L'hypothèse panafricaniste

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Contre chaque difficulté d'importance, les chefs d'États africains semblent impuissants au point de requérir constamment l'aide de la communauté internationale, notamment celle des anciennes puissances coloniales. Où est donc l'erreur ? La fragilité des États issus des frontières de la colonisation est avérée et des parasites locaux font régner le désordre nécessaire au pillage des cartels internationaux. Selon l'auteur, l'Afrique doit changer de logiciel, en commençant par l'unité politique.
Publié le : dimanche 15 février 2015
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EAN13 : 9782336370118
Nombre de pages : 112
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Albert Moutoudou
L’hypothèse panafricaniste
Voici plus d’un demi-siècle que les pays africains ont obtenu leur
indépendance. Pour des territoires réputés arriérés, il était dans l’ordre
des choses de marteler le thème du développement. Dans un optimisme
contraint, l’image du « décollage » de l’Afrique – certains précisaien t
« décollage imminent » – fut usée jusqu’à l’os.
Qu’en est-il aujourd’hui ? L’hypothèse
Ce n’est pas seulement que l’Afrique offre un cortège interminable de
malheurs : calamités naturelles, pandémies, intégrismes de tous bords,
problèmes de sécurité, chômage massif dans les villes, à quoi s’ajoutent
les chroniques insupportables d’équipées hasardeuses vers le Yémen, panafricaniste
le Sahara et la Méditerranée de la jeunesse africaine livrée à
ellemême et sans perspectives ; c’est surtout que contre chaque diffculté
d’importance, les chefs d’États africains semblent impuissants au point
de requérir constamment l’aide de la communauté internationale,
à commencer par celles des anciennes puissances coloniales.
Où est donc l’erreur ?
La fragilité des États issus des frontières de la colonisation est avérée :
la taille des pays, l’inégale répartition des ressources matérielles et
humaines, des compétences que l’on trouve ici et qui manquent là, des
compétences rares (ce qui plaide pour leur mutualisation à l’échelle
du continent), la taille des marchés, etc., tout cela coiffé d’une classe
de parasites locaux assez satisfaits de la taille des micro-États pour y
faire régner le désordre nécessaire au pillage des cartels internationaux.
Telle est la situation qui donne le sentiment que les pays africains font
du sur-place.
Il faut changer de logiciel : l’Afrique doit commencer par l’unité
politique : un État (unitaire ou fédéral), un gouvernement, des organes
de représentations unitaires ou fédéraux, une armée, etc., pour pouvoir
surmonter effcacement ses diffcultés. Tel est le propos du présent livre
qui explique le pourquoi et le comment de l’hypothèse panafricaniste.
Albert Moutoudou fait partie de divers cercles panafricanistes. Depuis
quelques années il participe à la Conférence de haut niveau pour les
élections, la démocratie et la gouvernance organisée par la Commission
des affaires politiques de l’Union africaine. Son expérience lui permet
de proposer ici des voies pour le panafricanisme des peuples.
POINTS DE VUE
ISBN : 978-2-343-05450-6
12,50 e
L’hypothèse panafricaniste
Albert MoutoudouPoints de vue
Collection dirigée par Denis Pryen
Dernières parutions
Martin KUENGIENDA, L’Afrique est-elle démocratisable ?,
Constitution, sécurité et bonne gouvernance, 2015.
SHANDA TONME, Conflits d’éthiques et crises des relations
internationales, 2015.
Jules DJOSSOU, Chroniques politiques béninoises. Autopsie d’une
démocratie en berne, 2014.
Jean-Bosco Germain ESAMBU MATENDA, Conflits identitaires et
enjeux économiques internationaux dans la région des Grands Lacs,
2014.
Serge TCHAHA et Christophe DEGAULE, Le lion’s spirit, 2014.
SHANDA TONME, La presse en accusation. Soupçons sur un
pouvoir au-dessus de tous les pouvoirs, 2014.
Armand SALOUO, Vaincre la corruption en Afrique, la
solution patrimoniale, 2014.
Jonas SILIADIN, Togo, démocratie impossible ?, 2014.
Daniel NKOUTA, La question nationale au
CongoBrazzaville, 2014.
Georges MAVOUBA-SOKATE, La construction d’une
conscience nationale au Congo par les musiciens, 2014.
Martine et Jean-Pierre VERNIER – Élisabeth
ZuckerRouvillois, Etre étranger en terre d’accueil, 2013.
Grégoire LEFOUOBA, Curriculum vitae du Congo, Rive
Droite, 2013.
Bastaine Yannick MOUBAMBA, Mythe de l’eldorado et
psychopathologie, 2013.
Jérôme GUIHO, Mahamadou Danda, un Nigérien libre, 2013.
Henri PEMOT, Mali. Lettre ouverte au président, 2013.
Rachel-Albert KISONGA MAZAKALA, L’idéologie du
Lumumbisme, 2013.
Jean Carletto BOPOUNGO, L’insertion professionnelle des
jeunes en échec scolaire. Le projet des z’héros, 2013.
Cédric ONDAYE-EBAUH, Crises financières internationales
et pays en développement. Les enseignements pour le Congo
Brazzaville, 2013. L’hypothèse panafricaniste





























© L’Harmattan, 2015

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ISBN : 978-2-343-05450-6
EAN : 9782343054506 Albert MOUTOUDOU
L’hypothèse panafricaniste Du même auteur aux éditions L’Harmattan
Le retard des intellectuels africains.
Kamerun, L’indépendance piégée
(écrit en collaboration).
A
Eki,
Myriam,
Awa,
Explo,
Kadami,
Kéchéri,
Zang,
Abdou,

Et à bien d’autres camarades
des mouvements panafricanistes.

Et à notre maître à tous
Moukoko Priso alias Elenga Mbuyinga
INTRODUCTION
L’ethnie, la nation et le continent sont des
catégories que l’Africain moderne trouve en place, qui
l’interpellent et le marquent chacune à son heure et
chacune à sa manière. Qu’en fera-t-il dans la vie ? Il
arrive qu’il n’en sache pas grand-chose et se laisse
mener au gré des événements, subissant les
conséquences de choses qui se sont ébranlées à son insu et
qui se déploient de même. D’autres fois, l’Africain
moderne décide de choisir et de travailler à la
promotion de telle catégorie. Qu’il prenne soin alors de
mettre ce choix en cohérence et en harmonie avec les
deux autres catégories, sinon il se retrouvera dans des
contradictions qu’il n’avait imaginées ou qu’il tenait
pour négligeables, et condamné à déplorer l’ampleur
des effets qu’il n’avait peut-être pas voulus.
Ce qu’on observe bien souvent, et sur quoi je
reviendrai plus loin en décrivant les pièges qui
entretiennent dans des divisions, c’est que le même qui
chante l’hymne national en bombant le torse se laisse
prendre aux filets des sirènes du chauvinisme
ethnique dont le résultat le plus sûr est de nuire à l’unité
nationale.
De l’ethnie, la nation et le continent, l’Africain
moderne a une conscience inégale et hétérogène à
chacune des deux autres. Dès les premiers âges, c’est
le climat et les rituels familiaux qui l’instruisent plus
1ou moins vaguement de son ethnie . Quant à la nation,
moins accessible au premier abord, l’on a mis en
place les éléments d’une pédagogie : l’hymne
national, le drapeau, la fête nationale bariolée de symboles
à portée des écoliers et quelques rudiments d’histoire
dès l’enseignement primaire. Les réalités
continentales se découvrent avec le temps, à l’aune de
l’ouverture aux questions du monde.
Outre cela, l’ethnie, la nation et le continent ne
s’emboîtent pas comme des poupées russes, chacune
de ces catégories représente tout un monde dont la
cohérence avec les deux autres n’est pas donnée
d’emblée.
Ainsi arrive-t-il que l’Africain moderne se sente
vaguement pareil à ces acteurs qui jouent plusieurs
personnages dans la même pièce, déroulant des
histoires différentes sous des costumes et des grimages
changés dans les coulisses à toute vitesse ; parfois à
l’étroit dans tels accoutrements alors qu’ils nagent
dans tels autres. Nous savons que dans jeux de scène
ficelés de la sorte les spectateurs ont toujours leur
personnage préféré qu’ils accueillent par des
applaudis1 Parfois, hélas ! c’est de se trouver au milieu d’un drame qu’il ne
soupçonnait pas. Comme ce fut tragiquement le cas pour ces petits
Rwandais qui tapaient la même balle de fortune dans les mêmes
quartiers déshérités et qui, en 1994, furent confrontés à la « violence »
d’être Tutsi ou Hutu.
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