Les petits péchés capiteux

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Voici sept nouvelles qui explorent sans concession les grands vices de notre société : orgueil, jalousie, gourmandise, paresse, avarice, colère et luxure, les sept péchés capitaux définis dès le Moyen-Age... Mais au fil du temps, le péché s’estompe, s’adoucit, se polit, s’oublie, se pardonne. Qui est le pécheur ? L’Autre ? Un voisin ? Un collègue ? Un ami ? Votre conjoint peut-être ? Pourquoi pas vous...


20140226
Publié le : vendredi 29 octobre 2010
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782313000809
Nombre de pages : 66
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© Éditions Chemins de tr@verse, Paris, 2013

 

Isbn Epub : 978-2-313-00081-6

 

Éditions Chemins de tr@verse – 2, rue Pierre Sémard – 75009 PARIS

Photo de couverture : © xxxxxxxxxxxxxxxx. Anne Dancer

Conception de la couverture : Anne Dancer à partir de la charte graphique de Claire Sidoli

Titre

CATHERINEH

 

 

 

 

 

 

Les petits péchés capiteux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

ÉDITIONS CHEMINS DE TR@VERSE

Préface de l’éditeur

Quoi de plus enivrant que l'interdit ? Braver les frontières du permis et lâcher prise. Aller jusqu'au bout de son vice quitte à tout perdre. C'est ce que nous propose Catherine H. par l'intermédiaire de ces sept nouvel les. Sept histoires qui développent, tour à tour, chacun des sept péchés capitaux. L'auteur a un art très personnel de nous montrer comment un vice peut prendre le pas sur la volonté de ses personnages qui, au fur et à mesure de l'histoire, perdent le contrôle de leur propre vie, et de leur propre vice, jusqu'à se retrouver pieds et poings liés face à leur perte.

Nathalie Vanmalle

L’auteur

Catherine H.

Passionnée d'histoire médiévale, dévoreuse de romans policiers, tous les ingrédients se combinaient pour assouvir un désir d'écriture. Du calame au clavier, il n'y avait qu'un pas, franchi allègrement pour décortiquer les travers de la nature humaine, éternelle source d'inspiration.

Aux orgueilleux les mains pleines

L’orgueil est la base de tous les péchés. Grégoire le Grand donne la superbia comme le chef suprême et le guide de tous les autres1et cette idée perdure durant le Moyen Age, puisque Dante en fait le principal vice2.

Un état d’âme d’où nait une opinion trop avantageuse de soi-même.


1  Grégoire le Grand, Moralia, XXXI, XLV, 87, p. 1610

2  Dante, Inferno, I, 45-49

J’ai pris toutes mes précautions. Récapitulons : gants, masque, charlotte, bottes, combinaison, torche, corde, couteau de chasse, scalpel, ciseaux, colle forte, sacs-poubelle. Tout y est ! L’itinéraire est repéré, l’heure calculée, la victime choisie. L’opération peut démarrer.

Le crime parfait existe-t-il ? Je sais, en lecteur assidu d’Hercule Poirot, que le meurtre idéal est celui qu’on ne découvre jamais. Il me faudra donc admettre que le crime est un art et qu‘un artiste reconnu est souvent un artiste mort. Il en sera ainsi de moi comme de Van Gogh, D. H. Lawrence, Baudelaire. L’univers attendra mon trépas pour enfin connaitre l’éblouissante vérité.

Tous les matins, réglée comme une horloge, elle franchissait le pas de la porte cochère à 8h15. Son vieux sac en croco dans la main gauche, tirant son cabas rayé de l’autre, elle entreprenait la tournée des commerçants. Rituel immuable, elle entrait d’abord chez l’épicier, un homme débonnaire qui l’accueillait toujours avec un « Bonjour, madame Lautrec, belle journée aujourd’hui. »

– Y en a toujours pour la trouver belle. Fichu vent.

Deux tranches de jambon et une boite de petits pois carottes plus tard, elle prenait la file chez le boulanger, pestant en son for intérieur contre tous ces gens qui attendent le même moment pour faire leurs courses. Un demi-pain sans sel, quelques fois un éclair au café, les jours fastes. À 9h35, ses courses faites, elle reprenait le chemin de son immeuble.

C’est dans le renfoncement du porche que je l’ai coincée, l’obligeant sans même prononcer une parole à me conduire chez elle. D’un simple signe de la tête, et jouant du couteau sous ses yeux exorbités, elle est montée sans bruit jusqu’au second. Par chance, ses voisins laborieux avaient déjà déserté l’immeuble. Nous avions tout notre temps.

J’ai savouré sa peur, un visage décomposé aux rides creusées, une fine pellicule de sueur au dessus de sa lèvre supérieure. Tel un animal, je sentais son angoisse, sentiment pénétrant et jouissif. Mais ce genre de perversion n’est pas de mon fait. Je laisse aux malades la pitoyable satisfaction génitale qu’ils tirent de ce genre de situation.

Elle a bien tenté de crier et j’ai dû la bâillonner, pas question de faire du tapage. J’ai délicatement sorti un à un les instruments de mon sac. Après lui avoir attaché poignets et chevilles, je l’ai doucement portée jusqu’à sa cuisine, minable cagibi aux relents de rance, et déposée sur la table en formica blanc. Un instant j’ai cru qu’elle allait me claquer dans les pattes, mettant à bas tout mon projet. Mais non, c’est coriace les vieux. J’ai pris le temps d’enfiler ma tenue. La propreté est une vertu que j’apprécie.

Le plus horrible a été de la dévêtir. Chairs flaques et blanchâtres, près de leur future pourriture. Je n’ai pas trop hésité sur l’entrée en matière. Une incision du pubis au sternum pour mettre les entrailles à l’air. La douleur est insupportable, mais la vieille encaisse encore. Après avoir écarté les intestins, j’ai dégagé le foie. Coupé net cet amas de chair violet. La patiente commençait à flancher. Par bonté d’âme, j’ai arraché son cœur, elle n’a pas tenu le coup.

– Bonjour, monsieur Marcou.

– Bonjour, Évelyne.

Toujours poli, mais jamais obséquieux, surtout avec les subordonnés. Éviter de nouer trop de contact, inutile de se dévoiler. Qui peut comprendre le génie ? Seul un coreligionnaire pourrait saisir la grandeur de mon geste. Mais le monde est un cloaque, dans lequel surnagent de vils têtards. Ce serait donc une perte de temps de vouloir éduquer des âmes simples, l’acte est supérieur aux mots. Tous les visionnaires en sont le témoignage. Montrer aux foules, aux politiques, statisticiens et autres experts, l’énorme monstruosité dans laquelle ils s’enferrent, passe par des actions concrètes, loin des discours oiseux et des théories stériles qu’ils ont pu échafauder.

– Numéro suivant !

Meurtre horrible rue Bourchardon !

Le corps atrocement mutilé d’une septuagénaire a été découvert hier en fin d’après-midi par la police. Alertés par les voisins dérangés par une odeur pestilentielle venant de l’appartement de Mme. X, les enquêteurs n’ont pu que constater l’état de décomposition du cadavre, victime de mutilations multiples.

Le caractère particulièrement odieux de ce crime a...

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