés des CER, dû a la multiplicité des marchés nationaux disparates ; nous passerons en re-vue un début de la politique d’industrialisation basée sur les res-sources minières, freinée par le manque d’investissements d’infrastructures de support.
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Dans une deuxième partie, nous examinerons l’industrialisation ba-sée sur la valorisation des ressources naturelles Africaines. La planifi-cation et la promotion des industries intermédiaires dans l’espace économique des CER et la restructuration de l’espace économique africain pour une croissance rapide. Nous mettrons l’accent sur le pro-cessus de changements structurels provoqués par les industries mo-trices et les industries industrialisantes qui provoquent les effets secondaires suivants : La propagation des gains de productivité, d’innovations et d’investissements, la diffusion des flux d’échanges et le renforcement des relations interindustrielles et intersectorielles. Dans cette structure industrielle qui peut être construite au niveau na-tional tout comme au niveau régional, quand les grandes industries intermédiaires entrent en jeu, nous aurons donc des industries mo-trices, qui exercent des effets d’entrainement dans leur zone et des industries industrialisantes qui créent des industries secondaires dans l’aire de leur effet d’entrainement Par conséquent, l’industrialisation supportée principalement par les politiques industrielles sera formulée tout d’abord et corrigée ensuite par un modèle d’industrialisation basée sur les relations interindus-trielles et intersectorielles dont la structure industrielle nationale ou régionale sera effectivement conçue et bâtie ensuite pièce à pièce. Pour l’approche classique, la dynamique industrielle est créée par les forces du marché. Elle est propulsée par les technologies appro-priées. L’approche par les politiques industrielles fait peu de cas des types d’industries qui contiennent les différentes sortes de technolo-gies et qui déterminent leur capacité de production. Elle sous-estime le rôle de la structure industrielle nationale ou régionale susceptible de stimuler toute l’économie. Pour cette approche, la libération du com-merce et la dévaluation du taux de change, par exemple, visent à sup-primer les obstacles au marché, tels que la licence d’investissements. Les taux d’intérêt élevés rendent difficile l’obtention des fonds d’investissements. Pour l’approche basée sur l’efficience de la struc-ture industrielle, la base industrielle joue un rôle clef. La base indus-trielle n’est pas créée par n’importe quelles industries. Une structure industrielle composée uniquement par des industries légères est sujette aux aléas extérieurs car elle est contrainte d’importer ses inputs de l’extérieur. Nous sommes parvenus à nous rendre compte de l’importance de la structure industrielle, à constater le phénomène de la concentration industrielle et à décrire les éléments constitutifs de cette concentration industrielle : réseaux industriels, districts indus-triels. Toujours dans cette deuxième partie, nous établirons les rôles
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