Comme Chat et Chien

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Comme Chat et Chien ? Vous connaissez certainement cette expression : comme chien et chat. Cela vous dit quelque chose ? Généralement ça veut dire que deux personnes ne s’entendent pas du tout, le chien aboie après le chat et le chat lui répond en lui envoyant des coups de griffe. Et bien moi, je vais vous raconter une histoire qui s’appelle « Comme Chat et Chien ? ». C’est une histoire vrai, naturellement, mais j’ai changé les noms pour ne pas que les personnages se reconnaissent. Monsieur Alfred Galopin vivait dans un immeuble, au quatrième étage sur la gauche en sortant de l’ascenseur. C’était un homme un peu excité. Il en avait toujours après quelqu’un, soit un voisin qui ne frottait pas ses pieds sur le paillasson de l’entrée et laissait des traces de chaussure, soit à celui qui rangeait mal son vélo, soit au voisin du dessus qui faisait du bruit, soit… enfin bref, il faisait des remarques acerbes à tous les habitants de l’immeuble. Monsieur Galopin avait une seule passion, son chat, je devrais dire une chatte, une magnifique chatte blanche à poils longs, à laquelle il tenait comme à la prunelle de ses yeux. Elle s’appelait M…, … non… pas Minette comme vous l’avez pensé ! Elle s’appelait Marjorie. Drôle de nom pour une chatte, n’est-ce pas ? Comme il l’adorait, il ne lui donnait pas des ces affreuses croquettes sèches, ou de ces pâtés gluants et puants que tout le monde donne aux chats pour ne pas se fatiguer.
Publié le : lundi 13 mai 2013
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Comme Chat et Chien ?
Vous connaissez certainement cette expression : comme chien et chat. Cela vous dit quelque chose ? Généralement ça veut dire que deux personnes ne s’entendent pas du tout, le chien aboie après le chat et le chat lui répond en lui envoyant des coups de grife. Et bien moi, je vais vous raconter une histoire qui s’appelle « Comme Chat et Chien ? ». C’est une histoire vrai, naturellement, mais j’ai changé les noms pour ne pas que les personnages se reconnaissent.
Monsieur AlFred Galopin vivait dans un immeuble, au quatrième étage sur la gauche en sortant de l’ascenseur. C’était un homme un peu excité. Il en avait toujours après quelqu’un, soit un voisin qui ne Frottait pas ses pieds sur le paillasson de l’entrée et laissait des traces de chaussure, soit à celui qui rangeait mal son vélo, soit au voisin du dessus qui Faisait du bruit, soit… enîn breF, il Faisait des remarques acerbes à tous les habitants de l’immeuble. Monsieur Galopin avait une seule passion, son chat, je devrais dire une chatte, une magniîque chatte blanche à poils longs, à laquelle il tenait comme à la prunelle de ses yeux. Elle s’appelait M…, … non… pas Minette comme vous l’avez pensé ! Elle s’appelait Marjorie. Drôle de nom pour une chatte, n’est-ce pas ? Comme il l’adorait, il ne lui donnait pas des ces afreuses croquettes sèches, ou de ces pâtés gluants et puants que tout le monde donne aux chats pour ne pas se Fatiguer. Il descendait tous les jours chez le poissonnier où il se Faisait donner une tête de poisson Frais. Puis il remontait chez lui et préparait soigneusement cette tête de poisson pour que sa petite chatte puisse la croquer et la sucer sans diïculté. La chatte lui en était reconnaissante et aimait se lover en ronronnant sur ses genoux quand il lisait son journal ou quand il regardait la télé.
Au même étage de l’immeuble, la porte du palier en Face de celle de Monsieur Galopin, était celle de l’appartement de Madame Germaine Chapotto, veuve de Monsieur Emilio Chapotto depuis si longtemps que je ne m’en souviens plus. Ce qui est sûr, c’est qu’elle lui vouait un culte absolu, sur le mur de l’entrée de son appartement on pouvait voir Monsieur Chapotto en au moins une centaine d’exemplaires. Des photos, plus ou moins jaunies, de lui à tous les âges de sa vie. De sa naissance à sa mort. Je me suis toujours demandé ce qu’elle pouvait bien lui trouver à cet homme pour avoir ses photos en permanence depuis si longtemps. De toute Façon, à part moi et peut être le Facteur qui avait un reçu à Faire signer, personne n’entrait jamais chez elle. Il Faut dire qu’elle avait un énorme chien qui n’aimait pas les étrangers, et surtout pas les uniFormes. Il poussait des aboiements et des hurlements de rage dès qu’il entendait un pas dans l’escalier. A part le mien, bien sûr. Depuis que j’étais toute petite, nous habitions un appartement du premier étage, j’accompagnais Madame Chapotto lorsqu’elle allait promener son chien. Au début, c’était un chiot, je jouais avec lui si bien que lorsqu’il est devenu adulte il était resté mon copain. Et même, lorsque Madame Chapotto était malade, c’est moi qui allais le promener. Vous ne devinerez jamais le nom du chien, je vous le donne en mille ! Il commence par un M ! … Vous avez gagné : Médor ! Et oui, Madame Chapotto, qui manquait sûrement d’imagination avait appelé son chien Médor. C’était un gros chien qui ne ressemblait à rien tellement il avait d’ancêtres diférents. Par contre il avait un
aboiement de stentor, on l’entendait dans tout l’immeuble et peut-être à l’autre bout de la ville.
J’ai oublié de me présenter. Je m’appelle Raphaëlle, le nom d’un ange qui est en général porté par un garçon, mais moi j’ai eu droit à ce nom avec un E à la în. Ce n’est pas évident à porter, c’est ma mère qui me l’a donné pour pouvoir m’appeler « mon ange » sûrement. J’ai dix ans mais je suis très débrouillarde pour mon âge. Evidemment, avec mon nom, je ne peux pas m’empêcher de rendre service à tout le monde dans l’immeuble. Je vous dirais que ça me permet d’aller chez les gens, j’adore voir comment ils vivent. Je veux être écrivaine plus tard, alors il Faut que j’apprenne plein de choses et que je les notes sur mon calepin.
Bon ! Maintenant que les présentations sont Faites il Faut que je vous raconte l’histoire. Vous vous doutez bien que Monsieur Galopin n’aimait pas Madame Chapotto, il ne supportait pas les aboiements que Médor adressait à toute personne qui mettait le pied sur le palier du quatrième. Personnellement, je trouvais que sur ce point il avait raison, c’était insupportable. D’un autre côté Médor était très propre, il attendait d’être dehors pour Faire ses besoins. Ce n’était pas comme le petit chien de la dame du deuxième qui Faisait pipi dans l’ascenseur une Fois sur deux. Madame Chapotto avait toujours dans son sac un petit nécessaire pour ramasser les crottes de Médor, elle était très propre. Médor d’ailleurs était toujours bien brossé, lavé bien qu’il n’aima pas ça. Il portait un beau collier en cuir avec son nom. Curieusement, quand il était dans la rue il n’aboyait jamais. Il était donc bien considéré par tous les habitants du quartier.
Un jour que je promenais Médor, Madame Chapotto ayant des démarches à Faire dans un lieu où elle ne pouvait pas emmener son chien, je tombais nez à nez au coin d’une rue avec Monsieur Galopin. Il Faillit d’ailleurs nous marcher dessus. Il avait l’air un peu afolé derrière ses lunettes et ne s’excusa pas. Médor émit un grognement mais je lui dis de se taire. Monsieur Galopin poursuivit son chemin comme s’il ne nous avait pas vus. Etonnée je le suivis. Il rentra dans une pharmacie. A travers la vitre je vis qu’il donnait de grandes explications au pharmacien, celui-ci alla chercher une boite et Monsieur Galopin sortit rapidement du magasin. Il reprit le chemin de l’immeuble l’air toujours aussi préoccupé. La promenade înie, je remontai Médor chez Madame Chapotto. J’arrivais à peine sur le palier que je vis Monsieur Galopin assis par terre devant sa porte, l’air livide, respirant avec peine et tenant son paquet dans la main. Même Médor dut être surpris car il n’aboya pas contrairement à l’ordinaire quand il croisait Monsieur Galopin sur le palier. Je me penchais vers Monsieur Galopin et lui demandais ce qui n’allait pas. Il me répondit qu’il venait de perdre les clés de son appartement. Je ne voyais pas bien pourquoi il était sens dessus dessous pour une pauvre clé, il suïsait d’appeler le serrurier du coin. Il Fut incapable d’ajouter quelque chose tellement il était troublé. C’est alors que le miracle eut lieu… Médor ouvrit sa gueule et laissa tomber un trousseau de clés. J’en suis restée comme deux ronds de an (bouche bée), je n’avais même pas remarqué qu’il avait ramassé quelque chose. Je pris le trousseau et le présentai à Monsieur Galopin en lui demandant si c’était le sien. Tout d’abord il ne comprit pas. Je dû
lever ma main au niveau de ses yeux pour qu’il voit enîn les clés. Son regard s’éclaira d’un seul coup, il s’empara d’un geste brusque du trousseau, se tourna vers sa porte, l’ouvrit et entra comme un Fou. Comme il n’avait pas Fermé la porte derrière lui, je glissai mon nez dans l’ouverture et le vis prendre sa chatte dans ses bras. Elle n’avait pas du tout l’air d’être bien, on aurait dit un petit sac blanc. Ses yeux étaient clos. Monsieur Galopin ouvrit la boite qu’il portait, en sorti un tube d’où il tira une pilule. Il la donna à sa chatte. Je n’ai pas l’impression qu’elle l’ait avalé tellement elle était inerte. C’est alors que Monsieur Galopin s’aperçut de notre présence à Médor et à moi. Ses yeux qui d’ordinaire se Faisaient très méchant se remplirent de larmes. Il dit : « elle va mourir ». Je m’approchai de lui, mis ma main sur la sienne et dit : « ne vous inquiétez pas cela va passer », avec un peu d’appréhension. Il ne retira pas sa main. Je lâchai la laisse de Médor et passai mon autre main sur la petite chatte. Efectivement elle ne bougeait plus. C’est alors que Médor approcha son museau, donna un grand coup de langue sur le nez de la chatte et en même temps poussa un petit jappement. Monsieur Galopin et moi, étions médusés. Médor lécher un chat ! D’habitude il essayait de leur courir après pour les Faire Fuir. Il continuait de lécher le museau de la chatte quand celle-ci ouvrit les yeux. Je ne suis pas sûr qu’elle vit Médor car elle tourna sa tête vers son matre. Médor jappa de nouveau, s’assit sur son arrière train et attendit. Je n’avais jamais vu un regard de chien aussi intelligent, avec sa grosse bouille on aurait dit qu’il souriait. Monsieur Galopin eut alors un geste extraordinaire, il prit sa chatte entre ses deux mains et approcha sa tête de celle de Médor. Celui-ci avança son museau vers celui de la chatte, le toucha puis en reculant il ît un hochement de tête. Monsieur Galopin alla alors poser la chatte dans son panier. Médor s’installa au dessus comme pour la protéger. Monsieur Galopin eut alors l’air de se réveiller, il les regarda tous les deux, me regarda comme s’il me voyait pour la première Fois et murmura : « comme chat et chien ». Il alla Fermer la porte de son appartement. En revenant il m’ofrit à boire un jus d’orange, versa une gamelle d’eau et la posa devant Médor. Ce dernier ne bougea pas, il avait les yeux îxés sur Marjorie. Un moment passa, la chatte se redressa, se mit sur ses pattes, lentement, elle s’étira, puis sortant de son panier, au lieu d’aller vers son matre, elle alla boire dans la gamelle posée devant Médor. Celui-ci consentit alors à baisser la tête et à boire en même temps qu’elle. Avec Monsieur Galopin on s’est regardé, avons échangé un sourire et il a répété : « comme chat et chien ». Je n’avais pas bien compris la première Fois mais là j’ai su qu’il avait découvert quelque chose de nouveau. Du coup, moi aussi j’ai été émue et j’ai levé ma main gauche qu’il a prit dans sa main. « Plus rien ne sera comme avant » dit-il en me serrant très Fort la main. Médor s’allongea sur le sol et la petite chatte se mit entre ses pattes. Monsieur Galopin me lâcha la main, me ît signe de le suivre. Il alla chercher un appareil photo dans sa chambre. C’est là que je vis tout un mur tapissé de magniîques photos agrandies de chats, tous diférents, et la photo de Marjorie au milieu. Cet homme là ne pouvait pas être méchant. Il prit plusieurs photos des deux animaux, me demanda de me mettre avec eux pour avoir le groupe. Il me demanda alors d’aller chez Madame Chapotto pour lui demander que Médor reste chez lui un moment. Il ajouta : « j’aimerais lui ofrir le thé ». Je courus de l’autre côté du palier. Lorsque je lui îs part de l’invitation je crûs que
Madame Chapotto allait tomber de sa chaise. Après que je lui eu raconté toute l’histoire, elle se leva l’air grave, alla chercher des petits gâteaux qu’elle avait Fabriqués elle-même et me suivit en Face.
Nous Fûmes reçus comme des princes, Monsieur Galopin avait sorti de jolies tasses délicatement peintes. Il nous amena voir le joli spectacle de Médor et Marjorie, puis il prit les mains de Madame Chapotto et lui ît des excuses pour tous les mots dont il l’avait traitée depuis des années. Madame Chapotto devint toute rouge, elle l’excusa et lui dit qu’elle comprenait très bien ce qu’était la solitude. Nous nous assmes tous trois autour de la petite table du salon avec en Face de nous le chien et la chatte endormis. Ce Fut une belle rencontre, Monsieur Galopin nous parla de chats et Madame Chapotto de chiens. Je vis bien qu’ils parlaient de la même chose.
Depuis, au quatrième étage, les portes ne sont jamais Fermées pour permettre à Médor et Marjorie de se retrouver. Et peut être aussi que Madame Chapotto et Monsieur Galopin oublient la solitude… En tout cas, Médor n’aboie plus jamais, Monsieur Galopin ne se Fâche plus du tout. L’air est devenu léger dans notre immeuble et moi l’ange j’ai l’impression de planer.
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