Jacques De Bohan Une vision de l'agriculture

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Agriculteur champenois, Jacques de Bohan (1934-2005) fut de ceux qui révolutionnèrent l'agriculture de l'après-guerre. En tant que praticien puis dirigeant agricole, il manifeste une intuition qui fut à l'origine d'une profonde modernisation de l'organisation agricole française. Fondateur de Champagne Viande et de Champagne céréales, le leader champenois exerça une influence profonde sur le destin de la coopération agricole. Ce livre traite également des défis actuels de la coopération agricole et de l'avenir qu'elle se prépare.
Publié le : dimanche 1 mars 2015
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EAN13 : 9782336372037
Nombre de pages : 204
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Joseph Garnotel
JACQUES DE BOHAN
Une vision de l’agriculture La passion d’entreprendre
Préface de Henri Nallet
Jacques de Bohan
© L’Harmattan, 2015 5-7, rue de l’Ecole polytechnique, 75005 Paris
http://www.harmattan.fr diffusion.harmattan@wanadoo.fr harmattan1@wanadoo.fr ISBN : 978-2-343-05248-9 EAN : 9782343052489
Joseph Garnotel
Jacques de Bohan
Une vision de l’agriculture La passion d’entreprendre
Préface de Henri Nallet
L’Harmattan
Il n’y a rien dans un homme de plus solide que ses passions
Henry de Montherlant,Carnets
L’auteur tient à remercier tous ceux qui l’ont aidé dans l’écriture de ce livre, et particulièrement Jackie et Olivier de Bohan dont le concours amène fut précieux. Sa gratitude va aussi aux personnalités qui, ayant côtoyés Jacques de Bohan, ont bien voulu lui apporter leur témoignage : Benoît Arnould, Edmond Boucton, Pierre Canonne, Alain Delaunoy, Dominique Dutartre, Alain de Fougeroux, Georges Garinois, Jean-Louis Garnotel, René Groussard, Michel Jacquot, Laurent Jubert, Éric Lainé, Gérard Lapie, René Lebonvallet, Patrick Lebourgeois, Georges Mangeart, Philippe Mangin, Henri Nallet, Guy Paillotin, Christian Rousseau, Joseph Yverneau. Merci aussi à Edmond Boucton, Jean-Louis Garnotel, Rachel Grossiord et Alain Jeanroy qui prirent la peine de lire et d’annoter le manuscrit de ce livre. L’auteur est enfin reconnaissant envers ceux qui en ont facilité la publication, et particulièrement les présidents du Conseil général de la Marne, de la Fondation Jacques de Bohan, de Coop de France, d’EMC2 et de la CGB.
Hormis les citations figurant entre guillemets, les propos tenus dans ce livre n’engagent que l’auteur.
Préface
J'ai fait la connaissance de Jacques de Bohan en 1964 dans des circonstances très particulières. Michel Debatisse m'avait proposé de venir travailler avec lui et ses amis à la conquête des organisations agricoles. Mais je ne connais-sais pas grand-chose à l'agriculture… Il m'envoya donc en stage de « formation accélérée » à l’IFOCAP Champagne-Ardenne (futur CRFPS), alors animé par Joseph Yverneau et Jacques de Bohan, et où je devais enseigner les rouages de l'économie nationale aux stagiaires de la région. Mais, en fait, le professeur, ce fut Jacques qui m’apprit avec fougue et compétence l'agriculture moderne, l'organisation des producteurs, la coopération, la fierté du paysan… La première leçon fut le « tour de ferme » obligatoire où, à grandes enjambées, Jacques m’apprit l’histoire technique de l'exploitation de Fresne et me fit découvrir l’œuvre de son arrière-grand-père, Gustave de Bohan, le fondateur de « La Providence ». La leçon se poursuivait dans la salle de séjour de la maison où son épouse Jackie m’accueillait sou-vent et plus souvent encore, lors des prises de parole fré-quentes du jeune Président. Nous avons alors beaucoup échangé sur la période, sur la modernisation, sur les jeunes agriculteurs… et nous sommes devenus amis. Surtout, nous ne nous sommes jamais perdus de vue. Et j'ai donc pu ac-compagner Jacques dans la plupart de ses aventures
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professionnelles dès son accession à la présidence de « Champagne céréales ».
Joseph Garnotel en fait le récit détaillé et bien in-formé et son travail sera utile au-delà de ceux qui ont connu Jacques de Bohan. En effet, il montre le déploiement de l'action d’un leader à partir de quelques orientations fortes qui structurent tout au long d’une vie l'engagement d'un homme. Et à l'origine de ces nombreuses actions, une prise de parti éthique qui vient de loin :« Faisons nos affaires nous-mêmes ». D'où cette vie consacrée à la coopération des paysans entre eux, de « Champagne céréales » à « Coop de France » en passant par « les Jeunes bovins de Champagne », « Arcadie » et les nombreuses créations qui en découlent, tel « Malteurop ». Car la coopération vue par Jacques de Bohan est ambitieuse, moderne, ouverte sur les autres et le reste du monde. Ainsi, lui, le céréalier champe-nois qui aurait pu faire tranquillement tous les jours son « tour de ferme » à l’abri de son organisme stockeur, prit tous les risques pour donner corps à la complémentarité culture-élevage. Sur ce point, et malgré les déboires qu’il dut surmonter, Jacques de Bohan eut raison avant tout le monde : il suffit de constater les difficultés actuelles de cer-tains secteurs de l'élevage français qui n'ont pas su – ou voulu – adhérer à cette complémentarité qui leur était pro-posée et dont l’approvisionnement dépend aujourd'hui de l'extérieur incontrôlable. Cette volonté de rassembler les paysans et de les conduire à la modernité, il l’exprimait avec un enthousiasme peu commun. À la fin des années 60, je l'ai vu bousculer la commission économique de la FNSEA sous le regard admiratif de Michel Debatisse ; plus tard j'ai vu certains de mes collaborateurs du ministère pris d'an-goisse lorsqu'ils apprenaient que Jacques de Bohan venait me voir : « Qu’allaient-ils inventer ? ».
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D'où lui venaient cette force de conviction, cette ca-pacité de rassembler et d'entraîner les autres tout au long d’une vie ? Ceux qui l'ont connu répondent tous : de sa pres-tance, de son charme, de sa voix, de son rire, de son intelli-gence…Bien sûr, c'était tellement évident qu'il avait été doté de toutes les qualités du leader. Mais je crois que sa force venait de plus loin, ou de plus profond encore. Jacques de Bohan était aussi un leader qui réfléchissait, qui voulait comprendre le monde où il vivait. Dans les années 90, lors-que « l'agriculture productiviste » fut clouée au pilori à la suite de « la vache folle », Jacques de Bohan réunit autour de lui un groupe de dirigeants, d'experts, de chercheurs, et même, de responsables politiques pour réfléchir à l’avenir de l'agriculture française et qui prit le nom de « Groupe Sologne » car sa création fut décidée au cours d'un solide repas qui faisait suite à une partie de chasse... ! Il présida aussi le Club Demeter, le seul think-tank agricole français de haut niveau.
Je crois qu’il y a encore deux autres sources aux-quelles le grand dirigeant a puisé : la terre et son métier de paysan d'abord, qu'il aimait et qu’il respectait. Et sa famille qui comptait tant pour lui. Dès notre première rencontre, il m'avait ouvert la porte de sa maison, et j'ai vite compris la part que prenait les siens dans sa vie : son épouse Jackie, à la chaleureuse présence et à la fine lucidité, ses enfants Frédérique, Yves, Olivier qui préside aujourd'hui « Cristal Union ». Une de mes toutes dernières rencontres avec Jacques eut lieu à Reims, dans sa nouvelle maison, un di-manche de repas de famille. Il savait déjà contre qui il lut-tait. Mais il n'en soufflait mot. Il accueillit fils, belle-fille, petits-enfants, avec une affection souriante et attentive à chacun. Nous avons vu ce jour-là un patriarche heureux et qui pouvait être fier – à n’en pas douter il l’était – du formi-dable parcours accompli.
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